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		<title>Ya du baston dans la taule</title>
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		<dc:date>2010-10-26T14:19:47Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Collectif</dc:creator>


		<dc:subject>Prison, justice, r&#233;pression</dc:subject>
		<dc:subject>Infokiosque fant&#244;me (partout)</dc:subject>
		<dc:subject>Insurrections, r&#233;voltes, &#233;meutes</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Une histoire partielle et partiale des luttes anticarc&#233;rales en deux temps : un premier volume constitu&#233; de r&#233;cits de mutinerie, o&#249; les mutins nous offrent leur point de vue, et deux volumes consacr&#233;s &#224; une chronologie de ces luttes des ann&#233;es 1820 &#224; nos jours.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mettant l'accent sur les luttes collectives, ces brochures r&#233;pondent &#224; l'envie de lire l'histoire &#224; travers des &#233;v&#233;nements cristallisant les rapports de force qui caract&#233;risent chaque situation de d&#233;tention. De la r&#233;appropriation des lieux &#224; la prise de parole, chacun de ces mouvements repr&#233;sente un obstacle potentiel dans les rouages toujours plus huil&#233;s de la machine carc&#233;rale. Des mouvements qui, comme les d&#233;tenus, restent &#233;touff&#233;s derri&#232;re les murs des prisons, pour en nier la port&#233;e. Mais l'union faisant la force et d&#233;cuplant les volont&#233;s, de la suj&#233;tion au statut du sujet il y a un foss&#233; que la lutte collective aide parfois efficacement &#224; franchir.&lt;br/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Volume 1 :&lt;/strong&gt; R&#233;cits de mutins et d'une mutine&lt;br/&gt;
&lt;strong&gt;Volume 2 :&lt;/strong&gt; Chronologie des mutineries dans les lieux de d&#233;tention fran&#231;ais (1820-1987)&lt;br/&gt;
&lt;strong&gt;Volume 3 :&lt;/strong&gt; Chronologie des mutineries dans les lieux de d&#233;tention fran&#231;ais (1988-2010)&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://test.infokiosques.net/rubrique30" rel="directory"&gt;Y&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://test.infokiosques.net/Prison-justice-repression" rel="tag"&gt;Prison, justice, r&#233;pression&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://test.infokiosques.net/Infokiosque-fantome-partout" rel="tag"&gt;Infokiosque fant&#244;me (partout)&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://test.infokiosques.net/Insurrections-revoltes-emeutes" rel="tag"&gt;Insurrections, r&#233;voltes, &#233;meutes&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://test.infokiosques.net/local/cache-vignettes/L150xH150/arton753-127c7.jpg?1781293530' class='spip_logo spip_logo_right spip_logo_survol' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; data-src-hover=&#034;IMG/logo/artoff753.jpg?1770921744&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Y&lt;/strong&gt;a du baston dans la taule est une brochure en trois volumes :&lt;br /&gt;
Le premier est constitu&#233; de r&#233;cits, le second et le troisi&#232;me pr&#233;sentent une chronologie partielle des ann&#233;es 1820 &#224; nos jours, des mutineries dans les lieux de d&#233;tention fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les luttes anticarc&#233;rales sont aussi vieilles que l'id&#233;e d'enfermement elle-m&#234;me. Qu'elles se passent &#224; l'int&#233;rieur ou &#224; l'ext&#233;rieur des prisons, qu'elles soient collectives ou individuelles, clandestines ou l&#233;gales, elles s'expriment diff&#233;remment selon la situation, les possibilit&#233;s, les &#233;nergies, les rapports de force, la prise de conscience et l'analyse de chacun.&lt;br /&gt;
En prison, la r&#233;volte peut, entre autres, prendre les aspects suivants : automutilation, gr&#232;ve de la faim, refus des plateaux repas, raffut, occupation des cours de promenades, prise d'otage, agression du personnel, destruction du mat&#233;riel, &#233;vasion&#8230; Pour nous, la plupart de ces formes d'action font partie des mutineries carc&#233;rales car se mutiner, c'est &#171; refuser collectivement et ouvertement de se soumettre aux ordres de l'autorit&#233; (militaire, polici&#232;re, &#8230;) &#224; laquelle on est assujetti &#187;. C'est cette (large) d&#233;finition qui a guid&#233; ce projet, et non l'application d'une quelconque hi&#233;rarchie dans les types de lutte.&lt;br /&gt;
On trouvera, d'abord, la republication de t&#233;moignages&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les notes de bas de page, sauf indication contraire, sont de nous.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; dont ceux tir&#233;s du livre &lt;i&gt;Y a du baston dans la taule &lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Editions L'Insomniaque, d&#233;cembre 2000. Les t&#233;moignages du recueil (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, aujourd'hui &#233;puis&#233;, puis une chronologie faisant &#233;cho &#224; ces paroles&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Attention, celles-ci ne sont repr&#233;sentatives que d'un lieu particulier, &#224; un (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, et donnant une br&#232;ve vision d'ensemble des r&#233;voltes des prisonniers contre leurs lieux d'enfermement.&lt;br /&gt;
Notre but n'est pas de faire dans le sensationnel mais de mettre en avant ces instants forts et collectifs entre d&#233;tenu-e-s. Cela est d'autant plus important que la prison, par son fonctionnement, isole et s&#233;pare de mani&#232;re accrue les individu-e-s. Non pas que dans ces instants ils/elles soient tou-te-s des potes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Comme peut en t&#233;moigner le r&#233;cit de la mutinerie de Saint-Maur dans la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, mais bien uni-e-s pour cr&#233;er des br&#232;ches et des instants de libert&#233; face &#224; la logique d'enfermement mortif&#232;re qu'est la prison . De plus, la mutinerie met en lumi&#232;re de fa&#231;on radicale les rapports de force existants, et d&#233;limite ainsi clairement autant les termes du conflit que ses protagonistes : les d&#233;tenus en tant que force collective contre le pouvoir et ses sbires. Cela est d'autant plus frappant lorsque les mouvements se font &#224; l'&#233;chelle nationale avec des revendications communes. Il est bon de rappeler qu'en prison, encore plus qu'ailleurs, il n'y a pas d'acquis. Tout ce qui est gagn&#233; par les luttes peut dispara&#238;tre du jour au lendemain.&lt;br/&gt;
Il y a, depuis vingt ans, une baisse significative du nombre de luttes collectives. Le chacun pour soi tend de plus en plus &#224; remplacer la force du nombre et l'individualisme et le consum&#233;risme parviennent souvent &#224; balayer certains id&#233;aux politiques forts. De plus, l'&#233;volution du comportement de la population p&#233;nale qui se soumet &#224; l'autorit&#233; et le renforcement des syst&#232;mes de s&#233;curit&#233; et d'isolement d&#233;velopp&#233;s par l'administration p&#233;nitentiaire (AP), font que les mouvements sont de plus en plus difficiles &#224; organiser. Esp&#233;rons que cette tendance ne soit que passag&#232;re et qu'il y ait d&#232;s lors un renouveau des luttes.&lt;br /&gt;
Enfin il nous semble important de faire circuler la m&#233;moire de ces ann&#233;es, assez peu connue, de combat carc&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Contre toutes les prisons !&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;[&lt;i&gt;NB&lt;/i&gt; : Il va sans dire que les membres de Black-star (s)&#233;ditions ne partagent pas les propos machistes et sexistes que l'on trouve dans certains r&#233;cits&#8230;]&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Black-star (s)&#233;ditions, Grignoble / (St)-&#233;, octobre 2010
Pour tous commentaires, infos, critiques,&lt;br /&gt;
remarques, insultes, etc. :&lt;br /&gt;
&lt; black-star@no-log.org &gt;&lt;br /&gt;
Anti-copyright, photocoPillage, diffuse !&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;I&lt;br /&gt;
C'&#233;tait le premier mai, et il faisait beau.&lt;br /&gt;
R&#233;cit d'une mutinerie &#224; Fleury-M&#233;rogis, le 1er mai 1971.
Texte paru dans la brochure du Groupe d'information sur les prisons :&lt;br /&gt;
Le GIP enqu&#234;te dans une prison mod&#232;le : FLEURY-MEROGIS&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Editions Champ Libre, 1971.&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Q&lt;/strong&gt;uand il fait tr&#232;s beau et qu'on est en promenade, on n'a pas envie de remonter. Alors, ce jour-l&#224;, on est rest&#233;s. &#199;a s'est fait tr&#232;s spontan&#233;ment. Je n'&#233;tais m&#234;me pas au courant, j'&#233;tais en train de discuter avec un camarade qui &#233;tait &#224; sa fen&#234;tre. Et puis, tout d'un coup, le maton a dit de remonter. Alors il y a quelques types qui ont dit : &#171; On ne remonte pas &#187;. Les autres types qui n'&#233;taient pas au courant, se sont mis autour d'eux et ont discut&#233; et tout le monde s'est trouv&#233; d'accord pour ne pas remonter, parce que c'&#233;tait marrant et puis c'&#233;tait une mani&#232;re de manifester un peu de libert&#233; que de refuser un ordre. C'est le C3 qui a fait &#231;a, les isol&#233;s 23h sur 24.&lt;br /&gt;
L&#224;-dessus, ont commenc&#233; les parlementations. Toute la hi&#233;rarchie a d&#233;fil&#233;. Le petit maton est all&#233; chercher son sup&#233;rieur hi&#233;rarchique : &#171; Qu'est-ce que vous voulez, les gars ? &#187; On ne voulait rien, on voulait rester l&#224;. Enfin, tout le monde s'est trouv&#233; d'accord pour dire : &#171; On veut deux heures de promenade. &#187; Mais en fait, c'&#233;tait un truc invent&#233; sur l'heure, le pr&#233;texte pour les faire patienter. Alors &#233;videmment la r&#233;ponse, &#231;a a &#233;t&#233; : &#171; C'est pas de ma comp&#233;tence, remontez en cellule, on en discutera&#8230; &#187; Tout le monde a refus&#233; obstin&#233;ment de remonter en cellule. Enfin, il y a des types qui se sont laiss&#233;s intimider, qui sont remont&#233;s. C'&#233;tait le but qu'ils recherchaient en discutant avec nous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;Au d&#233;part, c'&#233;tait pas du tout offensif &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait : &#171; On reste l&#224;, on est bien. &#187; Il y avait une unit&#233; l&#224;-dessus, mais elle &#233;tait assez limit&#233;e. Aussi il y avait des types qui se laissaient intimider ; ils disaient &#171; &#231;a ne m&#232;ne &#224; rien &#187; et ils remontaient en cellule. &#199;a a dur&#233; comme &#231;a une heure et demie. A ce moment on est rest&#233;s 20, sur les 50 ou 60 qu'on &#233;tait au d&#233;part. On restait l&#224;, on attendait, mais on commen&#231;ait &#224; pr&#233;voir la tournure qu'allaient prendre les &#233;v&#233;nements. Les types qui &#233;taient rest&#233;s l&#224; savaient tr&#232;s bien que s'ils remontaient maintenant en cellule, n'importe comment, ce serait le mitard&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Quartier disciplinaire. &#171; Les cachots du mitard sont con&#231;us pour d&#233;truire la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; imm&#233;diatement, &#224; la rigueur le passage &#224; tabac. Tout d'un coup, on a vu appara&#238;tre au fond de la cour 4 ou 5 matons qui planquaient des matraques sous leur veste. Alors, comme on &#233;tait les mains nues, &#231;a a provoqu&#233; un r&#233;flexe d'autod&#233;fense. On s'est tous pr&#233;cipit&#233;s sur des escaliers en bois qui servent pour la gymnastique. Ils ont vol&#233; en morceaux. Ca faisait des gourdins longs d'un m&#232;tre, renforc&#233;s aux extr&#233;mit&#233;s, des trucs &#224; tuer un b&#339;uf du premier coup. Et &#224; ce moment-l&#224;, on s'est r&#233;fugi&#233;s dans une position dominante, sur un petit surplomb, &#224; deux m&#232;tres au dessus de la cour et on a attendu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;A l'int&#233;rieur tous les types &#224; leurs fen&#234;tres nous encourageaient&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les matons leur disaient sans arr&#234;t : &#171; Taisez-vous. &#187; Ils &#233;taient compl&#232;tement fous. Comme on commen&#231;ait &#224; avoir faim, les types des cellules nous filaient &#224; bouffer par les fen&#234;tres. Une atmosph&#232;re tr&#232;s sympathique, quoi&#8230; Il y a m&#234;me eu un &#233;pisode assez extraordinaire : il y a un type qui s'&#233;tait laiss&#233; convaincre de remonter et puis il ne voyait rien de sa cellule, mais il entendait les cris et se demandait comment la situation &#233;voluait. Alors il a fait un truc que personne n'a jamais r&#233;ussi &#224; faire &#224; Fleury : il a cass&#233; le carreau de sa cellule &#8211; ce qui est quasiment impossible &#8211; et il a descendu les trois &#233;tages, pour nous rejoindre, sous les encouragements de toute la prison. Les matons l'ont cours&#233; dans toute la taule. C'&#233;tait assez d&#233;ment. Pour finir, il s'est fait coincer, &#233;videmment. C'&#233;tait un type assez extraordinaire.&lt;br /&gt;
Ils ont recommenc&#233; &#224; parlementer. Le directeur en personne est mont&#233; parmi nous : &#171; Qu'est-ce qu'il y a qui ne va pas ? &#187; L'&#233;ducateur-chef est mont&#233; aussi et tous les deux se compl&#233;taient parfaitement. L'&#233;ducateur disait : &#171; Faites-moi confiance ; vous me connaissez ; je suis votre &#233;ducateur, patati, patata&#8230; &#187; Il avait promis qu'on ne prendrait pas de coups. En fait, on en a pris. En m&#234;me temps, ils en profitaient pour rep&#233;rer les &#171; meneurs &#187;. En fait il n'y en avait pas. Il y avait simplement des types qui parlaient plus que d'autres, parce qu'ils &#233;taient plus ou moins inconscients ou simplement parce qu'ils s'en foutaient, parce que quand on va prendre vingt ans de taule, on s'en fout des petits d&#233;tails comme &#231;a.&lt;br/&gt;
De toute fa&#231;on, il n'y avait plus rien d'autre &#224; faire que de rester. Bien s&#251;r, &#231;a aurait pu se terminer en sanctions disciplinaires. Mais les gars disaient : &#171; &#199;a vaut pas le coup de se faire enculer, si on remonte, on baisse notre froc, et puis on est des cons, alors on reste l&#224;. &#187;&lt;br /&gt;
Quand ils ont vu que &#231;a ne marchait pas, ils ont tent&#233; une premi&#232;re charge. Ils ont install&#233; une &#233;chelle et ils sont mont&#233;s par les deux extr&#233;mit&#233;s. On les a repouss&#233;s tr&#232;s facilement. L'&#233;chelle s'est cass&#233;e la gueule. Il y a un type qui &#233;tait l&#224; pour meurtre qui s'est pr&#233;cipit&#233; au-devant d'eux. Il a frapp&#233; un grand coup. &#199;a a donn&#233; un maton de bless&#233;. Ils se sont retir&#233;s. Ensuite, ils ont tent&#233; une seconde charge, mais beaucoup moins r&#233;solus&#8230; D&#232;s qu'on s'est montr&#233;s un peu agressifs, ils ont reflu&#233; &#224; toute vitesse.&lt;br /&gt;
Apr&#232;s ces deux charges des matons, les gendarmes sont arriv&#233;s avec des grenades lacrymog&#232;nes. Ils ont fait trois sommations. Les types des cellules nous ont tendu des mouchoirs mouill&#233;s qu'on s'est mis autour de la figure. Ils ont grenad&#233; une premi&#232;re fois. Tout le monde s'est mis &#224; tousser mais on est rest&#233;. Ils ont grenad&#233; une deuxi&#232;me fois. &#199;a devenait irrespirable.&lt;br /&gt;
L&#224;, on a manqu&#233; d'unit&#233;. On est descendus par petits groupes. Moi, je suis descendu du toit et je me suis rendu aux gendarmes. Ils m'ont conduit dans le hall du b&#226;timent mais, comme il y avait des types &#224; aller rechercher, ils ne m'ont pas accompagn&#233; jusqu'au panier &#224; salade qui devait nous emmener au mitard. Ils m'ont pouss&#233; dans les bras des matons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le Directeur a dit quelque chose comme : &#171; Allez-y cognez ! &#187;&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai pris un coup de matraque derri&#232;re les oreilles. Je me suis retrouv&#233; par terre. J'ai pris des coups de pieds et j'ai &#233;t&#233; tra&#238;n&#233; sur une dizaine de m&#232;tres par les cheveux. D'autres mecs avaient la l&#232;vre fendue d'un coup de pied, des trucs assez incroyables. Tandis que les autres types qui sont descendus apr&#232;s ont &#233;t&#233; prot&#233;g&#233;s par les gendarmes. Ils se sont mis autour d'eux et ils ont dit aux matons, d'un petit air protecteur : &#171; Si vous voulez cogner, c'est pas maintenant, c'&#233;tait tout &#224; l'heure. &#187;&lt;br /&gt;
Ensuite, on ne savait pas tr&#232;s bien ce qu'il allait advenir de nous. On nous a emmen&#233;s au mitard, chacun entre deux matons qui prof&#233;raient des menaces. Quand ils m'ont pouss&#233; dans la cellule, ils ont voulu entrer avec moi. Heureusement, il y a un grad&#233; qui s'est interpos&#233;, qui les a emp&#234;ch&#233;s. Sinon c'&#233;tait bien parti. On s'attendait &#224; ce qu'ils fassent la tourn&#233;e, mais on a d&#251; les en emp&#234;cher.&lt;br /&gt;
Au bout de deux jours, on est repass&#233; au pr&#233;toire et ils ont distribu&#233; les peines : 15 jours &#224; un mois de mitard pour ceux qui avaient particip&#233; &#224; l'&#233;meute, mais aussi pour d'autres qui nous avaient seulement encourag&#233;s de la voix depuis leurs fen&#234;tres. Un camarade a fait un mois de mitard pour &#231;a.&lt;br /&gt;
Au mitard, au d&#233;but, on &#233;tait au r&#233;gime normal, c'est-&#224;-dire manger tous les deux jours et pas de lectures. Au bout de deux jours, il y eut une tentative de suicide. Moi, j'ai piqu&#233; une crise de nerfs. C'&#233;tait pas tenable de rester comme &#231;a &#224; regarder le mur. Alors, ils ont d&#251; adoucir le r&#233;gime. On mangeait tous les jours et on avait de la lecture &#224; volont&#233;. On me donnait du valium 5. Avec &#231;a j'&#233;tais vachement calme&#8230; C'est la complicit&#233; des m&#233;decins dans le syst&#232;me. Le type qui avait essay&#233; de se suicider, il est rest&#233; encha&#238;n&#233; au mitard pendant un mois&#8230; apr&#232;s il ne marchait plus droit&#8230;&lt;br /&gt;
Apr&#232;s &#231;a, ils ont mis &#224; l'isolement complet tous les mao&#239;stes qu'il y avait dans la prison, sauf deux, et ils ont accru la r&#233;pression dans toute la prison. On a vu des types prendre une semaine de mitard pour avoir parl&#233; &#224; leur fen&#234;tre.&lt;br /&gt;
Au point de vue p&#233;nal, il y eut une quinzaine d'inculpations. &#199;a a donn&#233; des peines s'&#233;chelonnant entre deux mois avec sursis &#224; six mois fermes. L'inculpation, c'&#233;tait : d&#233;gradation de monument d'utilit&#233; publique&#8230;&lt;br /&gt;
Tout &#231;a s'est pass&#233; dans la cour de promenade de la tripale. Mais on a su ensuite que tous les gars des autres ailes nous soutenaient, et pourtant, ils ne nous voyaient pas de leur fen&#234;tre. Tous, ils se sont mis &#224; crier, &#224; jeter par la fen&#234;tre toutes les choses de leur cellule, m&#234;me la nourriture qu'ils cantinaient, les livres, tout. Des matelas y sont pass&#233;s aussi, et des gars ont m&#234;me mis le feu &#224; des matelas d&#233;j&#224; tomb&#233;s en visant dessus depuis leur cellule avec des objets enflamm&#233;s. Comme en plus il continuait &#224; pleuvoir plein de salet&#233;s des fen&#234;tres, les matons, en bas, tous affol&#233;s, ne pouvaient m&#234;me pas s'approcher pour les &#233;teindre. &#199;a a dur&#233; toute la soir&#233;e, et c'est l&#224; qu'un mec &#224; r&#233;ussi &#224; casser sa fen&#234;tre, et &#224; faire l'acrobate devant tout le monde pendant une demi-heure.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;L'explication de la r&#233;volte ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle est &#233;vidente : une prison, f&#251;t-elle mod&#232;le, &#231;a ne peut qu'engendrer la r&#233;volte.&lt;br /&gt;
La cause directe, je l'ai dit, c'est que c'&#233;tait le premier mai, qu'il faisait vraiment tr&#232;s beau et qu'on n'avait pas envie de se retrouver tout seul &#224; s'emmerder dans une cellule.&lt;br /&gt;
La cause profonde ? La prison, c'est la r&#233;pression concentr&#233;e. Dans la soci&#233;t&#233;, la r&#233;pression est masqu&#233;e par l'information, par l'id&#233;ologie et tout. Dans les prisons, ce n'est pas possible. Elle est la m&#234;me dans une prison relativement confortable et qui, &#224; l'&#233;poque, n'avait pas un syst&#232;me de r&#233;pression f&#233;roce, du moins pas directement. On ne peut que se r&#233;volter, m&#234;me gratuitement, parce que c'est gratuit de A jusqu'&#224; Z. On savait que &#231;a allait se terminer l&#224;. On attendait m&#234;me les CRS.&lt;br /&gt;
Il faut dire que la r&#233;pression, elle &#233;tait particuli&#232;rement sensible pour les types de cet &#233;tage. Ceux qui &#233;taient l&#224;, c'&#233;tait ceux qu'on consid&#233;rait comme des &#171; asociaux &#187;. Beaucoup &#233;taient l&#224; parce qu'ils ne pouvaient pas s'adapter au travail dans les ateliers. Ces types-l&#224;, ou bien ils travaillent en cellule, ou bien ils ne font rien. Quand on travaille, qu'on va en atelier ou en classe, on peut avoir une toute petite illusion de la vie normale : m&#233;tro-boulot-dodo. L&#224;, c'&#233;tait travail-bouffe-radio, promenade-sport. Comme &#231;a, on peut attendre que &#231;a se passe. Mais l&#224;, tout seul toute la journ&#233;e, &#224; ne rien faire, c'&#233;tait pas supportable.&lt;br /&gt;
Cette r&#233;volte, elle a eu le grand d&#233;faut &#8211; c'&#233;tait &#224; la fois une qualit&#233; et un d&#233;faut &#8211; d'&#234;tre spontan&#233;e. Elle n'a pas d&#233;pass&#233; cette spontan&#233;it&#233;. C'est dommage, mais enfin, il y en aura certainement d'autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Ce n'&#233;tait pas un mouvement revendicatif&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'&#233;tait pas pour r&#233;clamer un r&#233;gime plus doux ou quoi que ce soit, &#231;a s'attaquait au syst&#232;me.&lt;br /&gt;
Ce n'&#233;tait pas exprim&#233; clairement, mais c'&#233;tait relativement conscient : &#231;a se sentait &#224; certaines r&#233;flexions. Il y avait d'ailleurs, chez les jeunes que je c&#244;toyais, une assez grande compr&#233;hension des rapports qu'il pouvait y avoir entre leur statut de jeunes voyous, de jeunes truands, jeunes voleurs, et la soci&#233;t&#233;, entre la r&#233;pression sociale et leur r&#233;volte. Ils l'exprimaient en disant qu'ils n'avaient pas envie de bosser et que voler, c'&#233;tait plus facile que bosser.&lt;br /&gt;
La preuve, c'est que s'ils n'avaient pas compris &#231;a, ils auraient revendiqu&#233; quelque chose. Ils ne revendiquaient rien. C'&#233;tait pas : &#171; Nous voulons la t&#233;l&#233; et puis des livres de tous les jours. &#187; Il n'en a jamais &#233;t&#233; question, ce n'est venu &#224; l'id&#233;e de personne. Non c'&#233;tait des desperados ; par ce mouvement, on exer&#231;ait notre droit &#224; la libert&#233; m&#234;me &#224; l'int&#233;rieur de la prison.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;II&lt;br /&gt;
Mutinerie de la centrale d'Ensisheim (06 avril 1988).&lt;br /&gt;
Djellali Mihoubi dit KYOU&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour un t&#233;moignage complet de cette mutinerie : A ceux qui se croient (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;N&lt;/strong&gt;ous foncions vers la cour des sports, ouvrant les grilles devant nous. Les d&#233;tenus nous regardaient faire, sans intervenir. Au fond sous le porche qui abritait l'escalier, une dizaine de matons alert&#233;s entourait le directeur. Sans ralentir, nous courions droit sur eux. Un maton un peu avanc&#233; fut cueilli aux jambes par le balayage de G&#233;g&#233;, shoot&#233; en plein vol par Baptiste qui suivait et je lui arrachai ses clefs en passant. Nous ne nous &#233;tions m&#234;me pas arr&#234;t&#233;s. Ses coll&#232;gues paniqu&#232;rent et ce fut la d&#233;bandade avant que nous les atteignons. Un coup d'extincteur finit de les affoler et ils s'enfuirent derri&#232;re le directeur qui courait sans se retourner. &lt;br /&gt;
Je d&#233;verrouillai les portes donnant sur la d&#233;tention avec Baptiste sur les talons pr&#234;t &#224; intervenir. A chaque ouverture, je m'attendais &#224; me trouver face &#224; une r&#233;sistance, mais le passage &#233;tait abandonn&#233; par la matonnerie qui fuyait devant nous.&lt;br /&gt;
Quand nous atteign&#238;mes la d&#233;tention, les derniers matons s'&#233;chapp&#232;rent par l'autre porte. A nous cinq nous avions fait fuir une trentaine de matons et la taule &#233;tait &#224; nous.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; C'est la r&#233;volution ! Annon&#231;ai-je aux d&#233;tenus en ouvrant les cellules une &#224; une.&lt;br /&gt;
Un peu surpris, les gars sortaient timidement des cellules, cherchant dans les coursives la r&#233;action des surveillants. Mais il n'y avait plus personne pour nous retenir. Je compris leur h&#233;sitation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Attendez, je vais vous expliquer ce que c'est que la r&#233;volution !&lt;br /&gt;
J'allai m'emparer d'une t&#233;l&#233; dans une cellule et la balan&#231;ai dans le vide des coursives. L'appareil s'abima au sol dans un grand bruit. Quelques secondes de silence suivirent, puis les gars comprirent qu'il n'y avait plus de surveillance. La r&#233;volte explosa comme un coup de tonnerre dans un ciel calme. Les gars se jet&#232;rent sur les t&#233;l&#233;visions et les balanc&#232;rent dans le vide, le kiosque des matons dans le b&#226;timent vola en &#233;clat, une veste d'uniforme oubli&#233;e fut lac&#233;r&#233;e L'effervescence s'&#233;tendit comme une tra&#238;n&#233;e de poudre. Tous voulaient que nous ouvrions les portes et les gars s'&#233;parpillaient pour investir la taule. Ce n'&#233;tait pas une r&#233;volte, c'&#233;tait un coup d'Etat. Nous avions pris le pouvoir en faisant tomber l'autorit&#233;, puis nous l'avions abandonn&#233; &#224; la foule en col&#232;re.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Qu'est-ce qu'on fait maintenant ? demanda G&#233;g&#233; quand tous les d&#233;tenus furent lib&#233;r&#233;s.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; On va destroy la taule ! proposai-je.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;III&lt;br /&gt;
Mutinerie de la centrale de Saint-Maur&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour un autre t&#233;moignage de cette mutinerie : Daniel Koehl, R&#233;volte &#224; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;br /&gt;
(12-13 novembre 1987)&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;C&lt;/strong&gt;entrale de Saint-Maur, 1987 : deux murs s&#233;par&#233;s d'une centaine de m&#232;tres, des miradors partout, des grilles plein les couloirs : le poids de la justice mesur&#233; en ferraille et en b&#233;ton, qui vous &#233;crase l'espoir &#8211; l'espoir indispensable, comme un r&#234;ve de libert&#233; : &#233;vasion ou lib&#233;ration. Pour l'&#233;vasion, dur dur... Et ces derniers temps, la lib&#233;ration devenait un sujet de plaisanterie. Remises de peine, libert&#233;s conditionnelles, ces mirages qui vous aident &#224; continuer le chemin s'effa&#231;aient, s'effa&#231;aient... On a pris perp&#232;te, vingt ans, quinze ans, mais on n'y croit pas. On s'accroche au moindre mensonge, pour ne pas mourir. Il nous faut une chim&#232;re en laquelle esp&#233;rer. Les chefs fonctionnaires raisonnaient autrement : ils nous autorisaient un semblant de confort, t&#233;l&#233;, sport et bronzage, des prisons douillettes, o&#249; l'on nous garderait le plus longtemps possible. Pas question de libert&#233;. &#192; d&#233;faut de peine de mort, on s'arrangerait pour nous laisser crever en taule. Ils s'imaginaient que des conditions de vie &#171; agr&#233;ables &#187; nous permettraient d'accepter. &#199;a nous rendait nerveux. M&#234;me les d&#233;tenus mod&#232;les ronchonnaient s&#233;v&#232;re. La r&#233;volte r&#244;dait, rouge et fumante. La direction s'en tapait, le minist&#232;re itou.&lt;br/&gt; Depuis une semaine, des sympt&#244;mes apparaissaient, pr&#233;curseurs d'agitation. D'abord un m&#233;content perch&#233; vingt-quatre heures sur la fa&#231;ade du b&#226;timent A. Flics et pompiers pour le d&#233;loger. Deux jours plus tard, tentative d'&#233;vasion au b&#226;timent C : un scieur de barreaux. Ensuite la benne &#224; ordures de 14h17... Ce jour-l&#224;, j'essayais de faire une sieste, d&#233;rang&#233; par le bruit d'un camion qui man&#339;uvrait :&lt;br /&gt; - Par tous les gonflos ! Il va me laisser dormir, ce con ?&lt;br /&gt; Jetant un &#339;il par la fen&#234;tre, je vis la benne &#224; ordures, celle qui avalait quotidiennement les poubelles de l'&#233;tablissement.&lt;br /&gt;
Trois taulards venaient d'&#233;jecter le chauffeur, de prendre sa place. Ils fonc&#232;rent en marche arri&#232;re sur une grande porte m&#233;tallique, qui donnait entre les deux murs, l'envoyant valser &#224; dix m&#232;tres. Le camion fila vers la sortie. On entendit le fracas de la porte d'entr&#233;e d&#233;fonc&#233;e &#224; son tour, accompagn&#233; d'une fusillade. Avaient-ils r&#233;ussi ? &#192; 15 heures, la radio locale annon&#231;a trois &#233;vad&#233;s. Les cellules criaient de joie. Le mythe de la super prison venait de dispara&#238;tre, emport&#233; dans la benne avec les ordures.&lt;br /&gt; A Saint-Maur, il y a trois b&#226;timents : A, B, C ; trois &#233;tages par b&#226;timent, chaque &#233;tage divis&#233; en deux &#171; unit&#233;s &#187;, comprenant vingt-cinq &#224; trente cellules, un type par cellule. Je r&#233;sidais au troisi&#232;me &#233;tage du C, unit&#233; C-3I, &#171; l'&#233;tage des Corses &#187; ; il comprenait en effet un bon tiers de Corses, dont deux ou trois membres du FLNC&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le Front de Lib&#233;ration Nationale de la Corse appara&#238;t le 05 mai 1976 suite &#224; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. On avait aussi un Palestinien pro-iranien. &#199;a donnait un genre d'ambiance politis&#233;e.&lt;br /&gt; Jeudi 12 novembre 1987, midi, cour de promenade : un taulard, roi des singes, est mont&#233; dans un arbre et refuse de regagner sa cage, va savoir pourquoi. Les sh&#233;rifs bleus tournent autour du tronc. Les t&#234;tes aux fen&#234;tres sont &#233;clat&#233;es de rire.&lt;br /&gt; Un tron&#231;onneur fou accourt, grand castrateur de phallus feuillus :&lt;br/&gt; - Vous descendez ?&lt;br /&gt; - Non !&lt;br /&gt; Vroum ! Vroum ! La sciure vole, l'arbre pleure. Les fen&#234;tres vouent le b&#251;cheron &#224; la sodomie perp&#233;tuelle. L'arbre s'&#233;croule : son locataire saute &lt;i&gt;in extremis &lt;/i&gt; ;&lt;i&gt; &lt;/i&gt;aussit&#244;t chop&#233;, rudoy&#233;, il r&#233;siste :&lt;br /&gt; - Enfoir&#233;s ! L&#226;chez-moi !&lt;br /&gt; Les ge&#244;liers le tra&#238;nent dans le b&#226;timent, sous les hurlements du public. Par les m&#226;nes de Mesrine&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Braqueur fran&#231;ais, plusieurs fois &#233;vad&#233; de prison, il est consid&#233;r&#233; dans les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ! Quelle arrogance... On monte dans un arbre, ils le coupent... Si quelqu'un grimpe sur le toit, plastiqueront-ils le b&#226;timent, occupants compris ? Jusqu'o&#249; fermerons-nous nos gueules ?&lt;br /&gt; M&#234;me jour, 15 heures, &#171; quartier socioculturel &#187; &#8211; endroit o&#249; se trouvent &#171; les activit&#233;s &#187; : salle de classe, d'informatique, la biblioth&#232;que, etc. &#192; c&#244;t&#233; : la salle de culturisme. Du monde, beaucoup plus qu'&#224; l'accoutum&#233;e. &#199;a discute &#224; voix basse, l'&#339;il furieux. Des regards assassins suivent les surveillants. J'y rencontre deux copains :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Salut, dis-je. Vous avez vu l'arbre ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Attends... Eux aussi, ils vont voir.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; On va leur couper les couilles&#8230;&lt;br /&gt; Autour, m&#234;me ambiance, r&#233;volution dans l'air. Au matin du 14 juillet 1789, les sans-culottes avaient-ils le m&#234;me aspect ?&lt;br /&gt; &#192; 16 heures, rien de chang&#233;. Des comploteurs complotent, ressassent les derniers &#233;v&#233;nements, les remises de peine fant&#244;mes, l'enculerie chronique de l'administration. Deux factions se dessinent : l'une veut parlementer, &#233;crire au minist&#232;re, avertir &#8211; mais des paquets de lettres sont d&#233;j&#224; partis, en pure perte, foutus au panier ; la seconde tendance pr&#244;ne la violence imm&#233;diate. Un copain me prend &#224; part, conspirateur en diable :&lt;br /&gt; - Tu redescends &#224; 17 heures ?&lt;br /&gt; - Pourquoi ? Faut descendre ?&lt;br /&gt; Il r&#233;fl&#233;chit :&lt;br /&gt; - Et puis non, pas la peine. De toute fa&#231;on, on va ouvrir les portes &#224; tout le monde. Quelque chose de s&#233;rieux se pr&#233;pare.&lt;br /&gt; &#192; l'&#233;tage, un pote nomm&#233; Aldo m'attend en &#171; salle d'activit&#233;s &#187;. Dans les unit&#233;s, les salles d'activit&#233;s sont des cellules vides, avec une table, quelques chaises et un r&#233;chaud &#233;lectrique, o&#249; l'on peut se r&#233;unir, pour prendre le caf&#233;, manger ensemble. Je lui explique la tournure des &#233;v&#233;nements. On &lt;i&gt;wait and see &lt;/i&gt;la suite.&lt;br /&gt; &#199;a &#233;clate juste apr&#232;s 17 heures, &#224; la salle de culturisme. Les barres des halt&#232;res se transforment en armes. En avant pour le grand saccage ! En deux minutes, le coin est d&#233;vast&#233;, vitres &#233;clat&#233;es, appareils de musculation pli&#233;s en douze. Les surveillants coinc&#233;s donnent les clefs. Deux profs, un d'anglais, un de sciences-nat, le pasteur, tous ceux qui tra&#238;nent par l&#224; deviennent des otages.&lt;br /&gt; Non loin, le directeur donne ses audiences. Quel est ce vacarme ? Il s'am&#232;ne &#224; grands pas, buste bomb&#233;, sourcil fronc&#233;, un regard &#224; mater la chiourme. Quelques mois plus t&#244;t, un mouvement de protestation s'&#233;tait produit ; les m&#233;contents avaient gueul&#233;, refus&#233; de retourner en cellule. Le directeur s'&#233;tait d&#233;plac&#233;, avait l&#226;ch&#233; trois promesses &#8211; de quoi satisfaire les trublions. D&#232;s le lendemain, transferts disciplinaires, les meneurs balluchonn&#233;s vers d'autres taules. Pensait-il r&#233;cidiver ? Son apparition cr&#233;e la surprise : gonfl&#233; le mec ! Mais l'&#233;tonnement se dissipe ; les mutins remercient le ciel et l'inconscience pour cet otage de choix ! Il &#233;merge de son d&#233;lire, r&#233;alise le danger, d&#233;tale. Trop tard ! Quelqu'un lui bloque la retraite, barre de fer &#224; l'appui.&lt;br /&gt; Les &#233;meutiers envahissent le b&#226;timent C, cassent tout, prennent les clefs, capturent les surveillants. Ceux des b&#226;timents A et B se d&#233;binent juste &#224; temps. Depuis notre salle d'activit&#233;s, on ne voit rien de tout &#231;a, mais on entend fracas et cris barbares. Au loin, par-del&#224; les murs d'enceinte, une nu&#233;e de gyrophares bleus nous fonce dessus. L'alerte est donn&#233;e. La porte de la salle d'activit&#233;s s'ouvre. Dans le couloir, un d&#233;tenu d&#233;verrouille les cellules. Arrivent le directeur, une dizaine de surveillants, les deux profs, le pasteur, solidement escort&#233;s. Les voil&#224; boucl&#233;s dans une salle d'activit&#233;s.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Ici, vous &#234;tes en s&#233;curit&#233;, leur dit quelqu'un.&lt;br /&gt; Effectivement, vu l'humeur mutine, mieux vaut qu'ils &#233;vitent de se balader. L'un des Corses am&#232;ne le directeur pr&#232;s du t&#233;l&#233;phone int&#233;rieur de l'unit&#233;, plac&#233; dans le couloir :&lt;br /&gt; - Regardez si &#231;a marche.&lt;br /&gt;
&#199;a marche.&lt;br /&gt; - Appelez le greffe.&lt;br /&gt; - All&#244;... C'est le directeur... Oui... Nous sommes pris en otages... Je ne sais pas...&lt;br /&gt; Crisp&#233;, mais la voix calme.&lt;br /&gt; - Donnez-moi l'appareil, dit le Corse. All&#244; ! Nous voulons qu'une &#233;quipe de FR 3 entre dans la prison, pour lui exposer nos revendications... Quoi ? Oui, nous assurons la protection des otages. Nous voulons...&lt;br /&gt; Dialogue de sourds : l'un parle de revendications, l'autre des otages.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Qui vous &#234;tes ? s'&#233;nerve le Corse. Vous &#234;tes habilit&#233; &#224; n&#233;gocier ? Non, je n'&#233;coute pas ! Allez chercher quelqu'un qui a autorit&#233; pour n&#233;gocier ! Nous vous rappellerons.&lt;br /&gt; Clac. Raccroch&#233;. Les otages sont r&#233;partis dans diff&#233;rentes cellules du C-3I, le directeur seul dans l'une, deux gardes arm&#233;s devant la porte. On rel&#226;che le pasteur, avec mission de faire passer les revendications. Il s'en acquittera, parlera aux forces de l'ordre, dans les micros, dans les journaux. Son syndrome de Stockholm&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le syndrome de Stockholm d&#233;signe la propension des otages partageant (&#8230;)&#034; id=&#034;nh11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, malvenu, lui vaudra d'&#234;tre class&#233; ind&#233;sirable &#224; la centrale.&lt;br /&gt; Toutes les cellules ouvertes, les taulards en vadrouille, le sac de la prison devient s&#233;rieux. La buanderie crame ; les cuisines et le magasin sont pill&#233;s. Les portes qui coupent les &#233;tages en deux &#233;clatent sous les coups des barres de fer. Toutes ces portes d&#233;fonc&#233;es, quel pied d'enfer ! Elles nous emmerdaient depuis tant d'ann&#233;es... La libert&#233;, c'est d'abord de pouvoir se d&#233;placer selon son d&#233;sir ; on en r&#233;cup&#233;rait un peu, et ce peu nous paraissait beaucoup. Les &#233;meutiers d&#233;molissent, une vraie rage ; les installations &#233;lectriques y passent aussi. Plus moyen d'entendre la radio... Heureusement, j'ai des piles sur mon poste. Je me branche sur la station du coin, dans l'attente des nouvelles. Les pensionnaires du cachot viennent d'&#234;tre lib&#233;r&#233;s ; ils arrivent sous les ovations, en quasi-h&#233;ros : l'homme de l'arbre, celui de la fa&#231;ade, le coupeur de barreaux, et d'autres mauvais sujets.&lt;br /&gt; &#192; 18 heures, pour les infos, une quinzaine de mecs s'empilent dans ma cellule. Les journalistes parlent de l'&#233;meute, de fa&#231;on assez vague. Ils rappellent qu'&#224; Saint-Maur se trouve d&#233;tenu Georges Ibrahim Abdallah&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Communiste r&#233;volutionnaire libanais et militant de la cause palestinienne, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, suppos&#233; terroriste libanais et condamn&#233; &#224; perp&#232;te comme tel. D'autres d&#233;tails dans notre prochaine &#233;dition.&lt;br /&gt; La nuit tombe. Au C-3I passent de nombreux visiteurs, pour s'informer des n&#233;gociations, jeter un coup d'&#339;il aux otages ; certains les insultent &#8211; en particulier le directeur &#8211;, mais les prisonniers qui les gardent interviennent.&lt;br /&gt; Parmi les n&#233;gociateurs &#8211; et protecteurs des otages &#8211;, on distingue deux groupes : l'un &#224; majorit&#233; corse et m&#233;ridionale, principalement les pensionnaires du C-3I ; l'autre, plus composite, avec des d&#233;tenus de diff&#233;rentes unit&#233;s. Dans le premier, les membres du FLNC ont la conscience politique contagieuse : pour une bonne organisation, c'est utile. Les seconds semblent moins aptes &#224; r&#233;soudre les futurs probl&#232;mes. En attendant la suite, avec Aldo et un copain nomm&#233; Louis, on d&#233;cide d'aller se d&#233;gourdir les jambes sur le terrain de foot. On enfile quelques pulls : la nuit s'annonce frisquette. Pour les &#233;meutes, mieux vaut l'&#233;t&#233;. Dans les escaliers, une vraie procession de fourmis : des pillards les bras charg&#233;s de cartons, le butin du magasin. Ils se constituent des stocks en cellule. Pas terrible, la conscience r&#233;volutionnaire...&lt;br /&gt; Sur le terrain de foot, des non-violents prennent le frais. Partout ailleurs, &#231;a d&#233;molit. Aux mutins de la premi&#232;re heure s'ajoute maintenant la presque totalit&#233; des d&#233;tenus. C'est le grand r&#232;glement de comptes avec la prison. Tout y passe, m&#234;me (et surtout) des objets de ce fameux &#171; confort &#187; qui pr&#233;tend se substituer &#224; la libert&#233;. Reprenez vos gadgets, mais laissez-nous sortir !&lt;br /&gt; Plus tard, le garde des Sceaux&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ministre de la justice. Il s'agit ici d'Albin Chalandon qui est de 1986 &#224; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; devait parler du refus des prisonniers d'assumer les cons&#233;quences de leurs crimes, refus d'accomplir leur peine, en r&#233;clamant des gr&#226;ces imm&#233;rit&#233;es. Mais aux assises, les remises de peine sont comprises dans l'addition : pour vous encager dix ans, on vous en file quinze &#8211; sur lesquels on fait douze... Si l'on vous sucre les remises en question, y a de quoi r&#226;ler !&lt;br /&gt; Au rez-de-chauss&#233;e du b&#226;timent C se trouve la porte menant aux ateliers. Depuis le terrain de foot, on voit des types s'acharner dessus. Aucune des cl&#233;s ne convient, place aux barres de fer ! Mais elle r&#233;siste, la chienne. Je m'approche pour observer les travaux.&lt;br /&gt; - Tu veux boire un coup ? me propose-t-on en me tendant un litre de rouge.&lt;br /&gt; En prison, le vin est interdit. Aujourd'hui, les soiffards se rattrapent avec les r&#233;serves des cuisines. Je m'envoie une lamp&#233;e.&lt;br /&gt; - Du blanc, dit un autre en m'offrant une bouteille.&lt;br /&gt; Ne nous privons pas. Gloub ! Une bonne rasade. J'apporte le reste &#224; Louis et Aldo.&lt;br /&gt; - Quand m&#234;me, dit Louis, &#231;a m'ennuie de ne pas participer politiquement, je me sens en contradiction avec moi-m&#234;me.&lt;br /&gt; Allons bon... Cinq m&#232;tres avant le premier mur d'enceinte un grillage haut de six ou sept m&#232;tres cerne le terrain. Derri&#232;re ce grillage, dans l'ombre du b&#226;timent, un d&#233;tenu se camoufle, observant le mirador &#224; l'angle du mur.&lt;br /&gt; - Qu'est-ce que tu fais l&#224; ? lui dis-je.&lt;br /&gt; - Chut ! Chut !&lt;br /&gt; Il s'imagine n'&#234;tre pas rep&#233;r&#233; ?&lt;br /&gt; - Tu devrais pas rester l&#224;, lui dit Aldo. Si le maton croit que tu essaies de partir, il risque de te tirer dessus.&lt;br /&gt; - Il m'a pas vu.&lt;br /&gt; N'insistons pas. La porte des ateliers tient toujours, entour&#233;e d'impatients. Quelqu'un &#233;coute un transistor :&lt;br /&gt; - Les infos ! dit-il.&lt;br /&gt; Les forces de l'ordre encerclent la centrale. Le village voisin vient d'&#234;tre &#233;vacu&#233;, le pasteur rel&#226;ch&#233;. Rien de neuf. Je m'octroie encore une gorg&#233;e de pinard avant de reprendre la promenade. Comment cela finira-t-il ? Allong&#233;s par terre, pi&#233;tin&#233;s de CRS, poin&#231;onn&#233;s de coups de crosse, mordus par les chiens ? La pr&#233;sence des otages nous prot&#233;gera peut-&#234;tre si les n&#233;gociateurs exploitent bien cette carte.&lt;br /&gt; La porte des ateliers capitule. Cri de victoire des mutins, qui se ruent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; On va voir ? dis-je.&lt;br /&gt; Apr&#232;s des passages en sous-sol, on d&#233;bouche dans le couloir principal des ateliers, vaste, avec des poutrelles d'acier tout l&#224;-haut, un d&#233;cor de SF. Les grandes portes &#224; glissi&#232;re qui ferment les ateliers c&#232;dent sans discuter. Les sauvages d&#233;molissent les machines, r&#233;cup&#232;rent des armes de fortune. L'un d'eux s'installe sur une meule avec trois tiges d'acier d'une trentaine de centim&#232;tres et commence &#224; fabriquer des poignards. Un autre trimbale un chalumeau, lunettes de soudeur sur la t&#234;te, tirant les bouteilles sur leur chariot ; il d&#233;coupe les serrures closes, avec une conviction mystique, investi d'un devoir sacr&#233;.&lt;br /&gt; - Arr&#234;te, lui dit quelqu'un, avec les barres de fer &#231;a va deux fois plus vite. Il n'entend rien, tout &#224; sa mission.&lt;br /&gt; - Laisse-le, dit un autre. &#199;a lui fait plaisir.&lt;br /&gt; Certains songent &#224; s'emparer d'un Fenwick&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Charriot &#233;l&#233;vateur.&#034; id=&#034;nh14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; pour tenter une &#233;vasion en d&#233;fon&#231;ant quelques portes jusqu'&#224; la sortie. Mais, dehors, des garnisons enti&#232;res guettent les fuyards... Visitant les ateliers, j'arrive &#224; celui de peinture. Un solitaire r&#233;pand du white spirit :&lt;br /&gt; - Dis aux autres de partir, me pr&#233;vient-il. Je vais filer le rif.&lt;br/&gt; Avec les produits stock&#233;s l&#224;-dedans, &#231;a promet...&lt;br /&gt; - &#199;a va, dis-je, en revenant. Plus personne.&lt;br /&gt; - Barrez-vous ! crie quelqu'un depuis le couloir. &#199;a crame !&lt;br /&gt; La menuiserie flambe d&#233;j&#224;. Des fouinards fouinent, en qu&#234;te de victuailles ou d'armes. D'autres arrivent. Les nouveaux venus, d'ordinaire taciturnes &#224; mourir, plaisantent avec tout le monde, touch&#233;s par la gr&#226;ce de la solidarit&#233; r&#233;volutionnaire &#8211; et par les litres d'alcool ingurgit&#233;s... En repassant par la cour de promenade, j'embarque un carton de bi&#232;res, faute de mieux. Assis par terre, un mec se pr&#233;pare un joint, m&#233;langeant le shit et le tabac avec une clef piqu&#233;e aux surveillants - elle ne devrait servir qu'&#224; &#231;a. De retour sur le terrain, je distribue bibines et sucreries &#224; mes potes :&lt;br /&gt; - On la fait cette partie d'&#233;checs ? dis-je &#224; Richard.&lt;br /&gt; - C'est l'heure des actualit&#233;s r&#233;gionales. On va voir ?&lt;br /&gt; On arrive juste &#224; temps. Les journalistes en savent peu. Faute d'informations, ils brodent sur Abdallah : participe-t-il au mouvement ? Est-ce un coup du Djihad islamique ? &#192; moins que la r&#233;volte ne camoufle une action dirig&#233;e contre lui ? Les forces de l'ordre ont consigne de tirer sur tout ce qui d&#233;passe. On s'en doutait.&lt;br /&gt; De retour &#224; notre &#233;chiquier, on d&#233;couvre deux sans-g&#234;ne en train de jouer.&lt;br /&gt; - Vous emmerdez pas, dis-je. On fauche une table et un jeu et vous vous installez !&lt;br /&gt; - Normal, r&#233;pond l'un d'eux, 1 m 65, 42 kilos. C'est la loi du plus fort.&lt;br /&gt; Le ciel courrouc&#233; &#233;clate en pluie furieuse. Tant pis pour les &#233;checs. On remonte au C-3I.&lt;br /&gt; Attroupement autour du t&#233;l&#233;phone. Le n&#233;gociateur en chef n&#233;gocie ; il crie dans l'appareil :&lt;br /&gt; - Nous voulons qu'une &#233;quipe de FR 3 entre dans la prison... Nous voulons exposer nos revendications &#224; la presse... Oui, j'assume l'enti&#232;re responsabilit&#233; des &#233;v&#233;nements ! Je m'appelle X [il dit son nom] et je revendique l'enti&#232;re responsabilit&#233; !... Quoi ?... Si je contr&#244;le la situation ?... Mais, monsieur, on ne contr&#244;le pas les gens d&#233;sesp&#233;r&#233;s ! On ne contr&#244;le pas le d&#233;sespoir !&lt;br /&gt; Clameur d'approbation des d&#233;sesp&#233;r&#233;s.&lt;br /&gt; Devant les cellules des matons veillent des &#171; gardes arm&#233;s &#187;. Dans le couloir, un habitu&#233; des &#233;meutes carc&#233;rales donne des conseils aux n&#233;ophytes :&lt;br /&gt; - Le mieux, c'est de monter sur le toit quand les CRS vont d&#233;bouler, c'est le seul endroit pour &#234;tre en s&#233;curit&#233;.&lt;br /&gt; - Et dans la cour, c'est pas bon ? avance quelqu'un d'assez l&#226;che. Quand ils arrivent, on se rend...&lt;br /&gt; - Vaut mieux pas. Que tu te rendes ou non, les premiers en prennent toujours plein la gueule.&lt;br /&gt; - Si on allait voir comment il est ce toit, sugg&#232;re Aldo.&lt;br /&gt; - Hein ? dis-je. T'as vu ce qu'il pleut ? Et comment tu veux monter ?&lt;br /&gt; - C'est ouvert. Y a une trappe, l&#224;-bas.&lt;br /&gt; On grimpe. Vue superbe. D'un c&#244;t&#233;, les ateliers qui br&#251;lent ; tout autour, le reflet des gyrophares et les projecteurs install&#233;s par les flics. Le long du second mur d'enceinte, on distingue de petites taches noires immobiles, tous les vingt m&#232;tres environ, les CRS. Et sur le terrain de foot d&#233;sert, sous la pluie battante, un &#233;chiquier solitaire. Plus tard dans la soir&#233;e, les &#171; gardiens &#187; amen&#232;rent le directeur sur le toit. Pervers en diable : offrir &#224; un directeur le spectacle de sa prison en flammes. M&#234;me moment, m&#234;me endroit, des excit&#233;s d&#233;molissaient les derniers projecteurs. L'id&#233;e de balancer le directeur en bas les effleura. Heureusement, son escorte le redescendit rapidement.&lt;br /&gt; &#192; l'heure du journal t&#233;l&#233;vis&#233;, on se retrouve &#224; une vingtaine dans le petit local vid&#233;o. On allume les deux t&#233;l&#233;s &#224; la fois, zap en main. &#171; Les d&#233;tenus sont retranch&#233;s dans la prison. Certains ont pris position sur les toits. &#187; En r&#233;alit&#233;, trois cents lascars sur quatre cents s'alcoolisent comme des b&#234;tes. S'il y avait un assaut maintenant, ils n'auraient m&#234;me pas la force d'&#233;viter les coups de matraque. On nous rappelle que Georges Ibrahim Abdallah, etc. La forteresse tient toujours. Fin du chapitre Saint-Maur. La salle se vide. On reste trois ou quatre, &#224; regarder la suite des actualit&#233;s. Deux zigotos d&#233;barquent :&lt;br /&gt; - Heu... On voudrait prendre les fiches.&lt;br /&gt; - Les fiches ?&lt;br /&gt; - Prends tout ce que tu veux, dis-je.&lt;br /&gt; Ils ouvrent un placard, s'emparent des myst&#233;rieuses fiches :&lt;br /&gt; - On va br&#251;ler tout &#231;a, disent-ils en repartant.&lt;br /&gt; Apparemment, certains ne r&#233;alisent pas que la prison part en fum&#233;e, que demain nous ne serons plus l&#224;, avec ou sans fiches. Des voleurs volent des trucs, les engrangent dans leurs cellules. Un amateur d'art a m&#234;me fauch&#233; des tableaux peints par un autre d&#233;tenu. Ces d&#233;bilos doivent consid&#233;rer la r&#233;volte comme une sorte de r&#233;cr&#233;ation : cette nuit on se d&#233;foule, on fait la f&#234;te et demain le train-train reprendra comme avant... De la bi&#232;re, toujours de la bi&#232;re, le beurrage int&#233;gral, la super-rigolade. Passent des types en cagoule &#8211; premiers rebelles qui ont oubli&#233; de se d&#233;masquer. Un copain tr&#232;s imbib&#233; me tombe dans les bras :&lt;br /&gt; - Mon vieux, braille-t-il, c'est le plus beau jour de ma vie ! Le plus beau jour de ma vie ! Tiens ! Prends une bi&#232;re !&lt;br /&gt; Glou glou ! Quelqu'un m'offre un joint : c'est du bon, du black. Les dealers consomment leur stock ; demain, le commerce prendra fin. Je m'assieds sur un banc. Quelques m&#232;tres devant moi, un type fixe la nuit, le regard flou, plein de vin ; il tient une barre de fer &#224; la main, comme un b&#226;ton de p&#232;lerin. Dans son &#233;tat normal, c'est un dangereux, de ceux qui vous surinent&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Suriner : poignarder en argot.&#034; id=&#034;nh15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#224; la moindre contrari&#233;t&#233;. Sympathique, mais &#224; ne pas &#233;nerver. La boisson ne doit pas l'arranger. Il gamberge, l'allure inqui&#233;tante. Arrivent Aldo, Lanis et deux autres, gourdin &#224; la main, sacrifiant &#224; l'armement g&#233;n&#233;ral.&lt;br /&gt; - Qu'est-ce que tu fais l&#224;, vieux rat ? me demande Aldo.&lt;br /&gt; - M&#233;ditation transcendantale, dis-je en montrant le joint.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;[Ici un fragment d'une page manque dans le manuscrit]&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;
&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt; II se prit une baffe grand format :&lt;br /&gt; - Je vais lib&#233;rer la France !&lt;br /&gt; Au moment o&#249; nous arrivons, ses amis tentent de lui barrer le passage. Il ne les calcule pas, obstin&#233;. Se pointe un grand Black, un voisin de C-3I, 1,90 m, le plus bal&#232;ze du secteur. La plupart des mecs l'aiment bien et le respectent &#8211; et les autres le craignent. Il parvient &#224; raisonner le sauveur de la France ; convaincu, celui-ci s'en retourne vers ses bo&#238;tes de bi&#232;re.&lt;br /&gt; Au C-3I, les d&#233;tenus se succ&#232;dent dans la ge&#244;le du directeur, exposant leurs probl&#232;mes personnels. On croit r&#234;ver.&lt;br /&gt; - Tu veux une audience ? demande-t-on &#224; Aldo. C'est le moment, ce soir il &#233;coute tout le monde.&lt;br /&gt; Un type venant du premier &#233;tage traverse le couloir, furax :&lt;br /&gt; - Les encul&#233;s ! Ils ont d&#233;moli ma cellule ! Si je les chope !&lt;br /&gt; Il dispara&#238;t &#224; l'autre bout de l'unit&#233;. Vingt secondes plus tard, le revoil&#224;, au sprint, une meute arm&#233;e &#224; ses trousses :&lt;br /&gt; - Au secours, hurle-t-il. Ne me tuez pas. Ne me tuez pas !&lt;br /&gt; Celui-l&#224; ne compte pas que des amis. On s'installe dans une salle d'activit&#233;s pour boire un caf&#233;. Des nouvelles circulent &#171; Untel a pris un coup de lame &#187;, &#171; Machin s'est fait massacrer &#187;...&lt;br /&gt; - Mais putain ! r&#226;le un n&#233;gociateur, qui est le con qui a cass&#233; le t&#233;l&#233;phone ?&lt;br /&gt; Des consciencieux continuent le d&#233;molissage ; les lignes &#233;lectriques viennent d'y passer &#224; leur tour. Pour discuter avec les flics, il faut maintenant se rendre &#224; la grille de la d&#233;tention, pr&#232;s du b&#226;timent A. On redescend faire un tour. Des nuits comme &#231;a, on n'en vit pas souvent. On ne veut pas en perdre une miette. D'ailleurs, pour beaucoup, c'est l'&#233;v&#233;nement de leur existence. La loi officielle abolie dans notre microcosme, aucune autorit&#233; n'a encore eu le temps de se reconstruire ; on croit presque &#224; la libert&#233;. Le socio commence &#224; flamber. Les casseurs sont pass&#233;s par l&#224;. Les ordinateurs explos&#233;s, les placards d&#233;fonc&#233;s...&lt;br /&gt; Dans le local vid&#233;o, deux types regardent tranquillement la t&#233;l&#233;.&lt;br/&gt; - Restez pas l&#224;, leur dis-je.&lt;br /&gt; - On attend les infos, pour voir ce qu'ils disent...&lt;br /&gt; En fait, ils regardent le film de Canal +.&lt;br /&gt; - Le socio est en train de cramer, dis-je.&lt;br /&gt; - Merde. C'est chiant.&lt;br /&gt; &#192; contrec&#339;ur, ils abandonnent la t&#233;l&#233; au brasier. On retourne au b&#226;timent, &lt;i&gt;via &lt;/i&gt;le terrain de foot. Il y a maintenant trois types derri&#232;re le grillage, dont l'un perch&#233; dessus, juste en, face du mirador, en pleine discussion avec le surveillant. Des pyromanes se r&#233;v&#232;lent. On en voit passer, bidon de white spirit dans une main, briquet dans l'autre. Les cuisines et le magasin br&#251;lent. &#192; la grille de la d&#233;tention, renforc&#233;e d'une barricade, les n&#233;gociations se poursuivent. La pluie a cess&#233;. Dans les cours, sous la lumi&#232;re rouge des projos, toujours la f&#234;te. Un barbecue improvis&#233; se tient devant le b&#226;timent B. Des graffitis d&#233;corent les murs, stigmatisant le syst&#232;me r&#233;pressif. Le plus po&#233;tique dit : &#171; Faut pas couper les arbres &#187;. Je retourne au QG. La cellule des deux instits est ouverte. J'entre. Beaucoup de monde, ambiance d&#233;tendue. Un vieux Corse alcoolis&#233; tape sur l'&#233;paule d'un prof, une bibine &#224; la main :&lt;br /&gt; - T'inqui&#232;te pas. Tant qu'on est l&#224;, y nous arrivera rien ! On s'occupe de tout ! Et gloup ! une lamp&#233;e de bi&#232;re.&lt;br /&gt; Le prof d'anglais plaisante sans arr&#234;t, un humour remarquable. Tout le monde se marre. On me demande si je peux trouver quelque chose &#224; manger pour les instits. Je pars aux commissions. Dans les couloirs, on ne voit rien au-del&#224; de trois m&#232;tres. On croise des bandes arm&#233;es de couteaux, de massues, de hachoirs, de n'importe quoi. Quand deux groupes se croisent, ils s'&#233;cartent l'un de l'autre, m&#233;fiants, pr&#234;ts au massacre. On sent monter la parano&#239;a. Impossible de trouver du ravitaillement except&#233; de la bi&#232;re, &#233;videmment. Tout semble aval&#233;, ou stock&#233; dans les cellules des pillards. Si le si&#232;ge se prolongeait, &#231;a poserait un probl&#232;me. Faudrait demander des plateaux-repas au GIGN&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Groupe d'Intervention de la Gendarmerie Nationale, unit&#233; d'&#233;lite de l'arm&#233;e (&#8230;)&#034; id=&#034;nh16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Je d&#233;niche quelques bo&#238;tes de conserve, un paquet de pain grill&#233;, plus deux ou trois bricoles, mieux que rien. Sur le chemin du retour, je rencontre un copain, L&#233;onard, qui cherche Robert.&lt;br /&gt; - J'&#233;tais avec lui, il est dans le b&#226;timent C mais je ne sais pas o&#249;.&lt;br /&gt; On passe les &#233;tages en revue. Rien au premier. Au deuxi&#232;me, on rencontre une foule devant une cellule. Dans l'&#233;ventualit&#233; d'un assaut des flics, les otages ont &#233;t&#233; dispers&#233;s. Deux surveillants se trouvent dans cette cellule. Robert, avec un autre type, s'est charg&#233; de monter la garde. Un commando d'une dizaine de furieux s'est amen&#233;. Arm&#233;s jusqu'aux dents, compl&#232;tement ronds. Impossible de les contenir. Leurs intentions sont claires et assassines. Robert fonce chercher du renfort. Le grand Noir et un FLNC d&#233;boulent. Les surveillants, couteau sous la gorge, suent &#224; grosses gouttes. Le Black fend la foule, &#233;cartant les g&#234;neurs comme des mannequins :&lt;br /&gt; - Qu'est-ce qui se passe ici ? On ne tue pas les matons, compris ?&lt;br/&gt; Il prend par le bras l'un des agit&#233;s, le plus chaud de la bande :&lt;br/&gt; - Toi, tu restes avec moi. &lt;br /&gt; Il l'emm&#232;ne hors de la cellule.&lt;br /&gt; - Vous d&#233;connez, les gars, dit le Corse aux autres. Vous voulez que les cond&#233;s donnent l'assaut ? C'est pas s&#233;rieux, merde !&lt;br /&gt; Ivres comme ils sont, ces arguments leur passent loin au-dessus de la t&#234;te. Ils veulent casser du maton. Le Noir revient, entra&#238;ne les deux surveillants avec lui :&lt;br /&gt; - Laissez passer !&lt;br /&gt; Tout le monde se pousse. Il les ram&#232;ne au C-3I &#8211; unique endroit s&#251;r. On retrouve Robert, qui nous raconte le d&#233;but de l'histoire :&lt;br /&gt; - Ils sont vraiment fous, commente-t-il. Il para&#238;t qu'au B un type a &#233;t&#233; &#233;gorg&#233;.&lt;br /&gt; - Mort ?&lt;br /&gt; - Non. Il a &#233;t&#233; &#233;vacu&#233;. Ils ont aussi fait une descente dans une cellule, ils ont d&#233;moli le mec, ils lui ont cass&#233; les deux bras. &#199;a devient s&#233;rieux.&lt;br /&gt;
Je livre mes maigres provisions dans la cellule des instits. Devant la porte du directeur, un petit Arabe, tr&#232;s gentil en temps normal, monte la garde, &#233;quip&#233; d'une barre de fer plus grande que lui, une bo&#238;te de bi&#232;re &#224; la main, totalement schlass.&lt;br /&gt; - Tu es devenu gardien de la r&#233;volution ? lui dis-je.&lt;br /&gt; - Avec moi, personne ne passe ! Si quelqu'un essaye, je le fracasse ! Mais, s'il faut ex&#233;cuter un otage, pas de probl&#232;me, je m'en occupe !&lt;br /&gt; Il parle tr&#232;s fort ; si les otages aux alentours entendent, ils doivent se sentir mal &#224; l'aise !&lt;br /&gt; Je rends visite au Palestinien de notre &#233;tage. Avec lui se trouvent Abdallah, un Arm&#233;nien de l'ASALA&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Arm&#233;e Secr&#232;te Arm&#233;nienne de Lib&#233;ration de l'Arm&#233;nie, groupe militant (&#8230;)&#034; id=&#034;nh17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, un Iranien, plus un ou deux sympathisants ind&#233;finis.&lt;br /&gt; - Qu'est-ce que tu viens faire ici, sioniste, me menace l'Arm&#233;nien, un joyeux drille.&lt;br /&gt; - Je suis en mission pour le Mossad&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb18&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'une des trois branches des services secrets isra&#233;liens. Le domaine (&#8230;)&#034; id=&#034;nh18&#034;&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;br /&gt; Je reste quelque temps avec eux, leur donne les derni&#232;res informations, et les suppositions des journalistes &#224; propos d'Abdallah, ce qui lui fait hausser les &#233;paules. Il semble vaccin&#233; contre les commentaires des m&#233;dias. En ressortant, j'entame la conversation avec des types qui veillent devant la cellule d'un otage. Quelqu'un me donne un joint.&lt;br /&gt; - Tu veux pas nous remplacer dix minutes ? me demande l'un d'eux, qu'on puisse aller voir ce qui se passe. &lt;br /&gt; - OK.&lt;br /&gt; Je m'assieds sur une chaise, devant la porte. Robert passe dans le coin :&lt;br /&gt; - Tu montes la garde ? dit-il.&lt;br /&gt; - &#199;a y est. Me voil&#224; gardien de la r&#233;volution.&lt;br /&gt; - Tu n'as pas d'arme ?&lt;br /&gt; Ben non. Je d&#233;croche l'extincteur du couloir : si des excit&#233;s se pointent, une gicl&#233;e de neige carbonique dans les carreaux et la bouteille sur le teston ! Mais je ne sens l'imminence d'aucun assaut. Ici, tout demeure calme.&lt;br /&gt; Robert reste avec moi. On commence &#224; avoir les crocs. Je me souviens d'un morceau de pain, dans ma cellule. Je vais le chercher, prenant une couverture au passage. On la met par terre, on s'installe dessus, grignotant notre cro&#251;ton. Dans le couloir, les seules lueurs sont celles des incendies. Sur ce fond rouge&#226;tre, &#224; travers la fum&#233;e, on voit passer des silhouettes, m&#234;me plus des hommes, des ombres arm&#233;es. Vu du ras du sol, avec le hasch en plus : hallucinant.&lt;br /&gt; - On m'avait racont&#233; la r&#233;volte de Clairvaux en 1974, dit Robert. Des bandes de mecs se baladaient avec des couteaux, des haches... C'est exactement &#231;a, tout &#224; fait.&lt;br /&gt; - Tu te rends compte, dis-je, si une &#233;ducatrice avait &#233;t&#233; l&#224; au moment o&#249; c'est parti...&lt;br /&gt; - L&#224;, personne n'aurait pu retenir les mecs, surtout dans l'&#233;tat o&#249; ils sont...&lt;br /&gt; Le toit du b&#226;timent est vitr&#233; &#8211; des vitres prot&#233;g&#233;es par des grilles. Je vois une boule de feu monter dans le ciel, &#224; vingt ou trente m&#232;tres de haut.&lt;br /&gt; - T'as vu ? dis-je. Qu'est-ce que c'est ?&lt;br /&gt; - Quoi ?&lt;br /&gt; - T'as pas vu ?&lt;br /&gt; Tourn&#233; du mauvais c&#244;t&#233;, il n'a rien remarqu&#233;. On se d&#233;p&#234;che vers l'autre bout de l'&#233;tage. Le feu, en voie d'extinction, vient de se r&#233;g&#233;n&#233;rer. Et de quelle fa&#231;on ! Un commando est retourn&#233; aux ateliers. Le premier incendie n'avait finalement pas atteint la peinture. Ils avaient r&#233;par&#233; &#231;a. Bonjour l'explosion ! L'odeur de la fum&#233;e devient de pire en pire. Cette prison qui flambait dans la nuit, c'&#233;tait un spectacle fabuleux. Mais sans doute fallait-il &#234;tre prisonnier pour l'appr&#233;cier vraiment. L'art n&#233;cessite une initiation, et l'on ne ressent compl&#232;tement la beaut&#233; de la r&#233;volte qu'apr&#232;s avoir connu l'oppression. On part &#224; la recherche d'Aldo, L&#233;onard et les autres. Si la situation se d&#233;noue, mieux vaut &#234;tre ensemble pour l'&#233;vacuation : &#231;a nous donnera une chance d'&#234;tre transf&#233;r&#233;s au m&#234;me endroit. Tout le monde retrouv&#233;, retour au C-3I. Dans les couloirs, l'angoisse grandit. Les mecs se croisent avec de plus en plus d'appr&#233;hension. Quelqu'un a failli se faire planter dans les escaliers, sans raison ; il a &#233;vit&#233; un coup de lame de justesse. Son agresseur a disparu dans l'ombre et la fum&#233;e, sans qu'il ait pu l'identifier.&lt;br /&gt; En arrivant &#224; l'unit&#233;, on tombe sur un FLNC :&lt;br /&gt; - O&#249; sont pass&#233;s les gardes ? demande-t-il.&lt;br /&gt; - Je sais pas.&lt;br /&gt; J'avais un peu n&#233;glig&#233; mes devoirs.&lt;br /&gt; - Faut pas d&#233;conner, dit-il. Je suis revenu ici, y avait plus personne, pas un seul garde. C'est grave, putain ! Vous vous rendez compte, si une bande de barjots &#233;tait mont&#233;e ?&lt;br /&gt; Ben oui : heureusement, le C-3I demeure terre d'asile, o&#249; nul ne vient porter le fer et le feu. Trois heures du mat'. La fatigue gagne. Je d&#233;cide de stopper le shit, sinon je vais m'endormir. On se chauffe des caf&#233;s super serr&#233;s.&lt;br /&gt; Les projecteurs sont d&#233;molis, les cours de promenade plong&#233;es dans le noir. Les &#171; gardes &#187; disparus pioncent dans les cellules voisines ; allong&#233;s pour prendre une minute de repos, ils se sont endormis. Aldo en d&#233;couvre deux dans son lit. R&#233;primand&#233;s, certains installent des matelas dans le couloir, devant les portes &#224; surveiller, et se couchent l&#224;. On nous informe que la douche fonctionne, bien chaude. Plusieurs amateurs en profitent. L'un des n&#233;gociateurs souhaite prendre du repos :&lt;br /&gt; - No&#235;l, demande-t-il &#224; l'un de ses amis, monte la garde devant la porte. Je vais dormir un peu.&lt;br /&gt; - Monter la garde ? Et pourquoi ?&lt;br /&gt; - On sait jamais.&lt;br /&gt; - T'es fada. Qui veux-tu qui vienne ?&lt;br /&gt; - On sait jamais ! Monte la garde, enfin ! Tu t'assieds devant la porte, c'est tout.&lt;br /&gt; Il finit par accepter. Mais, au bout de cinq minutes, l'autre r&#233;appara&#238;t.&lt;br /&gt; - Je suis trop &#233;nerv&#233;, j'arrive pas &#224; dormir.&lt;br /&gt;
Je lui offre un caf&#233;, histoire de le calmer. Aux derni&#232;res nouvelles, deux ou trois bless&#233;s, accident&#233;s ou comptes r&#233;gl&#233;s, ont &#233;t&#233; &#233;vacu&#233;s. Deux types, qui transportaient l'un de ces bless&#233;s, ont profit&#233; de l'occase pour se rendre aux forces de l'ordre. Maudits soient-ils. Dans le couloir tra&#238;nent encore des bo&#238;tes de bi&#232;re pleines. Question nourriture, c'est d&#233;j&#224; la p&#233;nurie, mais on aurait facilement pu passer une semaine sans d&#233;cuiter. Un n&#233;gociateur se pointe avec des informations. Il rassemble tous les mecs pr&#233;sents dans le couloir :&lt;br /&gt; - Bon, dit-il. Voil&#224; ce qui se passe. Oh ! crie-t-il pour dominer le brouhaha. &#201;coutez, merde !&lt;br /&gt; Les bavardages s'&#233;teignent.&lt;br /&gt; - Y a pas moyen d'avoir FR 3. En face, ils veulent pas en entendre parler. Mais voil&#224; ce qu'ils proposent : ils sont d'accord pour qu'un journaliste vienne entendre nos revendications, un journaliste de &lt;i&gt;La Nouvelle R&#233;publique. &lt;/i&gt;D&#232;s qu'on commence &#224; rel&#226;cher les otages, le journaliste pourra entrer.&lt;br /&gt; - Et pour l'&#233;vacuation ? demande quelqu'un. Comment &#231;a se passera ?&lt;br /&gt; - Les d&#233;tenus commenceront &#224; sortir en m&#234;me temps que les otages. Deux otages, un groupe de d&#233;tenus, et ainsi de suite, ils garantissent que personne ne nous touchera.&lt;br /&gt; - Ouais, fait un sceptique. C'est ce qu'ils disent.&lt;br /&gt; - Non, ils tiendront parole. Du moment que les otages sont indemnes, il n'y aura pas de violences contre nous. En plus, on a obtenu que des repr&#233;sentants de la presse surveillent l'&#233;vacuation. Alors ? Qu'est-ce que vous en pensez ?&lt;br /&gt; - &#199;a semble valable.&lt;br /&gt; - Ils veulent pas laisser entrer la t&#233;l&#233; ? insiste quelqu'un.&lt;br /&gt; - Ils veulent pas en entendre parler. En face, on a des mecs super d&#233;termin&#233;s. Ils c&#233;deront pas. Alors, je pense, c'est pas mal ce qu'ils proposent.&lt;br /&gt; - Non, dit un irr&#233;ductible. Maintenant qu'on a commenc&#233;, il faut aller jusqu'au bout !&lt;br /&gt; Jusqu'au bout ? O&#249; se situe le bout ? Les surveillants dans les cellules voisines, s'ils &#233;coutent, doivent se sentir le gosier sec.&lt;br /&gt; - On a demand&#233; FR 3, continue-t-il, il faut qu'ils laissent rentrer FR 3 ! Il faut aller jusqu'au bout.&lt;br /&gt; Il a des supporters, mais pas la majorit&#233;.&lt;br /&gt; - Ma foi, reprend le n&#233;gociateur. Maintenant c'est &#224; vous de d&#233;cider, les gars.&lt;br /&gt; - Tout ce qu'on a fait, continue l'intransigeant, il ne faut pas qu'on l'ait fait pour rien. Il faut qu'ils nous donnent ce qu'on veut !&lt;br /&gt; - Mais qu'est-ce que tu racontes ? s'&#233;nerve un Corse. Tu dis que des conneries. Ils vont nous envoyer les CRS et qu'est-ce que tu vas voir ? Tu vas l'avoir dans le cul, oui ! Si on va trop loin, on sera pas gagnants. Dehors, y a des CRS partout. S'ils voulaient, ils seraient d&#233;j&#224; ici. Moi je dis qu'il faut prendre ce qu'ils nous donnent.&lt;br /&gt; - Ouais, approuvent les ti&#232;des.&lt;br /&gt; - Au fond...&lt;br /&gt; - C'est pas une mauvaise id&#233;e...&lt;br /&gt; - Finalement, ajoute-t-on, ce qu'on voulait, c'&#233;tait faire parler de nous. C'est fait.&lt;br /&gt; - &#199;a, c'est s&#251;r ! On parle de nous dans toute la France.&lt;br /&gt; - Dans toute l'Europe m&#234;me !&lt;br /&gt; - Peut-&#234;tre sur toute la plan&#232;te ? je sugg&#232;re.&lt;br /&gt; - Et aux environs, rench&#233;rit Aldo.&lt;br /&gt; - Bon, alors ? dit le n&#233;gociateur. On fait comme &#231;a ? On accepte qu'ils envoient un journaliste de &lt;i&gt;La Nouvelle R&#233;publique ?&lt;/i&gt;&lt;br /&gt; Ch&#339;ur d'approbation. Tant pis pour FR 3. Le groupe se disperse. Je reste aupr&#232;s du n&#233;gociateur, avec Aldo et quelques autres :&lt;br /&gt; - La presse &#233;crite, lui dis-je, c'est d&#233;j&#224; pas mal.&lt;br /&gt; - Ouais. De toute fa&#231;on, en face, ils c&#233;deront pas. Et puis, ajoute-t-il, &#231;a commence &#224; bien faire. Tu comprends, &#224; la radio ils parlent de quatre cents mutins, mais, en r&#233;alit&#233;, on est une trentaine ici. Tous les autres, ils dorment dans leurs cellules ! Faut pas exag&#233;rer, quand m&#234;me.&lt;br/&gt; Il n'y a pas trois cent soixante-dix mecs au dodo, mais effectivement une bonne partie des &#233;meutiers cuvent leur houblon, au chaud, chez eux.&lt;br/&gt; - Le probl&#232;me, reprend le n&#233;gociateur, &#231;a va &#234;tre pour &#233;vacuer les otages.&lt;br /&gt; Pour arriver jusqu'&#224; la grille de la d&#233;tention, il faut traverser enti&#232;rement la prison.&lt;br /&gt; Avec tous les barbares qui r&#244;dent (preuve que tous ne sont pas couch&#233;s), &#231;a s'annonce risqu&#233;.&lt;br /&gt; - Va falloir les amener un par un, dit-il. En les escortant. Je vois que &#231;a.&lt;br /&gt; L'aube approche, le d&#233;nouement aussi. On va faire un tour &#224; la grille de la d&#233;tention, voir ce qui se passe. Calme int&#233;gral. &#192; travers les interstices de la barricade, on voit trente m&#232;tres de couloir, vide. Les n&#233;gociateurs d'en face se tiennent apr&#232;s ce &lt;i&gt;no man's land. &lt;/i&gt;En attendant la suite, on se prom&#232;ne dans la cour. Par acquit de conscience, Louis ach&#232;ve quelques vitres d&#233;j&#224; bris&#233;es.&lt;br /&gt; - C'est &#231;a, la conscience r&#233;volutionnaire, commente Aldo.&lt;br /&gt; La salle &#171; Arts plastiques &#187; du b&#226;timent B demeure intacte &#8211; salle o&#249; les d&#233;tenus font de la peinture, sculpture, etc. Un dernier commando remarque cet oubli : ils d&#233;molissent m&#233;ticuleusement tout ce qu'ils trouvent, en font un ultime brasier. Cours obscures, tout est silencieux, froid.&lt;br /&gt; - Faudrait &#234;tre ensemble quand l'&#233;vacuation commencera, dit Aldo.&lt;br/&gt; L'un d'entre nous a disparu. Avec Robert, on passe le chercher. On le d&#233;couvre dans son lit, dormant du sommeil du juste.&lt;br /&gt; - Putain, r&#226;le-t-il en se levant. Vous faites chier.&lt;br /&gt; - C'est la r&#233;volution, dis-je, et toi tu dors... De retour avec les autres, on s'aper&#231;oit qu'il en manque encore deux. Je repars, avec Louis cette fois-ci. Les deux en question montent la garde devant la cellule d'un surveillant. Ils pr&#233;f&#232;rent rester l&#224; jusqu'&#224; la fin. On s'en retourne sans eux. Le ciel p&#226;lit. Un petit vent frais souffle. On s'abrite dans le couloir, pr&#232;s de la sortie. On se g&#232;le.&lt;br /&gt; - Viens, on marche, me dit Aldo. &#199;a r&#233;chauffe.&lt;br /&gt; - D'accord, mais pas trop vite.&lt;br /&gt; Cette nuit, j'en ai parcouru des kilom&#232;tres... Mes jambes fatiguent. Le couloir est envahi de fum&#233;e. Les t&#244;les du faux plafond, fracass&#233;es, jonchent le sol. Les n&#233;gociations s'ach&#232;vent.&lt;br /&gt; - C'est bon, dit un Corse aux autres r&#233;volutionnaires. Allez chercher les deux instits.&lt;br /&gt; Quelques d&#233;tenus approchent de la grille.&lt;br /&gt; - Reculez ! crie un garde. Personne ne sort pour l'instant ! Compris ? Personne ne sort !&lt;br /&gt; O&#249; serons-nous dans quelques heures ? Sans doute &#224; Fresnes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb19&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La prison de Fresnes est une maison d'arr&#234;t situ&#233;e dans la banlieue sud de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh19&#034;&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Comme quatre &#233;toiles, on fait mieux... Un vacarme de tous les enfers arrive du bout du couloir : une troupe marche sur les t&#244;les et crie de rage. Le grand Black &#233;merge de la fum&#233;e, une massue &#224; la main, le diable noir des l&#233;gendes carc&#233;rales ; une quinzaine de r&#233;volt&#233;s suivent, mal ras&#233;s, &#339;il farouche ; ils entourent les instits, qui ont les mains pos&#233;es sur les &#233;paules des types qui les pr&#233;c&#232;dent, comme les boxeurs vont du vestiaire au ring. Dans la faible lumi&#232;re de l'aube, au milieu du brouillard, du bruit des t&#244;les pi&#233;tin&#233;es, c'est l'image de la r&#233;volte humaine qui passe, sauvage et d&#233;sesp&#233;r&#233;e.&lt;br /&gt; - D&#233;gagez ! Laissez passer !&lt;br /&gt; Tout le monde s'&#233;carte. Le groupe atteint la grille. Les instits rel&#226;ch&#233;s, l'escorte retourne vers le C, chercher deux surveillants. L'&#233;vacuation des taulards ne d&#233;bute pas. Le deuxi&#232;me convoi arrive, aussi remarquable que le premier. Les d&#233;tenus devinant la fin proche, sortent de leur tani&#232;re, viennent pr&#232;s de la sortie.&lt;br /&gt; - Qui c'est le suivant ? demande un escorteur.&lt;br /&gt; - Pamplemousse. Comme &#231;a ce sera fait. L&#224;, &#231;a risque d'&#234;tre chaud. Si personne n'avait rien contre les pr&#233;c&#233;dents lib&#233;r&#233;s, beaucoup r&#234;vent de d&#233;couper celui-l&#224; en rondelles. Ils partent le chercher.&lt;br /&gt; - Patrick, me dit l'un d'eux. Viens avec nous.&lt;br /&gt; Je les accompagne. Le jour se l&#232;ve.&lt;br /&gt; Dans le couloir du C-3I : des matelas, des chaises, des couvertures. Ici, toutes les cellules demeurent absolument intactes. Les autres unit&#233;s ne peuvent pas en dire autant.&lt;br /&gt; Le surveillant, un gros joufflu, est amen&#233; dans le couloir. Le convoi se forme, le grand Noir toujours en t&#234;te, l'otage bien entour&#233;. Les couloirs, les escaliers, la cour de promenade, tout est d&#233;sert. Tout le monde se rassemble autour de la grille de la d&#233;tention. Durant le trajet, le surveillant, plus grand que son convoyeur, garde les yeux riv&#233;s au dos du grand Noir, le regard hagard. On rallie la sortie sans probl&#232;me, pas m&#234;me une manifestation d'hostilit&#233;. Les premiers d&#233;tenus ont commenc&#233; d'&#233;vacuer. Je constate que mes comparses, Aldo, Robert et compagnie, ne sont plus dans le coin. Se peut-il qu'ils se soient barr&#233;s sans moi ? Je me renseigne ; personne ne sait o&#249; ils sont pass&#233;s. Ils ne seraient pas partis sans m'attendre, me dis-je. Ils doivent se trouver dans le secteur. Je passe dans la cour du B. Personne. Pas un chat non plus dans celle du C. Ils ne sont certainement pas remont&#233;s dans un b&#226;timent. Je retourne pr&#232;s de la grille.&lt;br /&gt; - Je crois que Robert est sorti, me dit-on.&lt;br /&gt; Cruelle &#233;vidence : on m'a l&#226;chement abandonn&#233;. Est-ce que je peux encore les rattraper ? Je passe la grille. Un Corse qui se trouve dans le &lt;i&gt;no man's land &lt;/i&gt;me demande si les transferts se d&#233;roulent bien.&lt;br /&gt; - Impeccable, dis-je. M&#234;me pas une insulte, rien.&lt;br /&gt; Mais, les prochains allaient devenir houleux. Le nombre des types aux abords de la grille augmente sans cesse ; l'ambiance devient hostile. D&#232;s le convoi suivant, cris et injures. En voyant arriver le grand Black, &#231;a s'&#233;carte ; mais derri&#232;re, le flot agressif se resserre dangereusement. Le directeur est amen&#233; en dernier ; y a du lynchage dans l'air : des excit&#233;s se tiennent tout au long du couloir ; ils l'insultent au passage, suivent en masse compacte. &#199;a compresse de tous les c&#244;t&#233;s. Il faudrait une quinzaine de grands Blacks... Les autres convoyeurs ont du mal &#224; contenir la cohue. Un directeur, l'incarnation du syst&#232;me ha&#239;... Ah ! se venger sur lui de toutes ces ann&#233;es de taule ! Bien droit au d&#233;part du C-3I, il se tasse &#224; mesure que la sortie approche ; &#224; l'arriv&#233;e, il a perdu trente centim&#232;tres, facile. La grille est presque atteinte ; un petit Arabe se met &#224; remonter la foule, tr&#232;s vite, avec une technique remarquable &#8211; tout un art dans la mani&#232;re de jouer des coudes. Il arrive juste derri&#232;re le directeur, l&#232;ve le poing pour le frapper. S'il le touche, plus possible d'emp&#234;cher le massacre, la cur&#233;e assur&#233;e. L'escorteur, qui se trouve derri&#232;re, pige la menace ; il pousse le directeur et tous ceux qui sont devant, for&#231;ant l'ensemble &#224; acc&#233;l&#233;rer. Surpris, l'agresseur est distanc&#233; d'un m&#232;tre ou deux. Il revient aussit&#244;t &#224; la charge, mais trop tard : le convoi passe l'&#233;tranglement de la porte. La foule reste coinc&#233;e sur les c&#244;t&#233;s. Le directeur est rel&#226;ch&#233;. Durant toute la nuit, il n'a pas montr&#233; son inqui&#233;tude, mais l&#224;, il pousse un soupir de soulagement nettement audible.&lt;br /&gt; Les trente ou quarante premiers d&#233;tenus &#224; quitter la d&#233;tention avaient &#233;t&#233; embarqu&#233;s dans des cars, transf&#233;r&#233;s sur Fresnes et Fleury&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb20&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La maison d'arr&#234;t de Fleury-M&#233;rogis, situ&#233;e dans la banlieue sud de Paris, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh20&#034;&gt;20&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. J'avais rat&#233; le coche. En sortant, nous sommes fouill&#233;s trois fois de suite, encha&#238;n&#233;s deux par deux, par la cheville ou le poignet. Un surveillant me dit quelque chose :&lt;br /&gt; - T'as fum&#233; ? comprends-je.&lt;br /&gt; Les joints de la nuit se voient-ils &#224; ce point ?&lt;br /&gt; - Fum&#233; de quoi ? demandai-je.&lt;br /&gt; &#201;tonn&#233;, il r&#233;p&#232;te sa question.&lt;br /&gt; - Y a de la fum&#233;e ?&lt;br /&gt; D&#233;cid&#233;ment, je fatigue.&lt;br /&gt; - Oui, dis-je, y en a partout.&lt;br /&gt; Apr&#232;s le greffe, on nous dirige entre les murs d'enceinte. Cet endroit, pr&#232;s de l'entr&#233;e, forme un vaste espace avec de belles pelouses vertes. Des cohortes de gendarmes mobiles nous attendent, casqu&#233;s, fusil ou matraque &#224; la main. Des ma&#238;tres-chiens compl&#232;tent le tableau, avec leurs bergers allemands. On nous fait asseoir les uns &#224; c&#244;t&#233; des autres, pour former de grands cercles de soixante d&#233;tenus, cern&#233;s par d'autres cercles de gardes mobiles.&lt;br /&gt; - Vos gueules ! dit un flic chef &#224; deux types qui discutaient. Si vous la fermez pas, on va vous faire taire !&lt;br /&gt; Les forces de l'ordre paraissent frustr&#233;es de ne pas nous taper dessus. L'&#233;vacuation s'effectue lentement. Il pleut. Dans l'herbe, on a le cul et les pieds au frais. Je suis tellement las que &#231;a me g&#234;ne &#224; peine.&lt;br /&gt; - Qu'est-ce qu'ils attendent ? dit mon voisin au bout d'une demi-heure. Ils le commencent ce massacre ? Il parle s&#233;rieusement.&lt;br /&gt; - Ils nous toucheront pas, dis-je. Sinon, ce serait d&#233;j&#224; fait.&lt;br /&gt; Il n'est pas convaincu. Beaucoup pensent comme lui. Plus tard, ils reprirent du poil de la b&#234;te et commenc&#232;rent &#224; s'engueuler avec les flics leur donnant un bon pr&#233;texte pour s'&#233;nerver. Sans les journalistes qui assistaient &#224; l'&#233;vacuation, s&#251;r qu'on aurait d&#233;gust&#233;. &#192; la pluie s'ajouta le vent, m&#233;chamment glac&#233;. &#199;a me r&#233;veilla un peu. Trois h&#233;licopt&#232;res tomb&#232;rent du ciel, comme des bombes, se pos&#232;rent entre les murs d'enceinte, hors de notre vue. Quelques minutes plus tard, deux red&#233;collaient, embarquant Abdallah vers une autre prison.&lt;br /&gt; Au bout de deux heures, plusieurs d&#233;tenus avaient la vessie pr&#232;s d'exploser &#8211; avec toute la bi&#232;re absorb&#233;e...&lt;br /&gt; - On peut aller pisser ? demanda l'un.&lt;br /&gt; - Rien du tout, dit le flic chef.&lt;br /&gt; - Comment on fait alors ?&lt;br /&gt; - Pissez-vous dessus.&lt;br /&gt; - Fallait pas mettre la merde, ajouta l'un de ses coll&#232;gues.&lt;br /&gt; On remarqua que dans les autres cercles, les types pouvaient aller se soulager, deux par deux. Le flic qui supervisait notre cercle &#233;tait un encul&#233; de choix. Je l'avais juste en face de moi ; une vraie caricature de Cabu&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb21&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dessinateur fran&#231;ais de bande dessin&#233;e et caricaturiste pour de nombreux (&#8230;)&#034; id=&#034;nh21&#034;&gt;21&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;br /&gt; - Il fait le mariole, dit un d&#233;tenu, mais chez lui il se fait empl&#226;trer par sa femme.&lt;br /&gt; - Sa femme ? fit un autre. Son homme, tu veux dire.&lt;br /&gt; - Attends un peu, r&#233;pliqua l'affreux. Je vais te l&#226;cher le chien sur la gueule...&lt;br /&gt; Tu parles... Chaque fois qu'il passait pr&#232;s d'un des chiens, il manquait de se faire mordre ; les animaux reniflaient la crapule. De l'autre c&#244;t&#233; du cercle, un copain appel&#233; Philippe se leva :&lt;br /&gt; - &#199;a va pas, &#231;a. Laissez-nous aller pisser.&lt;br /&gt; Refus des flics.&lt;br /&gt; - Que vous vouliez ou pas j'y vais.&lt;br /&gt; - Qu'est-ce que vous cherchez ? fit le garde mobile le plus proche de lui. Vous voulez prendre des coups ?&lt;br /&gt; - Personne veut prendre de coups. Mais faut pas d&#233;conner. Dans les autres cercles, ils s'arrangent. Je vois pas pourquoi vous nous emp&#234;chez.&lt;br /&gt; - On n'a pas d'ordres.&lt;br /&gt; - Pas d'ordres ? Qui c'est le chef ici ? Allez chercher un grad&#233; s'il faut des ordres !&lt;br /&gt; - &#199;a va, dit le flic apr&#232;s une h&#233;sitation, allez-y.&lt;br /&gt; En voyant Philippe et son compagnon de cha&#238;ne se diriger vers le mur, l'ignoble rugit :&lt;br /&gt; - H&#233; l&#224; ! O&#249; vous allez ?&lt;br /&gt; - On va pisser.&lt;br /&gt; - On pisse pas ! Retournez vous asseoir, en vitesse.&lt;br /&gt; - Oh ! faudrait savoir ! Votre coll&#232;gue vient de nous autoriser.&lt;br/&gt; Le coll&#232;gue s'approcha du cerb&#232;re. Il lui parla &#224; voix basse, mais j'&#233;tais assez pr&#232;s pour entendre :&lt;br /&gt; - Faut pas exag&#233;rer quand m&#234;me. On n'est pas des nazis.&lt;br /&gt; - Ah, d'accord, fit l'autre, ricanant d'un air con. Des nazis...&lt;br/&gt; Il le regarda s'&#233;loigner l'&#339;il haineux.&lt;br /&gt; On resta quatre heures assis ainsi. Des troupes de flics effectuaient des man&#339;uvres absconses. Des militaires se promenaient partout &#8211; ils avaient m&#234;me envoy&#233; l'arm&#233;e...&lt;br /&gt; Quelques d&#233;tenus restaient planqu&#233;s dans la centrale &#8211; probablement des types qui s'&#233;taient cach&#233;s au d&#233;but de l'&#233;meute par crainte d'un r&#232;glement de comptes. Toujours la pluie, le vent... L'arm&#233;e vint installer de grandes tentes, pour nous abriter. Mais une fois en place, on se garda de nous y faire rentrer : les flics n'avaient pas d'ordres. L'un des Corses du FLNC s'&#233;nerva. Le groupe o&#249; il se trouvait &#233;tait loin de nous, mais il avait une voix puissante :&lt;br /&gt; - Qu'est-ce que c'est que ce bordel ! Vous nous prenez pour des cons ? Pas d'ordres ? Eh bien, allez en chercher, des ordres ! O&#249; sont vos sup&#233;rieurs ? Appelez-moi un responsable.&lt;br /&gt; Deux minutes apr&#232;s, on &#233;tait sous les tentes. L'entr&#233;e en restait largement ouverte, avec trois gardes mobiles en faction, PM&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb22&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pistolet Mitrailleur.&#034; id=&#034;nh22&#034;&gt;22&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; au poing, pr&#234;ts &#224; rafaler. Leur &#233;quipement ne les avantageait gu&#232;re ; m&#234;me les plus normaux ressemblaient &#224; des mongoliens.&lt;br /&gt; - C'est pas croyable, dis-je, ils les s&#233;lectionnent...&lt;br /&gt; Certains valaient le coup d'&#339;il. Un vrai spectacle... On se marrait comme des bossus. Il y eut une rel&#232;ve. Les nouveaux &#233;taient jeunes, vingt ans au plus. L'un d'eux nous fixait, souriant en permanence d'un air narquois.&lt;br /&gt; - Quel &#226;ge il doit avoir ce mec ? dis-je.&lt;br /&gt; - Je ne sais pas... T'y appuies sur le nez, il sort du lait.&lt;br /&gt; - En tout cas, il est girond, notai-je. Un petit CRS comme &#231;a, &#231;a doit &#234;tre bon &#224; enculer.&lt;br /&gt; - T'es fou ? S&#251;r et certain qu'il a le sida !&lt;br /&gt; Les tentes prot&#233;geaient du vent, mais la temp&#233;rature restait glaciale. De plus, tremp&#233;s et crev&#233;s comme on &#233;tait... Un copain m'offrit un joint, &#233;chapp&#233; sans probl&#232;me &#224; la fouille de la sortie. C'&#233;tait le dernier avant longtemps. &#199;a me r&#233;chauffa les art&#232;res. Certains d'entre nous pensaient rester &#224; Saint-Maur.&lt;br /&gt; - Et comment ils feraient ? object&#232;rent les plus lucides. Y a plus de cuisines, plus rien. Les cellules sont bousill&#233;es. Non, on va tous partir.&lt;br /&gt; En d&#233;finitive, une cinquantaine de d&#233;tenus devaient rester sur place, nourris pendant vingt jours avec des rations de l'arm&#233;e.&lt;br /&gt; - Au fait, demanda quelqu'un, c'&#233;tait quoi les revendications ?&lt;br /&gt; Personne ou presque n'en savait rien. &#192; vous &#233;c&#339;urer de la r&#233;volution...&lt;br /&gt; Vers 16 heures, l'&#233;vacuation finale commen&#231;a. Les ex-pensionnaires du C-3I furent appel&#233;s en priorit&#233;. Selon la coutume, on nous encha&#238;na deux par deux, chevilles et poignets. Je me retrouvai attach&#233; avec le grand Black.&lt;br /&gt; En route pour de nouvelles aventures.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;IV&lt;br /&gt;
Fleury br&#251;le-t-il ?&lt;br /&gt;
Br&#232;ve relation de l'&#233;meute de Fleury-M&#233;rogis,&lt;br /&gt;
le 14 juillet 1987, vue de l'int&#233;rieur puis du haut des toits&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;La garde serr&#233;e sur l'enjeu du combat, l'espace&lt;br /&gt;
doit &#234;tre conquis &#224; force de vitesse, l'affirmation&lt;br /&gt;
sensible doit assumer le rythme des techniques&lt;br /&gt;
meurtri&#232;res qui enserrent ses figures.&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;
BOB NADOULEK&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;C&lt;/strong&gt;a faisait bien deux semaines qu'on le sentait arriver. Oh, rien &#224; voir avec une quelconque conjonction n&#233;faste des plan&#232;tes dans l'espace infini. Un peu comme si le Taureau se pointait chez les G&#233;meaux sans carton d'invit&#233; et se mettait &#224; vider les bouteilles les unes apr&#232;s les autres, sous le nez et &#224; la queue du Scorpion plant&#233; l&#224;, devant la porte d'entr&#233;e. M&#234;me qu'au dernier vernissage la b&#234;te s'en &#233;tait prise sans aucune retenue aux dessous de V&#233;nus pour faire diversion et &#233;tait finalement repartie avec l'argenterie.&lt;br /&gt; Pas de lien en apparence non plus entre la course du Soleil et une &#233;meute de taulards. Sauf si certains gratte-papiers besogneux et un peu branlants du manche pr&#233;f&#232;rent en appeler &#224; la chaleur ou &#224; la sous-culture ambiante pour expliquer les sautes d'humeur des bagnards : s&#233;same, ouvre-toi ! Et de nous la rejouer &#224; la Albert Londres&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb23&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Albert Londres (1884-1932), journaliste et &#233;crivain fran&#231;ais, &#224; beaucoup (&#8230;)&#034; id=&#034;nh23&#034;&gt;23&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, un ton en dessous, avec des minauderies de vierges effarouch&#233;es par la simple vision du slip du diable. Ah ! de temps en temps, il faut bien s'abaisser sur l'animal carc&#233;ral, en s'excusant presque de se vautrer dans la fange ! Mais bon, les vieilles locos un peu poussi&#233;reuses qui s'arr&#234;tent &#224; quai toujours &#224; la bourre, les recal&#233;s des premi&#232;res places, &#231;a continue d'int&#233;resser les historiens du quotidien, les moiti&#233;s de sociologues pour chiottes de gare. Et &#231;a fait vendre du papier ! Heureusement que la raison doit rester dans le camp de la justice, tout pour la matraque et la matonnerie. Reste l'os &#224; ronger pour les b&#234;tes en cage.&lt;br /&gt; Pourtant, aujourd'hui, c'est aux noirs d'avancer les premiers. Mais apr&#232;s combien de longues journ&#233;es de prison &#224; se jauger dans les coins sombres, &#224; traquer les balances, &#224; se refiler des papiers qui br&#251;lent les doigts, &#224; chercher les arguments pour motiver les n&#233;vros&#233;s de l'entente cordiale, les obs&#233;d&#233;s du consensus de faible intensit&#233; ou les grandes frileuses, les mous du genou. Ceux de la &lt;i&gt;pax romana &lt;/i&gt;et du chacun chez soi.&lt;br /&gt; De toute fa&#231;on, il est d&#233;j&#224; trop tard pour eux. Le barom&#232;tre est mont&#233; trop haut. Et puis maintenant l'honneur est en jeu. Les esprits s'aiguisent &#224; la moindre friction. Des bagarres &#233;clatent plus souvent que d'habitude dans cette putain d'usine &#224; liqu&#233;fier les esprits. Les petits groupes spontan&#233;s deviennent de plus en plus gros, les cours de promenade se transforment en forums de discussion improvis&#233;s. Une fi&#232;vre inhabituelle triture toutes ces cervelles congel&#233;es par plusieurs mois, voire plusieurs ann&#233;es, de frigo. Reste &#224; trouver le bon moment pour faire jaillir l'&#233;tincelle, activer le feu qui couve depuis trop longtemps. Fallait pas risquer d'allumer un p&#233;tard foireux pour se br&#251;ler la gueule en s'y prenant trop t&#244;t, ou trop tard, la fleur au fusil, en pariant par exemple sur la dynamique de groupe. De toute fa&#231;on, au point o&#249; on en &#233;tait, autant crever en relevant la t&#234;te. &#199;a oui, &#231;a promettait d'&#234;tre un beau jour pour mourir !&lt;br /&gt; En attendant, on refaisait juste le monde, vite fait, entre deux tranches de pain rassis, dans les d&#233;dales des coursives, &#224; l'ombre des miradors. Sans vraiment penser &#224; la suite. Et m&#234;me si on sentait qu'une chaleur rassurante montait autour de nous, les poings crisp&#233;s sur le chaos programm&#233; avec soin bien en avance, on restait plus longtemps que d'habitude le front coll&#233; &#224; la glace &#224; essayer de d&#233;chiffrer les signes avant-coureurs d'un mauvais calcul. L'angoisse de l'&#233;ternel perdant avant m&#234;me d'avoir livr&#233; combat. Une gueule de voleur amoch&#233;e, apr&#232;s tout, qu'est-ce que &#231;a fait de plus ou de moins dans le grand d&#233;compte macabre ? Bon, on ne peut pas dire que c'&#233;tait vraiment de la peur. &#199;a, non, on ne peut pas le dire. C'est vrai, la partie risque d'&#234;tre disput&#233;e. M&#234;me que certains pourront rester les yeux coll&#233;s au ciel, comme le Dormeur du val&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb24&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Po&#232;me d'Arthur Rimbaud &#233;crit en 1870 mettant en sc&#232;ne un soldat allong&#233; dans (&#8230;)&#034; id=&#034;nh24&#034;&gt;24&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, poin&#231;onn&#233;s par la mar&#233;chauss&#233;e. Tous les coups sont permis et m&#234;me vivement recommand&#233;s. Remboursement au centuple en cas d'insatisfaction, en insistant bien sur les parties molles : telle est la devise de la maison. Faut bien que les fusils automatiques servent le jour d'ouverture de la chasse aux canards. Tout &#231;a pour dire que, de temps en temps, choisir c'est exister, comme l'affirme le grand Jean-Paul, grand chamane de l'existentiel&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb25&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jean-Paul Sartre (1905-1980), philosophe et &#233;crivain fran&#231;ais (dramaturge, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh25&#034;&gt;25&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;br /&gt; Chaque matin, j'affronte cette fen&#234;tre ouverte sur un paysage de barbel&#233;s et de barreaux tellement &#233;pais qu'ils me mangent la lumi&#232;re du jour. Et ces murs, ces putains de murs d&#233;vorant l'espace jusqu'&#224; l'&#233;touffement, jusqu'aux limites du dicible. Cette porte borgne qui rigole quand elle te lorgne. Aveugle de l'int&#233;rieur, voyeuse impudique du c&#244;t&#233; couloir. Un terreau fertile pour toutes les paranos qui virent aussit&#244;t &#224; l'obsession. Le rem&#232;de : un bon direct dans le mur, pleine puissance, jusqu'&#224; ce que les phalanges saignent sous les coups. Que &#231;a sorte, que &#231;a p&#232;te ! Avoir mal quoi, se donner l'impression d'exister. &#201;vacuer le trop-plein de non-dits dans une sorte de jouissance masochiste, histoire de trahir cette aptitude de fa&#231;ade &#224; la soumission. Tellement marre de cette langueur silencieuse entretenue par des r&#232;gles absurdes, de ces interdits d'op&#233;rette qui nous r&#233;duisent &#224; une expression simplifi&#233;e de l'&#234;tre. On a br&#251;l&#233; d'autres temples pour moins que &#231;a ! Ah ! retrouver ces moments de convivialit&#233; c&#233;l&#233;br&#233;s sur les ruines fumantes du vieux monde ! Ne manque plus que les allumettes.&lt;br /&gt; Des jours et des jours que &#231;a se bouscule, que &#231;a s'agite dans les coursives et pendant les parloirs. D&#233;j&#224; parce que la fiert&#233;, au placard, c'est une question de principe, m&#234;me si t'es le dernier des derniers, la grosse b&#234;te &#224; poils qu'il vaut mieux pas croiser au coin du bois un soir d'hiver. Au moins, on ne se sera pas d&#233;plac&#233;s pour rien, on n'aura pas go&#251;t&#233; du cellulaire juste par habitude. Souvent la sauce &#233;tait mont&#233;e par r&#233;flexe, sous l'usure des coups et des humiliations. Ce coup-ci, on allait leur faire bouffer leurs putains de matraques. Rien que dans la cour de promenade, des concentr&#233;s de rage pr&#234;ts &#224; exploser, on en trouve plus que nulle part ailleurs.&lt;br /&gt; Je me rappelle bien d'un petit gabarit taill&#233; dans la masse, aussi noueux qu'un mod&#232;le pour catalogue de musculature, les bras sculpt&#233;s par plusieurs ann&#233;es pass&#233;es &#224; l'ombre. Il donnait l'impression d'avoir appris &#224; marcher sur un tonneau de cent litres, une impression qui &#233;tait &#224; l'origine de pas mal de ses probl&#232;mes : il ne supportait pas la moindre allusion &#224; cette d&#233;formation.&lt;br /&gt;
D'ailleurs, on ne pouvait pas le manquer avec tous ses tatouages, particuli&#232;rement &#224; cause du cylindre de Norton&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb26&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;De James Lansdowne Norton, cr&#233;ateur de moteurs et fabricant de motocycles.&#034; id=&#034;nh26&#034;&gt;26&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; tatou&#233; sur le dos o&#249; &#233;taient m&#234;me indiqu&#233;s les d&#233;tails des chromes lustr&#233;s : un vrai bijou d'art m&#233;canique. Lui, il n'avait pas support&#233; d'&#234;tre assimil&#233; par un maton &#224; un r&#233;sidu de fausse couche. D'o&#249; ce coup de t&#234;te appliqu&#233; avec savoir-faire sur le nez de l'insulteur grad&#233;. Coup de boule qui restera dans les annales, sanctionn&#233; par un K-O. &#224; la premi&#232;re seconde du premier round, sans comptage de l'arbitre. Du travail d'orf&#232;vre qui a laiss&#233; quelques traces rouge&#226;tres sur le carrelage et des myriades d'&#233;claboussures coll&#233;es au mur o&#249; l'on pouvait facilement reconna&#238;tre des petits morceaux plus durs. Une victoire sans &#233;clat puisqu'il avait &#233;t&#233; appel&#233; &#224; m&#233;diter sur sa force de frappe pendant quarante-cinq jours au trou. Mitard o&#249; il &#233;tait d'ailleurs arriv&#233; &#224; l'horizontale, sans toucher terre ni sans vraiment savoir comment il &#233;tait arriv&#233; jusque-l&#224; : rest&#233; trop de temps dans le coma. Et puis, quand on perd trois dents dans l'histoire et qu'on se retrouve avec trois c&#244;tes &#233;clat&#233;es, et ne parlons pas du reste, on ne cherche pas trop &#224; entrer dans les d&#233;tails. C'est &#224; ce prix que l'enqu&#234;te pour &#171; coups et blessures contre un membre de l'administration p&#233;nitentiaire ayant entra&#238;n&#233; une incapacit&#233; de travail de plus d'une semaine &#187; a &#233;t&#233; abandonn&#233;e. La s&#233;r&#233;nit&#233; de la justice exige une certaine prise de distance avec les faits, sans d&#233;conner.&lt;br /&gt;
Derri&#232;re sa double grille de fer forg&#233;, il pouvait enfin jouir en toute tranquillit&#233; de ce silence quasi chirurgical. Prot&#233;g&#233; de la lumi&#232;re du soleil dans une cellule enti&#232;rement moul&#233;e de b&#233;ton, une sorte de parenth&#232;se de vie o&#249; le moindre bruit se transforme en de vagues &#233;chos sinuso&#239;daux. La gamelle pour chien en plastique gliss&#233;e deux fois par jour en &#233;quilibre au-dessus des chiottes avec le dessert qui surnage entre le bouillon aux choux et la salade aux limaces. Aussi vuln&#233;rable qu'un lapin jet&#233; au milieu d'une meute affam&#233;e pendant une semaine. Et si, par charit&#233; chr&#233;tienne, tu n'avais pas eu droit &#224; la visite de trois ou quatre crabes bourr&#233;s de pastis jusqu'aux oreilles, ou si on t'avait &#233;pargn&#233; les r&#233;veils toniques &#224; la lacrymo ou au jet d'eau... tu pouvais toujours envisager de t'arr&#234;ter l&#224;, dans ces moments de calme insupportables, comme s'il s'agissait d'un choix incontournable, obligatoire. Un vieux morceau de drap pour en finir une bonne fois pour toutes avec cet enfer. Surtout quand on a pris la mauvaise habitude de r&#233;pondre aux coups gratuits. Ou quand on rechigne &#224; chaque aller et retour entre quartier disciplinaire et centre m&#233;dico-psychologique : th&#233;rapie de choc pour cas d&#233;sesp&#233;r&#233;.&lt;br /&gt; Je me souviens aussi assez bien de ce mod&#232;le qui ne d&#233;pareillerait pas sur la premi&#232;re page de &lt;i&gt;Vogue&lt;/i&gt; Toujours ras&#233; de frais, sap&#233; comme pour aller &#224; un hypoth&#233;tique entretien d'embauche &#224; moins que &#231;a ne soit pour aller tripoter la gueuse. Malheureusement, il ratait presque tout &#224; chaque retour dans son ghetto de Dope-sur-Zone, pas tr&#232;s loin en banlieue. Entre ses plongeons en apn&#233;e dans la poudre et ses descentes explosives sur la capitale dignes de figurer dans le livre des records des voleurs &#224; la tire. Des glissades qui se terminaient par un droit d'entr&#233;e en cage d&#233;livr&#233; gracieusement de plus en plus fr&#233;quemment. Oh, bien s&#251;r, il n'avait rien du guerrier urbain des temps modernes, ni de l'Indien m&#233;tropolitain repr&#233;sentant de la nouvelle androgynie sociale et combattante. Il faut m&#234;me avouer que, quand &#231;a chauffait un peu, il y avait toujours un coin sombre pour l'abriter. Manque de confiance dans la puissance dissuasive de sa carrure plut&#244;t b&#226;tie sur le mod&#232;le Slim Fast. Pourtant, il se doutait bien un peu de ce qu'il avait perdu depuis que la mangeuse d'hommes avait entam&#233; les parties nobles de sa volont&#233;, ann&#233;e apr&#232;s ann&#233;e. Envol&#233;s en fum&#233;e ses plus beaux projets d'arnaques qui devaient rapporter le P&#233;rou. Une impasse, voil&#224; sur quoi il allait d&#233;boucher en mettant le pied dehors. Retour forc&#233; dans une famille branlante, raccommod&#233;e par n&#233;cessit&#233; plus que par r&#233;elle affection. Noy&#233;e dans le marais du quotidien dans cette putain de cit&#233; morose, entre les embrouilles avec tous ces connards de voisins et les provos des lardus&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb27&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Flics en argot.&#034; id=&#034;nh27&#034;&gt;27&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; new-look, &#224; l'am&#233;ricaine, sportifs &#224; mort, compl&#232;tement blind&#233;s aux amph&#232;tes et &#224; la coke. Et tous ces potes d'un soir qui te promettent une amiti&#233; &#233;ternelle dans les vapeurs d'alcool ou pour un demi-gramme de brown. Alors, quoi de plus &#224; gagner, hein ?&lt;br /&gt;
En tout cas, pas grand chose &#224; perdre. Alors qu'aujourd'hui sonne l'heure de la revanche. Il allait rendre les coups. M&#234;me ceux qu'on ne lui a pas encore donn&#233;s. Pour ne pas crever dans la peau d'un vaincu, comme son p&#232;re, nulle part chez lui, immigr&#233; partout. Le futur, le pass&#233; : tout oublier !&lt;br /&gt; En g&#233;n&#233;ral, quand le ma&#238;tre s'aper&#231;oit que la forteresse des forteresses va c&#233;der dans la tourmente, il est d&#233;j&#224; trop tard. C'est avant qu'il fallait &#234;tre capable de mesurer ce lent travail de sape commenc&#233; depuis tellement de temps. C'est avant qu'il fallait s'apercevoir qu'un vent de r&#233;volte enflait dans le labyrinthe de cette architecture concentrationnaire. Cette m&#233;canique inexorable de la destruction qui avance s&#251;rement, sans pouvoir s'arr&#234;ter. Plaisir de d&#233;truire comme pr&#233;texte &#224; la reconqu&#234;te des espaces interdits pour mieux gripper le grand broyeur de la machine sociale.&lt;br /&gt; L'apr&#232;s-midi court sur sa fin. La promenade s'&#233;tire en longueur, &#233;cras&#233;e par la chaleur. Jur&#233;, promis : c'est aujourd'hui ou jamais. Et pourtant il y a comme un vague flottement dans l'air, une h&#233;sitation de derni&#232;re minute. Le relent d'angoisse du coureur de marathon avant le d&#233;part. Derri&#232;re le mur adoss&#233; &#224; la promenade voisine, on entend une esp&#232;ce de brume sonore qui monte en sursauts. Un murmure sourd enfle et se m&#234;le aux vocif&#233;rations des haut-parleurs devenus brutalement hyst&#233;riques.&lt;br /&gt;
Y aurait-il du tangage dans les marges ? Le grondement s'affirme, devient plus compact, plus proche, pour finalement &#233;clater en une clameur formidable. Quelque chose ressemblant plus &#224; un cri animal. Soudain, c'est la ru&#233;e. Une premi&#232;re porte a c&#233;d&#233;. Derri&#232;re le grillage, des hordes hurlantes s'en prennent dans un m&#234;me &#233;lan au dernier obstacle qui nous s&#233;pare. Il n'y a plus qu'un seul rugissement qui s'&#233;chappe de cent gorges : &#171; Un, deux... Han... &#187; Cent bras tendus en un m&#234;me effort &#224; la limite de la rupture : &#171; Quatre, cinq... &#187; Les deux battants explosent sous la pouss&#233;e. L'ar&#232;ne est livr&#233;e aux fauves. Les matons se pr&#233;cipitent sur les portes d'acc&#232;s &#224; la cour et les verrouillent encore plus vite que d'habitude : la peur a chang&#233; de camp. Il suffit d'ouvrir les grandes portes donnant sur le chemin de ronde int&#233;rieur pour avoir acc&#232;s &#224; toutes les autres divisions rayonnant comme les branches d'une &#233;toile. D'abord essayer de retrouver les cl&#233;s piqu&#233;es aux matons pour redonner la libert&#233; aux six mille recal&#233;s du syst&#232;me qui attendent dans leurs cellules, chauff&#233;s &#224; blanc.&lt;br /&gt; Chacun essaie de s'organiser, de donner du sens &#224; ce retour en pleine lumi&#232;re, &#233;bloui et suffoqu&#233; en m&#234;me temps par ce trop-plein de libert&#233; tomb&#233; du ciel. Profitant de ce l&#233;ger moment de flottement, deux fous du roi avancent en diagonale comme sur des &#339;ufs. Ils en appellent timidement &#224; la raison sans vraiment &#234;tre convaincus de leur efficacit&#233;. Deux magnifiques crabes, des trois-barrettes qui h&#233;sitent &#224; mettre le pied hors du court-bouillon. Ils devraient pourtant se rendre compte qu'il y a des moments o&#249; le prestige de l'uniforme ne vaut plus grand-chose. Et, en plus, est-ce que personne n'a jamais pr&#233;tendu que les h&#233;ros du peuple devaient avoir une gueule de chien de garde ? D'ailleurs, il ne leur faut pas trop de temps pour comprendre qu'ils ne font pas le poids face &#224; la d&#233;ferlante : l'instinct de survie a pris le pas sur la fonction. Les ma&#238;tres du jeu abandonnent la partie. Pour le moment. Les haut-parleurs s'obstinent encore &#224; cracher leurs ordres devenus p&#233;rim&#233;s : &#171; R&#233;int&#233;grez vos cellules tout de suite... Vous avez cinq minutes pour remonter. &#187;&lt;br /&gt; Dans la cour, il ne reste plus qu'une erreur de la nature en uniforme, croisement improbable entre une armoire comtoise et un ours des Carpates. Un produit de l'inconscience connu autant pour sa grande gueule que pour son direct du droit. Adoss&#233; &#224; la porte d'entr&#233;e, il essaie de saisir les h&#233;sitants qui passent &#224; port&#233;e de griffes. Un vrai po&#232;te ! Pas longtemps parce qu'il doit bient&#244;t &#233;prouver la duret&#233; des barres de fer r&#233;cup&#233;r&#233;es sur le b&#226;timent. Les premiers coups ne donnent l'impression que de le caresser. Un bruit mat &#233;touff&#233; par ses chairs molles accompagne le mart&#232;lement de l'acier. Les bras s'abattent avec une r&#233;gularit&#233; effrayante sur les jambes, le ventre, remontent jusqu'&#224; la t&#234;te. Les visages s'allument de rictus haineux. Jusqu'&#224; ce que le monstre mette un genou &#224; terre. Puis l'autre. Il finit par embrasser le goudron chauff&#233; &#224; blanc. Une flaque de sang &#233;pouse les contours de son corps. Il ne bouge plus. Deux d&#233;tonations r&#233;sonnent dans la cohue. Un nuage m&#233;tallique monte autour du groupe de vengeurs masqu&#233;s. Toussant, crachant, la cavalerie profite de la confusion pour tra&#238;ner par le col ce qui reste de leur coll&#232;gue. Avant que la porte ne se referme, une grenade lacrymo retourne &#224; l'envoyeur. &#192; l'int&#233;rieur, l'air se charge de touffeurs acides, l'atmosph&#232;re devient irrespirable. C'est le signal du grand d&#233;part, de la fuite honteuse.&lt;br /&gt;
Devenu zone interdite, le b&#226;timent est vid&#233; de la clique matonne. Partis en emportant les cl&#233;s. Les haut-parleurs se sont d&#233;finitivement enrou&#233;s.&lt;br /&gt; Qu'&#233;taient donc devenus ces beaux discours sur la contrition, sur la p&#233;nitence, sur la dette sociale &#224; payer en &#233;change d'une hypoth&#233;tique r&#233;insertion ? Jour de deuil pour les archanges de la paix sociale. Les cavaliers de l'Apocalypse sont projet&#233;s dans l'ar&#232;ne. Aujourd'hui, la forteresse s'&#233;croule sur sa base, le Code p&#233;nal entre les jambes. Aujourd'hui, les proscrits rel&#232;vent la t&#234;te, pointent leurs doigts vengeurs vers le ciel en insultant tous les flics, tous les juges et tous les matons de la Cr&#233;ation. Il n'y a plus qu'un seul muscle qui palpite, plus qu'une seule force aiguillonn&#233;e par une volont&#233; insondable. Devant nous, des portes &#233;ventr&#233;es, des barbel&#233;s en berne, plus de grilles et de compartiments en b&#233;ton &#233;tanches. Plus loin, on aper&#231;oit les ateliers, derniers obstacles &#224; des espaces sans limites. Derri&#232;re, le vent de la libert&#233; qui souffle autrement que dans les vers des po&#232;tes.&lt;br /&gt; Des groupes spontan&#233;s se forment. Il y a ceux qui pr&#233;f&#232;rent s'engager sur le chemin de ronde int&#233;rieur pour aller chercher du renfort dans les autres b&#226;timents. L'&#233;meute doit embraser toute la prison avant que l'incendie ne meure sur lui-m&#234;me faute de pyromanes. Les autres s'attaquent aux ateliers pour y r&#233;cup&#233;rer des munitions en tout genre : quelque chose &#224; br&#251;ler, du mat&#233;riel &#224; barricades, du dur et du contondant pour assurer les arri&#232;res... Encore mieux qu'&#224; la Samaritaine : des bidons d'alcool &#224; br&#251;ler de cinquante litres, des bouteilles de soudure oxyg&#232;ne propane, du butane, du vrai. Enfin quoi, tout ce qui poss&#232;de un pouvoir d&#233;tonnant int&#233;ressant.&lt;br /&gt; Le pillage commence &#224; prendre sacr&#233;ment de la gueule. Les gentils organisateurs les plus dynamiques n'attendent personne pour mener leur &#339;uvre de d&#233;montage syst&#233;matique. Les entrep&#244;ts de m&#233;canique et les stocks de l'entretien sont &#233;valu&#233;s rapidement et d&#233;tourn&#233;s de leur utilisation pour servir &#224; l'&#233;meute. Les touristes de passage sont impitoyablement balay&#233;s par l'ouragan. Plus le temps de r&#233;fl&#233;chir : il faut se mettre sous les vents portants. &#192; l'&#233;cart, les ren&#233;gats et les h&#233;sitants sont ch&#226;ti&#233;s de leur ind&#233;cision. Un barrage pr&#233;ventif d'un manipule de rugbymen emp&#234;che toute tentative de remont&#233;e dans les coursives.&lt;br /&gt; Dans la cour s'empile un bric-&#224;-brac de chantier. Des chicanes &#233;mergent un peu partout, surtout sur les acc&#232;s r&#233;serv&#233;s aux renforts. Les stocks de linge servent &#224; allumer des feux de la Saint-Jean un peu partout. Des morceaux d'&#233;chafaudages, du bois, des outils... Tout &#231;a flambe joyeusement au milieu de la pi&#232;ce. Dans le hangar, un nuage de gaz compact s'accouple aux vapeurs touffues du plastique br&#251;l&#233;. Deux bonbonnes d'oxyg&#232;ne pouss&#233;es contre le mur ext&#233;rieur se vident en sifflant &#224; c&#244;t&#233; de bouteilles de gaz jet&#233;es en tas. &#192; force de se frotter les unes contre les autres comme des mol&#233;cules d'uranium 232, le gaz entre dans la farandole des flammes et risque bien de satelliser tout ce qui se trouve &#224; cent m&#232;tres &#224; la ronde. Mur d'enceinte compris. La cerise sur le g&#226;teau de l'esth&#233;tique carc&#233;rale. Et plus besoin de jouer &#224; saute-barbel&#233; ou &#224; accroche-h&#233;lico. Les perfectionnistes vont m&#234;me jusqu'&#224; enfoncer des boudins de tissu enflamm&#233;s dans les robinets de gaz. L'air est satur&#233; de vapeurs irrespirables qui br&#251;lent les poumons. En un instant tout le monde se retrouve &#224; l'ext&#233;rieur et observe la danse des flammes &#224; distance respectable. Le hangar recrache de gros jets de fum&#233;e en volutes serr&#233;es par les ouvertures laiss&#233;es b&#233;antes. Un panache de fum&#233;e prenant naissance dans les entrailles des ateliers s'&#233;l&#232;ve tel un doigt vengeur : &#171; C'est ici que se tient la f&#234;te ! &#187;&lt;br /&gt; Casser. D&#233;truire. D&#233;truire, oui. Par plaisir autant que par n&#233;cessit&#233; vitale, comme un afflux brutal de sang &#224; la t&#234;te. Manquait la viande &#224; faire griller sur le barbecue. Plus loin, juste &#224; c&#244;t&#233; du sas d'entr&#233;e, un camion p&#233;nitentiaire n'en finit pas de br&#251;ler, tranquillement, l'arri&#232;re compl&#232;tement enfonc&#233;. M&#234;me comme b&#233;lier improvis&#233; il ne s'est pas r&#233;v&#233;l&#233; efficace. On aura beau d&#233;noncer la qualit&#233; en baisse de la production industrielle, mais une porte de prison c'est du 100 % imputrescible et inoxydable. Un des battants de la porte arri&#232;re pend par un gond. Les pneus n'en finissent pas de couler en flaques fumantes. La carcasse d'acier hoquette une derni&#232;re fois &#224; l'explosion du r&#233;servoir.&lt;br /&gt; Deux d&#233;flagrations secouent les ateliers presque en m&#234;me temps, arrachant des vibrations &#224; tout le b&#226;timent. Une langue de feu l&#232;che de mani&#232;re obsc&#232;ne le mur ext&#233;rieur. Mauvais calcul : les gaz n'ont pas &#233;t&#233; assez comprim&#233;s pour lib&#233;rer toute leur puissance.&lt;br /&gt;
Trop d'espace, trop d'oxyg&#232;ne. En tout cas, pas assez pour &#233;branler les bases du mur d'enceinte ou pour ouvrir une br&#232;che. L'architecte n'a pas m&#233;lang&#233; ses doses de ciment &#224; l'aveuglette. Surtout ne pas croire que l'on peut s'improviser &lt;i&gt;dinamitero&lt;/i&gt; &#224; la mexicaine en cinq minutes. C'est un vrai m&#233;tier, avec ses proc&#233;dures, ses exigences et ses contraintes physiques.&lt;br /&gt; Le feu redouble d'intensit&#233; et commence &#224; d&#233;vorer la couronne des ateliers. Juste ce qu'il faut pour danser la Carmagnole&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb28&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La Carmagnole est une chanson r&#233;volutionnaire datant de 1792.&#034; id=&#034;nh28&#034;&gt;28&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Oubli&#233;s les coups sournois, les humiliations distill&#233;es jusqu'&#224; l'insupportable. Que sonne le r&#233;veil des gueux dans les flammes de l'enfer. Loin de la logique des m&#233;treurs de bonne conscience, des moralistes et autres prostitu&#233;s du droit et de la raison. Je garde mon b&#226;ton de dynamite derri&#232;re l'oreille, bien au chaud. Tout en haut, c'est encore plus beau qu'un coucher de soleil sur le quartier latin, un soir de Mai 68. Fleury vomit des caillots de napalm en fusion comme pour annoncer son agonie.&lt;br /&gt; Les pompiers font une entr&#233;e plut&#244;t piteuse par la porte de service et progressent prudemment vers les flammes, assur&#233;s sur leur flanc par les gendarmes en tenue de combat. Ils avancent au milieu de tous ces morceaux de prison, entre verre cass&#233;, portes &#233;ventr&#233;es, carcasses informes, grilles d'acier tordues par une poigne col&#233;rique. Vue des toits, la longue file des casques fait penser &#224; un mille-pattes capara&#231;onn&#233; d&#233;ployant ses dards articul&#233;s. Rien ne semble les arr&#234;ter : ni les coups, ni les boulons, ni les cailloux, ni les flammes. &#192; les voir passer un par un dans le sas d'entr&#233;e, on a l'impression d'avoir &#224; faire &#224; un d&#233;fil&#233; interminable d'automates &#224; qui on aurait retir&#233; toute volont&#233;. Le premier rang de boucliers organis&#233; selon le principe de la tortue romaine prot&#232;ge les lance-grenades et les fusils d&#233;j&#224; pr&#234;ts &#224; l'emploi. On sent les index nerveux, impatients de titiller la g&#226;chette pour se faire la main sur l'ordure. Les ombres mouvantes des tireurs du GIGN s'agitent sur les toits des ateliers qui nous font face. Ils prennent leurs positions un &#224; un, calculant d&#233;j&#224; le meilleur angle de tir, s&#233;lectionnant par avance leur future cible. L'assaut ne va pas tarder &#224; &#234;tre donn&#233;, barres de fer contre fusils d'assaut sur fond de r&#232;glement de comptes. Combien d'accidents ou de bavures un peu provoqu&#233;es faudra-t-il comptabiliser ce soir ? L'ordre se paie un co&#251;t &#233;lev&#233; en ce moment.&lt;br /&gt; D'en haut, je peux voir le grand laminoir de l'ordre se mettre en marche, inexorable et sans faille, avec une force qui ne laisse rien &#233;chapper. La haie d'honneur&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb29&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La haie d'honneur en prison (souvent pratiqu&#233;e apr&#232;s une r&#233;bellion des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh29&#034;&gt;29&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; des matons est d&#233;j&#224; pr&#234;te pour accueillir les vaincus. Mains derri&#232;re la t&#234;te pour offrir le maximum d'espace aux coups vengeurs des gaffes. Malheur &#224; celui qui glisse ou qui ralentit la marche. Perdu dans mes cogitations, je ne pouvais pas deviner le point du viseur laser fix&#233; sur ma nuque.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;V&lt;br /&gt;
Fleury br&#251;le-t-elle ?&lt;br /&gt;
H&#233;lyette Besse&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb30&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Militante d'Action Directe (AD &#8211; organisation communiste-libertaire qui a (&#8230;)&#034; id=&#034;nh30&#034;&gt;30&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L&lt;/strong&gt;e r&#244;le de la prison est de remodeler les individus afin de les faire rentrer dans des moules pr&#233;fabriqu&#233;s, pour cr&#233;er des quidams passifs acceptant l'&#233;tat des choses sans id&#233;e de les modifier.&lt;br /&gt; Pour les femmes, en 1984, et probablement encore aujourd'hui &#224; des nuances pr&#232;s, elle visait &#224; fa&#231;onner des femmes fid&#232;les &#224; l'image traditionnelle : des f&#233;es du logis, bonnes &#233;pouses et m&#232;res de famille. Fleury est alors un &#233;trange pensionnat de jeunes filles, avec des r&#232;glements rigides souvent incompr&#233;hensibles et des exigences extr&#234;mes. Une tentative de compl&#232;te infantilisation. On n'y retrouve pas la brutalit&#233; des prisons d'hommes, les tabassages y sont rares, la violence y prend des formes plus insidieuses. Le travail de la P&#233;nitentiaire est de culpabiliser les femmes, de leur faire accepter le ch&#226;timent qui m&#232;ne &#224; la r&#233;demption. Dedans ou dehors, si la r&#233;sistance &#224; l'exploitation unit les &#234;tres, refuser le sexisme et la place pr&#233;vue par d'autres pour elles dans la soci&#233;t&#233; trace une sorte de trait d'union entre les femmes. Mais celles qui sont ou qui ont &#233;t&#233; en prison excitent la curiosit&#233;, les fantasmes. Elles sont un peu sorci&#232;res et se sentent s&#339;urs.&lt;br /&gt; En 1984, il y avait quatre cent trente-deux pensionnaires et onze b&#233;b&#233;s &#224; la maison d'arr&#234;t de Fleury-M&#233;rogis pour trois cent dix places officielles. La prison est divis&#233;e en quartiers o&#249; les d&#233;tenues sont plac&#233;es en fonction de crit&#232;res souvent fantaisistes et arbitraires qu'aucun texte ne pr&#233;voit ; seule la directrice en place d&#233;cide. Groupe A : des d&#233;tenues r&#233;cidivistes, mais aussi toutes celles qui travaillent, au service g&#233;n&#233;ral, &#224; la biblioth&#232;que, &#224; la comptabilit&#233; et &#224; la cuisine, qu'elles soient primaires ou r&#233;cidivistes. Groupe des nourrices : femmes d&#233;tenues avec leur b&#233;b&#233; &#226;g&#233; de moins de 18 mois. Groupe B : avant la visite de Robert Badinter&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb31&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ministre de la Justice &#224; cette &#233;poque.&#034; id=&#034;nh31&#034;&gt;31&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, le groupe s'appelait &#171; S &#187;, comme &#171; Sp&#233;ciales &#187; ; le ministre ayant &#233;t&#233; choqu&#233; par cette d&#233;nomination, le groupe a &#233;t&#233; baptis&#233; &#171; B &#187;. Mais seule l'appellation a chang&#233;, les crit&#232;res de s&#233;lection qui y conduisent et le r&#233;gime appliqu&#233; demeurent les m&#234;mes. Au groupe B sont toutes celles dont le mandat de d&#233;p&#244;t mentionne le d&#233;lit de prox&#233;n&#233;tisme, les transsexuelles, les p&#233;ripat&#233;ticiennes et toutes les d&#233;tenues soup&#231;onn&#233;es d'homosexualit&#233; &#224; cause de leur aspect physique ou de leur correspondance, plus quelques politiques, puisqu'il s'agit l&#224; d'un isolement partiel. Les femmes parqu&#233;es dans cette division ne doivent pas rencontrer celles des autres divisions. Il s'ensuit l'interdiction du travail et de diverses activit&#233;s. Groupe C : des d&#233;tenues primaires, c'est-&#224;-dire s&#233;journant pour la premi&#232;re fois en prison. Et puis, &#224; l'autre bout de la prison, il y a un b&#226;timent, le D2, la prison &#224; l'int&#233;rieur de la prison. Au premier &#233;tage, le D2-E : le mitard, avec ses cellules sans air et sans eau, ses filles qui flippent et qui hurlent, surtout la nuit ! Au rez-de-chauss&#233;e, le D2-R. Au mitard, on passe un temps pr&#233;vu, connu. Au D2-R, on reste un temps ind&#233;termin&#233;. Il y fait froid, m&#234;me en &#233;t&#233;, comme dans une cave. Le soleil n'entre presque jamais. Il fait sombre, les fen&#234;tres ont un double grillage aux mailles serr&#233;es qui usent les yeux et qui font presque h&#233;siter &#224; chercher derri&#232;re l'herbe verte ou les couleurs du ciel. Les cours sont petites, sauf une, qui est b&#233;tonn&#233;e. Les autres avaient&lt;i&gt; &lt;/i&gt;un carr&#233; de terre au milieu, on pouvait y voir quelques herbes sauvages. Elles ont &#233;t&#233; b&#233;tonn&#233;es depuis. En mai 1985, apr&#232;s une r&#233;volte violente, chez les hommes surtout, la direction fit peindre en blanc les vitres du couloir donnant sur les cours pour nous emp&#234;cher de nous voir. Mesquinerie excessive ! Ici, pas de sport, pas d'&#233;tude, pas de travail, aucune activit&#233;. Les d&#233;tenues enterr&#233;es en ces lieux n'assistent pas m&#234;me aux distractions pseudo-culturelles accord&#233;es aux autres. On y enferme toutes les filles que notre belle soci&#233;t&#233; a d&#233;j&#224; secou&#233;es ou que l'enfermement a d&#233;boussol&#233;es, les arrivantes toxicos en manque, et les rebelles, politiques ou pas ; mais les politiques y restent.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Septembre 1984&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La prison ressemble ces derniers temps &#224; une &#233;norme cocotte-minute. Nous sommes quelques-unes &#224; l'esp&#233;rer &#224; renversement, comme celle de la rue des Bons-Enfants&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb32&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le 8 novembre 1892, l'anarchiste &#201;mile Henry, pose une bombe (une marmite en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh32&#034;&gt;32&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il se peut qu'il n'en sorte que de la vapeur, que le feu s'&#233;teigne. Mais la r&#233;signation semble se fissurer de jour en jour, les yeux se font complices. Les filles savent que &#231;a va p&#233;ter ! La grande r&#233;cr&#233; ! Le pr&#233;texte d&#233;tonateur importe peu, nous plaquerons plus tard des motifs raisonnables sur ce ras-le-bol en forme de raz-de-mar&#233;e. Il faut profiter de toutes les occasions pour obtenir un peu plus d'espace de vie. Mais il n'y a rien de raisonn&#233; ou de raisonnable dans ces instants de joie sauvage v&#233;cus intens&#233;ment. Seulement la volont&#233; de briser le rythme du quotidien, d'assassiner la passivit&#233;, de vibrer ensemble, de prouver et d'exercer notre force, de nous moquer des matonnes et, un instant peut-&#234;tre, de leur d&#233;montrer que leur petit boulot de fonctionnaire gardienne de moutons peut se transformer &#233;trangement si nous le voulons. Aucune pens&#233;e politique coh&#233;rente pour nous canaliser, seules les vagues d&#233;ferlantes de r&#233;volte primitive nous emportent. Profiter de la pagaille pour se faire la belle ? Pourquoi pas ? Joli r&#234;ve...&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;03 septembre&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La col&#232;re gronde chez les primaires ! Trois d'entre elles ont &#233;t&#233; isol&#233;es. La rumeur dit qu'elles sont &#171; contagieuses &#187;. Ici, &#231;a peut vouloir dire qu'elles ont des poux, la gale ou pire. Toutes demandent de quelle maladie sont atteintes les isol&#233;es et refusent de r&#233;int&#233;grer les cellules apr&#232;s la promenade si elles n'obtiennent pas de r&#233;ponse. Les filles des autres groupes manifestent leur solidarit&#233; en frappant en cadence sur les portes, en jetant des papiers enflamm&#233;s par l'espace r&#233;duit des ouvertures de fen&#234;tres. Des youyous provocateurs et joyeux, des hurlements d'encouragement accompagnent tout &#231;a. Les CRS prennent position autour de la MAF&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb33&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Maison d'Arr&#234;t des Femmes.&#034; id=&#034;nh33&#034;&gt;33&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, puis y entrent : jets de gaz lacrymog&#232;nes, tabassages. Deux d&#233;tenues sont &#233;vacu&#233;es vers l'h&#244;pital de Fresnes, d'autres sont tra&#238;n&#233;es au mitard. La rage au ventre, dans les cellules, celles qui n'ont pu qu'&#234;tre spectatrices promettent : &#171; C'est pas fini. &#187;&lt;br /&gt; Une prison de femmes, m&#234;me Fleury-M&#233;rogis, rassemble un nombre de prisonni&#232;res &#233;quivalent &#224; celui d'une petite prison d'hommes. Tous les individus y sont connus. Si tr&#232;s souvent les femmes d&#233;butent un mouvement de r&#233;volte, imm&#233;diatement repris par les hommes, les &#233;meuti&#232;res actives sont peu nombreuses et la forme est plus celle d'une provocation que celle d'une r&#233;volution. Est-ce la conscience de leur nombre restreint ou tout simplement parce que la violence physique collective n'est pas un r&#233;flexe spontan&#233; chez beaucoup d'entre elles ? Ce trait prend-il sa source dans leur pass&#233; culturel ? Est-ce positif ou n&#233;gatif ? Toujours est-il que si des papiers flambent, ce n'est qu'un geste symbolique. Il n'y a pas de b&#226;timent en flammes dans l'histoire des prisons de femmes. Et pourtant nous avons toutes le d&#233;sir de d&#233;truire ces lieux qui nient la vie, nous s&#233;parent de tout ce et ceux que nous aimons, et peu &#224; peu nous collent &#224; la peau et nous transforment en mutantes asociales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;04 septembre : &lt;br /&gt;
Toutes ensembles au mitard !&lt;/i&gt; &lt;br /&gt;
&lt;i&gt;Nous sommes toutes des meneuses !&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La col&#232;re s'est g&#233;n&#233;ralis&#233;e. Les coups des CRS et les filles au mitard pour vingt jours, dont dix avec sursis, ont embras&#233; les esprits. Dans presque tous les groupes, les filles refusent de rejoindre les cellules. &#201;videmment, le groupe des nourrices rentre avec les enfants. Les travailleuses ont peur d'&#234;tre d&#233;class&#233;es. Les tabassages d'hier ont refroidi quelques vell&#233;itaires. Au troisi&#232;me appel, les plus craintives acceptent de rentrer. Mais leurs cris et le vacarme survoltent encore plus celles qui restent. &#192; l'heure du repas, elles lancent par les fen&#234;tres les boulettes infectes distribu&#233;es ce soir, &#233;cras&#233;es dans du pain, accompagn&#233;es de bouteilles d'eau exp&#233;di&#233;es de la m&#234;me fa&#231;on. Pour une fois, nous les trouvons excellentes. Il fait un peu froid et les petites laines atterrissent, sympathique attention de celles qui ne sont pas rest&#233;es avec nous, craintives mais solidaires !&lt;br /&gt; Dans les cours, quelques murs sont escalad&#233;s pour rejoindre les copines et certaines grimpeuses atteignent les toits. C'est pas facile. Un entracte fantastique, une immense provocation, entre r&#234;ve et r&#233;alit&#233;, pourtant bien dans le pr&#233;sent ! Nous rions et nos rires n'ont pas le m&#234;me son que les autres jours ! Personne ne veut plus rentrer. Les filles enferm&#233;es regrettent de ne pas &#234;tre dehors. Cris, chants, cabrioles, danses. Une page du temps vol&#233;e &#224; la prison. Des instants entre parenth&#232;ses entre ciel et terre. Nous communions dans les cris modul&#233;s comme ceux des oiseaux et r&#233;percut&#233;s par toutes &#224; l'infini. Des chants r&#233;volutionnaires s'apprennent et se r&#233;p&#232;tent, les paroles s'inventent. Il semble que la collectivit&#233; cr&#233;&#233;e ce soir ne soit pas fissurable. Nous n'avons pas besoin des mots usuels. Nous vivons dans une bulle. Nous savons qu'elle peut &#233;clater &#224; tout moment, mais nous r&#234;vons dans sa rondeur et ses couleurs chatoyantes. Une fraternit&#233; nouvelle est n&#233;e aujourd'hui. Demain sera un autre jour.&lt;br /&gt;
Mais nous conserverons au fond de nous ces moments privil&#233;gi&#233;s qui nous unissent &#224; travers le temps. Pourtant, malgr&#233; la f&#234;te, l'excitation, la joyeuse pagaille, le bruit, la volont&#233; de clamer que nous sommes des &#234;tres humains, que la prison n'est qu'une enclave dans la soci&#233;t&#233; et non une plan&#232;te d'extraterrestres, par-del&#224; les difficult&#233;s &#224; surmonter pour parvenir &#224; ces moments de confrontation et leurs implications dans le futur imm&#233;diat ainsi qu'&#224; plus long terme, nous ne faisons qu'attendre les CRS. Comme les manifestants qui occupent une ambassade, une ANPE, ou un lieu public et symbolique quelconque. Comme les ados qui cassent les vitrines et attendent les flics pour jouer &#224; cache-cache, fuir, lancer des pierres et &#233;ventuellement - c'est la part de danger incluse dans le jeu - se faire matraquer, tabasser, peut-&#234;tre m&#234;me arr&#234;ter.&lt;br /&gt; On cherche jusqu'o&#249; on peut aller et on tente d'aller plus loin. Ici, il n'y a pas d'alternative. &#192; 19h30, un h&#233;licopt&#232;re survole la prison. La tension monte. Nous savons que les CRS suivront. Nous nous regroupons. Mais les chants ne cessent pas. Les filles &#224; l'int&#233;rieur hurlent plus fort, mais commencent &#224; penser qu'elles ont eu raison de rentrer. Les CRS entourent la prison, puis rentrent par toutes les portes donnant sur les chemins de ronde... Remake de la veille en plus grand et en plus long. Une sorte de ballet bizarre. Une force haineuse du c&#244;t&#233; des hommes, une provocation exalt&#233;e du c&#244;t&#233; des filles galvanis&#233;es par le face-&#224;-face. Aucune tentative de conciliation ou de n&#233;gociation n'est envisag&#233;e, ni par les uns ni par les autres. Les hommes cognent, hurlent, casques et boucliers en avant, jusqu'&#224; ce que le chef ordonne le repli. Les filles r&#233;sistent et tentent de se d&#233;fendre. Dans la confusion, de vieux comptes entre gardiennes et d&#233;tenues se r&#232;glent &#224; coups de poing. Une fille dira plus tard avoir entendu un grad&#233; crier : &#171; Ne frappez pas &#187;, avant de recevoir un coup de matraque. Enfin, les prisonni&#232;res regagnent les cellules o&#249; les plateaux scandent : &#171; Ce n'est qu'un d&#233;but, continuons le combat. &#187;&lt;br /&gt; Pour saccager la prison, il faut que l'action d&#233;marre de l'int&#233;rieur des b&#226;timents. Il faut ligoter ou terroriser une matonne et s'emparer des cl&#233;s. Le refus de monter en cellule, c'est une &#233;meute, pas une mutinerie. Les cours nous appartiennent. Nous pouvons m&#234;me passer les murs si nous n'essayons pas d'escalader ceux d'enceinte. Si nous ne tentons pas de briser les portes qui m&#232;nent &#224; l'ext&#233;rieur, nous pouvons circuler librement dans ce &lt;i&gt;no man's land&lt;/i&gt; momentan&#233;. Le temps que la direction comprenne que nous ne rentrerons que par la force, que l'h&#233;licopt&#232;re appel&#233; survole les lieux et estime le nombre de CRS n&#233;cessaire &#224; faire cesser la f&#234;te. Une &#233;meute, pour le pouvoir en place, n'est qu'un signal d'alarme. Au bout de quelques heures, voire de quelques jours, ceux qui se sont permis de r&#233;agir sont &#233;cras&#233;s. Plus tard, peut-&#234;tre, fera-t-on des promesses de r&#233;formes en affirmant beno&#238;tement que cette r&#233;volte &#233;tait inutile, n&#233;faste m&#234;me &#224; des projets de modifications depuis longtemps envisag&#233;s. Mais aucune am&#233;lioration n'a jamais &#233;t&#233; acquise autrement que par la lutte de ceux qui sont concern&#233;s. La solidarit&#233; des autres est la bienvenue, elle accompagne notre combat. En prison comme ailleurs.&lt;br /&gt; &#201;chos (je ne l'ai pas vu de mes yeux, mais on me l'a racont&#233;) :&lt;br /&gt; - Mme Ezrhaty, qui est responsable au minist&#232;re de la Justice de la condition p&#233;nitentiaire et qui est arriv&#233;e apr&#232;s la bataille, s'&#233;loigne de la prison entour&#233;e des directeurs et des &#233;ducateurs. Elle se retourne et, regardant la fum&#233;e et la poussi&#232;re s'&#233;lever des pierres grises sous la lueur de la lune, elle s'extasie : &#171; C'est f&#233;erique ! &#187; ;&lt;br /&gt; - le nouveau directeur, pr&#233;c&#233;demment &#224; la Sant&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb34&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La maison d'arr&#234;t de la Sant&#233; est une prison parisienne situ&#233;e dans le XIVe (&#8230;)&#034; id=&#034;nh34&#034;&gt;34&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et sous-directeur de l'&#201;cole Nationale de l'Administration P&#233;nitentiaire [ENAP], a &#233;t&#233; cueilli &#224; chaud par la r&#233;volte. Les CRS sont entr&#233;s &#224; la MAF en m&#234;me temps que lui. Les revendications collectives l'int&#233;ressent peu. Il veut recevoir une &#224; une toutes les d&#233;tenues ayant particip&#233; au mouvement. Constatation &#233;tonn&#233;e :&lt;br/&gt;
&#171; Malgr&#233; des revendications aussi &#233;tonnantes que le droit au fume-cigarette et au cirage vert (!), la diff&#233;rence marquante avec les prisons d'hommes, c'est qu'ici la d&#233;lation n'existe presque pas. &#187; Bravo les filles !&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;05 septembre : &lt;br /&gt;
La gr&#232;ve des plateaux&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au mitard, nos compagnes refusent les plateaux-repas. Nous d&#233;cidons de faire de m&#234;me. Et la bouffe retourne &#224; la cuisine. Cela dure huit jours, jusqu'&#224; leur sortie du mitard. La m&#233;thode de la gr&#232;ve des plateaux ou, plus radicale, celle de la gr&#232;ve de la faim, est nettement moins exaltante que l'&#233;meute ! Moins ludique surtout. Les armes sont toujours &#224; double tranchant, en prison plus encore, et leur choix tr&#232;s r&#233;duit. Cette lutte a un c&#244;t&#233; automutilation, un c&#244;t&#233; chantage, plut&#244;t d&#233;plaisant. Il semble ridicule de dire &#224; l'Administration p&#233;nitentiaire, et &#224; la Chancellerie : &#171; Si vous ne prenez pas nos revendications en compte, nous nous laisserons mourir de faim ! &#187;, en sachant bien qu'elles ne s'en soucient gu&#232;re. Mais les luttes en prison n'ont-elles pas un peu toutes la m&#234;me couleur, y compris l'&#233;meute et la prise d'otages ? Dans ce monde clos, emmur&#233;, grillag&#233;, qui, &#224; la moindre alerte, est survol&#233; par les h&#233;licopt&#232;res et investi par les CRS, toute lutte est une gageure ! La seule issue, c'est &#171; la belle &#187; ! Toute autre solution est pi&#233;g&#233;e, reconna&#238;t l'autorit&#233; et la l&#233;galit&#233;, n'est qu'une demande d'application de la loi, ou de gr&#226;ce. Au mieux un appel &#224; la r&#233;forme. Coinc&#233;s dans nos contradictions, nous ne pouvons pas renoncer aux am&#233;liorations du quotidien. Nous sommes toujours partants pour les paris stupides et tenter l'impossible est un jeu que nous aimons. Ici, la r&#233;sistance est la seule fa&#231;on de survivre si nous refusons de perdre notre identit&#233;.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;La gr&#232;ve de la faim&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette lutte se veut spectaculaire. Elle compte sur le d&#233;sir d'un ministre de la Justice, voire d'un Premier ministre, de ne pas para&#238;tre exag&#233;r&#233;ment inhumain ; ce qui est al&#233;atoire. En 1974, Michel Poniatowski&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb35&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ministre de l'Int&#233;rieur &#224; cette &#233;poque.&#034; id=&#034;nh35&#034;&gt;35&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; fait tirer sur les d&#233;tenus en col&#232;re. Dix ans plus tard, Robert Badinter autorise l'extradition des prisonniers politiques basques, les peines de prison sont de plus en plus lourdes, les lib&#233;rations conditionnelles inexistantes.&lt;br /&gt; La diff&#233;rence entre les r&#233;gimes p&#233;nitentiaires ne d&#233;pend pas toujours de l'habituel gauche-droite au pas duquel nous avons l'habitude de marcher. Pourtant, on ne tire plus sur les d&#233;tenus r&#233;volt&#233;s, sauf s'ils tentent de s'&#233;vader, et la peine de mort est abolie. Malgr&#233; ce qu'on peut en dire, ce n'est pas peu ! Ceux qui pr&#233;f&#232;rent la mort rapide choisissent le suicide. Ce n'est pas rare en prison, m&#234;me lorsque les peines ne sont pas tr&#232;s longues. La prison est mortif&#232;re &#224; court ou &#224; moyen terme. La &#171; mort lente &#187;, comme le proclamait la banderole des camarades du groupe Otage&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb36&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Groupe anti-carc&#233;ral lillois qui produisait un journal du m&#234;me nom et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh36&#034;&gt;36&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; devant Fleury-M&#233;rogis en ces jours de 1984, a &#233;t&#233; institu&#233;e depuis que la prison existe ; elle est coll&#233;e &#224; elle. On ne la supprimera qu'avec elle... Enfin, cette sorte de mort lente.&lt;br /&gt; Le fait d'agir collectivement, m&#234;me pour ce non-acte qu'est une gr&#232;ve de la faim, est stimulant. Cela an&#233;antit l'aspect &#171; exemplarit&#233; non-violente &#187; ; il ne reste que le combat commun. La faim dispara&#238;t rapidement et la pr&#233;sentation du chariot fumant et fleurant la cuisine, rite quotidien pour tenter notre odorat, donne bient&#244;t la naus&#233;e. On glisse lentement vers l'inconscience. Le temps s'&#233;coule, que l'&#233;tat de faiblesse grandissant ne permet plus de calculer. Plus tard, de temps en temps, des &#233;clairs de lucidit&#233; : &#171; C'est con de mourir volontairement en prison dans un combat immobile. &#187; On s'accroche. Enfin, lorsqu'on est sur le bord de la vie, on nous offre les miettes brillantes de nos exigences, nous en promettant &#233;ventuellement d'autres pour plus tard. Et comme nous avons envie de vivre, nous les d&#233;vorons en nous disant que les promesses ne seront pas tenues mais que nous recommencerons. Ensuite, les miettes accord&#233;es sont reprises en grande partie et, au fil du temps, il faut de plus en plus d'attention et d'&#233;nergie pour ne pas se faire manger soi-m&#234;me par le quotidien anthropophage de l'enfermement.&lt;br /&gt; Cette gr&#232;ve, lanc&#233;e par cinq militants r&#233;volutionnaires d'Action directe incarc&#233;r&#233;s, commence le 15 septembre. Le 25 septembre, lorsque je suis transf&#233;r&#233;e en urgence de la MAF de Fleury &#224; l'h&#244;pital de Fresnes, six d&#233;tenues s'y rallient par solidarit&#233;, avec des revendications tr&#232;s proches. En m&#234;me temps, trente prisonni&#232;res refusent leur plateau pendant deux jours. Ce mouvement fait boule de neige. &#192; Fleury, six cent trente-six hommes sont en gr&#232;ve de la faim. D'une prison &#224; l'autre, avec des revendications diff&#233;rentes mais gardant des points communs, la gr&#232;ve, fixe ou tournante, s'&#233;tale.&lt;br /&gt;
&#192; Tours et &#224; la Sant&#233;, une militante et un militant anti-imp&#233;rialistes se sont associ&#233;s au mouvement, d&#232;s le 25 septembre, en pr&#233;cisant qu'ils ne sont pas membres d'Action directe ; ils r&#233;clament le statut politique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb37&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;[Note d'H&#233;lyette Besse] Celui-ci &#233;tait accord&#233; jusqu'en 1981 aux militants (&#8230;)&#034; id=&#034;nh37&#034;&gt;37&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;br /&gt; R&#233;clamer le statut politique, n'est-ce pas demander d'&#234;tre regroup&#233;s sur une &#238;le d&#233;serte, surveill&#233;s et encadr&#233;s, o&#249; nous pourrions concocter en vase clos des th&#233;ories applicables dans un futur hypoth&#233;tique &#224; une population devenue presque inconnue ? Pr&#233;paration d'une r&#233;volution mort-n&#233;e. &#202;tre un individu politis&#233;, avoir &#339;uvr&#233; avec d'autres dans le but de d&#233;mystifier et de d&#233;montrer qu'agir d&#232;s aujourd'hui est une possibilit&#233; offerte &#224; tous ceux qui ont une volont&#233; r&#233;volutionnaire, &#231;a n'est pas un titre &#224; faire graver sur nos cartes de visite. C'est une r&#233;alit&#233; qui peut &#234;tre camoufl&#233;e, ni&#233;e, ou d&#233;figur&#233;e, mais qui demeure. Nos actes et nos comportements dans le pass&#233; en sont le t&#233;moignage. La place des r&#233;volutionnaires est dans la soci&#233;t&#233; et non dans une tour, qu'elle soit d'ivoire ou de b&#233;ton. Prisonniers sociaux ou politiques, enferm&#233;s par la m&#234;me pr&#233;tendue justice. Tous hors-la-loi, derri&#232;re les m&#234;mes murs, avec une conscience plus ou moins claire de ce qui nous a jet&#233;s dans ces cages, de ce monde que certains veulent transformer, dont d'autres veulent exploiter les failles et d'autres encore n'ont fait que subir les plus mis&#233;rables des travers.&lt;br /&gt; Ce monde, nous en sommes issus et en conservons les tares &#224; des degr&#233;s divers. Tous contre l'isolement, pour le droit de voir et de discuter avec ceux qui nous sont les plus proches. Tous contre l'existence m&#234;me de la prison surtout, mais ceci est une autre histoire qui demande r&#233;flexion et volont&#233; comme elle implique analyse et bouleversement de cette soci&#233;t&#233;, entra&#238;nant le changement de l'homme de la rue lui-m&#234;me... ou bien est-ce au contraire lorsque l'homme de la rue aura chang&#233; que le monde sera diff&#233;rent ?&lt;br /&gt; Cette gr&#232;ve de la faim de 1984 et beaucoup d'autres depuis n'ont apport&#233; aucun changement en ce qui concerne le statut politique et les deux militants anti-imp&#233;rialistes qui le r&#233;clamaient ne l'obtinrent pas. Les gr&#232;ves de la faim individuelles ou celles de quelques individus impliqu&#233;s dans une m&#234;me affaire sont courantes en prison. Mais les je&#251;nes collectifs sont rares. Surtout de cette ampleur ! Le dernier a eu lieu en janvier 1978. Il regroupait les prisonniers et prisonni&#232;res qui luttaient pour l'abrogation des Quartiers de Haute S&#233;curit&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb38&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les Quartiers de Hautes S&#233;curit&#233;s (QHS) &#233;taient des quartiers de s&#233;curit&#233; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh38&#034;&gt;38&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;24 octobre 1984&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fin de cet &#233;pisode des luttes en prison. Ce mouvement de r&#233;voltes multiformes a dur&#233; cinquante jours. En mai 1985, une violente mutinerie &#233;clate &#224; Fleury-M&#233;rogis chez les hommes ; les b&#226;timents br&#251;lent. Elle est reprise par les femmes, plus discr&#232;tement.&lt;br /&gt; Un jour d'octobre 1984, &#224; Fleury-M&#233;rogis, Yamina demande audience au directeur de la MAF. Elle attend de longues heures devant une porte. Mais elle n'est pas re&#231;ue.&lt;br /&gt; Elle est fatigu&#233;e par cette gr&#232;ve de la faim qu'elle a commenc&#233;e il y a quelques jours. Perturb&#233;e par sa sortie prochaine, exasp&#233;r&#233;e par cette attente vaine. Que s'est-il pass&#233; ? Quel a &#233;t&#233; le d&#233;clencheur de cet acte sans retour ? Personne ne le dira jamais ! Le soir, dans une cellule surpeupl&#233;e o&#249; dorment trois autres d&#233;tenues sans doute assomm&#233;es par les fioles color&#233;es de neuroleptiques largement distribu&#233;es chaque soir et qui promettent une longue nuit o&#249; l'on oublie le lieu et le temps qui passe, Yamina se pend. Personne n'a rien vu, rien entendu.&lt;br /&gt; Son nom restera attach&#233; pour toujours &#224; cette gr&#232;ve de la faim qui l'a peut-&#234;tre tu&#233;e.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Annexe &lt;i&gt;&#224; Fleury br&#251;le-t-elle ?&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;
Exemples de dol&#233;ances exprim&#233;es par les d&#233;tenus de diff&#233;rents &#233;tablissements p&#233;nitentiaires lors du mouvement de 1987.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;A la MAF de Fleury-M&#233;rogis :&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;
Non &#224; l'isolement D2-R et au groupe B ;&lt;br /&gt;
Non aux extraditions de Basques et d'autres ;&lt;br /&gt;
Regroupement des prisonniers politiques basques ;&lt;br /&gt;
Droit de visite pour les ex-d&#233;tenues &#224; leurs amies encore emprisonn&#233;es ;&lt;br/&gt;
Solidarit&#233; avec les militants d'Action Directe ;&lt;br /&gt;
Reconnaissance de leur identit&#233; politique ;&lt;br /&gt;
Droit au regroupement par affinit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;A Fleury, chez les hommes :&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;
Parloirs libres sans s&#233;lection des visiteurs ;&lt;br /&gt;
Arr&#234;t de la censure ;&lt;br /&gt;
Non aux tabassages et aux autres ch&#226;timents ;&lt;br /&gt;
Commission d'enqu&#234;te sur les morts ;&lt;br /&gt;
Non &#224; l'isolement ;&lt;br /&gt;
Solidarit&#233; avec tous les d&#233;tenus en gr&#232;ve de la faim.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;A Fresnes (la MAF n'y existait pas encore) :&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;
Solidarit&#233; avec tous les d&#233;tenus en gr&#232;ve de la faim ;&lt;br /&gt;
Enqu&#234;te sur les morts suspectes ;&lt;br /&gt;
Parloirs libres d'une heure ;&lt;br /&gt;
Abolition des fouilles ;&lt;br /&gt;
Abolition des passages &#224; tabac ;&lt;br /&gt;
Non &#224; la censure ;&lt;br /&gt;
Respect des races et des religions ;&lt;br /&gt;
Assouplissement dans l'attribution des lib&#233;rations conditionnelles et provisoires ;&lt;br /&gt;
Non &#224; l'isolement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;A Loos :&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;
Parloirs vraiment libres ;&lt;br /&gt;
Pas de discrimination ni d'exclusive pour les visiteurs ;&lt;br /&gt;
Abolition de la censure ;&lt;br /&gt;
Cr&#233;ation de lieux de vie entre d&#233;tenus avec des personnes ext&#233;rieures &#224; la prison.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;A Amiens :&lt;/i&gt; &lt;br /&gt;
Non au mitard ;&lt;br /&gt;
Non aux brimades et aux tabassages ;&lt;br /&gt;
Pour une commission d'enqu&#234;te concernant les pratiques fascisantes du personnel p&#233;nitentiaire.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;A Muret :&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;
Contre les mauvaises conditions de d&#233;tention ;&lt;br /&gt;
Contre les salaires de mis&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Sur les chronologies qui suivent nous tenons &#224; apporter quelques mises au point :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Elle ne pr&#233;tend pas &#224; l'exhaustivit&#233;. Forc&#233;ment partielle, elle est le fruit du travail d'autres et de nos propres recherches.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb39&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Notamment la brochure : Une succincte histoire des luttes anti-carc&#233;rales (&#8230;)&#034; id=&#034;nh39&#034;&gt;39&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Les informations qui suivent proviennent donc en grande partie de la presse (qui souvent ne fait &#233;tat que de br&#232;ves&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb40&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il est int&#233;ressant de noter que la parole n'est jamais donn&#233;e aux d&#233;tenu-e-s (&#8230;)&#034; id=&#034;nh40&#034;&gt;40&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;), de t&#233;moignages de d&#233;tenu-e-s ou de personnels de l'AP, de publications militantes, de m&#233;moires universitaires, de travaux sp&#233;cifiques sur l'histoire d'un &#233;tablissement en particulier ou d'essais sur les prisons en g&#233;n&#233;ral.&lt;br /&gt; La P&#233;nitentiaire &#233;tant assez avare d'informations sur ce type d'&#233;v&#233;nements, faisant en sorte de les minimiser ou de les cacher tout simplement&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb41&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Quand le fait est trop important et ne peut &#234;tre cach&#233;, l'AP s'adapte. Cf. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh41&#034;&gt;41&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, il n'est pas toujours ais&#233; de savoir ce qu'il s'est pass&#233; dans un cas particulier ou durant une p&#233;riode donn&#233;e. Ainsi, dans la chronologie, nous avons parfois juste mentionn&#233; l'acte sachant qu'il a eu lieu, mais nous n'avons pas toujours r&#233;ussi, &#224; notre grand regret, &#224; avoir plus de d&#233;tails.&lt;br /&gt;
Elle ne se focalise que sur un aspect (la mutinerie) et non sur l'histoire en de la prison en g&#233;n&#233;ral&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb42&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cette histoire est bri&#232;vement d&#233;crite dans la brochure cit&#233;e &#224; la note n&#176;4.&#034; id=&#034;nh42&#034;&gt;42&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Nous sommes &#233;galement conscients que le choix de ne se focaliser que sur un aspect pr&#233;sente un inconv&#233;nient majeur : il ne permet pas de saisir les actes dans leur contexte. Cela est li&#233; en partie &#224; la forme du document (brochure) qui ne nous le permet pas, faute de place. C'est pourquoi nous encourageons le lecteur / la lectrice &#224; consulter les quelques r&#233;f&#233;rences que nous lui sugg&#233;rons&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb43&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Entre autres, nous recommandons vivement les ouvrages suivants : Au pied du (&#8230;)&#034; id=&#034;nh43&#034;&gt;43&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Pour la m&#234;me raison, nous avons fait aussi le choix de ne traiter que des luttes collectives et non des combats individuels.&lt;br /&gt;
Elle n'&#233;voque pas les &#233;vasions car nous avons voulu nous concentrer sur la lutte entre les murs. Si nous en parlons, c'est uniquement quand l'&#233;vasion (individuelle ou collective) participe &#224; cr&#233;er la mutinerie ou alors que cette derni&#232;re a permis &#224; certains, par le d&#233;sordre engendr&#233;, de se faire la belle.&lt;br /&gt;
Elle n'expose pas les luttes ou les actes de soutien venant de l'ext&#233;rieur. Nous ne nous concentrons que sur les prisonnier-e-s &#224; l'int&#233;rieur des murs&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb44&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Une chronologie des luttes anti-carc&#233;rales &#224; l'ext&#233;rieur des prisons de 1971 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh44&#034;&gt;44&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;br /&gt;
Elle ne pr&#233;sente pas non plus l'apr&#232;s-coup, sa r&#233;pression et notamment les proc&#232;s des mutin-e-s. Non pas que cela ne nous int&#233;resse pas, mais les trous sont trop importants pour en avoir un aper&#231;u coh&#233;rent. Ainsi il faut avoir en t&#234;te &#224; la lecture des lignes qui suivent que les d&#233;tenu-e-s payent toujours tr&#232;s cher leurs luttes (tabassage, transfert &#8211; &#171; tourisme p&#233;nitentiaire&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb45&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Contrairement au but recherch&#233;, la pratique du transfert fut parfois (&#8230;)&#034; id=&#034;nh45&#034;&gt;45&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187; &#8211;, mitard, isolement, suppression des remises de peines, inculpations et proc&#232;s qui se soldent souvent par des peines de prison en plus).&lt;br /&gt;
Pour ce qui est des proc&#232;s, ils servent &#224; nier le caract&#232;re collectif des mutineries et les raisons de la r&#233;volte en faisant croire qu'elles sont dues &#224; quelques meneurs / meneuses isol&#233;-e-s et manipulateurs / manipulatrices.&lt;br /&gt;
Nous ne mettons pas en lumi&#232;re les diff&#233;rences caract&#233;ristiques des luttes. Qu'elles soient men&#233;es par des d&#233;tenu-e-s dits de &#171; droit commun &#187; ou dits &#171; politiques &#187;, pour des droits syndicaux, l'am&#233;lioration du quotidien ou pour d&#233;truire cette mangeuse d'Homme qu'est la taule, toutes ces r&#233;voltes ont leur place dans ces brochures. La lutte reste un moyen efficace pour r&#233;sister, construire des complicit&#233;s et tenter de modifier la r&#233;alit&#233; carc&#233;rale. En prison comme ailleurs il n'y a pas de petits combats. Voil&#224; pourquoi nous ne voulons ni les hi&#233;rarchiser ni les opposer.&lt;br /&gt;
Elle traite des lieux de d&#233;tention en g&#233;n&#233;ral. Ainsi m&#234;me si les structures &#233;voqu&#233;es n'&#233;taient ou ne sont pas identiques, qu'elles poss&#233;daient ou poss&#232;dent leurs propres logiques, qu'elles aient &#233;t&#233; ou soient toujours g&#233;r&#233;es par l'AP (ou par d'autres), elles &#233;taient et sont en tout cas des lieux d'enfermement et font partie de l'histoire de, comme l'appelait Foucault, l'&#171; archipel carc&#233;ral&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb46&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ces institutions ne sont pas le centre des dispositifs de contr&#244;le mais leur (&#8230;)&#034; id=&#034;nh46&#034;&gt;46&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. C'est pourquoi nous &#233;voquons tant les bagnes (sous ses diff&#233;rentes formes), que les camps d'internement, les prisons ou les Centres de R&#233;tention Administrative&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb47&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Nous avons fait le choix de d&#233;signer les sans-papiers enferm&#233;-e-s sous le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh47&#034;&gt;47&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;***&lt;br /&gt;
Le sens des luttes&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En prison, il faut affronter les CRS pour obtenir que soit r&#233;gl&#233;e la temp&#233;rature des douches ; il faut faire une gr&#232;ve de la faim pour obtenir l'autorisation de secouer la poussi&#232;re de ses couvertures.&lt;br /&gt;
Aucune revendication, dans ces conditions, ne peut para&#238;tre modeste. Mais ce qui reste d&#233;cisif dans toutes les r&#233;voltes r&#233;centes, ce n'est pas les revendications d'am&#233;liorations mat&#233;rielles, mais de droits.&lt;br /&gt;
Les prisonniers ont refus&#233; d'&#234;tre des hors-la-loi au nom de la loi ;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; refus&#233; d'&#234;tre soumis &#224; l'arbitraire total du directeur de la prison ;&lt;br/&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; refus&#233; des s&#233;vices des surveillants dans les secrets des mitards, sans moyen de contr&#244;le, de d&#233;fense ;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; refus&#233; d'&#234;tre exploit&#233;s dans leur travail sans avoir les m&#234;mes droits et salaires que les autres travailleurs ;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; refus&#233; de recevoir une information censur&#233;e ;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; refus&#233; d'&#234;tre poursuivis hors de la prison par le casier judiciaire, avec lequel il n'y a jamais de lib&#233;ration v&#233;ritable, il n'y a que des sursis ;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; refus&#233; d'&#234;tre poursuivis hors de la prison par l'interdiction de s&#233;jour.&lt;br /&gt;
Actuellement le seul acquis des d&#233;tenus, c'est leur lutte commune.&lt;br /&gt;
On leur promet une r&#233;forme. Est-ce plus qu'un moyen de d&#233;sorganiser leurs luttes, de nous faire croire qu'il n'y a plus qu'&#224; &#234;tre vigilants, de diff&#233;rer la vraie question : pourquoi des prisons ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;GIP &#8211; Groupe Information Prison*&lt;br /&gt;
Conclusion aux cahiers de revendications sortis des prisons lors des r&#233;centes r&#233;voltes, avril 1972.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;*Le GIP est un mouvement d'action et d'information n&#233; en f&#233;vrier 1971 (il s'autodissout en septembre 1972) ayant pour but de permettre la prise de parole des d&#233;tenus et la mobilisation des intellectuels et des professionnels impliqu&#233;s dans le syst&#232;me carc&#233;ral.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;***&lt;br /&gt;
Br&#232;ve pr&#233;sentation des diff&#233;rents centres de d&#233;tention les plus &#233;voqu&#233;s dans cette chronologie :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Au 1er janvier 2010, selon les chiffres de l'AP, il y avait 191 &#233;tablissements p&#233;nitentiaires sur le territoire fran&#231;ais, dont 106 Maisons d'Arr&#234;t (MA), 37 Centres P&#233;nitentiaires (CP), 24 Centres de D&#233;tention (CD), 5 Maisons Centrales (MC), 12 Centres de Semi-Libert&#233; (CLS), 6 &#201;tablissements P&#233;nitentiaires pour Mineurs (EPM), l'&#201;tablissement Public de Sant&#233; National de Fresnes (EPSNF) et le Centre National d'Observation de Fresnes (CNO) pr&#233;paratoire &#224; l'affectation en centrale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une Unit&#233; Hospitali&#232;re Sp&#233;cialement Am&#233;nag&#233;e (UHSA) &#171; Simone Veil &#187; fut inaugur&#233;e le 21 mai 2010 au centre hospitalier du Vinatier de Bron (69). Elle est charg&#233;e de la prise en charge psychiatrique des d&#233;tenus souffrants de &#171; troubles mentaux &#187;. Seize autres &#233;tablissements sont pr&#233;vus d'ici &#224; 2011.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon les chiffres de l'arr&#234;t&#233; du 21 mai 2008, il y a en outre 28 Centres de R&#233;tention Administrative (CRA).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le bagne (colonie p&#233;nitentiaire) : &lt;/strong&gt;&#233;tablissement consacr&#233; aux travaux forc&#233;s. Il y eut les bagnes en m&#233;tropole mais aussi en Outre-mer (Guyane fran&#231;aise, Nouvelle-Cal&#233;donie, Indochine et Madagascar). Il y eut les bagnes pour enfants et les bagnes militaires (Tunisie et Alg&#233;rie).&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;La maison d'arr&#234;t (MA) :&lt;/strong&gt; &#233;tablissement pour la d&#233;tention provisoire (= en attente de proc&#232;s) et pour celles et ceux dont le reste de la peine n'exc&#232;de pas &#8211; en principe &#8211; un an au moment de leur condamnation.&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Le centre p&#233;nitentiaire (CP) :&lt;/strong&gt; &#233;tablissement mixte comprenant au moins deux quartiers &#224; r&#233;gimes de d&#233;tention diff&#233;rents (MA / CD / MC).&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Le centre de d&#233;tention (CD) dont 34 quartiers dans d'autres types d'&#233;tablissements :&lt;/strong&gt; pour les d&#233;tenu-e-s condamn&#233;-e-s &#224; une peine sup&#233;rieure ou &#233;gale &#224; un an.&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;La maison centrale (MC) dont 9 quartiers dans d'autres types d'&#233;tablissements :&lt;/strong&gt; pour les condamn&#233;s les plus &#171; difficiles &#187; (DPS &#8211; d&#233;tenu particuli&#232;rement signal&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb48&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ou &#171; d&#233;tenu particuli&#232;rement surveill&#233; &#187;.&#034; id=&#034;nh48&#034;&gt;48&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;) et les longues peines.&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Le centre de r&#233;tention administrative (CRA)&lt;/strong&gt; : Pour les sans-papiers en attente d'expulsion vers leur pays d'origine. La dur&#233;e varie officiellement entre deux et trente-deux jours au maximum. Les retenu-e-s sont gard&#233;-e-s par des gendarmes ou la police nationale.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Au 1er juin 2010, selon les chiffres de l'Administration P&#233;nitentiaire, il y avait 61 604 personnes incarc&#233;r&#233;es dans les prisons fran&#231;aises.&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;PREMIERE PARTIE :&lt;BR /&gt;
1820 &#8211; 1987&lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Ann&#233;es 1820&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;- Brest (29), Bagne de BREST.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br/&gt;
Un commissaire des chiourmes (gal&#232;res) supprime le l&#233;ger matelas d'&#233;toupes (le serpentin), qu'il est d'usage de laisser aux condamn&#233;s sous un climat humide, craignant que les for&#231;ats y cachent des limes et autres objets d'&#233;vasion. Aussit&#244;t apr&#232;s cette suppression, une r&#233;volte &#233;clate au milieu de la nuit dans une des salles du bagne. Un d&#233;tachement d'artillerie parvient sur les lieux et proc&#232;de &#224; quelques arrestations qui mettent fin &#224; la r&#233;volte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;- Toulon (83), Bagne de TOULON.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Dans la partie du port de Toulon qu'on nomme le Mouraillon, un complot se trame pour tenter une &#233;vasion qui doit rendre &#224; la libert&#233; un grand nombre de condamn&#233;s &#224; perp&#233;tuit&#233;. Un sergent est poignard&#233;, c'est le signal pour la r&#233;volte. Plusieurs gardes-chiourmes menac&#233;s se r&#233;unissent et ripostent par le feu. Les agents de la surveillance interviennent pour les aider. Les r&#233;volt&#233;s se jettent sur eux pour les d&#233;sarmer mais les gardes, rang&#233;s en bataille, ripostent. Les cadavres jonchent le sol. Contre les fusils, les for&#231;ats combattent avec des pierres ou des fragments de fer arrach&#233;s de leurs cha&#238;nes. Deux compagnies d'infanterie arrivent et mettent fin &#224; la r&#233;volte. Il y a quarante bless&#233;s et seize morts (en grande majorit&#233; des for&#231;ats).&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1829&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Jeudi 26 f&#233;vrier :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Toulon (83), Bagne de TOULON.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Deux cent dix for&#231;ats d&#233;cident de faire obstacle &#224; leur mutation au bagne de Brest.&lt;br /&gt;
A la nuit tomb&#233;e ils complotent. Parmi eux, un for&#231;at moins patient invite ses camarades &#224; la r&#233;sistance. L'orateur surpris par les gardes est enferm&#233;, non sans r&#233;sister, dans un cachot.&lt;br /&gt;
&#171; Un bonnet vert se dresse, c'est le for&#231;at Bourgeois ; il reproche &#224; ses camarades leur l&#226;chet&#233;, car pas un n'a os&#233; s'opposer &#224; l'arrestation ; il se montre comme drapeau de la r&#233;volte, un coup de carabine tir&#233; &#224; bout portant, l'&#233;tend mort. Le for&#231;at Besson le remplace sur la br&#232;che, mais &#224; peine a-t-il jet&#233; le premier cri de guerre qu'il n'est plus qu'un cadavre. Une double d&#233;charge fait ruisseler le sang ; les rebelles, intimid&#233;s, courbent la t&#234;te, et au point du jour l'embarquement s'effectue. &#187; [Maurice Alhoy, &lt;i&gt;Les bagnes : histoires, types, m&#339;urs, myst&#232;res&lt;/i&gt;, G. Havard, 1845]&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1836&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;- Aubusson (23), Prison d'AUBUSSON.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Mutinerie au sujet de l'application du r&#232;glement pr&#233;fectoral d'octobre 1824 sur les heures de sorties et de rentr&#233;e des prisonniers.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Vers 1840&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;- Toulon (83), Bagne de TOULON.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&#171; Le m&#234;me commissaire des chiourmes, M. Renault, ne dut la conservation de sa vie qu'&#224; un hasard providentiel. Un coup de poignard qui lui &#233;tait destin&#233; fut re&#231;u par un adjudant. Au cri du mourant, un sous-adjudant accourt &#224; son tour ; bless&#233; mortellement, il tombe, et un troisi&#232;me sous-officier qui survient re&#231;oit quatre coups de couteau dans la poitrine. C'&#233;tait au moment de la rentr&#233;e dans les salles apr&#232;s les travaux. Les condamn&#233;s, enhardis par les meurtres, se r&#233;pandent sur les quais de l'int&#233;rieur du port. Les gardes ne peuvent ma&#238;triser l'&#233;meute ; le for&#231;at Lejoile commande, il a une influence terrible sur ses camarades. Les armes se chargent : Lejoile semble anim&#233; par la menace ; il se pr&#233;sente au-devant des carabines, une balle le frappe, elle semble rebondir sur son front, qu'elle n'entame pas ; il jette en riant un lazzi [plaisanterie moqueuse] &#224; celui qui l'a ajust&#233;, et faisant allusion &#224; la vie civile qu'il a perdue, il crie en ricanant : &#8220;On ne tue pas les morts&#8221; ; il essuie de nouveau plusieurs coups de feu sans &#234;tre atteint, enfin, poursuivi et accul&#233; contre un mur, un garde-chiourme le perce d'un coup de ba&#239;onnette ; il tombe, mais la vie lui reste encore. &#187; Traduit devant la cour maritime, il sera ex&#233;cut&#233;. [Maurice Alhoy, &lt;i&gt;ibid.&lt;/i&gt;]&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1847&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;- Gu&#233;ret (23), Prison de GUERET.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Gr&#232;ve de la faim de plusieurs d&#233;tenus pour protester contre la qualit&#233; et la quantit&#233; de nourriture qu'on leur sert et pour obtenir des vivres du dehors.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1848&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Mardi 5 septembre :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Loos (59), Maison Centrale de Force et de Correction de LOOS.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Une mutinerie &#233;clate. Les d&#233;tenus &#171; se refusent &#224; ob&#233;ir aux ordres qui leur sont donn&#233;s ; ils poussent des cris furieux, chantent la Marseillaise et r&#233;clament du tabac et la libert&#233; ; d'autres, moins exigeants, demandent le retour de l'ancien directeur &#187; parti &#224; la retraite. &#171; Devant l'ampleur de la mutinerie, le pr&#233;fet, qui a envoy&#233; des &#233;missaires, promet que &#8220;la s&#233;dition n'aura pas de suite et que trois gardiens seront renvoy&#233;s&#8221;. La mutinerie repart de plus belle. La nuit venue, la troupe intervient et les d&#233;tenus remontent en rechignant dans les dortoirs. Ils brisent leurs lits, veulent d&#233;molir le mur les s&#233;parant des femmes, certains grimpent sur les toits. Le pr&#233;fet requiert les sapeurs-pompiers et les gardes nationaux de Loos, Haubourdin et Lille. Ceux-ci tirent sur les mutins, deux d'entre eux sont gri&#232;vement bless&#233;s et les autres finissent par se rendre. Des militaires arm&#233;s occupent les corridors, la garnison charg&#233;e de la garde ext&#233;rieure est renforc&#233;e de vingt-cinq soldats suppl&#233;mentaires, les d&#233;tenus sont s&#233;par&#233;s par groupes de trente. Cinquante mutins sont plac&#233;s au cachot. &#187; &lt;br /&gt;
&lt;i&gt;La Gazette de Flandre et d'Artois&lt;/i&gt; du 10 septembre 1848 commente : &#171; C'est une r&#233;volte morale sans autre voie de fait que le refus de se plier &#224; la discipline r&#233;glementaire comme par exemple de garder le silence ou de se tenir en rang. Ils annoncent d'ailleurs que tout n'est pas fini et menacent de se r&#233;volter &#224; la premi&#232;re occasion. &#187;&lt;br /&gt;
[Christian Carlier, &#171; Les prisons du Nord au XIXe si&#232;cle &#187;, sur &lt; &lt;a href=&#034;http://www.criminocorpus.cnrs.fr/article647.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.criminocorpus.cnrs.fr/article647.html&lt;/a&gt; &gt;. Page consult&#233;e le 15 octobre 2010.]&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1852&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Mardi 6 avril :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Loos (59), Maison Centrale de Force et de Correction de LOOS.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Le soir, au r&#233;fectoire, les d&#233;tenus trouvent la soupe mauvaise quand le gardien-chef la trouve bonne. Les &#233;cuelles lui volent &#224; la t&#234;te, il doit se sauver. Un d&#233;tachement de soldats intervient, dont les ba&#239;onnettes blessent gri&#232;vement plusieurs d&#233;tenus.&lt;br /&gt;
Le lendemain, le pr&#233;fet et le procureur adressent une s&#233;v&#232;re admonestation [remontrance &#224; caract&#232;re solennel] &#224; la population p&#233;nale assembl&#233;e. &lt;i&gt;L'&#201;cho du Nord&lt;/i&gt; s'&#233;tonne de &#171; la r&#233;pugnance extraordinaire &#187; manifest&#233;e par les d&#233;tenus pour cette prison et demande le contr&#244;le de l'autorit&#233; judiciaire ainsi que des enqu&#234;tes publiques. &lt;i&gt;La Gazette de Flandre et d'Artois&lt;/i&gt; loue au contraire &#171; le z&#232;le, l'intelligence et l'humanit&#233; &#187; de l'Administration de la prison. Les mutineries sont le fait, selon le journal, de la &#171; perversit&#233; des d&#233;tenus &#187; et non des &#171; vices du syst&#232;me p&#233;nitentiaire &#187;. [Christian Carlier, &lt;i&gt;ibid&lt;/i&gt;.]&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1850-1860&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;- Al&#233;ria (20 &#8211; Corse), P&#233;nitencier agricole de CASABIANDA.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Ajaccio (20 &#8211; Corse), P&#233;nitencier agricole de CASTELLUCCIO.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Coti-Chiavari (20 &#8211; Corse), P&#233;nitencier agricole de CHIAVARI.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Mutineries &#224; r&#233;p&#233;tition dans ces prisons corses.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1862&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Mercredi 1er janvier 1862
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Ajaccio (20 &#8211; Corse), Colonie horticole SAINT-ANTOINE DE CASTELLUCCIO.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
22h, dans un dortoir, les d&#233;tenus adultes demandent &#224; deux employ&#233;s accompagn&#233;s de deux gardiens que leurs soient rendus trois de leurs camarades mis en cellule pour des infractions &#224; la discipline. Les gardiens leur demandent de cesser le bruit et de se coucher. Au lieu d'obtemp&#233;rer, les d&#233;tenus poussent des cris et s'arment des planches de leurs lits, l'un d'eux brandit un poignard. Pour mater la r&#233;volte, un des gardiens fait usage de son fusil et blesse deux d&#233;tenus, dont un succombe de ses blessures.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1866&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Mardi 2 octobre :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#206;le du levant (83), P&#233;nitencier pour enfants (bagne) de L'ILE DU LEVANT.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;BR /&gt;
&#171; Le 28 septembre 1866, 65 enfants provenant de la colonie horticole de Saint Antoine de Castelluccio &#224; Ajaccio d&#233;barquent sur l'&#238;le du Levant. Cette colonie venait de fermer ses portes et le pouvoir avait d&#233;cid&#233; de d&#233;porter certains des jeunes enfants sur le continent. Leur arriv&#233;e porte l'effectif de 223 &#224; 288 d&#233;tenus. D&#232;s les premiers jours, les nouveaux arrivants se plaignent de la nourriture et des horaires de travail trop longs. Le 2 octobre, &#224; la tomb&#233;e de la nuit, des chants s&#233;ditieux appellent &#224; la r&#233;volte. Les insurg&#233;s abattent les cloisons du dortoir et veulent aller piller la demeure du Comte, absent ce soir l&#224;. Arm&#233;s de haches et autres outils, les r&#233;volt&#233;s d&#233;foncent neuf cachots. Les neuf gardiens, le directeur, sa famille et l'aum&#244;nier partent sur un bateau. Sous l'effet de l'alcool, chauff&#233;s &#224; blanc, ils d&#233;cident de s'en prendre aux espions, une quinzaine d'enfants, parmi les plus jeunes, qui survivent en collaborant avec les gardiens en les informant de ce qui se passe dans la colonie. Un des meneurs met le feu au b&#226;timent o&#249; ils sont r&#233;fugi&#233;s.&lt;br /&gt;
L'incendie se propage dans le p&#233;nitencier et dure jusqu'&#224; l'arriv&#233;e des militaires du 9&#232;me r&#233;giment d'infanterie et de deux brigades de gendarmerie, le 4 octobre au matin. La chasse &#224; l'homme se poursuivit sur l'&#238;le. 37 jeunes furent arr&#234;t&#233;s, embarqu&#233;s sur le vapeur &#8220;Hector&#8221; et &#233;vacu&#233;s vers la maison d'arr&#234;t de Toulon.&lt;br /&gt;
Les m&#233;decins l&#233;gistes eurent du mal &#224; d&#233;nombrer les victimes. On ne sut jamais si 13 ou 14 enfants p&#233;rirent dans cet [nous tenons &#224; ajouter : dramatique] incendie. Le proc&#232;s dura du 2 au 6 janvier 1867. Les 16 accus&#233;s, &#226;g&#233;s de treize &#224; dix-neuf ans, furent condamn&#233;s &#224; des peines diverses, dont quatre d'entre-eux aux travaux forc&#233;s &#224; perp&#233;tuit&#233;. &#187;&lt;br /&gt;
[Dans &lt; &lt;a href=&#034;http://faitsdivers.blog4ever.com/blog/lire-article-287239-1190652-l_ile_du_levant_et_les_bagnes_pour_enfants.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://faitsdivers.blog4ever.com/blog/lire-article-287239-1190652-l_ile_du_levant_et_les_bagnes_pour_enfants.html&lt;/a&gt; &gt; Page consult&#233;e le 15 octobre 2010.]&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1887&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Janvier :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Campestre-et-Luc (30), Colonie p&#233;nitentiaire du LUC.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Les enfants mettent le feu &#224; la partie des b&#226;timents affect&#233;s au logement des colons et l'atelier de fabrication de chaussures. Une trentaine d'enfants profitent de l'incendie pour s'&#233;vader. &#171; Ils pillent deux fermes mais la population de Campestre et des environ organise la chasse &#224; l'enfant avec l'espoir de toucher les 15 francs [franc germinal, pi&#232;ces en argent], prix de la capture des fugitifs, mais les &#233;vad&#233;s se rendent en rejoignant la colonie, privant ainsi les villageois de ce modeste pactole &#187; [Jacques Castan, &lt;i&gt;Le jardin&lt;/i&gt;, La Mirandole, 1992]. Les deux tiers des d&#233;tenus sont alors dirig&#233;s sur Aniane. Soixante restent au Luc.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1892&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Lundi 1er et jeudi 25 ao&#251;t :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Rouen (76), Prison BONNE-NOUVELLE.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Divers actes de mutineries assez s&#233;rieux ont lieu dans le quartier correctionnel de la prison. Deux agressions sont commises en r&#233;union contre des gardiens ; les coupables, d&#233;f&#233;r&#233;s &#224; la justice, sont transf&#233;r&#233;s dans des maisons centrales et au d&#233;p&#244;t des for&#231;ats de Saint-Martin-de-R&#233; (17), suivant la nature des peines inflig&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1894&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Lundi 22 octobre :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#206;les du Salut (97 &#8211; Guyane), Camp (bagne) de L'ILE DE SAINT-JOSEPH.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Le surveillant Mosac, qui avait tu&#233; un for&#231;at anarchiste un mois plus t&#244;t, part le lendemain de Saint-Joseph pour le Maroni. Les anarchistes d&#233;cident de venger leur compagnon avant que le bourreau ne parte libre&#8230;&lt;br /&gt;
&#171; &#8220;A peine Boubou, un contrema&#238;tre n&#232;gre, levait-il la lanterne, pr&#233;c&#233;dant le surveillant de ronde, Cr&#233;tallaz, que la poign&#233;e des plus d&#233;cid&#233;s [des for&#231;ats anarchistes] fon&#231;ait sur celui-ci [le surveillant] comme un &#233;clair, le criblant de coups de couteau.&lt;br /&gt;
Le surveillant Mosac qui se tenait prudemment sur le seuil tira &#224; l'aveuglette un coup de revolver, frappant Garnier [un des for&#231;ats] au front, l'&#233;tendant &#224; terre mort et cherchant ensuite &#224; rejoindre de toutes jambes le contrema&#238;tre Boubou qui, dans le d&#233;sordre, avait r&#233;ussi &#224; s'esquiver et courait rendre compte de l'&#233;v&#233;nement au service int&#233;rieur.&lt;br /&gt;
Cependant, surveillant Mosca, le compagnon Thiervoz s'&#233;tait jet&#233; sur lui avec l'&#233;lan d'un tigre, le d&#233;sarmant, le jetant &#224; terre, lui portant dans les flancs une demi-douzaine de coups de couteau.&lt;br /&gt;
Pendant ce temps, Simon [un autre for&#231;at] arm&#233; du revolver enlev&#233; au surveillant Cr&#233;tallaz allait de chambr&#233;e en chambr&#233;e, cherchant &#224; en forcer les portes et &#224; adjoindre &#224; la poign&#233;e des insurg&#233;s les hommes de bonne volont&#233; qui ne manquaient pas parmi les transport&#233;s et les compagnons qui &#233;taient diss&#233;min&#233;s dans les diverses cases. Dans une rencontre avec le surveillant Dard, Simon fut bless&#233; &#224; la main, mais deux contrema&#238;tres tomb&#232;rent sans plus se relever. &lt;br /&gt;
Au service int&#233;rieur, r&#233;veill&#233; par les cris de Boubou et par l'&#233;cho r&#233;p&#233;t&#233;s de revolver, le commandant Bonafal organisait la r&#233;pression, faisant appel sans retard aux marins qui furent envoy&#233;s, d&#233;barqu&#233;s la nuit m&#234;me, ivres comme des porcs et l&#226;ch&#233;s de tous c&#244;t&#233;s avec la consigne pr&#233;cise de ne pas faire de quartier recommandation du reste inutile et superflue pour cette bande d'abrutis.&#8221;&lt;br /&gt;
Liard-Courtois lui aussi rapporte ce qu'on lui a racont&#233; (il n'arrive au bagne qu'en mai 1895) :&lt;br /&gt;
&#8220;Le 22 au matin, la troupe se divisa en deux pelotons.&lt;br /&gt;
Le premier fut charg&#233; de la garde des cases qu'avaient r&#233;int&#233;gr&#233;es les condamn&#233;s aussit&#244;t que les surveillants avaient quitt&#233; le camp. Les fantassins &#224; qui incomba cette t&#226;che s'en distrayaient en injuriant grossi&#232;rement et en mena&#231;ant de leurs Lebel (fusil) les hommes parqu&#233;s l&#224; sans d&#233;fense.&lt;br /&gt;
Le second peloton se d&#233;ploya dans l'&#238;le, en tiraillant &#224; la recherche des anarchistes qui n'avaient pas regagn&#233; leurs cases.&lt;br /&gt;
Ce fut une v&#233;ritable chasse &#224; l'homme. Tous les replis de terrain furent inspect&#233;s, toutes les cavit&#233;s de la roche visit&#233;es et fouill&#233;es.&lt;br /&gt;
&#8220;Pas de quartier !&#8221; avait ordonn&#233; le chef de camp. Et les malheureux troupiers, chez qui l'ivresse avait d&#233;truit la raison, remplirent &#224; leur honte cet odieux programme. Ils ne s'attard&#232;rent pas &#224; parlementer ou &#224; faire des prisonniers ; le for&#231;at qu'ils rencontraient dehors &#224; leur port&#233;e &#233;tait impitoyablement fusill&#233;.&#8221; &#187;&lt;br /&gt;
[Marianne Enckell, &lt;i&gt;Moi Cl&#233;ment Duval : bagnard et anarchiste&lt;/i&gt;, L'Atelier. 1991]&lt;br /&gt;
Certains s'&#233;croulent aux cris de &#171; Vive la libert&#233; ! Vive l'anarchie ! &#187;. Quand le massacre prend fin on d&#233;nombre au moins douze morts parmi les r&#233;volt&#233;s, qui, tous, finirent dans les ventres des requins lors de c&#233;r&#233;monies dont l'assistance &#233;tait principalement compos&#233;e des gardiens et de leurs familles&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1897&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Mardi 2 novembre :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Aniane (34), Maison centrale de force et de correction d'ANIANE.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
La veille, un jeune pupille tente de se suicider pour mettre fin &#224; ses souffrances, souffrances dues &#224; la s&#233;v&#233;rit&#233; des surveillants &#224; son &#233;gard. Alors qu'il tente de se noyer dans le bassin qui se trouve dans la cour, il est rep&#234;ch&#233; par ses camarades in extremis sous l'&#339;il des gardiens qui au lieu de lui porter secours, rient comme des fous. Devant 400 jeunes d&#233;tenus, un surveillant le tra&#238;ne par la jambe jusqu'&#224; la salle de police et, une fois arriv&#233;, lui donne un &#233;norme coup de pied dans les reins. Face &#224; cela, dix-huit enfants d&#233;cident de s'&#233;vader de la colonie pour aller d&#233;poser une plainte &#224; Montpellier. Ils se font arr&#234;ter, deux jours plus tard, &#224; 8 km de la colonie par les gendarmes lanc&#233;s &#224; leurs trousses, revolver au poing. Ramen&#233;s &#224; la centrale, on leur rase la t&#234;te et ils sont punis au cachot d'une dur&#233;e de 60 &#224; 120 jours. Durant leur s&#233;jour, ils subissent violences, privations et vexations.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1898&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Samedi 24 d&#233;cembre :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Aniane (34), Maison centrale de force et de correction d'ANIANE.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&#171; Les colons repus de coups et d'humiliations se mutinent, br&#251;lant en particulier les ateliers honnis. Les rebelles ne purent &#234;tre r&#233;duits que par l'emploi d'une force publique importante, compl&#233;t&#233;e par l'intervention des pompiers et de leur pompe &#224; incendie : les douches et la cellule en vinrent &#224; peine &#224; bout &#187;. Soixante-douze des rebelles sont envoy&#233;s &#224; la colonie correctionnelle d'Eysses (47) et cinq autres &#224; Belle-Ile (56). &#171; Les r&#233;voltes se succ&#232;dent &#224; Aniane, l'une terrible en 1899, deux autres encore en 1900. Des surveillants qui ne sont pas choisis au hasard, sont rou&#233;s de coups, le directeur, insult&#233; &#187;. [Christian Carlier, &lt;i&gt;La prison aux champs. Les colonies d'enfants d&#233;linquants du nord de la France au XIXe si&#232;cle&lt;/i&gt;, Ed. de l'Atelier &amp; Ed. Ouvri&#232;res, 1994]&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1908&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Ao&#251;t : &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Charvein (97 &#8211; Guyane), Camp (bagne) de CHARVEIN.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&#171; Grave mutinerie. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb49&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dans &#171; Les surveillants militaires des bagnes coloniaux &#187;, &lt; &gt; Page (&#8230;)&#034; id=&#034;nh49&#034;&gt;49&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; [Nous n'avons pas r&#233;ussi &#224; trouver plus d'informations sur le sujet, on peut n&#233;anmoins imaginer le pire sachant le peu que l'on conna&#238;t sur ce camp aux d&#233;tenus class&#233;s &#171; incorrigibles &#187;. Consid&#233;r&#233; comme &#171; le camp des repr&#233;sailles &#187;, brutalit&#233;s et assassinats de la part des gardiens y &#233;taient monnaie courante.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1909&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Lundi 12 avril : &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Gaillon (27), Colonie correctionnelle du GAILLON.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&#171; Vers cinq heures les pupilles de la colonie dans les cours se r&#233;voltent contre leurs surveillants qu'ils frappent avec des briques, des morceaux de bois et de fer arrach&#233;s aux fen&#234;tres de l'&#233;tablissement. A la faveur du d&#233;sordre, quinze s'&#233;chappent en franchissant le mur d'enceinte, peu &#233;lev&#233;. Les autres, au nombre de cent sept, p&#233;n&#232;trent de force dans l'atelier de cordonnerie, s'emparent de trente-cinq tranchets, d'al&#234;nes, de grandes limes servant &#224; la confection des chaussures et bravent le personnel de la colonie. Les gendarmes et une partie du bataillon d'infanterie en garnison &#224; Gaillon sont aussit&#244;t r&#233;quisitionn&#233;s par le directeur de l'&#233;tablissement et les pupilles se font enfermer dans le r&#233;fectoire o&#249; ils passent la nuit. Le directeur de l'&#233;tablissement, apr&#232;s de longs pourparlers avec les mutins, obtient d'eux la promesse que le matin ils abandonneront leurs armes en sortant du r&#233;fectoire. Mais il n'en est rien ; ils sortent en masse dans la cour et ce n'est qu'avec les plus grandes peines que les plus dangereux sont accul&#233;s dans le coin d'une des cours o&#249; ils sont appr&#233;hend&#233;s et d&#233;sarm&#233;s l'un apr&#232;s l'autre. &#187; Ils sont tous mis en cellule avec les menottes et l'ordre est r&#233;tabli. De nombreux gardiens sont bless&#233;s dont quatre assez gri&#232;vement. Parmi les &#233;vad&#233;s, sept sont repris dans la nuit par la gendarmerie. Le directeur du Gaillon n'est pas favorable &#224; un proc&#232;s en cours d'assises : &#171; nos mutins seront heureux de parader &#224; peu pr&#232;s impun&#233;ment [...] outre qu'il [le d&#233;tenu] appellera de nouveau l'attention publique sur des faits qu'il y a int&#233;r&#234;t &#224; laisser tomber dans l'oubli. &#187; [Christian Carlier, &lt;i&gt;La prison aux champs, op. cit.&lt;/i&gt;]&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1928&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;- Cadillac (33), Maison d'&#233;ducation correctionnelle de CADILLAC.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&#171; Les prisonni&#232;res mettent le feu au ch&#226;teau et une grande partie de la d&#233;coration de l'appartement royal est, soit d&#233;truite comme les d&#233;cors peints des plafonds, soit terriblement endommag&#233;e, comme les chemin&#233;es de la salle et de l'appartement du roi au 1er &#233;tage. &#187; [Jacques Castan, &lt;i&gt;Le jardin, op. cit.&lt;/i&gt;]&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1931&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Du Mercredi 10 au lundi 29 juin :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Saint-Laurent-du-Maroni (97 &#8211; Guyane), Camp de rel&#233;gation (bagne) de SAINT-JEAN.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Neuf cents rel&#233;gu&#233;s&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb50&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La loi du 27 mai 1885, dite &#8220;loi sur la rel&#233;gation des r&#233;cidivistes&#8221; ou &#8220;loi (&#8230;)&#034; id=&#034;nh50&#034;&gt;50&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; d&#233;cident de se mettre en gr&#232;ve et remettent une s&#233;rie de revendications au gouverneur de la colonie. Ils demandent notamment que la rel&#233;gation soit un temps&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb51&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Avant de mourir ! Derri&#232;re, le discours fallacieux du peuplement des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh51&#034;&gt;51&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et que l'on modifie le r&#233;gime de cette peine qu'ils consid&#232;rent comme de l'esclavage. Ils exigent &#233;galement &#171; le d&#233;part imm&#233;diat du chef du d&#233;p&#244;t et du chef de centre, la suppression des coups et blessures de la part des surveillants, la suppression des armes aux porte-cl&#233;s et l'interdiction faite &#224; ces auxiliaires de l'Administration P&#233;nitentiaire de monter seuls dans les cases, une nourriture saine et suffisante, une augmentation des salaires, un meilleur habillement ainsi qu'un meilleur couchage.&lt;br /&gt;
Dans un premier temps, le directeur de l'Administration P&#233;nitentiaire se rend sur place et tente d'apaiser les esprits en nommant un nouveau commandant de la rel&#233;gation, M. Limouze. Ce dernier vient s'entretenir avec les gr&#233;vistes et tente de les raisonner, mais les rel&#233;gu&#233;s refusent de mettre un terme &#224; leur gr&#232;ve sans toutefois opposer de signes de violence &#224; l'encontre des repr&#233;sentants de l'Administration P&#233;nitentiaire.&lt;br /&gt;
Le 24 juin au matin, le commandant de la rel&#233;gation et le directeur de l'Administration P&#233;nitentiaire, escort&#233;s par la troupe et par des surveillants arm&#233;s, se rendent &#224; Saint-Jean. D&#232;s qu'ils les aper&#231;oivent, les rel&#233;gu&#233;s sortent de leurs cases et se regroupent autour du rel&#233;gu&#233; Man&#232;ge. Ordre est donn&#233; une derni&#232;re fois d'obtemp&#233;rer. Les rel&#233;gu&#233;s ne cillent pas. Le commandant d&#233;cide alors de les s&#233;parer par groupes de dix afin de les fouiller. Aussit&#244;t, la foule se fait plus dense et forme un cercle afin de prot&#233;ger les meneurs. Le commandant ordonne alors aux tirailleurs s&#233;n&#233;galais de disperser le groupe. Face &#224; l'assaut, les rel&#233;gu&#233;s pris de panique se r&#233;fugient o&#249; ils le peuvent, la plupart dans les champs alentour ou bien dans la prison o&#249; les aiguillent plus ou moins les ba&#239;onnettes et les crosses des tirailleurs. Au final, la situation est r&#233;tablie &#224; la nuit tomb&#233;e et pas un coup de feu n'a &#233;t&#233; tir&#233;. Trente rel&#233;gu&#233;s sont bless&#233;s dont dix n&#233;cessitent une hospitalisation &#224; Saint-Laurent-du-Maroni. Soixante rel&#233;gu&#233;s sont arr&#234;t&#233;s et, apr&#232;s une fouille du camp et la r&#233;int&#233;gration progressive des rel&#233;gu&#233;s dans leurs cases, le travail reprend le 29 juin. &#187; [Jean-Lucien Sanchez&lt;i&gt;, &lt;/i&gt;&#171; Identifier, exclure, r&#233;g&#233;n&#233;rer : la rel&#233;gation des r&#233;cidivistes en Guyane (1885-1938). Une loi &#224; l'&#233;preuve de sa mise en &#339;uvre &#187;, &lt; &lt;a href=&#034;http://www.cmh.ens.fr/hopmembres.php?action=ficheperso&amp;id=112&amp;id_rub&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.cmh.ens.fr/hopmembres.php?action=ficheperso&amp;id=112&amp;id_rub&lt;/a&gt; &gt;. Page consult&#233;e le 15 octobre 2010.]&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1934&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Lundi 27 ao&#251;t :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Belle-&#206;le-en-Mer (56), Maison de redressement de BELLE-&#206;LE-EN-MER.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Apr&#232;s que les moniteurs aient tabass&#233; un pupille, les jeunes d&#233;tenus organisent une v&#233;ritable insurrection, mettent la prison &#224; sac et s'enfuient. Pendant que les p&#234;cheurs se pr&#233;cipitent sur les bateaux pour &#233;viter que les jeunes ne s'&#233;vadent &#224; leur bord, les vacanciers et les habitants enr&#244;l&#233;s par le directeur du p&#233;nitencier, organisent une battue... Une prime de 20 francs (anciens) est offerte &#224; quiconque capture un fugitif. Ils sont tous repris sauf un dont la trace se perdra &#224; jamais. Cette mutinerie a servi de sujet &#224; l'un des po&#232;mes de Jacques Pr&#233;vert : &#171; &lt;i&gt;La chasse &#224; l'enfant&lt;/i&gt; &#187;. Elle d&#233;clenche une importante campagne de presse demandant la fermeture des bagnes d'enfants. Il ne fermera qu'en 1977. Aujourd'hui les b&#226;timents existent toujours, et accueillent &#224; la belle saison&#8230; des colonies de vacances !&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1938&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Samedi 24 d&#233;cembre : &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Aniane (34), Maison d'&#233;ducation surveill&#233;e d'ANIANE.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
R&#233;voltes et tentatives d'&#233;vasion massives marquent l'histoire de cette maison de correction, notamment en 1898 (alors maison centrale de force et de correction), en ao&#251;t 1937 (on parle de r&#233;volte meurtri&#232;re pour qualifier les &#233;v&#233;nements) et de nouveau le no&#235;l de cet ann&#233;e.&lt;br /&gt;
&#171; La colonie d'Aniane, une esp&#232;ce de ch&#226;teau fort, &#233;tait situ&#233;e au milieu du bourg, les habitants pouvaient donc entendre, lors des diverses r&#233;bellions, les cris des mutins. L'imaginaire de ce doux village est ainsi travers&#233; de r&#233;voltes, de flammes et de sang. &#187; [Alexis Violet, &lt;i&gt;La fabrique de la haine&lt;/i&gt;, L'Esprit Frappeur, 2002]&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1939&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;- Mettray (37), Colonie P&#233;nitentiaire de METTRAY.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;.&lt;br /&gt;
Une r&#233;volte &#233;clate. Les jeunes colons mettent le feu aux b&#226;timents et des matons sont tu&#233;s. Soixante-trois sur trois cents sont envoy&#233;s &#224; la centrale d'Eysses (47) pour dix ans.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1941&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;- Saint-Martin-de-R&#233; (17), Centre P&#233;nitentiaire de SAINT-MARTIN-DE-RE.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&#171; Le centre p&#233;nitentiaire fonctionna sous la direction exclusive des autorit&#233;s fran&#231;aises. Il n'y eut aucune ing&#233;rence de l'occupant jusqu'au 13 ao&#251;t 1941, sauf une fois afin de r&#233;primer une mutinerie. &#187; &lt;br /&gt;
[&lt;i&gt;Le Centre p&#233;nitentiaire de Saint-Martin-de-R&#233; &#8211; 1939-1945&lt;/i&gt;, sur &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt; &lt;a href=&#034;http://www.afmd.asso.fr/IMG/doc/LE_CENTRE_PENITENTIAIRE_DE_SAINT_MARTIN_DE_RE.doc&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.afmd.asso.fr/IMG/doc/LE_CENTRE_PENITENTIAIRE_DE_SAINT_MARTIN_DE_RE.doc&lt;/a&gt; &gt;. Page consult&#233;e le 15 octobre 2010.]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Mercredi 31 d&#233;cembre :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Lyon (69), Fort de MONTLUC.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Alors qu'ils sont au poste de distribution de la cantine, deux d&#233;tenus en profitent pour enivrer et ainsi exciter la masse de d&#233;tenus (alors tendue par l'annonce de l'arriv&#233;e des Allemands &#224; Lyon et le risque d'un transfert outre-Rhin) en distribuant des rations sans retenue. Pendant ce temps, un de leurs associ&#233;s plac&#233; au mitard se met &#224; essayer de d&#233;foncer la porte de sa cellule. Une vingtaine de matons ouvrent la porte pour voir ce que fait l'&#233;nergum&#232;ne. Celui-ci se d&#233;bat avec les gardiens et en assomme un avec sa tinette. Alors que les matons commencent &#224; porter la main sur leur arme, un autre d&#233;tenu fait rentrer dans la galerie la foule de prisonniers enivr&#233;s pour aider leur compagnon.&lt;br /&gt;
&#171; Les gardes firent face, sans grande conviction. Hurlant, se bousculant, s'excitant, les mutins d&#233;val&#232;rent dans le couloir et devant eux tout plia &#187; [Maurice Joyeux, &lt;i&gt;Mutinerie &#224; Montluc&lt;/i&gt;, La Rue, 1971]&lt;br /&gt;
Certains matons se font rosser et d&#233;sarmer. Ils sont ensuite plac&#233;s dans les mitards. Dans la prison, c'est la pagaille. Une centaine de mutins d&#233;cident de d&#233;foncer la porte de la d&#233;tention &#224; l'aide d'un &#233;norme tonneau pour pouvoir gagner les d&#233;pendances. Avertie par le bruit, la garde ext&#233;rieure intervient des chemins de ronde du fort, arm&#233;e de mousquetons [fusils] et met en joue les t&#234;tes qui sont &#224; pr&#233;sent visibles &#224; travers le bois d&#233;fonc&#233;. Apr&#232;s un moment de flottement o&#249; les mutins essayent de raisonner les soldats, un groupe de d&#233;tenus les prend &#224; revers apr&#232;s avoir escalad&#233; le mur de s&#233;paration par les cantines et s'&#234;tre arm&#233;s d'objets des plus divers. Les soldats encercl&#233;s sont d&#233;sarm&#233;s. Certains rebelles d&#233;cident d'aller piller la cuisine et de rendre les coups &#224; certains gardiens qui y sont barricad&#233;s. D'autres se font la malle par le portail de la prison grand ouvert ! [Quand le surveillant de garde vit la horde d&#233;bouler du chemin de ronde, la panique le saisit, il ouvrit le portail et se sauva en hurlant]. Par la suite, les prisonniers politiques (communistes), qui &#233;taient contre le mouvement, auraient pr&#234;t&#233; leur concours aux gardiens pour ramener le calme. Tous les d&#233;tenus en cavale se feront reprendre.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1944&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Samedi 19 f&#233;vrier : &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Villeneuve-sur-Lot (47), Maison Centrale d'EYSSES.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Sous l'occupation, cette prison est le lieu de rassemblement le plus important de prisonniers politiques du sud de la France condamn&#233;s par le r&#233;gime de Vichy. Mille deux cents r&#233;sistants de toutes nationalit&#233;s se rendent ma&#238;tres des lieux dans l'espoir de gagner le maquis du Lot-et-Garonne. Apr&#232;s plus de dix heures de lutte, la mutinerie &#233;choue. Le 23 f&#233;vrier, douze mutins sont condamn&#233;s en cour martiale et fusill&#233;s. Les autres sont remis &#224; la division &lt;i&gt;SS Das Reich&lt;/i&gt; et d&#233;port&#233;s trois mois plus tard au camp de concentration de Dachau (Bavi&#232;re &#8211; Allemagne).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Lundi 10 avril 1944 :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Loos (59), Maison Centrale de LOOS-LEZ-LILLE.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&#171; A 0h40, pendant 35 minutes, trois vagues d'avions d&#233;vers&#232;rent 2 200 tonnes de bombes sur les 140 hectares des voies de triage de la gare de Lille-D&#233;livrance. 48 bombes explos&#232;rent &#224; proximit&#233; de Loos, dont 28 sur la prison m&#234;me : &#8220;La grille de fermeture a &#233;t&#233; enti&#232;rement arrach&#233;e et bris&#233;e [&#8230;] Les portes des cellules ont &#233;t&#233; certes endommag&#233;es par le souffle des projectiles mais bris&#233;es dans leurs panneaux sup&#233;rieurs par les d&#233;tenus dans la proportion de 904. [&#8230;] Ces destructions, tant des portes des cellules que de la grille de fermeture &#224; l'extr&#233;mit&#233; de la galerie, ont permis l'&#233;vasion de nombreux d&#233;tenus qui, s'&#233;tant r&#233;pandus, d'abord dans les couloirs, se sont dispers&#233;s ensuite, en franchissant les br&#232;ches ouvertes du mur d'enceinte [&#8230;] Les &#233;vad&#233;s sont au nombre de 225 dont 27 terroristes [r&#233;sistants].&#8221; Sur les 225, 196 avaient r&#233;int&#233;gr&#233; la prison dans le cours de la semaine qui suivit. &#187; [Archives D&#233;partementales du Nord, 93W52152-16. Christian Carlier, &#171; Histoire des prisons de Loos &#8211; Loos pendant la Seconde Guerre mondiale &#187; : &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt; &lt;a href=&#034;http://www.criminocorpus.cnrs.fr/article520.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.criminocorpus.cnrs.fr/article520.html&lt;/a&gt; &gt;. Page consult&#233;e le 15 octobre 2010.]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Vendredi 14 juillet : &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Paris (75), Maison d'Arr&#234;t PARIS LA SANTE.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Les d&#233;tenus politiques qui veulent f&#234;ter la f&#234;te nationale brandissent hors des murs de leur quartier trois banderoles avec des symboles de la R&#233;publique, des drapeaux fran&#231;ais et des croix de Lorraine tout en chantant la Marseillaise.&lt;br /&gt;
La r&#233;volte couve chez les droits communs qui ont appris la nouvelle du d&#233;barquement et la progression des Alli&#233;s. Le soir, les d&#233;tenus du 2&#232;me et 3&#232;me &#233;tage des sections 9 et 12 d&#233;clenchent une mutinerie. Les politiques ne suivent pas, jugeant cela trop aventureux. La mutinerie est r&#233;prim&#233;e par la Milice (six tu&#233;s), et vingt-huit &#171; meneurs &#187; seront ex&#233;cut&#233;s dans le chemin de ronde apr&#232;s condamnation par une cour martiale milicienne le lendemain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Vendredi 1er septembre :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Loos (59), Prison cellulaire de LOOS-LEZ-LILLE.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Le chef d'&#233;tablissement informe le directeur r&#233;gional des &#233;v&#233;nements de la veille qui ont conduit &#224; l'&#233;vasion de deux cents quarante-neuf personnes : &#171; Hier, vendredi 1er septembre 1944, &#224; 21 heures, une r&#233;volte a eu lieu &#224; la prison, section fran&#231;aise, apr&#232;s le d&#233;part des Allemands&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb52&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;[Ce m&#234;me jour, de 05h30 &#224; 17h30, huit cent soixante et onze d&#233;tenus des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh52&#034;&gt;52&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, par les d&#233;tenus de droit commun. Les portes ont &#233;t&#233; d&#233;molies, les tuyaux de plomb des conduites d'eau arrach&#233;s&#8230; Malgr&#233; les avertissements donn&#233;s aux d&#233;tenus par Monsieur le surveillant chef de service et les surveillants de garde de nuit de rester calme et de ne pas cr&#233;er de d&#233;sordre, toute la population p&#233;nale a &#233;t&#233; d&#233;cha&#238;n&#233;e&#8230; Diff&#233;rents objets tombaient sur et autour du personnel et on entendait des cris : &#8220;&#224; mort les gaffes&#8221;. En voyant qu'il n'y avait rien &#224; faire contre cette mutinerie, j'ai retir&#233; tout le personnel, y compris les gendarmes, devant la grille d'entr&#233;e, pour garder la sortie de la prison. Les d&#233;tenus, une fois dans le couloir, ont fait un grand trou dans le mur qu'on a construit provisoirement au fond de la section vers les pr&#233;aux et un grand nombre a pris la fuite. La grande partie s'&#233;vadait par la porte en bois que les Allemands avaient fait dans un mur anciennement allemand et seulement quelques-uns sont partis par la petite br&#232;che qu'on avait laiss&#233;e dans le mur reconstruit pour permettre de sortir les d&#233;bris [la prison fut pas mal endommag&#233;e par les bombardements des Alli&#233;s durant la guerre]. &#187; [Archives D&#233;partementales du Nord, 42 W 39351-8. Christian Carlier, &#171; Histoire des prisons de Loos &#187;,&lt;i&gt; ibid&lt;/i&gt;.]&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1947&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Mercredi 11 juin :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Villeneuve-sur-Lot (47), Maison Centrale d'EYSSES.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
[La prison centrale d'Eysses ainsi que son annexe, le camp de Carr&#232;re (&lt;i&gt;Cf&lt;/i&gt;. jeudi 25 septembre 1947) servent &#224; la d&#233;tention de personnes condamn&#233;es majoritairement pour faits de la collaboration. Plus de deux mille prisonniers sont r&#233;partis entre les deux &#233;tablissements.]&lt;br /&gt;
Apr&#232;s le d&#233;part du directeur mut&#233; dans une autre prison, les d&#233;tenus tiennent t&#234;te aux gardiens, et refusent d'effectuer certains travaux.&lt;br /&gt;
Un cahier de revendications est remis au nouveau directeur et &#233;galement transmis au pr&#233;fet de Lot-et-Garonne. Ils demandent que la ration de pain soit augment&#233;, ils r&#233;clament des aliments plus vari&#233;s qui ne soient pas constamment des choux, des raves et des navets ; l'autorisation de fumer dans les cours, et la permission d'&#233;crire &#224; leurs familles des lettres qui ne portent pas sur l'enveloppe la mention &#171; contr&#244;le de la maison centrale d'Eysses &#187;. Apr&#232;s l'expos&#233; des dol&#233;ances, les intern&#233;s commencent &#224; invectiver leurs gardiens, leur disant que bient&#244;t les r&#244;les seront invers&#233;s.&lt;br /&gt;
Par crainte d'un mouvement s&#233;ditieux, on d&#233;cide alors du transfert des &#171; meneurs &#187;. Les d&#233;tenus s'opposent &#224; leurs d&#233;parts malgr&#233; les injonctions du directeur d&#233;partemental de la police. Puis ils entonnent le &#171; Mar&#233;chal nous voil&#224; ! [&lt;i&gt;sic&lt;/i&gt;] &#187; et &#171; La Marseillaise &#187;. La veille, certains avaient chant&#233; &#171; l'Internationale &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Dimanche 14 septembre :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Mauzac (31), camp de d&#233;tention politique de NOE.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
T&#233;moignage du nouveau pr&#233;fet de Haute-Garonne, Eug&#232;ne Pelletier, publi&#233; dans ses m&#233;moires en 1974 :&lt;br /&gt;
&#171; En 1947, &#233;taient d&#233;tenus au camp de No&#233; ceux qui d&#233;siraient l'&#234;tre et le rester apr&#232;s jugement [&lt;i&gt;sic&lt;/i&gt;]. Ils &#233;taient au nombre de plusieurs centaines [1 300 prisonniers]. Or un certain dimanche d'ao&#251;t [septembre], sous la conduite d'un certain colonel de l'arm&#233;e, une v&#233;ritable mutinerie &#233;clata. Sous les regards de leurs gardiens impuissants, les d&#233;tenus, en formation militaire, forc&#232;rent les barbel&#233;s et se rendirent pour y manifester, tant &#224; l'&#233;glise qu'au monument aux morts. [Les d&#233;tenus ont voulu rendre un honneur public (une messe, puis le chant de la Marseillaise devant le monument) &#224; un de leur camarade, tu&#233; dans la nuit d'une balle dans le c&#339;ur par un gardien, alors qu'il tentait de s'&#233;vader &#8211; il est abattu alors qu'il s'&#233;tait rendu &#8211; : &#8220;En une seconde, toutes les portes des baraques c&#233;d&#232;rent sous la pouss&#233;e des hommes ; le camp fut d&#233;bord&#233;. Les sentinelles (&#8230;) s'enfuirent (&#8230;) La direction fut envahie (&#8230;) Le corps de Labat fut retrouv&#233;. Un immense cort&#232;ge alors se forma (&#8230;) La cohorte silencieuse et disciplin&#233;e fit le tour du camp d'abord puis descendit au pas cadenc&#233; jusqu'au village (avec le corps sur une civi&#232;re et recouvert de fleurs) qui se trouvait &#224; deux kilom&#232;tres (&#8230;)&#8221; &#8211; t&#233;moignage de l'acteur Robert le Vigan.] Les gardiens les suivaient mais furent ramen&#233;s au camp par les mutins eux-m&#234;mes leur tenant les oreilles. Alert&#233;, je me rendis sur place en uniforme avec une compagnie de CRS, requise &#224; temps. A mon arriv&#233;e, les rebelles commen&#231;aient &#224; mettre le feu aux b&#226;timents de bois. Je pus r&#233;unir les responsables et, apr&#232;s une courte harangue, leur faire les sommations. Les CRS rest&#232;rent dans les lieux et tout rentra &#224; peu pr&#232;s dans l'ordre (&#8230;) L'affaire fit un grand bruit. &#187; [Eric Malo, &lt;i&gt;Le camp de No&#233;, 1941-1947&lt;/i&gt;, Cairn, 2009]&lt;br /&gt;
Une cinquantaine de d&#233;tenus profitent de l'occasion pour se faire la malle, quinze seront rattrap&#233;s.&lt;br /&gt;
Le camp est ferm&#233; et tous les d&#233;tenus sont dispers&#233;s dans diverses prisons de France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Jeudi 25 septembre :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Villeneuve-sur-Lot (47), camp de d&#233;tention politique de CARRERE.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
A 22h30, la mutinerie part de deux baraques situ&#233;es pr&#232;s de la porte d'entr&#233;e. Les mutins la font sauter hors de ses gonds en m&#234;me temps qu'ils provoquent un court-circuit en jetant sur le fil &#233;lectrique de l'enceinte un paquet de couvertures ou de v&#234;tements. Le camp se trouve plong&#233; dans l'obscurit&#233; et un groupe de trois cents d&#233;tenus renverse la premi&#232;re cl&#244;ture et fait irruption dans l'enceinte ext&#233;rieure du camp aux cris de : &#171; Libert&#233; ! Libert&#233; ! &#187;. Du haut d'un mirador un garde tire alors deux coups de feu en l'air, alertant ainsi le poste de CRS. Malgr&#233; la vive opposition des gardes et des surveillants, soixante-seize d&#233;tenus r&#233;ussissent &#224; gagner la campagne, les autres sont refoul&#233;s et face aux menaces des gardiens stoppent le mouvement. Un important dispositif de barrage de policier et de gendarmes est mis en place dans toute la r&#233;gion et une douzaine de fugitifs sont repris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[Les deux mutineries dans ces camps d'internement sont suivies d'importantes cons&#233;quences. Les camps vont &#234;tre progressivement ferm&#233;s et Paul Amor, alors premier directeur de l'Administration P&#233;nitentiaire fran&#231;aise, est &#233;vinc&#233;.&lt;br /&gt;
Ce type de structures sert &#224; cette &#233;poque (l'&#233;puration) pour les collaborateurs. Avant ils avaient servis pour d'autres : r&#233;sistants, juifs, r&#233;publicains espagnols, tziganes, etc. &#8211; en fonction de leurs localit&#233;s. Si elles ferment ce n'est pas par humanisme, mais car elles sont consid&#233;r&#233;es par le gouvernement et l'AP, du fait notamment de ces deux &#233;v&#233;nements, trop peu s&#233;curis&#233;es !]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Dimanche 9 novembre :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Caen (14), Maison Centrale de CAEN.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
A 15h50, alors que la surveillance se trouve r&#233;duite du fait du repos dominical, une cinquantaine de d&#233;tenus r&#233;ussissent &#224; franchir le mur d'enceinte et se dirigent par le chemin de ronde vers le porche o&#249; se trouve seulement un surveillant et un garde des CRS. Ces derniers sont vite neutralis&#233;s (l'un des deux a un poignet taillad&#233; par la lame de rasoir d'un d&#233;tenu). Les mutins coupent alors les fils t&#233;l&#233;phoniques, prennent les cl&#233;s, ouvrent la porte donnant sur la route Paris-Cherbourg et s'enfuient dans la campagne voisine. Quelques-uns sont repris aussit&#244;t par&#8230; des promeneurs [!], mais le gros de la troupe se disperse rapidement.&lt;br /&gt;
Toute la nuit gendarmes, policiers et&#8230; civils b&#233;n&#233;voles [!] battent la ville et la campagne pour les retrouver. Au matin, il ne reste que six fuyards &#224; reprendre. &lt;br /&gt;
Ils sont alors plac&#233;s sous la surveillance du personnel p&#233;nitentiaire et d'une cinquantaine de CRS venus &#224; Caen &#224; la demande du pr&#233;fet du Calvados.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[La plupart des rebelles appartiennent au groupe de la centaine d'intern&#233;s des camps de No&#233; et de Carr&#232;re qui avaient &#233;t&#233; amen&#233;s &#224; Caen les derni&#232;res semaines.]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Lundi 15 d&#233;cembre :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Baug&#233; (49), Prison de BAUGE.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Ce jour-l&#224;, il n'y a que quelques gardiens pour assurer la surveillance de quatre-vingt quatorze condamn&#233;s qui viennent d'&#234;tre transf&#233;r&#233;s. Ces jeunes gens se trouvaient pr&#233;c&#233;demment au camp de redressement de Struthof (ancien camp de concentration Nazi) pr&#232;s de Strasbourg (67) : jug&#233;s plus &#171; difficiles &#187; que leurs camarades, leur &#233;loignement avait paru s'imposer aux autorit&#233;s du camp.&lt;br /&gt;
Une heure apr&#232;s la visite du directeur r&#233;gional de l'AP, les d&#233;tenus r&#233;ussissent &#224; ligoter trois surveillants et &#224; gagner la campagne. Avant que ne soient coup&#233;s les fils t&#233;l&#233;phoniques, un gardien peut cependant alerter la brigade de gendarmerie de Baug&#233;. Un adjoint arriv&#233; aussit&#244;t, tint en respect, sous la menace de son revolver, les prisonniers qui n'ont pas encore pris la fuite. Quelques instants plus tard, toutes les brigades de police et de gendarmerie sont alert&#233;es et des renforts de CRS appel&#233;s de Rennes (35), Tours (37) et Nantes (44) mettent en place un v&#233;ritable dispositif militaire encerclant ainsi la r&#233;gion de Baug&#233;. Le lendemain soir, trente-cinq des trente-neuf &#233;vad&#233;s sont repris.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1948&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Dimanche 10 octobre :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Epinal (88), P&#233;nitencier de la VIERGE.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
A l'issue de l'office religieux, cent cinquante prisonniers (sur les mille cent condamn&#233;s pour fait de collaboration), profitant du d&#233;part du pasteur, tentent de forcer un barrage de gardiens. Une bagarre s'ensuit &#224; la faveur de laquelle huit d&#233;tenus parviennent &#224; s'&#233;chapper. L'arriv&#233;e des renforts ram&#232;ne l'ordre. Sept des fuyards sont rattrap&#233;s dans la journ&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1949&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Mercredi 26 janvier :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; B&#233;thune (62), Maison d'Arr&#234;t de BETHUNE.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Le matin, des incidents se produisent lors de la visite des familles &#224; la prison o&#249; sont d&#233;tenues pour fait de gr&#232;ve environ cent cinquante personnes. Il semble qu'il faut en chercher l'origine dans la stricte application de l'interdiction de recevoir des colis contenant du vin ou de l'alcool. Cette d&#233;cision a &#233;t&#233; prise parce que deux d&#233;tenus s'&#233;taient enivr&#233;s une semaine avant au parloir. Les prisonniers expriment &#224; haute voix leur m&#233;contentement. Dans presque toutes les cellules des cris et des appels &#224; la r&#233;volte sont pouss&#233;s. Des judas sont bris&#233;s et des barreaux des cellules &#233;branl&#233;s. L'alerte est aussit&#244;t donn&#233;e et un d&#233;tachement de CRS et de gardien de la paix arrive &#224; la MA et ram&#232;ne rapidement le calme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Mercredi 16 mars :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Aix en Provence (13), Maison d'Arr&#234;t d'AIX-LUYNES.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Le matin, un prisonnier, apr&#232;s avoir assomm&#233; et b&#226;illonn&#233; solidement un gardien, s'empare de son trousseau de cl&#233;s et ouvre les portes des cellules. De nombreux prisonniers se r&#233;pandent alors dans la prison qui est bient&#244;t en &#233;tat d'effervescence. Cependant, le gardien du 1er &#233;tage r&#233;ussit &#224; donner l'alarme en tirant deux coups de semonce. Les mutins, intimid&#233;s, regagnent leurs cellules. La police et la gendarmerie interviennent en m&#234;me temps et r&#233;tablissent le calme. Sept prisonniers qui auraient tent&#233; de s'&#233;vader sont mis au fer.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1950&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Vendredi 13 janvier : &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Villeneuve-sur-Lot (47), Maison Centrale d'EYSSES.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Sur les huit cents d&#233;tenus politiques qui purgent leurs peines dans cette maison centrale, trois cent vingt font une gr&#232;ve de la faim. Cette manifestation est d&#233;cid&#233;e en signe de protestation contre les dispositions trop restrictives du projet d'amnistie pr&#233;sent&#233; par le gouvernement.&lt;br /&gt;
Trois jours plus tard, le mouvement prend fin, apr&#232;s que l'AP a transf&#233;r&#233; une trentaine de &#171; meneurs &#187; sur un autre &#233;tablissement p&#233;nitentiaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Dimanche 26 novembre :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Fresnes (94), Maison d'Arr&#234;t de FRESNES.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Pour protester contre l'interdiction qui leur est signifi&#233;e de circuler librement dans leurs divisions respectives, des prisonniers politiques se livrent &#224; diverses manifestations, descellant notamment les gonds de leurs cellules et exprimant leur volont&#233; de faire la gr&#232;ve de la faim. En r&#233;action, le samedi suivant, cent trente d&#233;tenus (dont quarante-sept Allemands) sont transf&#233;r&#233;s &#224; la prison de la Sant&#233; (75).&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1957&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Mardi 16 juillet :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Paris (75), Maison d'Arr&#234;t PARIS LA SANTE.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Mutinerie des d&#233;tenus, dont des Alg&#233;riens du FLN [Front de Lib&#233;ration Nationale], &#224; l'occasion d'un mouvement des gardiens. M&#233;contents de ne pas recevoir leurs repas, ils organisent un chahut et brisent quelques cellules. Huit escadrons de gardes r&#233;publicains et de gardes mobiles sont envoy&#233;s pour mater les rebelles, dont certains lancent des briques depuis les toits. Le directeur venu parlementer s'en prend une sur le coin de la tronche. Il s'agit de la premi&#232;re grande mutinerie depuis la lib&#233;ration de Paris.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1958&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Mardi 15 avril :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Lyon (69), Maison d'Arr&#234;t de SAINT-PAUL.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&#171; 18 heures venait de sonner lorsque les portes de cellules occup&#233;es par les d&#233;tenus nord-africains [Alg&#233;riens] commenc&#232;rent &#224; vibrer sous les coups. Les sept surveillants, surpris, pouss&#232;rent h&#226;tivement les verrous : une r&#233;volte &#233;clatait. Les portes c&#233;daient et cinq cent quatre-vingts prisonniers d&#233;ferlaient dans les couloirs.&lt;br /&gt;
D&#233;bord&#233;s, les gardiens se repli&#232;rent vers le rond-point o&#249; convergent les trav&#233;es Accul&#233;s &#224; la derni&#232;re grille, ils r&#233;ussirent toutefois &#224; donner l'alerte. Les huit gendarmes de garde &#224; la caserne Suchet, proche de la prison, arm&#233;s de leurs mousquetons, accoururent &#224; l'aide des surveillants et firent face &#224; la meute hurlante et forcen&#233;e qui brisait tout et tentait de gagner la sortie. Les Nord-Africains &#233;taient munis d'armes de fortune faites de pieds de chaise ou de table, de lames ac&#233;r&#233;es arrach&#233;es &#224; leurs sommiers.&lt;br /&gt;
Apr&#232;s les sommations d'usage, les gendarmes tir&#232;rent plusieurs coups de feu en l'air, puis d&#233;gag&#232;rent les abords de la porte &#224; coup de crosse de mousqueton. Cependant les surveillants lan&#231;aient dans l'enceinte des grenades lacrymog&#232;nes. Les mutins recul&#232;rent et regagn&#232;rent les couloirs. A ce moment des renforts de police, cent quatre-vingts hommes environ : CRS, gendarmes mobiles et inspecteurs arrivaient. Des d&#233;tachements de gendarmes cernaient le quartier de Perrache.&lt;br /&gt;
Une v&#233;ritable bataille s'engagea &#224; l'int&#233;rieur de la prison. Elle ne dura pas moins d'une heure et quart. A 19h30 le calme &#233;tait r&#233;tabli, mais les forces de l'ordre avaient d&#251; r&#233;cup&#233;rer les locaux cellule apr&#232;s cellule. Le dernier flot de r&#233;sistance &#233;tait situ&#233; &#224; l'extr&#233;mit&#233; de la prison. Une demi-douzaine de membres du FLN y tinrent encore plus d'une demi-heure dans une cellule o&#249; ils s'&#233;taient retranch&#233;s. &#187; [&lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;, 17 avril 1958]&lt;br /&gt;
Les locaux sont d&#233;vast&#233;s suite &#224; la mutinerie. On compte dix bless&#233;s (sans gravit&#233;) chez les forces de r&#233;pression et cent huit dont quatre gri&#232;vement chez les rebelles. La vingtaine de condamn&#233;s m&#233;tropolitains de la prison n'a pas pris part &#224; la r&#233;bellion. Dans la prison voisine, Saint-Joseph, se trouve une soixantaine d'alg&#233;riens du MNA [Mouvement National Alg&#233;rien] qui, eux, n'ont pas boug&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Lundi 27 octobre :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Paris (75), Maison d'Arr&#234;t PARIS LA SANTE.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Parce qu'ils sont consid&#233;r&#233;s comme des droits communs et non des prisonniers politiques, et qu'ils sont &#224; l'isolement, des d&#233;tenus alg&#233;riens entament une gr&#232;ve de la faim qui durera deux semaines. Une fois la sant&#233; retrouv&#233;e, ils seront transf&#233;r&#233;s &#224; Fresnes (94).&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1959&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Jeudi 29 janvier : &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Grenoble (38), Maison d'Arr&#234;t SAINT-JOSEPH.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Une soixantaine de d&#233;tenus alg&#233;riens se soul&#232;vent pour protester contre la mise en cellule d'un des leurs. La Direction appelle des renforts de police pour un retour au calme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Jeudi 18 juin : &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Fresnes (94), Maison d'Arr&#234;t de FRESNES.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
D&#233;but d'une gr&#232;ve de la faim entam&#233;e par des d&#233;tenus alg&#233;riens (un d&#233;tenu sur trois est &#224; cette &#233;poque nord-africain) en vue d'obtenir le statut de prisonnier politique.&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt; &lt;i&gt;- Paris (75), Maison d'Arr&#234;t PARIS LA SANTE.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;BR /&gt;
La gr&#232;ve de la faim est &#233;galement pratiqu&#233;e dans cet &#233;tablissement pour les m&#234;mes motifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&lt;strong&gt; &lt;i&gt;En juillet :&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt; le mouvement culmine s'&#233;tendant &#224; vingt prisons dans lesquelles sont incarc&#233;r&#233;es des personnes d&#233;tenues pour des faits en relation avec la guerre d'Alg&#233;rie ; celles-ci se verront accorder un r&#233;gime de d&#233;tention particulier &#8211; d&#233;tenus de cat&#233;gorie A : un prisonnier sur cinq en 1960.]&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1961&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Jeudi 2 novembre :&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Nouvelle gr&#232;ve de la faim de quinze mille prisonniers alg&#233;riens de dix-huit jours suite &#224; la d&#233;t&#233;rioration du r&#233;gime sp&#233;cial qu'ils avaient obtenu et pour appuyer la n&#233;gociation alg&#233;rienne alors que commencent les tractations des accords d'Evian.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1962&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Vendredi 20 avril : &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Paris (75), Maison d'Arr&#234;t PARIS LA SANTE.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&#171; En fin de journ&#233;e, la quartier haut est en &#233;bullition. Une rumeur circule : &#8220;Salan a &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;&#8221;, &#8220;Il vient d'arriver &#224; la Sant&#233;&#8221;. La nouvelle est exacte. Le commandant en chef de l'OAS&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb53&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Organisation Arm&#233;e Secr&#232;te - organisation politico-militaire clandestine (&#8230;)&#034; id=&#034;nh53&#034;&gt;53&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; a &#233;t&#233; localis&#233; et arr&#234;t&#233; le matin m&#234;me, rue Desfontaines &#224; Alger, sur trahison d'un certain Lavanceau qui avait r&#233;ussi &#224; avoir le contact avec lui sous couvert de n&#233;gociations avec le MNA de Messsali Hadj. L'Organisation aux abois cherchait des alli&#233;s. Cette recherche a &#233;t&#233; fatale au chef de l'OAS bient&#244;t dirig&#233; sur Paris par avion sp&#233;cial.&lt;br /&gt;
Son arriv&#233;e ne passe pas inaper&#231;ue. D&#232;s 19 heures, des renforts de gardes mobiles p&#233;n&#232;trent &#224; l'int&#233;rieur de la prison. A l'ext&#233;rieur, la rue de la Sant&#233; est rigoureusement interdite. Des fen&#234;tres des cellules, des cris commencent &#224; fuser : &#8220;Alg&#233;rie fran&#231;aise&#8221;, &#8220;Lib&#233;rez Jouhaud&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb54&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;G&#233;n&#233;ral d'arm&#233;e a&#233;rienne en 1958, il est chef d'&#233;tat-major de l'arm&#233;e de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh54&#034;&gt;54&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&#8221;, &#8220;Salan au pouvoir&#8221;. [&#8230;] Un peu apr&#232;s l'arriv&#233;e de Salan, des manifestants des deux bords se heurtent sur la boulevard Arago. Des coups sont &#233;chang&#233;s avant que les gardiens de la paix ne d&#233;gagent la chauss&#233;e et ses abords. Au quartier haut, la pr&#233;sence proche du grand patron, inculp&#233; d'attentat et complot contre l'autorit&#233; de l'Etat, d&#233;clenche un tohu-bohu g&#233;n&#233;ral. Mais les portes des cellules sont &#224; l'&#233;preuve des coups les plus rudes. Quelques-uns essaient de les enflammer. Ceux qui r&#233;ussissent &#224; sortir (huit cents, annoncera le rapport de l'Administration P&#233;nitentiaire, mais ce chiffre para&#238;t &#233;lev&#233;, il serait &#224; diviser au moins de moiti&#233;) se heurtent vite au mur implacable des gardes mobiles. &#187; [Pierre Montagnon, &lt;i&gt;42 rue de la Sant&#233;, Une prison politique, 1867-1968&lt;/i&gt;, Pygmalion Editions, 1996]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les prisonniers du quartier haut &#8220;politiques&#8221; et &#8220;droits communs&#8221; m&#234;l&#233;s ont enfonc&#233; les portes de leur cellule, se sont &#233;gaill&#233;s dans les couloirs. Apr&#232;s avoir accueilli gendarmes et CRS avec des projectiles divers, ils ont allum&#233; un incendie dans la 3e division en mettant le feu &#224; des paillasses. Huit voitures de pompiers munies de grandes &#233;chelles arrivent sur les lieux, mettent des lances en batterie.&lt;br /&gt;
Le sinistre ne sera circonscrit qu'&#224; 1 heure du matin. Les bagarres ont fait une quinzaine de bless&#233;s parmi les d&#233;tenus et cinq du c&#244;t&#233; des forces de police, qui ont r&#233;tabli l'ordre. &#187; [&lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;, 22-23 avril 1962]&lt;br /&gt;
Le transfert d'une centaine de d&#233;tenus vers une autre prison est envisag&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1965&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Vendredi 8 janvier :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Loos (59), Maison Centrale de LOOS-LEZ-LILLE.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Gr&#232;ve de la faim de trois cents d&#233;tenus pour protester contre la nouvelle circulaire minist&#233;rielle qui interdit aux d&#233;tenus la d&#233;tention de plaquette d'alcool solidifi&#233;e pour les r&#233;chauds dont ils disposent dans leurs cellules. Cette d&#233;cision les oblige &#224; acheter des plats cuisin&#233;s &#224; la cantine de la prison ou &#224; se contenter de l'ordinaire.&lt;br /&gt;
Alors que les prisonniers poursuivent leur gr&#232;ve de la faim, deux jours plus tard, la fouille des cellules provoque un incident, durant celle-ci en effet, un jeune d&#233;tenu porte deux coups de couteau &#224; un gardien.&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt; &lt;i&gt;- N&#238;mes (30), Maison Centrale de NIMES.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Des d&#233;tenus rel&#233;gu&#233;s [les r&#233;cidivistes qui &#233;taient alors jadis envoy&#233;s au bagne d'outre-mer] se soul&#232;vent contre le r&#233;gime qui leur est appliqu&#233; en centrale car ils n'ont rien &#224; faire dans ce type d'&#233;tablissement. Les &#171; meneurs &#187;, entre 9 &#224; 10, sont mis au quartier cellulaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Vendredi 30 juillet :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; N&#238;mes (30), Maison Centrale de NIMES.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
D&#233;but de la gr&#232;ve de la faim de cent neuf d&#233;tenus pour protester contre une fouille particuli&#232;rement violente qui s'est produite quatre jours plus t&#244;t. Ces &#233;v&#233;nements furent &#224; l'&#233;poque qualifi&#233;s de &#171; Semaine sanglante &#187; de la centrale de N&#238;mes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb55&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Suite au harc&#232;lement du directeur de la centrale qui aurait re&#231;u des lettres (&#8230;)&#034; id=&#034;nh55&#034;&gt;55&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;br /&gt;
&#171; Les gr&#233;vistes furent enferm&#233;s d&#232;s le d&#233;but dans leurs cages &#224; poules avec un cruchon de 1 litre &#189; d'eau par jour, sans aucune possibilit&#233; de se laver.&lt;br /&gt;
Le samedi 7 ao&#251;t, 18 cages &#233;taient occup&#233;es, 11 autres gr&#233;vistes avaient &#233;t&#233; transport&#233;s &#224; l'infirmerie et il y en avait deux autres au quartier cellulaire.&lt;br /&gt;
Dans ce quartier, plein &#224; craquer, &#224; raison de trois d&#233;tenus par cellule, r&#233;gnait une puanteur indescriptible [Il n'y a qu'une tinette et pas d'eau courante dans les cellules]. C., dont la t&#234;te avait &#233;t&#233; matraqu&#233;e dans les conditions &#233;crites plus haut [il avait le visage tr&#232;s tum&#233;fi&#233;], ne commen&#231;a la gr&#232;ve de la faim que le 4 au matin seulement. Toutefois, il se trouvait 3 jours apr&#232;s dans un tel &#233;tat de faiblesse qu'il dut &#234;tre transport&#233; en brancard &#224; l'infirmerie. Je pense qu'il &#233;tait atteint en fait d'une commotion c&#233;r&#233;brale secondaire aux coups dont il avait &#233;t&#233; victime.&lt;br /&gt;
Un d&#233;tenu de nationalit&#233; belge C.C. dut &#233;galement &#234;tre admis &#224; l'infirmerie apr&#232;s avoir &#233;t&#233; sauvagement matraqu&#233; le samedi par les surveillants qui avaient accompagn&#233; l'inspecteur, avant que ces derniers ne quittent la centrale. [Certains d&#233;tenus gr&#233;vistes auraient &#233;t&#233; plac&#233;s dans une cour, surveill&#233;s par une brigade, arme &#224; feu en joue].&lt;br /&gt;
Pendant cette m&#234;me p&#233;riode, trois hommes, trois rel&#233;gu&#233;s tent&#232;rent de se suicider : C. se pendit au quartier cellulaire, D. au dortoir, et D. ing&#233;ra du verre pil&#233; au quartier cellulaire.&lt;br /&gt;
Heureusement ces tentatives avort&#232;rent-elles, car trois suicides r&#233;ussis auraient peut-&#234;tre tout de m&#234;me provoqu&#233; un certain scandale. [&lt;i&gt;sic&lt;/i&gt;] &#187; [Docteur Georges Salan, &lt;i&gt;op. cit.&lt;/i&gt;]&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1967&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Mardi 1er ao&#251;t :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Paris (75), Maison d'Arr&#234;t PARIS LA SANTE.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&#171; C'est en effet dans la partie la plus encombr&#233;e et la plus d&#233;sh&#233;rit&#233;e de la maison d'arr&#234;t, appel&#233;e le &#8220;quartier haut&#8221;, qu'a pris naissance, mardi, un mouvement collectif qui devait s'amplifier au cours de la nuit de mardi &#224; mercredi et qui a consist&#233; en un &#8220;chahut&#8221; comme il s'en produit parfois dans les prisons.&lt;br /&gt;
La cause en &#233;tait la vague de chaleur, qui a fait r&#233;gner dans les cellules des temp&#233;ratures d'autant plus difficilement supportables au &#8220;quartier haut&#8221; que les cellules y sont occup&#233;es parfois chacune par six ou sept d&#233;tenus. En effet, si la prison de la Sant&#233; compte actuellement un effectif de 3 120 prisonniers, le seul &#8220;quartier haut&#8221; o&#249; sont affect&#233;s les Nord-Africains et les autres &#233;trangers, en rassemblait environ 2 700 r&#233;parties en 572 cellules. Chacune de ces cellules est a&#233;r&#233;e par une fen&#234;tre haute et n'a pour toute installation sanitaire qu'un water-closet sans si&#232;ge dont la cuvette doit faire office &#233;galement d'&#233;vier pour la vaisselle et de lavabo pour la toilette.&lt;br /&gt;
En raison de la chaleur, quelques plaintes furent d'abord formul&#233;es aupr&#232;s des surveillants et de la direction. Puis la protestation s'amplifia et se traduisit par une gr&#232;ve de la faim. Enfin, ce fut mardi soir le grand tapage : coups dans les portes, cris et chants aux fen&#234;tres, d&#233;pr&#233;dations diverses &#224; coups de tabourets, projections dans les cours des paillasses et de couvertures, etc. Des forces de police ont d&#251; intervenir [durement] pour pr&#234;ter main forte aux surveillants. Devant cette situation, qui n&#233;cessita le d&#233;placement sur les lieux de M. Raymond Morice, directeur de l'Administration P&#233;nitentiaire, un certain nombre de mesures ont &#233;t&#233; prises pour d&#233;gager les cellules les plus encombr&#233;es. Trois cents d&#233;tenus ont &#233;t&#233; ou vont &#234;tre transf&#233;r&#233;s dans d'autres prisons d&#233;pendant de la direction g&#233;n&#233;rale de Paris. Une partie de ceux-ci ont &#233;t&#233; dirig&#233;s sur la maison d'arr&#234;t de Fontainebleau, d'autres sur Fresnes, o&#249; des cellules se trouvent disponibles dans les locaux du Centre national d'orientation. A l'int&#233;rieur m&#234;me de la Sant&#233;, une nouvelle r&#233;partition des prisonniers est en cours.&lt;br /&gt;
Dans ces conditions, le calme semble &#234;tre revenu, et les visites, y compris celles des avocats, qui avaient &#233;t&#233; suspendues, pourraient reprendre d&#232;s jeudi. [&#8230;] &#187; [&lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;, 4 ao&#251;t 1967]&lt;br /&gt;
Quelques jours plus tard, l'AP affirme &#224; demi-mot dans un communiqu&#233; que les d&#233;tenus se sont fait d&#233;rouiller : &#171; Un certain nombre de bless&#233;s ont &#233;t&#233; pans&#233;s &#224; l'infirmerie de Fresnes. Deux bless&#233;s ont &#233;t&#233; gard&#233;s. L'un sortira incessamment. &#187;&lt;br /&gt;
Des hebdomadaires de l'&#233;poque (notamment &lt;i&gt;Paris-Match &lt;/i&gt;et&lt;i&gt; Minute&lt;/i&gt;) font &#233;tat de la mort de trois prisonniers au cours des violents incidents survenus au d&#233;but du mois d'ao&#251;t, mais l'AP d&#233;ment : &#171; Dans un article de son num&#233;ro du 7 septembre, intitul&#233; &#8220;O&#249; sont les morts de la Sant&#233; ?&#8221;, l'hebdo. &lt;i&gt;Minute&lt;/i&gt; demande ce que sont devenus trois d&#233;tenus : Roger Duquesnois, Jo&#235;l Larigot et Jacques Montfort, qui auraient &#233;t&#233; mortellement bless&#233;s le 2 ao&#251;t dernier.&lt;br /&gt;
Interrog&#233; &#224; ce sujet, le Minist&#232;re de la Justice d&#233;clare que les v&#233;rifications imm&#233;diates faites &#224; la MA de la Sant&#233; et &#224; la prison de Fresnes ont permis d'&#233;tablir que depuis 1963, aucun d&#233;tenu portant les noms cit&#233;s par l'hebdo n'a &#233;t&#233; &#233;crou&#233; &#224; la Sant&#233; et que les num&#233;ros d'&#233;crou cit&#233;s par &lt;i&gt;Minute&lt;/i&gt; correspondent &#224; trois autres d&#233;tenus qui ont &#233;t&#233; lib&#233;r&#233;s dans le courant de l'ann&#233;e 1966. Le Minist&#232;re de la Justice avait d'ailleurs pr&#233;cis&#233; au lendemain des incidents qui avaient &#233;clat&#233; au d&#233;but du mois d'ao&#251;t &#224; la prison de la Sant&#233; [voir &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; du 4 ao&#251;t] qu'il n'y avait eu aucune victime. &#187; Ce qui laisse ainsi planer le doute sur la v&#233;racit&#233; de ces informations ! [&lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;, 9 septembre 1967]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Vendredi 17 novembre :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Saint-Martin-de-R&#233; (17), Maison Centrale de SAINT-MARTIN-DE-RE.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour protester contre les mesures prises au p&#233;nitencier, suite &#224; l'&#233;vasion de l'activiste Claude Tenne&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb56&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pied noir et l&#233;gionnaire, il participa au putsch des g&#233;n&#233;raux d'Alger, d'o&#249; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh56&#034;&gt;56&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, et dans l'attente de la discussion sur le projet de loi d'amnistie de l'assembl&#233;e nationale le 28 novembre, une quinzaine de d&#233;tenus politiques sur quarante-six en tout sont en gr&#232;ve de la faim jusqu'&#224; cette date.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1968&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Lundi 8 avril :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; N&#238;mes (30), Maison Centrale de NIMES.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Le matin, les huit cents prisonniers incarc&#233;r&#233;s dans l'ancien fort de Vauban refusent de se rendre aux ateliers pour protester contre une mesure disciplinaire prise &#224; l'encontre de l'un d'eux. Pour &#233;viter les incidents, la direction demande la protection de gardiens de la paix et de CRS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Mai :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Sainte-Genevi&#232;ve-des-Bois (91), Maison d'Arr&#234;t de FLEURY-MEROGIS.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
A cause de la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale qui secoue le pays, il y a un manque de tabac et de pain en prison. Les d&#233;tenus n'ont droit qu'au tabac brun et non blond. Or il ya une p&#233;nurie de tabac brun, ce qui fait qu'ils n'ont plus rien. Dans la cour de promenade, une centaine de d&#233;tenus d&#233;cident de ne pas remonter et se regroupent sur le terrain de sport afin de protester contre ces restrictions. Les matons pr&#233;sents sont pris &#224; partie par le groupe. Leurs casquettes volent et ils se prennent des coups de pieds au cul. Les d&#233;tenus ne cherchent pas &#224; les frapper mais &#224; les avilir pour inverser les r&#244;les. Les d&#233;tenus scandent &#171; du pain, du tabac &#187;. Pour ramener l'ordre, un gardien leur promet qu'il fera tout ce qu'il peut pour leur trouver du tabac. Le soir tout le monde a des blondes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Lundi 16 septembre :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Brive-la-Gaillarde (19), Maison d'Arr&#234;t de BRIVE.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Vers 23h30 quarante-cinq d&#233;tenus, apr&#232;s s'&#234;tre arm&#233;s de barres de fer arrach&#233;es &#224; leur lit, forcent les portes de leurs cellules et font irruption dans les couloirs. Ils sont arr&#234;t&#233;s par les grilles, derri&#232;res lesquelles se sont r&#233;fugi&#233;s les gardiens. Des renforts de police et de gendarmerie sont alors envoy&#233;s. Apr&#232;s plusieurs heures de n&#233;gociations, les d&#233;tenus retournent dans leurs cellules.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1970&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Mars ou avril :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Bayel (10), Maison Centrale de CLAIRVAUX.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
La d&#233;tention d&#233;cide de faire une gr&#232;ve de la faim illimit&#233;e pour des am&#233;liorations de leurs conditions de d&#233;tention (meilleure nourriture, permission de recevoir des livres d'&#233;tude, des colis de linge de corps, l'augmentation des mandats, &#8230;). Apr&#232;s quatre jours de gr&#232;ve, leurs revendications sont satisfaites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Dimanche 15 mai :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Bayel (10), Maison Centrale de CLAIRVAUX.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Dans la nuit, six d&#233;tenus tentent de s'&#233;vader par les &#233;gouts. A l'int&#233;rieur de la d&#233;tention, tout le personnel de nuit commence les recherches par plusieurs contre-appels successifs dans toutes les cellules. Apr&#232;s avoir entendu un bruit sourd qui se r&#233;p&#232;te (les &#233;vad&#233;s, avec une barre &#224; mine, tentent de desceller une grille de protection qui leur bloque la sortie), un gardien comprend qu'ils sont dans les &#233;gouts. Ils d&#233;cident alors d'ouvrir les vannes afin d'obliger les d&#233;tenus &#224; ressortir s'ils ne veulent pas mourir noy&#233;s &#171; comme des rats &#187;, selon l'expression tenue par plusieurs surveillants. A la sortie, une haie d'honneur compos&#233;e de plus de trente matons arm&#233;s de fusils, de matraques, de b&#226;tons les attend. Et les coups pleuvent ! Ils subissent quelques violences, mais c'est surtout au bureau central des surveillants o&#249; ils sont aussit&#244;t conduits qu'ils sont violemment frapp&#233;s &#224; coups de poing, de matraques et de crosses. Ils sont alors encha&#238;n&#233;s et doivent subir ce matraquage sans pouvoir y opposer la moindre r&#233;sistance. M&#234;me le directeur y participe, &#224; tel point qu'apr&#232;s il doit se laver les mains pleines de sang dans un lavabo du poste de garde.&lt;br /&gt;
&#171; Nous dans la d&#233;tention, des fen&#234;tres de nos cellules, nous les voyons passer et assistons au massacre ! Tout le monde gueule des insultes, des menaces aux bourreaux ! Des coups de pied, de tabouret, sont donn&#233;s dans les portes. &#199;a fait un bruit effroyable ! Il est 2 heures du matin et il s'en est fallu d'un cheveu pour que ce soit la r&#233;volte. Si une seule porte avait saut&#233;, c'&#233;tait fini, toutes les autres sautaient ensuite. &#187; [T&#233;moignage d'un d&#233;tenu au GIP, Jean-Marie Domenach, &#171; En finir avec les prisons &#187;, &lt;i&gt;Esprit&lt;/i&gt; n&#176;415, juillet-ao&#251;t 1972]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Mardi 1er septembre : &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Prisons de LA SANTE (75), LA PETITE ROQUETTE (75), FRESNES (94), RENNES (35), SAINT-NAZAIRE (44) et ROUEN (76).&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Gr&#232;ve de la faim de trente-sept membres incarc&#233;r&#233;s de l'ex-Gauche prol&#233;tarienne [organisation mao&#239;ste dissoute par Raymond Marcelin, alors ministre de l'Int&#233;rieur] pour obtenir le statut de prisonniers politiques. Ils arr&#234;tent leur mouvement au bout de vingt-cinq jours mais seuls quelques d&#233;tenus passibles de la Cour de S&#251;ret&#233; de l'Etat b&#233;n&#233;ficient d'un r&#233;gime sp&#233;cifique.&lt;br /&gt;
[Les renseignements g&#233;n&#233;raux comptabilisent &#224; cette &#233;poque soixante et onze gr&#232;ves de la faim, m&#234;lant motifs politiques (les militants du Front de Lib&#233;ration de la Bretagne [FLB], par exemple, ou les objecteurs de conscience) et individuels, men&#233;es par quatre cent quatre-vingt-six personnes].&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1971&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Jeudi 14 janvier : &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Prisons de LA SANTE (75), FRESNES (94), d'EPINAL (88), MONTBELIARD (25), TOULOUSE (31), NANTES (44), BORDEAUX (33), MARSEILLE (13), METZ (57).&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Vingt-et-un militants emprisonn&#233;s de l'ex-Gauche Prol&#233;tarienne (parfois les m&#234;mes qu'en septembre 1970) et de Vive la R&#233;volution (autre groupe mao&#239;ste) entament de nouveau une gr&#232;ve de la faim pour le m&#234;me motif (quatre &#224; Toulouse depuis le 5 janvier). Certains prisonniers suspendront leurs gr&#232;ves de la faim au bout de trente-quatre jours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;F&#233;vrier : &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Sainte-Genevi&#232;ve-des-Bois (91), Maison d'Arr&#234;t de FLEURY-MEROGIS.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Gr&#232;ve de la faim contre la longueur de la d&#233;tention pr&#233;ventive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Samedi 1er mai :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Sainte-Genevi&#232;ve-des-Bois (91), Maison d'Arr&#234;t de FLEURY-MEROGIS.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Les d&#233;tenus refusent de remonter de promenade au D3 (Division 3). Ils s'affrontent avec les surveillants et les CRS venus en renfort. Les rebelles seront condamn&#233;s &#224; des peines allant de deux mois avec sursis &#224; six mois ferme, sous l'inculpation de &#171; d&#233;gradation de monument public &#187;.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb57&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. T&#233;moignage de la mutinerie dans la brochure Y a du baston dans la taule, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh57&#034;&gt;57&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Mercredi 5 mai :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Sainte-Genevi&#232;ve-des-Bois (91), Maison d'Arr&#234;t de FLEURY-MEROGIS.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Huit d&#233;tenus du deuxi&#232;me &#233;tage, qui appartiennent au groupe scolaire 2A, se r&#233;voltent. Ils d&#233;coupent du papier, beaucoup de papier et le balancent par les fen&#234;tres. Le sol en est compl&#232;tement recouvert. Sur certains on peut lire des inscriptions : &#171; Nous ne sommes pas des bestiaux, nous sommes des hommes &#187;, &#171; Plus on nous enfermera, plus nous nous r&#233;volterons &#187;&#8230; Les matons arrivent et seuls quatre continuent. Ces derniers sont plac&#233;s au mitard pour une nuit avant d'&#234;tre d&#233;plac&#233;s dans d'autres b&#226;timents o&#249; le r&#233;gime est plus s&#233;v&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Mardi 10 ao&#251;t : &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Grenoble (38), Maison d'Arr&#234;t SAINT-JOSEPH.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Gr&#232;ve de la faim de l'ensemble des soixante d&#233;tenus contre les conditions intol&#233;rables de d&#233;tention (absence de service m&#233;dical s&#233;rieux, dur&#233;e des visites trop courte, ...). La gr&#232;ve se termine sur un succ&#232;s d&#232;s le quatri&#232;me jour...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Mercredi 1er et jeudi 2 septembre : &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Melun (77), Maison Centrale de MELUN.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;BR /&gt;
Contre les surveillants, les prisonniers se mettent en gr&#232;ve et sabotent des ateliers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Du Vendredi 24 au mardi 28 septembre :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Sainte-Genevi&#232;ve-des-Bois (91), Maison d'Arr&#234;t de FLEURY-MEROGIS.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Suite &#224; l'affaire de Clairvaux (21-22 septembre 1971) ayant entra&#238;n&#233; la mort d'un surveillant et d'une infirmi&#232;re pris en otages par deux d&#233;tenus, certains prisonniers du Groupe Scolaire n&#176;1 (GS 1) sont priv&#233;s de promenade depuis 48 heures (la promenade &#233;tant la seule activit&#233; que l'Administration leur procure). Lors de la distribution des repas, lorsque la porte de sa cellule est ouverte, &#171; un d&#233;tenu fait mine de sortir en r&#233;clamant sa promenade. Il re&#231;oit un violent coup de louche sur la t&#234;te et une dizaine de matons le ma&#238;trise. [&#8230;] Suite aux cris de celui-ci, [&#8230;] tous les jeunes du couloir protestent aussit&#244;t en cognant contre leur porte de cellule. Le vacarme se prolonge tout l'apr&#232;s-midi, gagne d'autres b&#226;timents, quelques vitres sont bris&#233;es, des bouts de matelas enflamm&#233;s volent par les fen&#234;tres.&lt;br /&gt;
19h30 [&#8230;], les d&#233;tenus r&#233;clament le r&#233;tablissement de la radio. Une cinquantaine de matons, la plupart en civil et hors service, p&#233;n&#232;trent contre tout r&#232;glement &#224; l'int&#233;rieur des b&#226;timents de d&#233;tention. Certains ont des matraques. Ils ouvrent les unes apr&#232;s les autres les portes des cellules du GS 1 et &#224; cinq ou six tabassent la plupart des jeunes d&#233;tenus. Au bout d'une demi-heure, ils repartent comparant l'&#233;tat de leurs poings, certains couverts de sang.&lt;br /&gt;
Le 25, [&#8230;] sept ou huit d&#233;tenus bless&#233;s sont transport&#233;s au quartier disciplinaire D3, au grand mitard. D'autres d&#233;tenus, frapp&#233;s dans les autres b&#226;timents, ont &#233;t&#233; conduits dans les &#8220;petits mitards&#8221;. Quinze d&#233;tenus ont &#233;t&#233; d&#233;class&#233;s (ont perdu leur emploi). &#187;&lt;br /&gt;
Le 28, &#171; au mitard les d&#233;tenus [du 25] sont frapp&#233;s quotidiennement. Notamment le soir, lorsqu'ils traversaient un couloir pour aller retirer leur matelas (crocs en jambe, coups de matraque). L'un d'eux a &#233;t&#233; attach&#233; trois jours par des sangles sur son lit. Pour protester contre ces traitements, les d&#233;tenus ont fait gr&#232;ve de la faim pendant toute la dur&#233;e de la punition.&lt;br /&gt;
Les d&#233;tenus entament une gr&#232;ve de la faim contre les brutalit&#233;s des matons. &#187; [Rapport du GIP, bulletin sp&#233;cial de l'APL &#8211; Agence de Presse &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt;, 16 octobre 1971]&lt;br /&gt;
La gr&#232;ve durera jusqu'au 5 octobre, o&#249; la plupart des d&#233;tenus tabass&#233;s sortent des mitards. Des transferts ont lieu le 2, vers Toul (54) et Ecrouves (54). Il y a une tentative de r&#233;volte dans un car qui est vite mat&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Dimanche 14 novembre :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Draguignan (83), Maison d'Arr&#234;t de DRAGUIGNAN.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Protestation d'une centaine de d&#233;tenus durant trois heures contre leurs conditions g&#233;n&#233;rales de d&#233;tention et en particulier contre la qualit&#233; de la nourriture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Dimanche 21 novembre :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Poissy (78), Maison Centrale de POISSY.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;BR /&gt;
Durant quatre jours, quatre cents d&#233;tenus font une gr&#232;ve du travail et de la faim. Les gr&#233;vistes protestent contre la circulaire Pleven [le ministre de la Justice a supprim&#233; le traditionnel colis de no&#235;l pour les d&#233;tenus, sous la pression des syndicats p&#233;nitentiaires suite &#224; l'affaire de Clairvaux], les conditions de d&#233;tention et demandent une augmentation des salaires. Vingt-deux prisonniers seront transf&#233;r&#233;s &#224; Fresnes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Vendredi 26 novembre :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Paris (75), Maison d'Arr&#234;t PARIS LA SANTE.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Contre la circulaire Pleven, le d&#233;tenu Lacombe entame une gr&#232;ve de la faim. Le 1er d&#233;cembre, cette gr&#232;ve est presque g&#233;n&#233;rale au quartier haut. Le mouvement s'&#233;tend &#224; Lyon (69), N&#238;mes (30), Grenoble (38), Draguignan (83), Fresnes (94) et Poissy (78).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Du dimanche 5 au lundi 13 d&#233;cembre :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Toul (54), Centre de D&#233;tention de NEY-DE-TOUL.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
A 17 heures, deux cent vingt-cinq d&#233;tenus sur trois cent vingt refusent de r&#233;int&#233;grer leurs cellules. Ils organisent un &lt;i&gt;sit-in&lt;/i&gt; dans la cour de promenade afin d'obtenir le d&#233;part du directeur de l'&#233;tablissement, coupable &#224; leurs yeux d'&#234;tre un tortionnaire [rappelons que le directeur en question, Mr Georges Galiana, &#233;tait alors directeur de la centrale de N&#238;mes au moment de la Semaine sanglante en 1965. A Toul, comme en Alg&#233;rie, o&#249; il officia comme ancien directeur de la prison d'Alger pendant la guerre d'ind&#233;pendance, des surveillants ont tout simplement &#171; rendu leurs casquettes &#187;, &#233;tant scandalis&#233;s par ces m&#233;thodes.] Deux jours plus tard, ils se mettent en gr&#232;ve du travail. Le lendemain, le procureur de la R&#233;publique vient les sermonner et leur promet les pires ennuis si l'agitation continue.&lt;br /&gt;
Le 8, vers 17 heures, vingt jeunes d&#233;tenus refusent de r&#233;int&#233;grer leur cellule. Apr&#232;s des discussions avec l'abb&#233; de la prison, ils regagnent leur quartier.&lt;br /&gt;
Le 9 d&#233;cembre, en arrivant aux ateliers, les prisonniers du b&#226;timent C s'arment de leurs outils, expulsent les gardiens et se rendent ma&#238;tres du quartier des adultes. Ils br&#251;lent la biblioth&#232;que et les ateliers. Au quartier des jeunes, le b&#226;timent est enti&#232;rement d&#233;truit. Leur violence ne s'est jamais dirig&#233;e contre les b&#226;timents o&#249; ils &#233;taient trait&#233;s correctement. Une pancarte appos&#233;e sur la porte de la chapelle indique : &#171; Nous respectons ceux qui nous traitent avec humanit&#233; &#187;. Les mutins chantent &#171; La Marseillaise &#187; et &#171; l'Internationale &#187; et l&#232;vent le poing. Ils dressent une barricade dans la cour et exigent le renvoi du directeur, du gardien-chef et de deux surveillants. Ils demandent &#233;galement la fin des s&#233;vices et une augmentation des salaires. Ils obtiennent une promesse orale de la part de la direction p&#233;nitentiaire.&lt;br /&gt;
Le 10 d&#233;cembre, les jeunes sont transf&#233;r&#233;s, mais les d&#233;tenus se rendent compte que le directeur et le surveillant-chef sont encore l&#224;. Le 13, en protestation, une nouvelle mutinerie &#233;clate vers midi. Une soixantaine de d&#233;tenus cassent leurs cellules ; les gardes mobiles et les CRS (un escadron pour le premier corps et deux pour le second), toujours pr&#233;sents dans l'enceinte de la prison, matent violemment et rapidement la r&#233;volte. Une vingtaine de mutins sont bless&#233;es, dont quatre gravement.&lt;br /&gt;
&#171; Ce fut une intervention tr&#232;s rapide et tr&#232;s &#233;nergique &#187;, selon le pr&#233;fet de l'&#233;poque, Maurice Lambert. Un surveillant dira &#171; avec un brin de fiert&#233; dans la voix &#187; &#224; une journaliste du &lt;i&gt;Nouvel Obs' &lt;/i&gt; : &#171; C'est solide pourtant un fusil ? Eh bien on en a cass&#233; un sur un d&#233;tenu ! &#187; [Katia D. Kaupp, &#171; le &#8220;malentendu&#8221; de Toul &#187;, dans &lt;i&gt;Le Nouvel observateur&lt;/i&gt;, 20 d&#233;cembre 1971]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Vendredi 10 d&#233;cembre :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Paris (75), Maison d'Arr&#234;t PARIS LA SANTE.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Deux cents d&#233;tenus se mutinent &#224; la suite d'une gr&#232;ve de gardiens. Les portes des cellules sont enfonc&#233;es et des incendies se d&#233;clarent dans plusieurs ateliers. Huit escadrons de gendarmes mobiles sont envoy&#233;s sur les lieux pour r&#233;tablir l'ordre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Samedi 25 d&#233;cembre :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Bussac-For&#234;t (17), Camp de rel&#233;gu&#233;s de BUSSAC-FORET.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
R&#233;volte dans ce camp pour longues peines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Lundi 27 d&#233;cembre :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Besan&#231;on (25), Maison d'Arr&#234;t de BESAN&#199;ON.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Chahut &#224; l'int&#233;rieur provoqu&#233; par une manifestation de militants &#171; gauchistes &#187; qui manifestent devant la prison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Mardi 28 d&#233;cembre :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Besan&#231;on (25), Maison d'Arr&#234;t de BESAN&#199;ON.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Quatorze d&#233;tenus se mettent en gr&#232;ve de la faim.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1972&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Lundi 3 et mardi 4 janvier :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; N&#238;mes (30), Maison Centrale de NIMES.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Sur quatre cent quatre-vingt-cinq d&#233;tenus employ&#233;s dans les ateliers, quatre cent trente se mettent en gr&#232;ve afin d'obtenir une commission d'enqu&#234;te sur leurs conditions de travail et de d&#233;tention, notamment sur l'insalubrit&#233; des locaux, leur v&#233;tust&#233; et leur exigu&#239;t&#233;. Les CRS interviennent deux jours plus tard, les &#171; meneurs &#187; sont transf&#233;r&#233;s &#224; Avignon (84), les autres aux Baumettes (13).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Lundi 10 janvier :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Loos (59) et Amiens (80), Maisons d'Arr&#234;t de LOOS-LEZ-LILLE et d'AMIENS.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Gr&#232;ve du travail dans ces deux prisons et transfert des &#171; meneurs &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Mardi 11 janvier :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Rouen (76), Maison d'Arr&#234;t BONNE-NOUVELLE.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Mouvement contre la qualit&#233; de la nourriture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Vendredi 14 janvier :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Sainte-Genevi&#232;ve-des-Bois (91), Maison d'Arr&#234;t de FLEURY-MEROGIS.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Une centaine de d&#233;tenus refusent de r&#233;int&#233;grer leurs cellules au bout d'une heure de promenade. Ils r&#233;clament le droit de pouvoir cantiner [acheter en prison] du tabac et de la bi&#232;re (cette derni&#232;re &#233;tant autoris&#233;e pour les majeurs) et deux heures de promenade au lieu d'une par jour. La n&#233;gociation avec l'Administration ne d&#233;bouche sur rien. Les prisonniers dans les &#233;tages commencent &#224; casser les vitres. Le calme revient avec l'intervention des gardes mobiles.&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt; &lt;i&gt;- Ecrouves (54), Centre de D&#233;tention d'ECROUVES.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Huit d&#233;tenus manifestent contre les salaires et les horaires de gymnastique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Samedi 15 janvier :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Nancy (54), Maison d'Arr&#234;t Charles-III.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Les d&#233;tenus font parvenir leurs revendications depuis les toits : suppression de la tutelle p&#233;nale et de l'interdiction de s&#233;jour, fin de la censure des journaux et am&#233;lioration des conditions de d&#233;tention. Ils d&#233;vastent la prison et r&#233;sistent pendant six heures aux assauts des policiers qui finissent par faire intervenir un h&#233;licopt&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Mercredi 19 janvier :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Saint-Martin-de-R&#233; (17), Maison Centrale de SAINT-MARTIN-DE-RE.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Une quinzaine de d&#233;tenus tentent de se mutiner vers les 17h30. Intervention des CRS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[Suite aux mouvements de Toul (59) et de Nancy (54), un manifeste de prisonniers est diffus&#233; fin janvier &#224; l'ext&#233;rieur des prisons de Melun (77) et de Muret (31). Dans les semaines qui suivent, des mouvements se produisent en d&#233;tention : Saint-Martin-d'H&#232;res (38), Mulhouse (68), Fresnes (94), Chartres (28), &#8230;]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Lundi 7 f&#233;vrier :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Fresnes (94), Maison d'Arr&#234;t de FRESNES.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Manifestation de quatre cents d&#233;tenus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Mercredi 9 f&#233;vrier :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Chartres (28), Maison d'Arr&#234;t de CHARTRES.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Br&#232;ve mutinerie en fin de matin&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Mercredi 16 et vendredi 18 f&#233;vrier :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Melun (77), Maison Centrale de MELUN.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Cent vingt d&#233;tenus de l'atelier de brochure et de l'imprimerie administrative, soit plus d'un tiers des effectifs, poursuivent un mouvement de gr&#232;ve pour obtenir des augmentations de salaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Mercredi 23 f&#233;vrier :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Flers (61), Foyer de Semi-libert&#233; de FLERS.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Gr&#232;ve de la faim d'une cinquantaine de jeunes qui demandent une commission d'enqu&#234;te sur les conditions d'h&#233;bergement. Ils obtiennent la suspension du directeur et des &#233;ducateurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Mercredi 24 mai :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Toulouse (31), Maison d'Arr&#234;t SAINT-MICHEL.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Dans la soir&#233;e, mouvement de r&#233;volte dans le quartier n&#176;4, r&#233;serv&#233; aux jeunes d&#233;linquants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Jeudi 8 juin :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Nancy (54), Maison d'Arr&#234;t Charles-III de NANCY.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
En solidarit&#233; avec les six inculp&#233;s qui passent en proc&#232;s, cinquante d&#233;tenus refusent de prendre leur petit-d&#233;jeuner.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Mardi 20 juin :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Metz (57), Centre P&#233;nitentiaire de METZ-QUEULEU.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Agitation dans le quartier d'isolement. Intervention des forces de r&#233;pression.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Lundi 31 juillet :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Paris (75), Maison d'Arr&#234;t PARIS LA SANTE.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Les d&#233;tenus font la gr&#232;ve des repas pour d&#233;noncer le suicide d'un d&#233;tenu quatre jours plus t&#244;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Vendredi 22 d&#233;cembre :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Melun (77), Maison Centrale de MELUN.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Agitation et gr&#232;ves intermittentes jusqu'au 15 janvier 1973. Pr&#233;sence des CRS au bout de trois jours : r&#233;pression et transferts.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1973&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Jeudi 5 avril :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Melun (77), Maison Centrale de MELUN.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Quarante d&#233;tenus se r&#233;voltent contre les conditions de d&#233;tention ; le mouvement est bient&#244;t suivi par deux cents prisonniers. L'un de leurs slogans est : &#171; Rendez nous nos gosses &#187; [revendication de parloirs rapproch&#233;s]. Apr&#232;s une violente r&#233;pression, cent soixante-dix-sept prisonniers se mettent en gr&#232;ve de la faim pendant cinq jours.&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt; &lt;i&gt;- Lyon (69), Maisons d'Arr&#234;t SAINT-PAUL et SAINT-JOSEPH.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Une quarantaine de prisonniers refusent de r&#233;int&#233;grer leurs cellules, apr&#232;s la promenade, afin de protester contre les conditions de d&#233;tention. Ils demandent l'am&#233;lioration de la nourriture et l'obtention de parloirs rapproch&#233;s (qui leur permettraient de meilleurs contacts avec leurs enfants), la r&#233;duction de la dur&#233;e des d&#233;tentions provisoires et de meilleures conditions g&#233;n&#233;rales de d&#233;tention, notamment au niveau de l'hygi&#232;ne. En repr&#233;sailles l'AP suspend toutes les visites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Vendredi 6 avril :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Lyon (69), Maisons d'Arr&#234;t SAINT-PAUL et SAINT-JOSEPH.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Dans la nuit, des prisonniers d&#233;montent leur lit pour se faire des barres de fer. Au matin, les gardiens emp&#234;chent le service des petits-d&#233;jeuners et r&#233;clament l'assistance de la police. Les forces de r&#233;pression prennent position dans les cours de la prison. Le mouvement reste non violent et cent cinquante prisonniers sur six cent cinquante que compte la prison se mettent en gr&#232;ve de la faim. Leur mouvement se termine le 13 avril apr&#232;s que des promesses leur soient faites et suite au transfert de nombreux d&#233;tenus vers Fresnes (94) et Saint-Etienne (42).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Mardi 8 mai :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Lyon (69), Maisons d'Arr&#234;t SAINT-PAUL et SAINT-JOSEPH.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Les promesses faites en avril n'ayant pas &#233;t&#233; tenues, des d&#233;tenus montent sur les toits en fin d'apr&#232;s-midi. Comme lors des manifestations pr&#233;c&#233;dentes (5 et 6 avril 1973), les revendications avanc&#233;es par les prisonniers restent les m&#234;mes. Depuis les toits les mutins crient entre autres : &#171; Nous voulons embrasser nos gosses ! Nous, prisonniers, nous sommes aussi des hommes ! &#187;, &#171; CRS assassins &#187;, &#8230; Pour couvrir leur voix des Lyonnais venus apporter leur soutien, les CRS &#224; l'ext&#233;rieur font tourner les moteurs de leurs v&#233;hicules.&lt;br /&gt;
A 20 heures, ils donnent l'assaut avec des tirs de gaz lacrymog&#232;nes et chargent violemment les gens qui sont venus soutenir les mutins.&lt;br /&gt;
De nombreux prisonniers sont bless&#233;s, d'autres sont transf&#233;r&#233;s et toutes les visites sont supprim&#233;es. Les d&#233;g&#226;ts des installations endommag&#233;es sont &#233;valu&#233;s &#224; environ un million de francs [&#8776; 150 000 &#8364;].&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt; &lt;i&gt;- Melun (77), Maison Centrale de MELUN.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Durant quinze jours, les d&#233;tenus d&#233;clenchent des d&#233;brayages des ateliers, de trois quarts d'heure &#224; deux heures par jour. Ils revendiquent le SMIC dans les ateliers de la RIEP (R&#233;gie Industrielle des &#201;tablissements P&#233;nitentiaires), l'augmentation des salaires des apprentis et l'arr&#234;t des saisies sur le dernier mois de salaire pr&#233;c&#233;dent la lib&#233;ration (l'AP saisit 80 % du salaire : 20 % pour les frais de justice et 60 % vont au Tr&#233;sor).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Vendredi 25 mai :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Marseille (13), Centre P&#233;nitentiaire des BAUMETTES.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
R&#233;volte contre les conditions de d&#233;tention.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Samedi 15 septembre :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Paris (75), Maison d'Arr&#234;t PARIS LA SANTE.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Quinze d&#233;tenus montent sur les toits. Ils s'automutilent et &#233;crivent leurs revendications avec leur sang (am&#233;lioration des conditions de d&#233;tention). Ils forment le Comit&#233; d'action pour la d&#233;fense des int&#233;r&#234;ts des d&#233;tenus. Certaines de leurs revendications aboutissent : douches, cin&#233;ma, meilleure cuisine, transistors, cigarettes...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Mercredi 24 octobre :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Melun (77), Maison Centrale de MELUN.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;BR /&gt;
Quatre cents d&#233;tenus refusent de se rendre au r&#233;fectoire, &#224; la sortie de l'atelier. Quelques heures plus tard, certains occupent les toits de la centrale. Ils revendiquent une meilleure nourriture et une surveillance moins stricte au parloir. Des chants et des clameurs s'&#233;l&#232;vent et s'entendent de l'ext&#233;rieur. A 22 heures, l'assaut est donn&#233; par trois escadrons de gardes mobiles, un d&#233;tachement de CRS et des sapeurs-pompiers. &lt;br /&gt;
A 0h30 le calme revient dans la prison. La r&#233;pression est f&#233;roce et plusieurs d&#233;tenus sont tabass&#233;s. La nuit m&#234;me, une cinquantaine sont transf&#233;r&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[D'autres mouvements sporadiques se produisent dans l'ann&#233;e &#224; Poissy (78), Bonneville (74) et Varces (38). Partout ce sont &#224; la fois les conditions de d&#233;tention et le fonctionnement de la justice qui sont mis en cause.]&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1974&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Lundi 7 et mardi 8 janvier :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Melun (77), Maison Centrale de MELUN.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;BR /&gt;
Trois cents d&#233;tenus refusent de rentrer en cellule. Ils avaient adress&#233; une lettre de revendication quinze jours plus t&#244;t &#224; Taittinger, Garde des Sceaux, lui demandant une am&#233;lioration des soins m&#233;dicaux, un accroissement des salaires et une application r&#233;elle des textes concernant les lib&#233;rations conditionnelles et les sorties. Le mouvement prend fin &#224; trois heures du matin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Mercredi 6 et jeudi 7 mars :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Villeneuve-sur-Lot (47), Centre de D&#233;tention d'EYSSES.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;BR /&gt;
Mutinerie provoqu&#233;e par la d&#233;cision du nouveau directeur de supprimer les activit&#233;s sportives et de loisirs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Vendredi 3 mai :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; P&#233;rigueux (24), Maison d'Arr&#234;t de PERIGUEUX.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Les jeunes d&#233;tenus montent sur les toits et la r&#233;volte se g&#233;n&#233;ralise rapidement &#224; l'ensemble de la maison d'arr&#234;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Mardi 14 mai :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Sainte-Genevi&#232;ve-des-Bois (91), Maison d'Arr&#234;t de FLEURY-MEROGIS.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Mouvement de cent cinquante mutins. Intervention de la police et du GIGN [Groupe d'Intervention de la Gendarmerie Nationale].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Jeudi 16 mai :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; P&#233;rigueux (24), Maison d'Arr&#234;t de PERIGUEUX.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Dans la nuit, soixante d&#233;tenus montent sur les toits et demandent l'acc&#233;l&#233;ration des proc&#233;dures de jugement. Violente r&#233;pression.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Vendredi 17 mai :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Ensisheim (68), Maison Centrale d'ENSISHEIM.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Cent d&#233;tenus refusent de remonter de promenade : ils demandent une permission de sortie pour l'un des leurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Samedi 18 mai :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Saint-&#201;tienne (42), Centre de Jeunes D&#233;tenus de LA TALAUDIERE.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Dix-sept mineurs refusent de remonter de promenade, soutenus par l'ensemble des d&#233;tenus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Mercredi 5 juin :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Ensisheim (68), Maison Centrale d'ENSISHEIM.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Deux cent cinquante prisonniers manifestent suite &#224; l'arr&#234;t du programme radio diffus&#233; par haut-parleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Mercredi 26 juin :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Paris (75), Maison d'Arr&#234;t PARIS LA SANTE.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Trois cents d&#233;tenus refusent de remonter de promenade et montent sur les toits. Certains se tailladent les veines. Ils r&#233;clament des parloirs libres, plus de promenades, le respect, ... Violente r&#233;pression.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Entre mai et juin :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Sainte-Genevi&#232;ve-des-Bois (91), Maison d'Arr&#234;t de FLEURY-MEROGIS.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Quatre jeunes d&#233;tenus grimpent sur le toit afin de r&#233;clamer des promenades plus longues. Ils y restent trois jours jusqu'&#224; l'intervention des CRS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Juillet :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Avignon (84), Maison d'Arr&#234;t SAINTE-ANNE.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Les d&#233;tenus campent dans les cours pendant un mois sous la surveillance des CRS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Vendredi 12 Juillet :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Valence (26), Maison d'Arr&#234;t de VALENCE.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Mutinerie dans cette maison d'arr&#234;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Jeudi 18 et vendredi 19 juillet :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Bayel (10), Maison Centrale de CLAIRVAUX.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Apr&#232;s une mobilisation pour r&#233;clamer la lev&#233;e du mitard inflig&#233; &#224; un d&#233;tenu &#224; la suite d'une altercation, une r&#233;volte d&#233;bute dans l'un des b&#226;timents de la centrale. Les surveillants s'enfuient devant l'ampleur des troubles, laissant la prison aux mains des d&#233;tenus. Deux cent cinquante prisonniers prennent position sur les toits ou dans les cours. Les cellules sont d&#233;vast&#233;es. A 22 heures, des forces importantes de gendarmerie arrivent de Reims, Chaumont et Langres ainsi que le GIGN. A minuit, elles donnent l'assaut et, en riposte, les insurg&#233;s mettent le feu aux ateliers.&lt;br /&gt;
A 6 heures du matin, le directeur lance un ultimatum qui provoque la reddition de deux cents d&#233;tenus. Une centaine d'autres se retranchent dans un atelier et refusent de se rendre. La bataille fait rage jusqu'&#224; 8h30. De nombreux prisonniers sont bless&#233;s dans cette mutinerie et deux en meurent.&lt;br /&gt;
La r&#233;pression de la r&#233;volte est d'une brutalit&#233; extr&#234;me comme le montre ce t&#233;moignage d'un d&#233;tenu de Clairvaux, transf&#233;r&#233; ensuite &#224; Fleury-M&#233;rogis (91) : &#171; J'ai vu un type arriver au premier &#233;tage. Ayant r&#233;sist&#233; aux CRS, il s'&#233;tait fait matraquer. Il est arriv&#233; soutenu sous les bras, la gueule en sang, m&#233;connaissable. Les CRS lui ont ordonn&#233; de lever les bras mais d&#233;j&#224; &#224; demi-mort, il ne comprenait plus rien. Un flic est arriv&#233; par derri&#232;re et d'un coup de crosse lui a fendu le cr&#226;ne. J'&#233;tais &#224; cinq m&#232;tres mort de peur, pleurant de d&#233;sespoir et de douleur ; j'ai vu ce type s'effondrer, un liquide gluant et visqueux s'&#233;coulant de son cr&#226;ne compl&#232;tement d&#233;fonc&#233;. Le cauchemar ne s'est pas arr&#234;t&#233; l&#224; pour ce gar&#231;on, puisqu'un salopard de flic l'a retourn&#233; avec son pied et lui a &#233;cras&#233; la figure &#224; coup de talon. Cela &#233;tait horrible. Tu ne peux pas imaginer. &#187; [Christophe Souli&#233;, &lt;i&gt;Libert&#233; sur paroles, contribution &#224; l'histoire du Comit&#233; d'action des Prisonniers &lt;/i&gt;[CAP], Analis, 1995]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Samedi 20 et dimanche 21 juillet :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; N&#238;mes (30), Maison Centrale de NIMES.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Une cinquantaine de d&#233;tenus refusent de regagner leurs cellules lorsqu'ils entendent en direct les d&#233;clarations de Lecanuet : &#171; Il ne peut &#234;tre question aux yeux du ministre de la Justice de laisser la violence et la r&#233;volte s'&#233;tablir dans les prisons. La fermet&#233; et la rigueur ne sont pas contradictoires mais compl&#233;mentaires d'un effort profond d'humanisation. &#187; Le chahut se transforme en &#233;meute. Les d&#233;tenus deviennent ma&#238;tres des lieux, ouvrent les cellules, pillent l'&#233;conomat et mettent le feu au b&#226;timent administratif et aux ateliers. Le 21 juillet, apr&#232;s l'intervention de la police, la centrale est pratiquement d&#233;truite, il y a deux morts et une dizaine de bless&#233;s parmi les prisonniers et de nombreux transferts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Mercredi 24 et jeudi 25 juillet :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Caen (14), Maison d'Arr&#234;t et Centre de D&#233;tention de CAEN.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Deux cents prisonniers refusent de reprendre le travail afin d'obtenir le SMIC et de meilleures conditions de d&#233;tention. Le soir, le mouvement pacifique se transforme en r&#233;volte. Les toits sont occup&#233;s et ils commencent &#224; mettre le feu. Le 25 juillet, les CRS et le GIGN interviennent avec un h&#233;licopt&#232;re et r&#233;duisent la r&#233;volte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Jeudi 25 juillet :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Loos (59), Maison Centrale de LOOS-LEZ-LILLE.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&#192; 14 heures, soixante d&#233;tenus refusent de r&#233;int&#233;grer leurs cellules. Ils se r&#233;pandent dans l'&#233;tablissement apr&#232;s avoir subtilis&#233; des cl&#233;s &#224; des surveillants, sans cependant les retenir en otages. Ils ouvrent les portes des cellules &#224; leurs camarades puis incendient la salle de cin&#233;ma, le cabinet m&#233;dical et la lingerie. Une quinzaine d'entre eux gagnent le toit qu'ils saccagent, ce qui attise encore les brasiers notamment dans les diff&#233;rents ateliers (forge, m&#233;canique automobile, &#233;lectricit&#233;, cartonnages, etc.). D&#232;s leur arriv&#233;e, la centaine de sapeurs-pompiers essuie des jets de projectiles et ne peuvent attaquer l'incendie qu'&#224; partir de la cour d'honneur de l'&#233;tablissement, prot&#233;g&#233;e par de hautes grilles. A 16 heures, plus de quatre-vingts CRS donnent l'assaut, pr&#233;c&#233;d&#233; d'un d&#233;luge de gaz lacrymog&#232;nes. Bilan : cinq bless&#233;s chez les flics, trois du c&#244;t&#233; des d&#233;tenus. Un quart d'heure plus tard, les toits sont vid&#233;s de leurs occupants. A 16h30, les mutins d&#233;cident de se rendre, laissant la place aux pompiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Vendredi 26 juillet :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Loos (59), Maison Centrale et Maison d'Arr&#234;t de LOOS-LEZ-LILLE.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
A 16h15, deux cent cinquante policiers donnent un nouvel assaut &#224; quatre-vingt-cinq mutins qui se sont barricad&#233;s. Ils sont rapidement ma&#238;tris&#233;s et &#233;vacu&#233;s un &#224; un. A 18h20, les quatre autocars du service national des transferts de Fresnes transportent quelque cent vingt d&#233;tenus vers la maison d'arr&#234;t d'&#201;vreux (27) dont les quatre-vingts occupants qui avaient &#233;t&#233; d&#233;plac&#233;s vers la maison d'arr&#234;t de Rouen (76), la veille.&lt;br /&gt;
Les d&#233;g&#226;ts sont tr&#232;s importants : on les estime &#224; plus de dix millions de francs [&#8776; 1 520 000 &#8364;].&lt;br /&gt;
Vers 21 heures, par solidarit&#233;, une partie des sept cents d&#233;tenus de la maison d'arr&#234;t font du tapage et enflamment des couvertures et des draps qu'ils passent &#224; travers les barreaux. La r&#233;action de l'Administration ne se fait pas attendre : &#224; 22 heures, les foyers d'incendie sont &#233;teints par les pompiers encore post&#233;s sur le domaine p&#233;nitentiaire alors que les &#171; meneurs &#187; sont plac&#233;s &#224; l'isolement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Samedi 27 juillet :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Paris (75), Maison d'Arr&#234;t PARIS LA SANTE.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Emeute au quartier haut de la prison. La r&#233;pression fait un mort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;LUNDI 29 juillet :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Saint-Etienne (42), Maison d'Arr&#234;t de la TALAUDIERE.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Les prisonniers refusent de remonter de promenade. Un d&#233;tenu, Gilles Besnard, est tu&#233; d'un coup de fusil, tir&#233; par le surveillant-chef alors qu'il se trouve sur le toit avec ses camarades r&#233;volt&#233;s. Les d&#233;tenus mettent le feu au dernier &#233;tage. Intervention des CRS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Mardi 30 juillet :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Saint-Martin-de-R&#233; (17), Maison Centrale de SAINT-MARTIN-DE-RE.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Un d&#233;tenu s'empare des cl&#233;s d'un gardien et ouvre les portes de deux cents cellules. Les mutins mettent le feu &#224; trois b&#226;timents. Dans l'un d'entre eux, des bouteilles d'ac&#233;tyl&#232;ne explosent. Apr&#232;s l'assaut des policiers, on compte deux morts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[La Chancellerie d&#233;nombre, pour le seul &#233;t&#233; 1974, quatre-vingt-neuf mouvements de r&#233;voltes collectives ; onze &#233;tablissements ont &#233;t&#233; partiellement ou totalement d&#233;truits. On d&#233;compte officiellement sept morts chez les mutins. Les mouvements sont suivis d'une gr&#232;ve des surveillants qui r&#233;clament des hausses de salaires : 17 milliards de francs [&#8776; 2 600 000 000 &#8364;] sont d&#233;bloqu&#233;s pour qu'ils reprennent le travail.]&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1975&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Dimanche 20 juillet :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; N&#238;mes (30), Maison d'Arr&#234;t de NIMES.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Importante mutinerie.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1977&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Dimanche 6 mars :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Paris (75), Maison d'Arr&#234;t PARIS LA SANTE.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Cent dix d&#233;tenus rejoignent le mouvement lanc&#233; &#224; Fresnes (94) ; ils demandent l'abolition des QHS [Quartiers de Haute S&#233;curit&#233;], trois mois de gr&#226;ce annuelle [trois mois de remise de peine par an] et les parloirs libres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Lundi 7 mars :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Fresnes (94), Maison d'Arr&#234;t de FRESNES.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Cinq d&#233;tenus du QHS appellent &#224; une gr&#232;ve de la faim illimit&#233;e contre leurs conditions de d&#233;tention. Ils arr&#234;tent au bout de huit jours suite aux promesses de la Chancellerie&#8230; qui ne seront pas tenues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Samedi 22 octobre :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Brest (29), Maison d'Arr&#234;t de PONTANIOU.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&#171; A 17 heures, une quarantaine de d&#233;tenus se sont r&#233;volt&#233;s. Apr&#232;s une s&#233;ance de t&#233;l&#233;vision, ils ont refus&#233; de regagner leurs cellules, retenu deux gardiens, &#224; qui ils ont subtilis&#233; les cl&#233;s, ont ensuite ouvert les cellules d'une vingtaine de leurs camarades et se sont barricad&#233;s derri&#232;re une barri&#232;re de fortune faite de tables, de chaises et de lits. Tr&#232;s rapidement, les policiers du commissariat central de Brest sont intervenus mais, accueillis par les jets d'eau de lances d'incendie allum&#233;es par l&#233;s d&#233;tenus, ils ont d&#251; rebrousser chemin. C'est &#224; l'occasion de cet &#8220;assaut&#8221; que, dans la confusion, les deux gardiens retenus par les prisonniers, ont r&#233;ussi &#224; s'&#233;chapper. Vers 18 heures, les gendarmes mobiles, en tenues de combat, arrivent. Mais tout se termine d&#233;j&#224; ; apr&#232;s que l'Administration ait r&#233;ussi &#224; faire couper l'eau, un policier, grimp&#233; tant bien que mal sur une barricade, projette des grenades lacrymog&#232;nes sur les prisonniers. Aveugl&#233;s, ceux-ci sont alors reconduits dans leurs cellules de force. &lt;br /&gt;
A 18 h 30, tout est termin&#233; ; il n'y a eu officiellement aucun bless&#233;, ni parmi les prisonniers, ni parmi les forces de police.&lt;br /&gt;
Les d&#233;tenus ont remis, lors de leur action, une motion au substitut du procureur de la R&#233;publique. Ils demandent, selon le parquet, (le texte de ta p&#233;tition n'a pas &#233;t&#233; remis &#224; la presse), une am&#233;lioration des conditions d'hygi&#232;ne et d'alimentation, protestant contre l'attitude des surveillants, d&#233;noncent la lenteur des proc&#233;dures d'instruction et les trop rares mesures de libert&#233; provisoire. [&#8230;] &#187; [&lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt;, 02/11/1977]&lt;br /&gt;
Douze personnes consid&#233;r&#233;es comme &#171; meneurs &#187; passent en jugement pour ces faits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Dimanche 6 et lundi 7 novembre :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Cergy-Pontoise (95), Maison d'Arr&#234;t d'OSNY-PONTOISE.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Refus des plateaux de cent soixante-dix-sept d&#233;tenus qui protestent contre les conditions d'hygi&#232;ne et la qualit&#233; de la nourriture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Mardi 29 novembre :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Gradignan (33), Maison d'Arr&#234;t de GRADIGNAN.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Un certain nombre de d&#233;tenus observent une gr&#232;ve de la faim collective. Elle durera onze jours. Ils publient un manifeste dans lequel ils demandent que soit respect&#233;e la loi, principalement l'application des r&#233;formes de 1975 qui avaient &#233;t&#233; adopt&#233;es apr&#232;s les grandes mutineries de 1974.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1978&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Lundi 9 janvier :&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
A l'initiative de huit prisonniers en lutte contre les QHS, un mouvement de gr&#232;ve de la faim regroupe plus de mille d&#233;tenus de Fresnes (94), Fleury-M&#233;rogis (91), la Sant&#233; (75), Mende (48), Evreux (27), Clairvaux (10), Saint-Martin-de-R&#233; (17), Angoul&#234;me (16), Nice (06), Bonneville (74), Lyon (69), ...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Mardi 17 janvier :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Paris (75), Maison d'Arr&#234;t de PARIS LA SANTE.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Cent vingt trois d&#233;tenus entament une gr&#232;ve de la faim (certains l'ont d&#233;j&#224; commenc&#233;e le 14). Ils r&#233;clament des promenades plus longues ainsi que des &#171; salles d'activit&#233;s r&#233;cr&#233;atives &#187; et d&#233;noncent la censure qu'exerce le directeur sur certains journaux. Le vendredi, le mouvement s'amplifie et ils sont 250 dans la lutte. Ils r&#233;clament l'application de la r&#233;forme de 1975 et dans un communiqu&#233; un certain nombre d'entre eux exigent entre autres : l'&#233;largissement des sorties hors cellule, la suppression des QHS et des passages &#224; tabac au quartier cellulaire.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1979&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Mercredi 10 janvier :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Ch&#226;teau-Thierry (02), Centre P&#233;nitentiaire de CH&#194;TEAU-THIERRY.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Apr&#232;s le d&#233;jeuner, dix-neuf des cent d&#233;tenus du centre d'observation de Ch&#226;teau-Thierry refusent de sortir du r&#233;fectoire, r&#233;clamant &#171; un meilleur caf&#233; &#187; et &#171; un film de plus &#187; par semaine. Ils manifestent pendant plus de deux heures avant d'&#234;tre d&#233;log&#233;s par les policiers &#224; l'aide de gaz lacrymog&#232;nes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;F&#233;vrier :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Toulouse (31), Maison d'Arr&#234;t SAINT-MICHEL.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Refus des plateaux-repas pendant deux jours pour demander l'am&#233;lioration de l'hygi&#232;ne et de la nourriture. Satisfaction partielle des revendications.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Mai :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Fresnes (94) et Sainte-Genevi&#232;ve-des-Bois (91), Maisons d'Arr&#234;t de FRESNES et de FLEURY-MEROGIS.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;BR /&gt;
Nouvelles gr&#232;ves de la faim collectives contre les QHS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Juillet :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Riom (63), Maison Centrale et Maison d'Arr&#234;t de RIOM.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Gr&#232;ve de la faim collective contre les conditions de d&#233;tention : manque d'hygi&#232;ne, racisme des surveillants, brimades.&lt;br /&gt;
Les gr&#233;vistes demandent des permissions de sortie plus nombreuses. Le 14 juillet, les CRS interviennent et isolent &#171; les meneurs &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;jeudi 27 septembre :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Saint-Martin-de-R&#233; (17), Maison Centrale de SAINT-MARTIN-DE-RE.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
En fin d'apr&#232;s-midi, refus collectif de remonter de promenade. Leurs revendications portent sur les salaires de mis&#232;re, le r&#233;gime de la lib&#233;ration conditionnelle, les permissions de sorties et les remises de peines. Deux pelotons de la gendarmerie mobile interviennent. Le calme revient en d&#233;but de soir&#233;e. Les trois &#171; meneurs &#187; d&#233;sign&#233;s sont envoy&#233;s au QHS d'Evreux (27).&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1981&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Du dimanche 10 au mercredi 13 mai :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Bois-d'Arcy (78), Maison d'Arr&#234;t de BOIS-D'ARCY.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Cent prisonniers refusent de remonter de promenade pour protester contre leurs conditions de d&#233;tention. Le 11, les CRS interviennent pour &#233;vacuer la cour, un d&#233;tenu est bless&#233;. Durant les deux jours qui suivent, les prisonniers sont de plus en plus nombreux &#224; refuser de remonter.&lt;br /&gt;
L'Administration proc&#232;de au transfert de cent d&#233;tenus vers Fleury-Merogis (91) le vendredi 15, et ce sous les coups des matons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Dimanche 24 mai :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Dieppe (76), Maison d'Arr&#234;t et de correction du POLLET.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Douze d&#233;tenus r&#233;ussissent &#224; monter sur les toits pour protester contre l'&#233;troitesse des cellules et le manque de loisirs. Les CRS cernent la prison. Transfert en masse vers la prison de Rouen (76).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Jeudi 11 juin :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Sainte-Genevi&#232;ve-des-Bois (91), Maison d'Arr&#234;t de FLEURY-MEROGIS.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Quinze mutins sont arr&#234;t&#233;s par le GIGN.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Samedi 13 juin :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Fresnes (94), Maison d'Arr&#234;t de FRESNES.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Quatre-vingt d&#233;tenus se mettent en gr&#232;ve de la faim pour r&#233;clamer l'abolition des QHS, d'avantage de permissions de sortie, des conditionnelles et des parloirs, l'application de la r&#233;forme de 1975&#8230; Le mouvement cesse le 17 juin. Les &#171; meneurs &#187; sont transf&#233;r&#233;s dans des QHS de province.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Jeudi 25 juin :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Paris (75), Maison d'Arr&#234;t PARIS LA SANTE.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Plus de quatre cents d&#233;tenus participent &#224; une gr&#232;ve de la faim contre les QHS et les conditions de d&#233;tention ; ils r&#233;clament aussi une refonte des proc&#233;dures p&#233;nales et d'amnistie. Le mouvement s'arr&#234;te le 28 juin et les trois &#171; meneurs &#187; sont transf&#233;r&#233;s dans des QHS de province.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Dimanche 28 juin :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Sainte-Genevi&#232;ve-des-Bois (91), Maison d'Arr&#234;t de FLEURY-MEROGIS.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Fleury-M&#233;rogis prend le relais du mouvement de La Sant&#233;. Des d&#233;tenus du b&#226;timent D2 refusent de r&#233;int&#233;grer leurs cellules. La direction fait par deux fois appel aux CRS qui tabassent les prisonniers dans les couloirs. Pour contester, dans chaque b&#226;timent, soixante prisonniers refusent les repas.&lt;br /&gt;
Au 1er juillet, ils sont trois cents en gr&#232;ve de la faim.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Ao&#251;t :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Lyon (69), Maison d'Arr&#234;t SAINT-JOSEPH.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Quinze d&#233;tenus gr&#233;vistes de la faim, pendant cinq jours, pour protester contre le tabassage d'un des leurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Septembre :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Fresnes (94), Maison d'Arr&#234;t de FRESNES.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;BR /&gt;
Le Comit&#233; d'Intervention des D&#233;tenus (CID &#8211; comit&#233; clandestin de Fresnes. Celui-ci diffuse ses tracts &#224; 1 000 exemplaires dans la d&#233;tention !) publie une liste de revendications dans la presse : abolition des QHS, des QSR [Quartier de S&#233;curit&#233; Renforc&#233;e] et du mitard, instauration d'un service juridique pour les familles et les d&#233;tenus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Jeudi 15 octobre :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Paris (75), Maison d'Arr&#234;t PARIS LA SANTE.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Des prisonniers font une p&#233;tition pour demander la lib&#233;ration de l'un d'entre eux, malade du cancer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Dimanche 8 novembre :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Paris (75), Maison d'Arr&#234;t PARIS LA SANTE.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Trois prisonniers protestant contre leur mise en QHS sont tabass&#233;s et envoy&#233;s au mitard ; ils entament imm&#233;diatement une gr&#232;ve de la faim pour protester contre les sanctions prises &#224; leur encontre. Leur action est tout de suite relay&#233;e par cinq d&#233;tenus du QPGS (Quartier de Plus Grande S&#233;curit&#233;) de Fresnes (94).&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1983&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Jeudi 13 janvier :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Nice (06), Maison d'Arr&#234;t de NICE.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
R&#233;volte des prisonniers. Les toits sont occup&#233;s. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Samedi 15 janvier :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Sainte-Genevi&#232;ve-des-Bois (91), Maison d'Arr&#234;t de FLEURY-MEROGIS.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Quarante et un d&#233;tenus se coupent les veines au b&#226;timent D4 pour protester contre la lenteur des r&#233;formes. Ils demandent des parloirs libres, l'abolition du mitard et du pr&#233;toire, la reconnaissance du droit d'association&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Mercredi 19 janvier :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Marseille (13), Centre P&#233;nitentiaire des BAUMETTES.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;.&lt;br /&gt;
Trois cents rebelles montent sur les toits pour agir en faveur des parloirs libres pendant plus de deux heures. Ils n'en partent qu'&#224; l'arriv&#233;e des CRS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Jeudi 20 janvier :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; N&#238;mes (30), Maison d'Arr&#234;t de NIMES.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Cinquante d&#233;tenus refusent de remonter de promenade pour les m&#234;mes motifs qu'&#224; Marseille. &lt;br /&gt;
&lt;strong&gt; &lt;i&gt;- Melun (77), Centre de D&#233;tention de MELUN.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Cent quatre-vingts d&#233;tenus font la gr&#232;ve dans les ateliers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Vendredi 21 janvier :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Bastia (20 &#8211; Corse), Maison d'Arr&#234;t SAINTE-CLAIRE.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Trente prisonniers refusent de remonter de promenade et manifestent dans la cour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Samedi 22 janvier :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Marseille (13), Centre P&#233;nitentiaire des BAUMETTES.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;.&lt;br /&gt;
Le mouvement reprend avec deux cent cinquante prisonniers qui montent sur les toits. Intervention des CRS qui fait douze bless&#233;s. Les parloirs sont refus&#233;s aux familles et les remises de peine pour bonne conduite annul&#233;es. &lt;br /&gt;
&lt;strong&gt; &lt;i&gt;- Sainte-Genevi&#232;ve-des-Bois (91), Maisons d'Arr&#234;t (des Femmes et des Hommes) de FLEURY-MEROGIS.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Deux cents d&#233;tenu-e-s (dont soixante-dix femmes) refusent de remonter de promenade et cinquante-sept (dont quatorze femmes) s'automutilent pour demander des parloirs libres et l'am&#233;lioration des conditions de d&#233;tention. L'Administration allie la n&#233;gociation avec la force pour un retour au calme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Dimanche 23 janvier :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Beauvais (60), Maison d'Arr&#234;t de BEAUVAIS.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Trente d&#233;tenus refusent de remonter en cellule.&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt; &lt;i&gt;- Nice (06), Maison d'Arr&#234;t de NICE.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Cent prisonniers montent sur les toits, d&#233;clenchant l'intervention des CRS. Comme pour Beauvais, les exigences sont les m&#234;mes : parloirs libres et am&#233;lioration des conditions de d&#233;tention. Les familles t&#233;moignent dans la presse des violences exerc&#233;es contre les prisonniers.&lt;br /&gt;
[&#192; la fin d'une semaine de mobilisation, vingt-neuf d&#233;tenus de Fleury qualifi&#233;s de &#171; meneurs &#187; sont transf&#233;r&#233;s et cinq d&#233;tenues de la prison pour femmes de Fleury sont d&#233;class&#233;es [perdent leur emploi]. La Chancellerie supprime les gr&#226;ces.]&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1984&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Dimanche 15 janvier :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; N&#238;mes (30), Maison d'Arr&#234;t de NIMES.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Les mutins s'affrontent &#224; coups de pierres avec les CRS en soutien de l'un des leurs retranch&#233; sur les toits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Mars :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Lyon (69), Maisons d'Arr&#234;t de SAINT-PAUL et SAINt-JOSEPH.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Les d&#233;tenus d&#233;posent soixante-dix demandes de libert&#233; provisoire pour protester collectivement contre la surpopulation carc&#233;rale.&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt; &lt;i&gt;- Colmar (68), Maison d'Arr&#234;t de COLMAR.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
M&#234;me initiative qu'&#224; Lyon de la part de cent d&#233;tenus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Mardi 24 juillet :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Loos (59), Maison d'Arr&#234;t de LOOS-LEZ-LILLE.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Cent trente gr&#233;vistes de la faim contre les conditions de d&#233;tention.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Jeudi 9 ao&#251;t :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Sainte-Genevi&#232;ve-des-Bois (91), Maison d'Arr&#234;t de FLEURY-MEROGIS.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Six d&#233;tenus s'automutilent. Ils d&#233;noncent la prison et la justice dans un texte adress&#233; &#224; Badinter [ministre de la Justice].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;D&#233;but septembre :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Sainte-Genevi&#232;ve-des-Bois (91), Maison d'Arr&#234;t pour Femmes de FLEURY-MEROGIS.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Les d&#233;tenues protestent devant le mutisme de l'Administration qui refuse de donner des nouvelles de certaines malades. Apr&#232;s une intervention violente des CRS, dix &#171; meneuses &#187; prennent dix jours de mitard et refusent de s'alimenter. Leurs revendications portent sur l'abolition des QI [Quartiers d'Isolement], du quartier sp&#233;cial (dit groupe B) et sur l'absence de visites m&#233;dicales.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb58&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. T&#233;moignage de la mutinerie dans la brochure Y a du baston dans la taule, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh58&#034;&gt;58&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Samedi 15 septembre :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Sainte-Genevi&#232;ve-des-Bois (91), Maison d'Arr&#234;t de FLEURY-MEROGIS.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Des d&#233;tenus politiques d&#233;butent une gr&#232;ve de la faim pour le droit au regroupement et pour protester contre leurs conditions d'isolement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Vendredi 21 septembre :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Sainte-Genevi&#232;ve-des-Bois (91), Maison d'Arr&#234;t de FLEURY-MEROGIS.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Apr&#232;s avoir refus&#233; de prendre leurs plateaux-repas de fa&#231;on tournante, les d&#233;tenus du b&#226;timent D1 d&#233;cident de ne pas r&#233;int&#233;grer leurs cellules &#224; l'issue de la promenade. L'affaire se r&#232;gle dans le &#171; calme &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Mercredi 3 octobre :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Sainte-Genevi&#232;ve-des-Bois (91), Maison d'Arr&#234;t de FLEURY-MEROGIS.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
C'est au tour des d&#233;tenus D3 de refuser de remonter dans leurs cellules. Intervention des forces de r&#233;pression et r&#233;int&#233;gration dans le &#171; calme &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Samedi 6 octobre :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Sainte-Genevi&#232;ve-des-Bois (91), Maison d'Arr&#234;t de FLEURY-MEROGIS.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Toujours au b&#226;timent D3, la moiti&#233; des d&#233;tenus r&#233;cidivent et attaquent les gardes mobiles qui r&#233;pliquent par les gaz lacrymog&#232;nes.&lt;br /&gt;
Le soir m&#234;me, affrontement entre les d&#233;tenus du D4 et les gendarmes. On compte une vingtaine de bless&#233;s chez les mutins et sept bless&#233;s l&#233;gers chez leurs adversaires.&lt;br class='autobr' /&gt;
Sur les sept cents rebelles de ces derniers jours, douze sont plac&#233;s au quartier disciplinaire pour des dur&#233;es allant de 20 &#224; 30 jours. Leur mouvement fait suite &#224; celui lanc&#233; par les politiques pour le droit au regroupement par affinit&#233; pour tous et l'am&#233;lioration des conditions de d&#233;tention en g&#233;n&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1985&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;mercredi 27 f&#233;vrier,
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Havre (76), Maison d'Arr&#234;t du HAVRE.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Pour protester contre la mise &#224; sac de leurs cellules durant une fouille qui a eu lieu le matin, quarante-trois d&#233;tenus refusent de manger &#224; midi. Dans la soir&#233;e, sept d&#233;tenus s'infligent des coupures aux bras, pendant que d'autres font du boucan. Pour se plaindre &#233;galement du fait qu'ils n'ont plus d'eau chaude, ceux-ci provoquent une inondation au rez-de-chauss&#233;e. Les d&#233;tenus qui frappent sur divers objets ne cessent leur mouvement qu'une fois la police appel&#233;e en renfort, mais cette derni&#232;re n'a pas &#224; intervenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Dimanche 5 mai :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Sainte-Genevi&#232;ve-des-Bois (91), Maison d'Arr&#234;t de FLEURY-MEROGIS.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Vers 11 heures du matin, les prisonniers en promenade du bloc D4 de cette &#171; superforteresse &#187; se mutinent. Ils refusent de remonter de promenade. Selon un sc&#233;nario qui d&#233;sormais fera recette lors des autres mutineries, ils s'emparent des cl&#233;s et retiennent pour un moment un maton qui sera ensuite rel&#226;ch&#233;. Ils lib&#232;rent la plupart de leurs huit cents cod&#233;tenus du bloc. Ils se livrent ensuite au saccage syst&#233;matique du D4 : cellules, infirmerie, parloirs, vestiaires, vitres cass&#233;es, paillasses incendi&#233;es, syst&#232;me de s&#233;curit&#233; d&#233;truit ; en tout 8 millions de francs [&#8776; 1 200 000 &#8364;] de d&#233;g&#226;ts et le bloc momentan&#233;ment inutilisable. D&#232;s le d&#233;but de l'apr&#232;s-midi les CRS et les gardes-mobiles interviennent massivement et brutalement ; vingt-deux personnes seront hospitalis&#233;es.&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt; &lt;i&gt;- Bois-d'Arcy (78), Maison d'Arr&#234;t de BOIS-D'ARCY.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Vers 19h30, un raffut de plusieurs heures &#224; l'annonce des &#233;v&#233;nements de Fleury au journal t&#233;l&#233;vis&#233; a lieu.&lt;br /&gt;
Vers 23 heures, trois d&#233;tenus s'ouvrent les veines ; l'un d'eux, Patrick Burodo, meurt faute d'empressement dans les secours. Suivant l'antique syst&#232;me de la d&#233;cimation, les &#8220;meneurs&#8221; sont jet&#233;s au mitard, les gr&#226;ces sautent, les coups, les transferts, les mises &#224; l'isolement pleuvent&#8230; Les forces de l'ordre resteront plusieurs jours dans et autour de la prison pour &#233;viter que les prisonniers des autres b&#226;timents ne se rebellent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Lundi 6 mai :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Sainte-Genevi&#232;ve-des-Bois (91), Maison d'Arr&#234;t de FLEURY-MEROGIS.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Trois cents mutins refusent de remonter de promenade au D1 ; l'infirmerie est incendi&#233;e. Les CRS interviennent et des bagarres &#233;clatent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Mardi 7 mai :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Bois-d'Arcy (78), Maison d'Arr&#234;t de BOIS-D'ARCY.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Une quinzaine de mineurs montent sur les toits : ils y resteront jusqu'au 9 mai gr&#226;ce &#224; l'aide des autres d&#233;tenus.&lt;br /&gt;
&#171; Pr&#232;s de deux cents gendarmes mobiles super-&#233;quip&#233;s approchent des b&#226;timents, re&#231;oivent des cailloux, quelques d&#233;tritus, reculent (&#8230;). Toutes les cellules visibles sont agit&#233;es. Bruits de gamelle, en roulement de tambour incessant sur les barreaux (&#8230;). Ceux du toit enl&#232;vent leurs v&#234;tements, les nouent ensemble pour faire une longue corde, une main la saisit et y attache nourriture, boissons&#8230; On communique. Les premi&#232;res banderoles apparaissent &#8220;Y'en a marre : &#224; trois dans 8 m2&#8221;, &#8220;Des gr&#226;ces en plus&#8221;, &#8220;Libert&#233;&#8221;, &#8220;justice pour tout le monde. Les riches et les pauvres&#8221; ou encore &#8220;ils veulent nous tuer&#8221;. Ils hurlent des slogans : &#8220;Badinter encul&#233;&#8221;, &#8220;on br&#251;le la prison&#8221;, &#8220;vive la r&#233;bellion&#8221;, &#8220;CRS-SS&#8221; &#187;. [&lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt;, 9 mai 1985]&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt; &lt;i&gt;- Metz (57), Centre P&#233;nitentiaire de METZ-QUEULEU et Nice (06), Maison d'Arr&#234;t de NICE.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Ces prisons connaissent diverses &#171; agitations &#187; (raffut de gamelles, d&#233;buts d'incendies...)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Mercredi 8 mai :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Loos (59), Maison d'Arr&#234;t de LOOS-LEZ-LILLE.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Vers 15h30, certains prisonniers en promenade refusent de remonter en cellule. Apr&#232;s n&#233;gociations, certains les regagnent mais une dizaine montent sur les toits pour plusieurs heures.&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt; &lt;i&gt;- Grasse (06), Maison d'Arr&#234;t de GRASSE et Bastia (20 &#8211; Corse), Maison d'Arr&#234;t SAINTE-CLAIRE.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Gr&#232;ve des plateaux dans ces deux prisons qui se poursuivra jusqu'&#224; la fin de la semaine. A Bastia, ce sont une vingtaine de prisonniers politiques qui rejoignent le mouvement lanc&#233; par soixante-dix droits communs pour protester contre leurs conditions de d&#233;tention et en solidarit&#233; avec les d&#233;tenu-e-s du continent. A Grasse, ils sont une centaine &#224; je&#251;ner et souhaitent que l'argent de leurs repas du soir ainsi &#233;conomis&#233; soit envoy&#233; &#224; des associations humanitaires luttant contre la faim dans le monde !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Jeudi 9 mai :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Fresnes (94), Maison d'Arr&#234;t de FRESNES.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
En fin de matin&#233;e, quatre cents rebelles montent sur le toit. Les CRS interviennent et c'est l'affrontement entre grenades lacrymog&#232;nes et tuiles. Un d&#233;tenu, Alain Pinol, touch&#233; par une grenade en plein visage, chute dans la cour et meurt peu apr&#232;s. &lt;br /&gt;
&lt;strong&gt; &lt;i&gt;- Rouen (76), Maison d'Arr&#234;t BONNE-NOUVELLE.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Pendant deux jours cons&#233;cutifs, une cinquantaine de d&#233;tenus du quartier des mineurs utilisent le m&#234;me mode d'action, tandis qu'une quarantaine saccagent leurs cellules, en solidarit&#233; avec Fresnes.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt; &lt;i&gt;- Compi&#232;gne (60), Maison d'Arr&#234;t de COMPIEGNE.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Six d&#233;tenus montent &#233;galement sur les toits. &lt;br /&gt;
&lt;strong&gt; &lt;i&gt;- Douai (59), Maison d'Arr&#234;t de DOUAI.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Cinq prisonniers grimpent sur le toit (deux ne se rendront que tard dans la nuit). Affrontement bref avec les CRS. Ils seront lourdement condamn&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Vendredi 10 mai :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Amiens (80), Maison d'Arr&#234;t d'AMIENS.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Quarante d&#233;tenus sur les toits pour protester contre les refus de parloir.&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt; &lt;i&gt;- Nice (06), Maison d'Arr&#234;t de NICE.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Apr&#232;s des &#171; chahuts &#187; toute la semaine, soixante d&#233;tenus parviennent &#224; acc&#233;der aux toits. Pendant les affrontements avec les CRS, ils sont rejoints par une vingtaine de mineurs.&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt; &lt;i&gt;- Rouen (76), Maison d'Arr&#234;t BONNE-NOUVELLE.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Trente prisonniers tentent de se rebeller.&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt; &lt;i&gt;- B&#233;ziers (34), Maison d'Arr&#234;t de BEZIERS.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Cent trente d&#233;tenus prennent en otage trois surveillants et un infirmier durant plusieurs heures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Samedi 11 mai :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#201;vreux (27), Maison d'Arr&#234;t d'&#201;VREUX.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Vingt d&#233;tenus montent sur les toits. &lt;br /&gt;
&lt;strong&gt; &lt;i&gt;- Lyon (69), Maisons d'Arr&#234;t de SAINT-PAUL et SAINt-JOSEPH.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Echec d'une tentative de mutinerie. &lt;br /&gt;
&lt;strong&gt; &lt;i&gt;- Saintes (17), Maison d'Arr&#234;t de SAINTES.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Trente prisonniers montent sur les toits. Ils r&#233;int&#232;grent leurs cellules sans affrontement. &lt;br /&gt;
&lt;strong&gt; &lt;i&gt;- Coutances (50), Maison d'Arr&#234;t de COUTANCES.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Trente-huit mutins se barricadent dans leurs cellules d'o&#249; ils sont d&#233;log&#233;s apr&#232;s affrontement avec les forces de r&#233;pression.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Dimanche 12 mai :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Saint-Brieuc (22), Maison d'Arr&#234;t de SAINT-BRIEUC.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Occupation des toits et affrontement avec les flics.&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt; &lt;i&gt;- Sainte-Genevi&#232;ve-des-Bois (91), Maison d'Arr&#234;t de FLEURY-MEROGIS.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Appel &#224; la gr&#232;ve de la faim, pour une semaine au moins, sign&#233; &#171; Les meneurs de Fleury &#187;, et contresign&#233; par dix-huit d&#233;tenus, afin de r&#233;clamer la lev&#233;e des sanctions tomb&#233;es en masse sur les mutins et affirmer leur solidarit&#233; avec la lutte des d&#233;tenus et leurs revendications.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Lundi 13 mai :&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Refus des plateaux : d'apr&#232;s les chiffres donn&#233;s par l'Administration P&#233;nitentiaire, ils sont soixante au D2 &#224; Fleury (91), soixante-dix &#224; la maison d'arr&#234;t de Fresnes (94) [o&#249; ils protestent en particulier contre le transfert de quatre de leurs camarades], quarante &#224; la prison d'Auxerre (89), soixante &#224; la maison d'arr&#234;t de Saint-Paul (69), vingt-deux &#224; Saint-Malo (35), un certain nombre &#224; Montauban (82) [en solidarit&#233; avec les condamn&#233;s de Douai (59)]. D'autres un peu partout, au Centre de Jeunes D&#233;tenus de Fleury (91), &#224; la Sant&#233; (75), suivent le mouvement. N&#233;anmoins celui-ci ne parviendra pas &#224; faire tache d'huile &#224; cause des difficult&#233;s de circulation de l'information mais aussi du fait du boycott lanc&#233; par l'ASPF (Association Syndicale des Prisonniers de France) par sa voix, Radio Libertaire, semant le d&#233;sarroi parmi les gr&#233;vistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Dimanche 19 mai :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Montpellier (34)], Maison d'Arr&#234;t de MONTPELLIER.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Vers 14 heures, des d&#233;tenus s'emparent des cl&#233;s et &#171; lib&#232;rent &#187; leurs deux cent trente-sept cod&#233;tenus. La prison est d&#233;truite par les rebelles. Affrontement avec la police prise &#224; revers par la foule dehors. Apr&#232;s de longs pourparlers, les forces de r&#233;pression investissent la prison dans la soir&#233;e, et commencent l'&#233;vacuation et le transfert des r&#233;volt&#233;s (il n'y a plus qu'une vingtaine de cellules utilisables pour deux cent quarante d&#233;tenus). La prison, class&#233;e monument historique, devra &#234;tre r&#233;nov&#233;e&#8230; ce que demandaient entre autres les mutins !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[Saccages et d&#233;buts d'incendie dans plusieurs prisons cette m&#234;me journ&#233;e.]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Lundi 8 juillet :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Chaumont (52), Maison d'Arr&#234;t de CHAUMONT.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Quinze d&#233;tenus montent sur les toits pour manifester leur angoisse &#224; l'approche de la gr&#226;ce pr&#233;sidentielle du 14 juillet qui s'annonce particuli&#232;rement ladre. Affrontement avec les flics. Quatre seront lourdement condamn&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Dimanche 14 juillet :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Lyon (69), Maisons d'Arr&#234;t de SAINT-PAUL et SAINT-JOSEPH.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;.&lt;br /&gt;
Une vingtaine de d&#233;tenus se r&#233;voltent au b&#226;timent &#171; psy &#187; qu'ils saccagent et incendient. &lt;br /&gt;
&lt;strong&gt; &lt;i&gt;- Chaumont (52), Maison d'Arr&#234;t de CHAUMONT.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Une quinzaine de d&#233;tenus montent sur les toits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Mercredi 14 ao&#251;t :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Loos (59), Maison d'Arr&#234;t de LOOS-LEZ-LILLE.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Des dizaines de d&#233;tenus montent sur les toits.&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt; &lt;i&gt;- Pointe-&#224;-Pitre (97 &#8211; Guadeloupe), Maison d'Arr&#234;t de POINTE-A-PITRE.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Durant les &#233;meutes qui secouent la Guadeloupe, une trentaine de d&#233;tenus s'&#233;vadent de la prison &#224; la suite d'une mutinerie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Lundi 16 d&#233;cembre :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Saint-Etienne (42), Maison d'Arr&#234;t de la TALAUDIERE.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;.&lt;br /&gt;
Vers 18h30, environ soixante d&#233;tenus refusent de quitter la cour o&#249; ils se sont group&#233;s pour jouer &#224; la p&#233;tanque. Ils font &#233;galement un feu &#224; l'aide de journaux.&lt;br /&gt;
Ils r&#233;clament l'installation imm&#233;diate de postes de t&#233;l&#233;visions individuels. Apr&#232;s 1h30 de vaines discussions avec les responsables p&#233;nitenciers, ces derniers appellent la police. Les r&#233;calcitrants sont alors r&#233;int&#233;gr&#233;s par la force dans leurs cellules par une cinquantaine de policiers.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1986&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Mercredi 14 mai :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Fresnes (94), Maison d'Arr&#234;t de FRESNES.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Les d&#233;tenus relevant de la cat&#233;gorie DPS sont en gr&#232;ve de la faim depuis quatre jours. Ils protestent contre une sanction inflig&#233;e &#224; l'un d'entre eux et contre le statut de DPS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Samedi 24 mai :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Marseille (13), Centre P&#233;nitentiaire des BAUMETTES.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Trois cents mutins refusent de regagner leur cellule pendant vingt minutes pour protester contre les s&#233;vices inflig&#233;s &#224; un prisonnier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Lundi 23 juin :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Paris (75), Maison d'Arr&#234;t PARIS LA SANTE.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Ils sont quatre cents &#224; refuser les plateaux en soutien aux initiatives contre la loi Pasqua. Ils expliquent leur mouvement par ce texte : &#171; Le 16 juin, les JALB, Jeunes Arabes de Lyon et sa Banlieue, ont entam&#233; une gr&#232;ve de la faim illimit&#233;e pour protester contre le projet de loi du gouvernement concernant les &#233;migr&#233;s. En signe de solidarit&#233;, et surtout pour manifester notre volont&#233; de r&#233;sistance, nous avons d&#233;cid&#233; un refus des plateaux lundi 23 juin. Nous signifions ainsi notre refus face aux projets de loi pr&#233;voyant le retrait de la carte de r&#233;sident au motif de &#8220;menace &#224; l'ordre public&#8221;. Tout comme face au projet de loi visant &#224; expulser tout &#233;tranger ayant &#233;t&#233; condamn&#233; &#224; trois mois de prison, et donc au principe de la double peine. Aussi notre d&#233;marche d&#233;passe-t-elle le cadre de l'opposition &#224; ce seul projet de loi et se porte-elle plus globalement contre ce qui attente au statut de l'immigration, contre le d&#233;veloppement de l'Etat policier, contre une toujours pr&#233;tendue r&#233;solution des probl&#232;mes &#233;conomiques et sociaux par l'exclusion carc&#233;rale &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Lundi 6 octobre :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Sainte-Genevi&#232;ve-des-Bois (91), Maison d'Arr&#234;t des Femmes de FLEURY-MEROGIS.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Une vingtaine de d&#233;tenues refusent les plateaux en solidarit&#233; avec deux prisonni&#232;res espagnoles en gr&#232;ve de la faim.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1987&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Du vendredi 10 au lundi 13 juillet :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Sainte-Genevi&#232;ve-des-Bois (91), Maison d'Arr&#234;t des Femmes de FLEURY-MEROGIS.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Plusieurs dizaines de d&#233;tenues refusent de remonter de promenade pour protester contre les vingt transferts disciplinaires intervenus peu de temps auparavant. Chaque soir&#233;e, les prisonni&#232;res refusent de r&#233;int&#233;grer les cellules ; environ deux cents mutines participent au mouvement.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le 12, les gardes mobiles interviennent brutalement et font plusieurs bless&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Lundi 13 juillet :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Sainte-Genevi&#232;ve-des-Bois (91), Maison d'Arr&#234;t des Femmes de FLEURY-MEROGIS.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
De nouveau, cent quatre-vingt-une d&#233;tenues refusent de regagner leurs cellules au terme de la promenade, et de nouveau les gardes mobiles interviennent brutalement. &lt;br /&gt;
&lt;strong&gt; &lt;i&gt;- LOOS (59), Maison d'Arr&#234;t de LOOS-LEZ-LILLE.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Six d&#233;tenus montent sur les toits, les autres d&#233;cident de ne pas remonter de promenade. &lt;br /&gt;
&lt;strong&gt; &lt;i&gt;- Douai (59), Maison d'Arr&#234;t de DOUAI.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Plusieurs dizaines de d&#233;tenus occupent les toits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Mardi 14 juillet :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Sainte-Genevi&#232;ve-des-Bois (91), Maison d'Arr&#234;t (des Femmes et des Hommes) de FLEURY-MEROGIS.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Suite &#224; dix-huit transferts vers Rennes (35), deux cents d&#233;tenues de la maison d'arr&#234;t de femmes refusent de remonter de promenade, provoquant l'intervention des CRS. Plusieurs centaines de prisonniers des Dl, D2, D4, D5, restent dans la cour aux cris de : &#171; Non &#224; la mort lente ! &#187; Ils br&#251;lent la chaufferie, les matelas et la literie, l'infirmerie est saccag&#233;e. Une vingtaine d'entre eux parviennent &#224; monter sur les toits o&#249; ils resteront jusqu'&#224; 20h30. Intervention des gendarmes mobiles, des CRS et du GIGN&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb59&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. T&#233;moignage de la mutinerie dans la brochure Y a du baston dans la taule, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh59&#034;&gt;59&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Mercredi 15 juillet :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Sainte-Genevi&#232;ve-des-Bois (91), Maison d'Arr&#234;t de FLEURY-MEROGIS.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Cent trente d&#233;tenus forcent une porte et s'introduisent sur le chemin de ronde pendant trois quarts d'heure avant d'&#234;tre refoul&#233;s par les gardes mobiles. Au D4, dans la soir&#233;e, une quarantaine d'entre eux tentent en vain de monter sur les toits. &lt;br /&gt;
&lt;strong&gt; &lt;i&gt;- Douai (59), Maison d'Arr&#234;t de DOUAI.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Des d&#233;tenus montent sur les toits. &lt;br /&gt;
&lt;strong&gt; &lt;i&gt;- Rouen (76), Maison d'Arr&#234;t BONNE-NOUVELLE.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Une centaine de prisonniers montent sur les toits pour protester contre la qualit&#233; de la nourriture et le surpeuplement ; un d&#233;but d'incendie &#233;clate dans les ateliers.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Jeudi 16 juillet :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Marseille (13), Centre P&#233;nitentiaire des BAUMETTES.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Deux cents rebelles montent sur les toits pendant quatre heures. Une banderole : &#171; on veut une commission d'enqu&#234;te des droits de l'homme &#187; Plusieurs centaines se mutinent &#224; l'int&#233;rieur. Un atelier de menuiserie br&#251;le et le b&#226;timent B est presque d&#233;truit. Intervention extr&#234;mement violente des CRS qui fait de nombreux bless&#233;s. &lt;br /&gt;
&lt;strong&gt; &lt;i&gt;- Sainte-Genevi&#232;ve-des-Bois (91), Maison d'Arr&#234;t de FLEURY-MEROGIS.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Des d&#233;tenus du D3 tentent de lib&#233;rer leurs camarades du D2 mis au mitard ; ils cassent les grillages s&#233;parant les deux cours, ceux du chemin de ronde, mais ne parviennent pas &#224; aller plus loin et doivent r&#233;int&#233;grer les cellules.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Vendredi 17 juillet :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Marseille (13), Centre P&#233;nitentiaire des BAUMETTES.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Mouvement de toute la prison contre les sanctions. Sont r&#233;clam&#233;s plus de parloirs, dont des parloirs sexuels, et plus de douches. La tentative de mutinerie est vite &#233;touff&#233;e du fait de la pr&#233;sence des CRS devant la prison. &lt;br /&gt;
&lt;strong&gt; &lt;i&gt;- Sainte-Genevi&#232;ve-des-Bois (91), Maison d'Arr&#234;t de FLEURY-MEROGIS.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Trois cents d&#233;tenus refusent de regagner leurs cellules, trente d'entre eux montent sur les toits et une camionnette est incendi&#233;e. &lt;br /&gt;
&lt;strong&gt; &lt;i&gt;- Amiens (80), Maison d'Arr&#234;t d'AMIENS.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Une tentative de r&#233;volte de soixante d&#233;tenus est vite r&#233;prim&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Samedi 18 juillet :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Amiens (80), Maison d'Arr&#234;t d'AMIENS.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Une trentaine d'insurg&#233;s refusent de remonter de promenade. Ils regagnent les cellules &#171; sans incident &#187; apr&#232;s l'intervention des forces de r&#233;pression. &lt;br /&gt;
&lt;strong&gt; &lt;i&gt;- Douai (59), Maison d'Arr&#234;t de DOUAI.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Une trentaine de d&#233;tenus refusent de remonter de promenade.&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt; &lt;i&gt;- Marseille (13), Maison d'Arr&#234;t des BAUMETTES.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Ouverture d'une information judiciaire contre les mutins du 16 et 17 juillet ; huit inculpations pour les &#233;v&#233;nements du 16 et sept autres pour les &#233;v&#233;nements du 17. Ils doivent passer en flagrant d&#233;lit pour &#171; r&#233;bellion et d&#233;gradation volontaire &#187;. Dans la soir&#233;e, la CRS 54, pr&#233;sente dans la prison pour &#171; garder &#187; les prisonniers, se livre &#224; des violences contre les d&#233;tenus : coups, humiliations, tabassages, saccage des affaires personnelles, insultes, etc. Ces agissements durent toute une partie de la nuit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Dimanche 19 juillet :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Aix en Provence (13), Maison d'Arr&#234;t d'AIX-LUYNES.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Quarante-quatre prisonniers font la gr&#232;ve de la faim en solidarit&#233; avec ceux des Baumettes. &lt;br /&gt;
&lt;strong&gt; &lt;i&gt;- Colmar (68), Maison d'Arr&#234;t de COLMAR.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Apr&#232;s la promenade du matin, une quarantaine de d&#233;tenus refusent de r&#233;int&#233;grer les cellules. Ils incendient les literies, brisent le mobilier, les portes, etc. &#192; l'origine de cette mutinerie, la mort d'un prisonnier. En fin de matin&#233;e, intervention des policiers. &lt;br /&gt;
&lt;strong&gt; &lt;i&gt;- Nice (06), Maison d'Arr&#234;t de NICE.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Des d&#233;tenus montent sur les toits, l'un d'eux en profite pour s'&#233;vader.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Lundi 20 juillet :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Fresnes (94), Maison d'Arr&#234;t de FRESNES.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Mouvement de gr&#232;ve de la faim &#224; la suite de la mort du d&#233;tenu Selliah Chandrabose (au bout de six mois de gr&#232;ve de la faim).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Samedi 25 et dimanche 26 juillet :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Rennes (35), Centre P&#233;nitentiaire pour Femmes de RENNES.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Cinquante prisonni&#232;res se mettent en gr&#232;ve de la faim pendant deux jours, pour obtenir de meilleures conditions de d&#233;tention et des soins m&#233;dicaux d&#233;cents. Adressant un courrier &#224; la Chancellerie, elles protestent &#233;galement contre la mort de Selliah Chandrabose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Mercredi 29 juillet :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Marseille (13), Centre P&#233;nitentiaire des BAUMETTES.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Cent cinquante prisonniers &#233;crivent au juge pour demander &#224; &#234;tre eux aussi inculp&#233;s tout comme les sept d'entre eux qui comparaissent en flagrant d&#233;lit, &#233;tant tous solidaires du mouvement du 17 juillet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Du mardi 11 au lundi 17 ao&#251;t :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Fresnes (94), Maison d'Arr&#234;t de FRESNES.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Gr&#232;ve des plateaux des d&#233;tenus particuli&#232;rement signal&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Jeudi 13 ao&#251;t :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Marseille (13), Centre P&#233;nitentiaire des BAUMETTES.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Des d&#233;tenus s'emparent de cl&#233;s et saccagent des cellules. Des affrontements avec les forces de r&#233;pression s'ensuivent. La r&#233;pression est violente, il y a officiellement dix-neuf bless&#233;s. Ils r&#233;clament l'am&#233;lioration des conditions de d&#233;tention (douches suppl&#233;mentaires).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Jeudi 12 et vendredi 13 novembre :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Saint-Maur (36), Maison Centrale de SAINT-MAUR.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
La centrale s'embrase. Les insurg&#233;s demandent plus de remises de peine, de conditionnelles et de permissions de sortie. Ils s'emparent de douze otages (neuf surveillants, le directeur et deux enseignants).&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb60&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. T&#233;moignage de la mutinerie dans la brochure Y a du baston dans la taule, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh60&#034;&gt;60&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Dimanche 22 novembre :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Bois-d'Arcy (78), Maison d'Arr&#234;t de BOIS-D'ARCY.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Incendies dans les cellules pour protester contre les conditions de d&#233;tention.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Vendredi 4 d&#233;cembre :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Besan&#231;on (25), Maison d'Arr&#234;t de BESAN&#199;ON.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Vingt-deux d&#233;tenus du quartier d'isolement (QI) prennent en otage trois surveillants et d&#233;truisent les locaux. Ils r&#233;clament l'arr&#234;t des transferts et la suppression de l'isolement, c'est-&#224;-dire la suppression effective des QHS [rebaptis&#233;s QI], leur r&#233;int&#233;gration en centrale et une rencontre avec la presse. Apr&#232;s vingt-quatre heures de discussion, les otages sont lib&#233;r&#233;s par le RAID [Unit&#233; Recherche, Assistance, Intervention et Dissuasion ; unit&#233; d'&#233;lite de la police nationale].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Lundi 7 d&#233;cembre :&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
D&#233;but de la gr&#232;ve de la faim de Jo&#235;lle Aubron, Nathalie M&#233;nigon, Jean-Marc Rouillan et Georges Cipriani, militants d'Action Directe emprisonn&#233;s. Leurs revendications : contre les mesures d'isolement, pour le droit au regroupement des prisonniers politiques. Robert Pandraud, ministre d&#233;l&#233;gu&#233; &#224; la s&#233;curit&#233;, d&#233;clarera le 17 f&#233;vrier 1989 &#224; leur sujet alors qu'ils &#233;taient &#224; leur quatre-vingti&#232;me jour de gr&#232;ve de la faim : &#171; Faire la gr&#232;ve de la faim, c'est leur droit. On peut toujours faire des r&#233;gimes d'amaigrissement &#187;. &lt;br /&gt;
&lt;strong&gt; &lt;i&gt;- Bourg-en-Bresse (01), Maison d'Arr&#234;t de BOURG-EN-BRESSE.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Gr&#232;ve de la faim d'une trentaine de d&#233;tenus pour protester contre les sanctions prises &#224; l'encontre de quatre de leurs camarades pour chahut et contre des tabassages des matons.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Deuxi&#232;me partie :&lt;br /&gt;
1988 &#8211; 2010&lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1988&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Janvier :&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
[Poursuite de la gr&#232;ve de la faim des quatre d'Action Directe.]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Lundi 29 f&#233;vrier :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Sainte-Genevi&#232;ve-des-Bois (91), Maison d'Arr&#234;t pour Femmes de FLEURY-MEROGIS.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Refus des plateaux de plusieurs dizaines de d&#233;tenues en solidarit&#233; avec les quatre d'Action Directe (toujours en gr&#232;ve de la faim et en proc&#232;s), et contre l'isolement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Lundi 14 mars :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Fresnes (94), Maison d'Arr&#234;t de FRESNES.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Gr&#232;ve des plateaux &#224; l'initiative d'un groupe de d&#233;tenus &#171; droits communs et politiques m&#234;l&#233;s pour en finir une fois pour toute avec l'isolement &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Mercredi 06 avril :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Ensisheim (68), Maison Centrale d'ENSISHEIM.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Ils sont deux cent soixante-dix &#224; r&#233;duire en cendres les trois quarts des b&#226;timents.&lt;br /&gt;
Ils d&#233;noncent la politique d'am&#233;nagement des peines les poussant &#224; la r&#233;volte (pas ou peu de remise de peine, de conditionnelles), et la destruction par l'isolement. Cinq &#171; meneurs &#187; sont inculp&#233;s.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb61&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. T&#233;moignage de la mutinerie dans la brochure Y a du baston dans la taule, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh61&#034;&gt;61&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Lundi 20 juin :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Paris (75), Maison d'Arr&#234;t PARIS LA SANTE.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Deux d&#233;tenus montent sur les toits, o&#249; ils resteront pr&#232;s de quarante-huit heures, pour protester contre la lourdeur de leur peine ; cent vingt de leurs camarades refusent de regagner leurs cellules en signe de soutien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Mercredi 22 juin :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Lyon (69), Maisons d'Arr&#234;t de SAINT-PAUL et SAINT-JOSEPH.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Les huit cents prisonniers organisent un chahut contre la maigreur du projet d'amnistie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Lundi 27 juin :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Toulouse (31), Maison d'Arr&#234;t SAINT-MICHEL.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Quarante d&#233;tenus refusent de remonter de promenade pour protester contre les conditions de d&#233;tention.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt; Jeudi 4 ao&#251;t :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Lyon (69), Maisons d'Arr&#234;t de SAINT-PAUL et SAINT-JOSEPH.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Six cents d&#233;tenus font la gr&#232;ve des plateaux en solidarit&#233; avec Mouloud Aissou, pr&#233;sum&#233; membre d'Action directe et toujours en gr&#232;ve de la faim depuis le 20 juin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Samedi 6 ao&#251;t :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Saint-Martin-de-R&#233; (17), Maison Centrale de SAINT-MARTIN-DE-RE.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Cinquante d&#233;tenus refusent de remonter de promenade suite &#224; une tentative de suicide de l'un des leurs et s'emparent de la citadelle. Intervention des CRS et du GIGN. La Chancellerie refuse de donner des informations, les journalistes sont &#233;cart&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Mercredi 10, lundi 22 et mardi 23 ao&#251;t :&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Gr&#232;ve des plateaux chez les DPS de la 3&#232;me division de Fresnes (94), puis &#224; la Sant&#233; (75), &#224; la maison d'arr&#234;t des Femmes de Fleury (91), ainsi qu'au quartier d'isolement (QI) de Fleury. Publication d'une plateforme pour l'abolition de l'isolement et du statut de DPS, du mitard, du pr&#233;toire, de la censure ; pour l'am&#233;lioration des parloirs et des rencontres avec les familles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Lundi 22 et mardi 23 ao&#251;t :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Loos (59), Maison d'Arr&#234;t de LOOS-LEZ-LILLE.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Mouvement tournant de refus de rentrer de promenade. Refus d'&#234;tre emmen&#233; au tribunal pour protester contre les conditions de d&#233;tention et la lenteur de la justice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Samedi 10 septembre :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Prisons de FRESNES (94), FLEURY-MEROGIS (91), LA SANTE (75).&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
D&#233;but de la gr&#232;ve de la faim de neuf militants basques, pour la cessation de l'isolement, et la gr&#226;ce m&#233;dicale pour un de leur camarade : Etxeveste, gri&#232;vement bless&#233; &#224; la colonne vert&#233;brale (il est invalide). Le 14, ce mouvement est rejoint par quatre autres militants basques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[Dans cette chronologie, il n'est fait mention que de quelques mouvements de prisonniers basques. Cependant ceux-ci sont r&#233;guli&#232;rement en lutte, et ce, encore aujourd'hui. &lt;i&gt;Cf.&lt;/i&gt; mars 2010]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Du dimanche 11 au mardi 13 septembre :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Muret (31), Centre de D&#233;tention de MURET.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Deux cent prisonniers refusent chaque jour de r&#233;int&#233;grer les cellules. Revendications : suppression du mitard, du pr&#233;toire, des peines &#224; perp&#233;tuit&#233; et am&#233;lioration des conditions de d&#233;tention (cantine, parloirs intimes&#8230;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Mardi 13 septembre :&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Plusieurs milliers de prisonniers participent &#224; une journ&#233;e nationale d'action dans toutes les prisons de France. Pr&#232;s de six mille, selon le Minist&#232;re de la Justice, vraisemblablement pr&#232;s de dix mille en r&#233;alit&#233; [l'AP &#224; tendance &#224; minorer les chiffres quand ceux-ci vont contre son int&#233;r&#234;t] ; soit un cinqui&#232;me de la population p&#233;nitentiaire. Refus d'accepter les plateaux-repas, refus de remonter de promenade, gr&#232;ve des prisonniers employ&#233;s aux ateliers : l'action a pris des formes multiples. Mais jamais, de toute leur histoire, les prisons fran&#231;aises n'ont connu un mouvement de lutte coordonn&#233;e d'une telle ampleur. Des plateformes sortent de nombreuses prisons d&#232;s le mois d'ao&#251;t. Les revendications reprennent celles &#233;nonc&#233;es lors des mouvements : suppression de l'isolement, du pr&#233;toire, du mitard, application des lib&#233;rations conditionnelles, des gr&#226;ces et des remises de peine, uniformisation des r&#232;glements int&#233;rieurs, abolition de la censure, abolition du statut de DPS, SMIC pour tous les travailleurs, parloirs sexuels, lev&#233;e des sanctions contre les mutins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Mardi 15 novembre :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Poissy (78), Maison Centrale de POISSY.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Deux cent cinquante d&#233;tenus occupent la cour pour protester contre les conditions de d&#233;tention.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1989&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Mercredi 8 mars :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Marseille (13), Centre P&#233;nitentiaire des BAUMETTES.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Trois cent quarante-cinq prisonniers envoient simultan&#233;ment une demande de mise en libert&#233;, esp&#233;rant que tous les dossiers ne pourront &#234;tre trait&#233;s dans les d&#233;lais l&#233;gaux et que certains seront ainsi automatiquement remis en libert&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Mardi 11 avril :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Poissy (78), Maison Centrale de POISSY.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Trois cents d&#233;tenus prennent en otages huit surveillants pour protester contre la mise au mitard d'un d&#233;tenu.&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt; &lt;i&gt;- Toul (54), Centre de D&#233;tention de NEY-DE-TOUL.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Cent prisonniers ma&#238;trisent quatre surveillants pour protester contre les conditions de d&#233;tention.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Mardi 18 avril :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Sainte-Genevi&#232;ve-des-Bois (91), Maison d'Arr&#234;t de FLEURY-MEROGIS.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Deux cents d&#233;tenus manifestent dans la cour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Dimanche 4 juin :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Pointe-&#224;-Pitre (97 &#8211; Guadeloupe), Maison d'Arr&#234;t de POINTE-A-PITRE.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Les d&#233;tenus incendient le b&#226;timent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Lundi 12 juin :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Bayel (10), Maison Centrale de CLAIRVAUX.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Suite &#224; une rixe entre un prisonnier et des matons, des d&#233;tenus sur le terrain de sport refusent de remonter de la promenade. Une tentative de mutinerie &#233;choue et les gardes mobiles investissent le terrain. Sans violence, les r&#233;volt&#233;s se dirigent alors vers la porte, mais huit sont mis &#224; part et tabass&#233;s par les surveillants (haie d'honneur) devant les gendarmes. L'un d'eux subira une fouille rectale&#8230; &#224; l'aide d'une cl&#233; (!), avant de prendre quarante-cinq jours de cachot comme ses camarades.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Jeudi 15 juin :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Marseille (13), Centre P&#233;nitentiaire des BAUMETTES.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Six cent cinquante d&#233;tenus refusent de remonter de promenade.&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt; &lt;i&gt;- Caen (14), Maison d'Arr&#234;t de CAEN.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Cent vingt refusent de remonter de promenade.&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt; &lt;i&gt;- Saint-&#201;tienne (42), Maison d'Arr&#234;t de la TALAUDIERE.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Ils sont cinquante &#224; faire de m&#234;me.&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt; &lt;i&gt;- Lannemezan (65), Centre P&#233;nitentiaire de LANNEMEZAN.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Cent soixante &#224; ne pas quitter les cours.&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt; &lt;i&gt;- Loos (59), Maison d'Arr&#234;t de LOOS-LEZ-LILLE.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Soixante-dix proc&#232;dent de m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[Tous protestent contre l'insuffisance des mesures d'amnistie et des r&#233;ductions de peine.]&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Vendredi 16 juin :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Poissy (78), Maison Centrale de POISSY.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Refus de remonter de promenade.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Lundi 19 juin :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Yzeure (03), Maison Centrale de MOULINS-YZEURE.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Les contestataires refusent de remonter de promenade. Intervention des CRS.&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt; &lt;i&gt;- Lyon (69), Maison d'Arr&#234;t de SAINT-PAUL.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Les m&#234;mes &#233;v&#233;nements se produisent dans cette prison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Vendredi 30 juin :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Yzeure (03), Maison Centrale de MOULINS-YZEURE.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Des d&#233;tenus refusent pour la troisi&#232;me fois dans le mois de remonter de promenade avec de nouveau l'intervention des CRS, sans assaut ni violence. Trois jours plus tard, sept d&#233;tenus d&#233;sign&#233;s comme &#171; meneurs &#187; sont transf&#233;r&#233;s &#224; la maison d'arr&#234;t voisine de la centrale et plac&#233;s en isolement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Lundi 17 juillet :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Saint-Maur (36), Maison Centrale de SAINT-MAUR.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Sept surveillants sont pris en otages pendant trois heures par une soixantaine de prisonniers du b&#226;timent B pour protester contre une sanction inflig&#233;e &#224; un d&#233;tenu qui avait insult&#233; un gardien. Ils exigent par la m&#234;me occasion la satisfaction des exigences formul&#233;es dans la plateforme nationale dite des &#171; cinq points &#187; (fermeture des QI, abolition du pr&#233;toire et du mitard, suppression du statut de DPS, un statut unique pour tous, amnistie pour tous les &#171; mutins &#187; condamn&#233;s et le SMIC pour les travailleurs). Dans la soir&#233;e, apr&#232;s une n&#233;gociation avec le procureur de la R&#233;publique de Ch&#226;teauroux, les matons sont lib&#233;r&#233;s et les mutins regagnent leurs cellules.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Jeudi 20 juillet :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Saint-Maur (36), Maison d'Arr&#234;t de SAINT-MAUR.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
L'un des sept isol&#233;s suite au mouvement du 30 juin est exp&#233;di&#233; au mitard apr&#232;s une altercation avec un surveillant. Ses six camarades l'y rejoignent par solidarit&#233; et se mettent en gr&#232;ve de la faim contre les quartiers d'isolement. Huit jours plus tard, les d&#233;tenus de la maison d'arr&#234;t refusent les plateaux-repas en soutien aux gr&#233;vistes. Le 2 ao&#251;t, ils sortent du cachot et retournent en centrale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Mercredi 26 juillet :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Poissy (78), Maison Centrale de POISSY.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Deux cent soixante treize mutins refusent de remonter en cellule et occupent les toits. Ils demandent la fermeture des Quartiers d'Isolement et d&#233;noncent la mort d'un des leurs, intervenue dans des circonstances suspectes. Ils r&#233;ussissent &#224; s'adresser aux passants au moyen d'un micro et d'un ampli &#224; partir des toits. Intervention des CRS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Mardi 5 septembre :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Fresnes (94), Maison d'Arr&#234;t de FRESNES.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Les DPS de la troisi&#232;me division refusent de prendre leurs repas et cessent de cantiner toute nourriture. Au bout d'une semaine, le mouvement s'&#233;tend aux quartiers DPS des deux autres divisions de la prison. Ils demandent la cessation des mesures vexatoires, le respect des engagements pris par la direction lors des pr&#233;c&#233;dents mouvements, le droit &#224; la sant&#233; et l'hygi&#232;ne, la suppression du pr&#233;toire et du mitard ainsi qu'un r&#233;gime unique pour tous. Le mouvement continuera sur une vingtaine de jours et touchera &#233;galement une partie de la d&#233;tention &#171; ordinaire &#187;. Quatre DPS consid&#233;r&#233;s comme &#171; meneurs &#187; seront transf&#233;r&#233;s &#224; Fleury-M&#233;rogis et plac&#233;s &#224; l'isolement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Lundi 11 septembre :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Yzeure (03), Maison Centrale de Moulins-Yzeure.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Dix prisonniers refusent de se faire fouiller par palpation syst&#233;matiquement &#224; chaque entr&#233;e et sortie de cellule. Quatre d'entre eux sont exp&#233;di&#233;s au cachot. Le lendemain, pour manifester leur solidarit&#233; et leur refus des fouilles, dix d&#233;tenus refusent de remonter de promenade. Un seul est exp&#233;di&#233; au mitard (puisqu'il n'y a que cinq cellules de mitard dans cette prison), les autres prennent des rapports (qui entra&#238;nent un passage au pr&#233;toire). Pendant la dur&#233;e de leur isolement, deux d&#233;tenus sont gaz&#233;s et frapp&#233;s par les matons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Jeudi 28 septembre :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Draguignan (83), Centre P&#233;nitentiaire de DRAGUIGNAN.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Deux cent vingt portes de cellules sont ouvertes &#224; la maison d'arr&#234;t et &#224; la centrale. Les d&#233;g&#226;ts sont importants, les policiers donnent l'assaut le 29 au matin. Ces troubles r&#233;sultent de la gr&#232;ve des surveillants et de la suppression des parloirs qu'elle avait entra&#238;n&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Lundi 2 octobre :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Rennes (35), Maison d'Arr&#234;t de RENNES.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Suite &#224; un appel lanc&#233; par les DPS de Fresnes, les d&#233;tenus proc&#232;dent &#224; une gr&#232;ve des plateaux-repas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Mercredi 29 novembre :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Yzeure (03), Maison d'Arr&#234;t de MOULINS-YZEURE.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
En solidarit&#233; avec un d&#233;tenu plac&#233; en quartier disciplinaire, les d&#233;tenus de la prison refusent de prendre leurs plateaux-repas et frappent longuement contre les portes de leurs cellules. L'AP d&#233;signe cinq &#171; meneurs &#187; qu'elle place au mitard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Vendredi 1er d&#233;cembre :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Yzeure (03), Maison d'Arr&#234;t de MOULINS-YZEURE.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Les d&#233;tenus de la maison d'arr&#234;t refusent de nouveau les plateaux et une vingtaine d'entre eux d&#233;cident de ne pas r&#233;int&#233;grer leurs cellules apr&#232;s la promenade du matin. Ils exigent la sortie du mitard de leurs cinq camarades. L'AP leur promet une sortie pour le 5 d&#233;cembre, jour du pr&#233;toire.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1990&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Lundi 5 f&#233;vrier :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Yzeure (03), Centre P&#233;nitentiaire de MOULINS-YZEURE.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Les prisonniers en lutte participent &#224; une &#171; journ&#233;e morte &#187; en soutien aux 12 mutins de Saint-Maur qui passent en proc&#232;s &#224; Ch&#226;teauroux &#224; la fin du mois. 90 % de la d&#233;tention y prend part. Ce pourcentage est quasiment &#233;quivalent dans la maison d'arr&#234;t voisine. Le mouvement de refus des plateaux-repas d&#233;clench&#233; d&#232;s le 3 f&#233;vrier s'&#233;tale sur plusieurs jours avec un &#233;gal succ&#232;s. L'AP r&#233;agit par plusieurs transferts disciplinaires et la mise en isolement de 18 rebelles.&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt; &lt;i&gt;- Versailles (78), Maison d'Arr&#234;t pour Femmes de VERSAILLES.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;BR /&gt;
Toujours en soutien avec ceux de Saint-Maur, plusieurs d&#233;tenues refusent leurs plateaux-repas durant trois jours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Lundi 12 f&#233;vrier :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Bois-d'Arcy (78), Maison d'Arr&#234;t de BOIS-D'ARCY.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Sept d&#233;tenus du quartier d'isolement m&#232;nent une gr&#232;ve de la faim illimit&#233;e pour d&#233;noncer le recours syst&#233;matique &#224; l'isolement total contre les prisonnier-e-s rebelles et mettre en avant des exigences pr&#233;cises : le droit &#224; &#234;tre deux en promenade ainsi que le choix de la personne et l'acc&#232;s &#224; la salle de sport. Trois jours plus tard, ils obtiennent satisfaction sur le premier point de leurs exigences et pourront ainsi &#234;tre deux en promenade. Ils arr&#234;tent donc la gr&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;F&#233;vrier :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Marseille (13), Maison d'Arr&#234;t des BAUMETTES.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Pour protester contre la lenteur des proc&#233;dures d'instruction, quatre d&#233;tenus en pr&#233;ventive entament une gr&#232;ve de la faim. L'un d'eux entame ce mouvement en se cousant la bouche.&lt;br /&gt;
En solidarit&#233; avec les quatre gr&#233;vistes, la grande majorit&#233; des deux mille quatre cents d&#233;tenus que compte la prison adressent une lettre ouverte au garde des sceaux dans laquelle ils exigent &#171; une r&#233;organisation du syst&#232;me judicaire afin d'&#234;tre jug&#233;s dans des d&#233;lais corrects &#187;. Le 23, ils font un mouvement de refus des plateaux-repas pour 24 heures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Mercredi 28 mars :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Marseille (13), Maison d'Arr&#234;t des BAUMETTES.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Trois cent trente-cinq prisonniers d&#233;posent le m&#234;me jour une demande identique de mise en libert&#233;, cherchant par l&#224; &#224; d&#233;noncer la longueur des d&#233;tentions pr&#233;ventives et &#224; prendre l'appareil judiciaire &#224; son propre pi&#232;ge. Un an auparavant, un millier de d&#233;tenus de cette prison avait, de concert, r&#233;cus&#233; leurs avocats pour protester contre le fait que les droits de la d&#233;fense sont constamment bafou&#233;s. A chaque fois un vent de panique s'empare des instances judiciaires locales et nationales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Mardi 3 avril :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Nice (06), Maison d'Arr&#234;t de NICE.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Le mouvement entam&#233; aux Baumettes fait tache d'huile : cent trente prisonniers d&#233;posent des demandes de mise en libert&#233; en m&#234;me temps. En outre, cela fait plusieurs jours qu'ils refusent de remonter de promenade. L'AP, en guise de repr&#233;sailles, suspendra les parloirs &#224; toutes les familles des d&#233;tenus concern&#233;s.&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt; &lt;i&gt;- Loos (59), Maison d'Arr&#234;t de LOOS-LEZ-LILLE.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Cent cinquante prisonniers prennent la m&#234;me initiative.&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt; &lt;i&gt;- Ajaccio (20 &#8211; Corse), Maison d'Arr&#234;t d'AJACCIO.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Les quarante d&#233;tenus que compte la prison font eux aussi la m&#234;me d&#233;marche.&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt; &lt;i&gt;- Nice (06), Maison d'Arr&#234;t de NICE.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Vingt-sept d&#233;tenus refusent de rejoindre leurs cellules au terme de la promenade, une quinzaine d'entre eux occupent les toits durant deux heures.&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt; &lt;i&gt;- B&#233;thune (62), Maison d'Arr&#234;t de BETHUNE.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Les prisonniers effectuent la &#171; gr&#232;ve escargot &#187;. Elle consiste &#224; retarder d'une demi-heure les retours en cellule &#224; l'issue des promenades.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Samedi 7 avril :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Nantes (44), Centre P&#233;nitentiaire de NANTES.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Sept mineurs en d&#233;tention pr&#233;ventive passent la nuit sur le toit de la maison d'arr&#234;t afin de r&#233;clamer leur lib&#233;ration. Ils obtiennent finalement une rencontre avec le procureur de la R&#233;publique, qui ne donnera rien puisque trois d'entre eux r&#233;cidivent quatre jours plus tard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Jeudi 12 avril :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Nantes (44), Centre P&#233;nitentiaire de NANTES.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Quatre mutins montent sur les toits de la maison d'arr&#234;t et r&#233;clament leur lib&#233;ration imm&#233;diate. A peine ont-ils quitt&#233;s les toits que l'AP fait installer des barbel&#233;s provisoires. Un des quatre sera retrouv&#233; pendu dans une cellule du quartier disciplinaire neuf jours plus tard. Celui-ci n'avait manifest&#233; aucune intention d'un tel acte et, deux jours plus t&#244;t, il avait re&#231;u la visite de l'aum&#244;nier et d'un m&#233;decin &#224; qui il n'avait nullement sembl&#233; perturb&#233; d'une quelconque mani&#232;re. Il rejoint la longue liste des morts suspectes en prison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Lundi 23 avril :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Fresnes (94), Maison d'Arr&#234;t pour Femmes de FRESNES.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
En solidarit&#233; avec les prisonniers de Saint-Maur qui comparaissent devant le tribunal de Ch&#226;teauroux, les prisonni&#232;res organisent un mouvement collectif de refus de la gamelle pour les trois jours d'audience (le 23, 24, 25 avril). A cette occasion, elles &#233;laborent une plateforme revendicative unitaire qui est transmise au Minist&#232;re de la Justice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Fin avril :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Marseille (13), Maison d'Arr&#234;t des BAUMETTES.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Environ six cents d&#233;tenus participent au mouvement collectif de d&#233;nonciation des lenteurs judiciaires entam&#233; le mois dernier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Samedi 28 avril :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Loos (59), Maison d'Arr&#234;t de Loos-lez-Lille.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Cent trente-sept prisonniers de la section D de la maison d'arr&#234;t refusent de remonter de promenade. Ils sont rejoints par trois cent soixante-dix d&#233;tenus du b&#226;timent central. Apr&#232;s avoir saccag&#233; le garage et l'atelier de menuiserie, soixante-seize rebelles montent sur les toits d'o&#249; ils bombardent flics (policiers urbains, gendarmes, CRS, GIPN [Groupe d'Intervention de la police Nationale] &#8211; presque deux cent hommes !) et pompiers accourus en masse. Ils protestent contre le surpeuplement, la dur&#233;e de d&#233;tention pr&#233;ventive et exigent des am&#233;liorations de la vie quotidienne (chauffage, douches, draps propres). Les insurg&#233;s passent la nuit sur les toits et ne se rendent qu'apr&#232;s avoir obtenu la garantie qu'il n'y aurait pas de repr&#233;sailles. Une trentaine de d&#233;tenus finissent au quartier disciplinaire, dont seize &#171; meneurs &#187; au quartier d'isolement, et transfert pour certains. Les d&#233;g&#226;ts sont consid&#233;rables, ils se chiffrent &#224; dix millions de francs [&#8776; 1 500 000 &#8364;] : t&#233;l&#233;viseurs, serrures et sanitaires d&#233;truits, cent soixante-quinze cellules d&#233;vast&#233;es, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Dimanche 29 avril :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Douai (59), Maison d'Arr&#234;t de DOUAI.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Cinq cent quarante d&#233;tenus incendient un baraquement et grimpent sur les toits. Ils se rendent dans la soir&#233;e. Leurs revendications portent sur les conditions de vie et d'hygi&#232;ne, ainsi que sur la lenteur des proc&#233;dures judicaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Lundi 30 avril :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Douai (59), Maison d'Arr&#234;t de DOUAI.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Le mouvement reprend avec cent cinquante prisonniers qui refusent de remonter de promenade et qui montent sur le toit d'un pr&#233;au. Leurs revendications portent &#224; la fois sur des probl&#232;mes locaux et sur les principales exigences communes au mouvement carc&#233;ral national. Apr&#232;s une rencontre entre une d&#233;l&#233;gation des d&#233;tenus avec le procureur de la R&#233;publique et le sous-pr&#233;fet, la police donne brutalement l'assaut. En solidarit&#233;, les d&#233;tenus de Loos-lez-Lille d&#233;clenchent imm&#233;diatement un &#171; chahut &#187;. Vingt-cinq rebelles sont transf&#233;r&#233;s &#224; Fleury-M&#233;rogis (91) et Rouen (76) et sont plac&#233;s au mitard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Mardi 1er mai :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Bois-d'Arcy (78), Maison d'Arr&#234;t de BOIS-D'ARCY.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Ils sont cent dix-neuf &#224; refuser de remonter de promenade. L'intervention de deux cent cinquante CRS et gendarmes fait quatre bless&#233;s bien que les d&#233;tenus n'aient manifest&#233; aucune agressivit&#233;. Treize d'entre eux sont imm&#233;diatement plac&#233;s en isolement et certains sont transf&#233;r&#233;s.&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt; &lt;i&gt;- Metz (57), Centre P&#233;nitentiaire de METZ-QUEULEU.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Une trentaine de d&#233;tenus parviennent &#224; monter sur les toits.&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt; &lt;i&gt;- Angers (49), Maison d'Arr&#234;t d'ANGERS.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Des prisonniers tentent d'acc&#233;der aux toits mais ils &#233;chouent. Affrontement avec les forces de r&#233;pression.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Jeudi 3 mai :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Draguignan (83), Maison d'Arr&#234;t de DRAGUIGNAN.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Quarante-neuf prisonniers refusent de regagner leurs cellules.&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt; &lt;i&gt;- Bourgoin-Jallieu (38), Maison d'Arr&#234;t de BOURGOIN-JALLIEU.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Vers 16 heures, quatorze d&#233;tenus refusent de regagner leurs cellules pour protester contre la qualit&#233; de la nourriture et le nouveau r&#233;gime des parloirs o&#249; il n'y a plus d'intimit&#233; pour les familles. Sans tarder, les forces de police et de gendarmerie prennent position autour du b&#226;timent et entament des n&#233;gociations avec les rebelles. Les autres d&#233;tenus refusent leurs plateaux-repas pour les m&#234;mes raisons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Lundi 28 mai :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Saint-Maur (36), Maison Centrale de SAINT-MAUR.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Le jour de la sentence contre les mutins de Saint-Maur, les d&#233;tenus ont appel&#233; &#224; une journ&#233;e &#171; prison morte &#187; consistant &#224; refuser de se rendre aux ateliers et en promenade, &#224; refuser la cantine et les plateaux-repas. La gr&#232;ve des ateliers est totale et la moiti&#233; refuse les plateaux-repas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Mardi 29 mai :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Yzeure (03), Maison Centrale de Moulins-Yzeure.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Suite au verdict du proc&#232;s des mutins de Saint-Maur o&#249; six sont condamn&#233;s &#224; des peines d'emprisonnement suppl&#233;mentaires, une gr&#232;ve totale des activit&#233;s, du travail et des repas est suivie pendant plusieurs jours en solidarit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Fin mai :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Lannemezan (65), Centre P&#233;nitentiaire de LANNEMEZAN.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Un militant politique basque du Sud lib&#233;r&#233; de la centrale en fin de peine se retrouve le soir m&#234;me dans les ge&#244;les de la &lt;i&gt;Guardia civil&lt;/i&gt; &#224; Madrid. Les prisonniers de la centrale en solidarit&#233; contre cette extradition font aussit&#244;t un mouvement de solidarit&#233; qui est r&#233;prim&#233; par l'AP. Quatorze d'entre eux finissent au mitard et plusieurs sont transf&#233;r&#233;s vers d'autres &#233;tablissements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Vendredi 1 juin :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Grasse (06), Maison d'Arr&#234;t de GRASSE.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
A 15h30, une soixantaine de d&#233;tenus refusent de quitter la cour pour exprimer leurs revendications : des activit&#233;s plus nombreuses et un am&#233;nagement des parloirs. Apr&#232;s l'intervention d'une soixantaine de gendarmes et policiers, les rebelles regagnent leurs cellules vers 17 heures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Lundi 4 juin :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Saint-Mihiel (55), Centre de D&#233;tention de SAINT-MIHIEL.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
R&#233;volte de d&#233;tenus contre la chert&#233; du coup de la vie en d&#233;tention qui est plus &#233;lev&#233; que dans les autres centres p&#233;nitentiaires (il s'agit d'un nouvel &#233;tablissement du programme des 13 000&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb62&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le Programme 13000 [places], r&#233;gi par la Loi du 22 juin 1987, concerne les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh62&#034;&gt;62&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;) et pour la libert&#233; de circulation entre les b&#226;timents et le libre acc&#232;s aux &#233;quipements sportifs. Une soixantaine sur les cents prisonniers que compte le centre ont refus&#233; de r&#233;int&#233;grer leurs cellules. Ils remontent apr&#232;s cinq heures de n&#233;gociations. L'escadron de gendarmes mobiles de Reims, appel&#233; en renfort, arrive apr&#232;s la bataille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Mercredi 20 juin :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Joux-La-Ville (89), Centre de D&#233;tention de JOUX-LA-VILLE.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Vers 17 heures, mettant &#224; profit un rassemblement collectif organis&#233; pour un concert, quelque cent soixante-dix prisonniers chassent les matons de la salle, qu'ils incendient ensuite avant de s'emparer d'une partie des b&#226;timents. Deux matons sont l&#233;g&#232;rement bless&#233;s au cours des &#233;chauffour&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Samedi 23 juin :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Caen (14), Maison d'Arr&#234;t de CAEN.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Vers 01h30, un d&#233;tenu met le feu au mobilier de sa cellule pour protester contre la permission de sortie qui lui a &#233;t&#233; refus&#233;e dans la journ&#233;e. Par solidarit&#233;, une cinquantaine de prisonniers incendient papiers et matelas qu'ils jettent dans la cour. Une vingtaine de surveillants &#233;paul&#233;s d'une vingtaine de policiers avec gaz lacrymog&#232;nes et cinq chiens investissent la d&#233;tention et extraient rudement les insurg&#233;s un &#224; un de leurs cellules. A 04h30, la reprise en main est achev&#233;e. Quatorze rebelles sont illico transf&#233;r&#233;s vers d'autres &#233;tablissements et plac&#233;s en quartier disciplinaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Vendredi 6 juillet :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Muret (31), Maison Centrale de MURET.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Les d&#233;tenus, protestant contre les conditions de d&#233;tention, refusent de remonter en cellule. Intervention des forces de police.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Dimanche 22 juillet :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Villeneuve-l&#232;s-Maguelone (34), Maison d'Arr&#234;t de VILLENEUVE-LES-MAGUELONE.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Dans la matin&#233;e, une centaine de contestataires refusent de quitter les cours de promenade pour protester contre les conditions de d&#233;tention qui leur sont impos&#233;es : chert&#233; de la cantine, limitation du nombre des douches, etc. Ils regagnent leurs cellules en fin d'apr&#232;s-midi suite &#224; l'arriv&#233;e des forces de police. Treize pr&#233;sum&#233;s &#171; meneurs &#187; sont transf&#233;r&#233;s le lendemain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Du mercredi 25 au mercredi 31 juillet :&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Une vague d'agitation soul&#232;ve les prisons fran&#231;aises &#224; l'annonce de la gr&#226;ce d'Anis Naccache [militant libanais pro-iranien, condamn&#233; &#224; la r&#233;clusion criminelle &#224; perp&#233;tuit&#233; en 1982 pour avoir tent&#233; d'assassiner l'ancien premier ministre du Chah d'Iran, il est lib&#233;r&#233; avec quatre autres dans le cas de tractations politiques entre Paris et T&#233;h&#233;ran] en l'absence de gr&#226;ces collectives. Des mouvements &#233;clatent dans les prisons : Angers (49), Tarascon (13), Tulle (19), Aix-en- Provence (13), &#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Mercredi 25 juillet :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Poissy (78), Maison Centrale de POISSY.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Trente d&#233;tenus protestent. L'intervention des CRS est brutale et plusieurs prisonniers sont bless&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Jeudi 26 juillet :&lt;br class='autobr' /&gt;
Muret (31), Centre de D&#233;tention de MURET.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Deux cent quatre-vingts prisonniers refusent de r&#233;int&#233;grer leur cellule apr&#232;s la fermeture des ateliers &#224; 19h30. Le mouvement est poursuivi jusqu'&#224; 20h30 apr&#232;s avoir obtenu l'ouverture des portes durant la nuit afin de favoriser la ventilation des cellules surchauff&#233;es par la canicule.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Samedi 28 juillet :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Caen (14), Centre de d&#233;tention de CAEN.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Dans l'apr&#232;s-midi, cent trente prisonniers refusent de remonter de promenade. Apr&#232;s avoir r&#233;ussi &#224; se saisir de deux matons et &#224; leur piquer les cl&#233;s, ils ouvrent les cellules de leurs camarades et s'attaquent aux installations. Intervention brutale des CRS. Vers 23 heures on rel&#232;ve six bless&#233;s chez les rebelles, dont un doit &#234;tre hospitalis&#233;. Plusieurs sont exp&#233;di&#233;s au mitard.&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt; &lt;i&gt;- Ensisheim (68), Maison Centrale d'ENSISHEIM.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;.&lt;br /&gt;
Il faut cinq heures de n&#233;gociations pour que les soixante-dix insurg&#233;s rejoignent la d&#233;tention.&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt; &lt;i&gt;- Douai (59), Maison d'Arr&#234;t de DOUAI.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Alors que trois d&#233;tenus sont sur les toits, une centaine de leurs camarades occupent les cours pendant plusieurs heures.&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt; &lt;i&gt;- Marseille (13), Maison d'Arr&#234;t des BAUMETTES&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;.&lt;br /&gt;
Soixante-dix prisonniers protestent contre une sanction disciplinaire prise &#224; l'encontre de l'un d'eux.&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt; &lt;i&gt;- Loos (59), Maison d'Arr&#234;t de LOOS-LEZ-LILLE.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Cent cinquante d&#233;tenus manifestent.&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt; &lt;i&gt;- Saint-Quentin-Fallavier (38), Centre P&#233;nitentiaire de SAINT-QUENTIN-FALLAVIER.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
L'agitation gagne aussi cette prison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Samedi 28 et dimanche 29 juillet :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#339;rmingen (67), Centre de D&#233;tention d'&#338;RMINGEN.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Soixante-quinze d&#233;tenus mettent le feu &#224; plusieurs b&#226;timents (infirmerie, cuisines, salle de sport). Les installations socio-&#233;ducatives, l'atelier de menuiserie et le garage sont s&#233;rieusement endommag&#233;s. Le mobilier, les portes et fen&#234;tres connaissent un sort semblable. Trente prisonniers tiennent t&#234;te aux policiers toute la nuit &#224; coup de pierres et de tuiles. Un d&#233;tenu tente de d&#233;foncer le grillage de l'enceinte de la prison avec un engin de chantier mais les flics ripostent par un tir de barrage. Reddition des neuf derniers rebelles occupant le toit le lundi 30 &#224; midi, apr&#232;s dix-huit heures de lutte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Dimanche 29 juillet :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Loos (59), Maison d'Arr&#234;t de LOOS-LEZ-LILLE.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Cent vingt d&#233;tenus reprennent le mouvement et d&#233;truisent un sas de s&#233;curit&#233; s&#233;parant les cours de la d&#233;tention. Apr&#232;s un gazage massif des matons, l'intervention des CRS, des gendarmes et du GIPN restaure un calme pr&#233;caire.&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt; &lt;i&gt;- Toulouse (31), Maison d'Arr&#234;t SAINT-MICHEL.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Vers 17 heures, quarante-trois d&#233;tenus en d&#233;tention pr&#233;ventive refusent de quitter la cour de promenade. Quarante policiers, dont plusieurs de la brigade canine, les contraignent &#224; retourner en cellule.&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt; &lt;i&gt;- Strasbourg (67), Maison d'Arr&#234;t de STRASBOURG-ELSAU.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;BR /&gt;
L'ensemble des deux cents prisonniers pr&#233;sents dans les cours entre en mouvement et occupe les toits. Ils reprennent en c&#339;ur quelques mots d'ordre : &#171; On veut des gr&#226;ces, comme Naccache ! &#187;, &#171; D&#233;put&#233;s marrons, amnistie bidon ! &#187;. Les d&#233;tenus rest&#233;s en cellule expriment leur solidarit&#233; en reprenant ces slogans et en frappant sur les barreaux des cellules. Vers 21 heures, quelques dizaines de CRS prennent position, accueillis aux cris de &#171; CRS trafiquants, retournez au Liban &#187; et &#171; CRS en prison &#187;. Apr&#232;s avoir obtenu par n&#233;gociation que les pr&#233;sum&#233;s &#171; meneurs &#187; ne soient pas sanctionn&#233;s, les d&#233;tenus regagnent leurs cellules par groupe de dix.&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt; &lt;i&gt;- Caen (14), Maison d'Arr&#234;t de CAEN.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Affrontements. Cinq agents p&#233;nitentiaires sont bless&#233;s dont le sous-directeur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Lundi 30 juillet :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Strasbourg (67), Maison d'Arr&#234;t de STRASBOURG-ELSAU.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Quatre-vingts prisonniers quittent les cours et grimpent sur les toits apr&#232;s avoir investi les ateliers et le magasin de vivre o&#249; plusieurs foyers d'incendie sont allum&#233;s. Intervention des forces de r&#233;pression qui tirent massivement des lacrymog&#232;nes en riposte aux divers projectiles jet&#233;s par les mutins. Un d&#233;tenu touch&#233; chute du toit. Il est emmen&#233; par les pompiers sur une civi&#232;re. Apr&#232;s la capture de leurs d&#233;l&#233;gu&#233;s, les prisonniers d&#233;cident de se rendre sans r&#233;sistance. Trois &#171; meneurs &#187; sont exp&#233;di&#233;s en quartier disciplinaire.&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt; &lt;i&gt;- Ensisheim (68), Maison Centrale d'ENSISHEIM.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Comme la veille, les d&#233;tenus prolongent la promenade de plusieurs heures.&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt; &lt;i&gt;- Valenciennes (59), Maison d'Arr&#234;t de VALENCIENNES.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Les prisonniers manifestent.&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt; &lt;i&gt;- Varces (38), Maison d'Arr&#234;t de VARCES-GRENOBLE.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Cent huit d&#233;tenus occupent la cour jusqu'au soir pour protester contre &#171; la justice &#224; deux vitesses &#187;.&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt; &lt;i&gt;- Colmar (68), Maison d'Arr&#234;t de COLMAR.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
A 17h30, une cinquantaine de d&#233;tenus refusent de quitter la cour. Policiers, gendarmes et CRS donnent l'assaut vers 22h40.&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt; &lt;i&gt;- Marseille (13), Maison d'Arr&#234;t des BAUMETTES.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Cent cinquante d&#233;tenus du b&#226;timent D manifestent durant une heure tandis qu'une trentaine arrachent les grillages de la cour et menacent les matons avec des boules de p&#233;tanques.&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt; &lt;i&gt;- Ecrouves (54), CENTRE DE DETENTION d'ECROUVES.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Quatre-vingt-douze des cent quatre-vingts prisonniers refusent de quitter le terrain de sport o&#249; ils sont regroup&#233;s.&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt; &lt;i&gt;- Rouen (76), Maison d'Arr&#234;t BONNE-NOUVELLE.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;BR /&gt;
Manifestation d'une vingtaine de d&#233;tenus.&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt; &lt;i&gt;- Avignon (84), Maison d'Arr&#234;t de SAINT-ANNE.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
La quasi-totalit&#233; des trois cent cinquante prisonniers refusent de prendre les repas en solidarit&#233; avec le mouvement en cours.&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt; &lt;i&gt;- Varces (38), Maison d'Arr&#234;t de VARCES-GRENOBLE.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Quatre-vingt-onze prisonniers retardent de plusieurs heures la remont&#233;e en d&#233;tention et une vingtaine d'entre eux menacent d'y rester la nuit enti&#232;re si des mesures ne sont pas prises.&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt; &lt;i&gt;- Bastia (20 &#8211; Corse), Maison d'Arr&#234;t SAINTE-CLAIRE.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Manifestation des d&#233;tenus contre la longueur de leur d&#233;tention. Vers 17 heures, ils s'emparent des cl&#233;s des sas et des cellules, et enferment les gardiens dans le hall d'entr&#233;e. Le soir, quinze des quarante pr&#233;venus occupent encore les toits et annoncent leur intention d'y passer la nuit, pendant qu'une cinquantaine de leurs camarades circulent dans le b&#226;timent. Les rebelles mettent fin au mouvement deux jours plus tard, vers 13 heures, apr&#232;s que des engagements furent pris concernant une acc&#233;l&#233;ration des proc&#233;dures judiciaires en cours et l'absence de sanctions contre eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Mardi 31 juillet :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Ajaccio (20 &#8211; Corse), Maison d'Arr&#234;t d'AJACCIO.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Au moment o&#249; ceux de Bastia rejoignent la d&#233;tention en fin de matin&#233;e, les prisonniers d'Ajaccio prennent le relais. Ils lib&#232;rent une cinquantaine de leurs camarades et reconduisent les matons jusqu'aux portes. Dix-sept d'entre eux montent sur les toits o&#249; ils font flotter le drapeau corse. Ils se rendent dans la soir&#233;e aux cris de &#171; on a gagn&#233; &#187; apr&#232;s avoir obtenu les m&#234;mes engagements qu'&#224; Bastia.&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt; &lt;i&gt;- Avignon (84), Maison d'Arr&#234;t SAINTE-ANNE.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Poursuivant leur mouvement de gr&#232;ve de la faim, les d&#233;tenus d&#233;cident de passer au cran sup&#233;rieur. Cent trente d'entre eux occupent la cour pour exprimer leurs revendications. &#171; Dialogue difficile &#187; entre les rebelles et le Pr&#233;fet et le substitut du procureur de la R&#233;publique. A 18h30, la prison s'embrase : draps et sommiers sont incendi&#233;s. A l'int&#233;rieur, aux cris de &#171; on veut des gr&#226;ces ! &#187;, la col&#232;re se d&#233;cha&#238;ne contre les installations, notamment la salle de musculation. Une quinzaine d'entre eux harc&#232;lent les forces de police depuis l'un des toits &#224; l'aide de tuiles et de boules de p&#233;tanque. Policiers et CRS donnent l'assaut, qui est brutal. A 19 heures, l'&#233;tablissement est repris en main.&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt; &lt;i&gt;- Lyon (69), Maison d'Arr&#234;t SAINT-PAUL.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Les revendications mises en avant portent, en plus des exigences nationales, sur le mitard et la d&#233;tention des mineurs. Trente d&#233;tenus s'emparent des cl&#233;s de deux gardiens stagiaires. Ils ouvrent les cellules de deux des trois &#233;tages du b&#226;timent. Ils sont deux cent onze prisonniers &#224; prendre contr&#244;le du quartier H, &#233;tablissant des barrages dans les coursives avec le mobilier des cellules qu'ils incendient. Un important dispositif de forces r&#233;pressives cerne la prison tandis que des membres du GIPN prennent position &#224; l'int&#233;rieur. Des pourparlers sont engag&#233;s. Vers 22h30, les rebelles acceptent de se rendre. La plupart passent la nuit dans les locaux d&#233;vast&#233;s.&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt; &lt;i&gt;- Rouen (76), Maison d'Arr&#234;t BONNE-NOUVELLE.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Soixante prisonniers occupent la cour durant deux heures.&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt; &lt;i&gt;- Perpignan (66), Centre P&#233;nitentiaire de PERPIGNAN.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Cinquante d&#233;tenus qui proc&#232;dent de m&#234;me seront reconduits dans leur cellule par les forces de police.&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt; &lt;i&gt;- B&#233;thune (62), Maison d'Arr&#234;t de BETHUNE.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Sept prisonniers gagnent les toits durant la promenade.&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt; &lt;i&gt;- Bayel (10), Maison Centrale de CLAIRVAUX.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
A 17 heures, plusieurs d&#233;tenus manifestent leur m&#233;contentement dans la cour de promenade. Puis ils sont huit &#224; squatter les toits jusqu'&#224; une heure trente du matin, apr&#232;s huit heures et demie de n&#233;gociations ponctu&#233;es d'un &#171; concert carc&#233;ral &#187; organis&#233; par les autres prisonniers depuis les fen&#234;tres de leurs cellules.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Mercredi 1er ao&#251;t :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Saint-Etienne (42), Maison d'Arr&#234;t de la TALAUDIERE.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Soixante et un d&#233;tenus organisent un &lt;i&gt;sit-in&lt;/i&gt; de plusieurs heures dans les deux cours. Ils regagnent leur cellule qu'apr&#232;s qu'une d&#233;l&#233;gation a pu s'entretenir avec un substitut du procureur de la R&#233;publique.&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt; &lt;i&gt;- Bayel (10), Maison Centrale de CLAIRVAUX.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Soixante-quatre prisonniers organisent &#233;galement un &lt;i&gt;sit-in&lt;/i&gt; dans la cour. Ils n'y mettront fin que dans la nuit.&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt; &lt;i&gt;- Marseille (13), Maison d'Arr&#234;t des BAUMETTES.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Cinq cents d&#233;tenus ne regagnent leurs cellules qu'apr&#232;s l'intervention des CRS en fin de soir&#233;e.&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt; &lt;i&gt;- Rouen (76), Maison d'Arr&#234;t BONNE-NOUVELLE.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Les forces de police d&#233;logent une vingtaine de rebelles qui se sont retranch&#233;s sur les toits.&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt; &lt;i&gt;- B&#233;thune (62), Maison d'Arr&#234;t de BETHUNE.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
M&#234;me situation qu'&#224; Marseille.&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt; &lt;i&gt;- Nantes (44), Maison d'Arr&#234;t de NANTES.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Cinquante prisonniers manifestent contre la longueur de d&#233;tentions pr&#233;ventives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Jeudi 2 ao&#251;t :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Yzeure (03), Maison Centrale de MOULINS-YZEURE.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Une cinquantaine de prisonniers refusent de rejoindre leurs cellules.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Vendredi 3 ao&#251;t :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Toulouse (31), Maison d'Arr&#234;t SAINT-MICHEL.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Trente-neuf d&#233;tenus refusent &#224; leur tour de quitter la cour durant des heures, attendant calmement les forces de police.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Dimanche 2 septembre :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Neuvic-sur-L'isle (24), Centre de d&#233;tention de NEUVIC-SUR-L'ISLE.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
A 18h30, une soixantaine de prisonniers refusent de rejoindre leurs cellules : trente-deux montent sur les toits pendant qu'une trentaine de leurs camarades occupent les couloirs des b&#226;timents. Les prisonniers rebelles ne regagneront la d&#233;tention que le lundi matin &#224; 07h30 suite &#224; l'arriv&#233;e d'une soixantaine de CRS venus pr&#234;ter main forte &#224; la quarantaine de leurs coll&#232;gues gendarmes. Les mutins exigeaient la libre circulation entre les b&#226;timents et le libre acc&#232;s aux &#233;quipements sportifs.&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt; &lt;i&gt;- Metz (57), Centre P&#233;nitentiaire de METZ-QUEULEU.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
R&#233;volte des prisonniers.&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt; &lt;i&gt;- Angers (49), Maison d'Arr&#234;t d'ANGERS.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
R&#233;volte &#233;galement dans cet &#233;tablissement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Lundi 3 septembre :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Fresnes (94), Maison d'Arr&#234;t de FRESNES.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Mutinerie et prise d'otages. Intervention du RAID.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Jeudi 20 septembre :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Bastia (20 &#8211; Corse), Maison d'Arr&#234;t SAINTE-CLAIRE.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Une brigade sp&#233;ciale descend de Paris afin d'effectuer une fouille de la prison, probablement suite &#224; la r&#233;volte du 30 juillet et d'une tentative d'&#233;vasion de six d&#233;tenus le 19 ao&#251;t de cette m&#234;me ann&#233;e. Parce que les d&#233;tenus savent ce que signifient ces &#171; fouilles minist&#233;rielles &#187; (cellules mises &#224; sac, linge et nourriture m&#234;l&#233;s, photos et lettres d&#233;chiquet&#233;es, etc.) cinq d&#233;tenus se barricadent dans une cellule pour protester contre ces proc&#233;d&#233;s. Au terme de plusieurs heures de n&#233;gociations et de l'intervention d'une vingtaine de policiers, ceux-ci se rendent. Ils sont imm&#233;diatement plac&#233;s au mitard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Vendredi 21 septembre :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Muret (31), Centre de D&#233;tention de MURET.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Deux tiers des deux cent trente prisonniers travailleurs refusent de prendre leurs postes dans les divers ateliers. Ils restent dans les cours de promenade ou dans leurs cellules. Ils revendiquent une r&#233;mun&#233;ration plus d&#233;cente de leur travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Mercredi 26 septembre :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Sainte-Genevi&#232;ve-des-Bois (91), Maison d'Arr&#234;t de FLEURY-MEROGIS.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Mouvement collectif de protestation de deux cent dix-huit prisonniers du D3 (Division 3). Deux militants basques faisant partie du groupe de d&#233;l&#233;gu&#233;s des d&#233;tenus qui remettent la plateforme de revendications &#224; la direction seront transf&#233;r&#233;s &#224; la maison d'arr&#234;t de Fresnes quelques jours plus tard. Leurs proches, &#233;videmment non pr&#233;venus du transfert, feront un grand d&#233;placement depuis le Pays-Basque inutilement !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Lundi 1er octobre :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Bois-d'Arcy (78), Maison d'Arr&#234;t de BOIS-D'ARCY.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Cent dix-neuf d&#233;tenus refusent de remonter de promenade. L'intervention de la police fait quatre bless&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Vendredi 12 octobre :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Bayel (10), Maison Centrale de CLAIRVAUX.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Cinquante prisonniers refusent de regagner la d&#233;tention en soutien avec un d&#233;tenu d'origine arabe (n&#233; en France) qui proteste contre la mesure d'expulsion du territoire prise &#224; son encontre malgr&#233; les promesses contraires qui lui auraient &#233;t&#233; faites. Pour payer leur acte de solidarit&#233;, onze d&#233;tenus seront transf&#233;r&#233;s quelques jours plus tard vers d'autres centres de d&#233;tention.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Lundi 22 octobre :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Ecrouves (54), Centre de D&#233;tention d'ECROUVES.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&#224; 18h30, refus d'une large partie de la d&#233;tention de remonter de promenade. Ce d&#233;bordement de col&#232;re est motiv&#233; par la multiplication des accrochages physiques avec les matons. Apr&#232;s une entrevue avec la direction locale, les mutins feignent de r&#233;int&#233;grer leurs cellules, ce qui leur permet de gagner les coursives et d'investir les b&#226;timents. Une soixantaine de prisonniers dont certains arm&#233;s de couteaux de cuisine se postent sur les toits et balancent les tuiles sur les matons. Vers 22h30, les forces de r&#233;pression donnent l'assaut de la prison. Le toit est alors asperg&#233; de gaz lacrymog&#232;nes, mais cela ne vient pas &#224; bout de la r&#233;sistance. Les insurg&#233;s sont finalement d&#233;log&#233;s vers minuit. Des bless&#233;s et du mitard pour les rebelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Samedi 27 octobre :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Luynes (13), Maison d'Arr&#234;t d'AIX-LUYNES.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;BR /&gt;
En fin d'apr&#232;s-midi, cent vingt prisonniers du b&#226;timent B refusent de remonter de promenade et entreprennent la destruction des installations. Les grilles, les vitres et les cam&#233;ras de surveillance sont des cibles privil&#233;gi&#233;es. Par leur action qui laissa derri&#232;re eux une facture de 300 000 francs [&#8776; 45 500 &#8364;] de d&#233;g&#226;ts, ils entendaient protester contre la s&#233;v&#233;rit&#233; extr&#234;me de la discipline, l'omnipr&#233;sence des syst&#232;mes de s&#233;curit&#233;, la chert&#233; de la cantine ainsi que la pr&#233;sence trop rapproch&#233;e des surveillants lors des parloirs. Ils exigent &#233;galement un nombre plus important de t&#233;l&#233;viseurs. Le lendemain, c'est au tour des prisonniers du b&#226;timent A qui refusent de remonter de promenade et qui exigent d'&#234;tre re&#231;us par le directeur pour lui exposer leurs revendications.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Dimanche 4 novembre :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Villeneuve-sur-Lot (47), Centre de D&#233;tention d'EYSSES.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Trente-deux d&#233;tenus refusent de regagner leurs cellules au terme de la promenade de l'apr&#232;s-midi. Ils n'acceptent de rejoindre la d&#233;tention que vers 21 heures, apr&#232;s plusieurs heures de n&#233;gociation avec les autorit&#233;s. Par leur mouvement, ils entendent protester contre l'insalubrit&#233; de l'&#233;tablissement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Mardi 6 novembre :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Ajaccio (20 &#8211; Corse), Maison d'Arr&#234;t d'AJACCIO.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Une vingtaine de d&#233;tenus refusent de remonter en cellule et campent dans la cour plusieurs heures. Ils mettent fin &#224; leur mouvement apr&#232;s des n&#233;gociations avec la direction.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1991&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Mardi 2 avril :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Marseille (13), Centre P&#233;nitentiaire des BAUMETTES.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Deux cents prisonniers refusent de remonter de promenade, protestant contre les r&#232;gles de discipline et les fouilles int&#233;grales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Lundi 15 avril :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Lannemezan (65), Centre P&#233;nitentiaire de LANNEMEZAN.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Huit d&#233;tenus agressent trois surveillants &#224; coups de barreaux de chaises m&#233;talliques. Ces incidents font suite au bouclage des cellules pendant la journ&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Vendredi 17 mai :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Varces (38), Maison d'Arr&#234;t de VARCES-GRENOBLE.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Suite &#224; la mort d'un d&#233;tenu abattu par un maton alors qu'il s'appr&#234;tait &#224; franchir le mur d'enceinte, une grande majorit&#233; des prisonniers refuse de r&#233;int&#233;grer les cellules &#224; l'issue de la promenade. Un incendie est allum&#233; dans un atelier du rez-de-chauss&#233;e, et les d&#233;tenus se barricadent dans une cour avec de la ferraille et le mat&#233;riel de la salle de musculation (&#171; ultra moderne &#187;, nous pr&#233;cise bien le journaliste du &lt;i&gt;Dauphin&#233; Lib&#233;r&#233;&lt;/i&gt; !), d&#233;vast&#233;e tout comme les ateliers de travail. Les soixante-quinze gardes mobiles, apr&#232;s s'&#234;tre fray&#233;s un chemin &#224; coup de gaz lacrymog&#232;nes jusqu'&#224; la cour, chargent les d&#233;tenus. Ces derniers sont remont&#233;s en cellules cinq par cinq.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Ao&#251;t :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Muret (31), Centre de D&#233;tention de MURET.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Deux jours de refus des plateaux et de refus du travail pour exiger que les portes soient ouvertes dans tous les b&#226;timents. L'AP proc&#232;de &#224; une dizaine de transferts vers les prisons de Tarbes (65) et Lannemezan (65) et des mises au mitard, ce qui met fin au mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Mercredi 14 ao&#251;t :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Fresnes (94), Maison d'Arr&#234;t de FRESNES.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Nouvelle mutinerie avec prise d'otages. Le RAID intervient de nouveau comme en 1990.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Dimanche 1er septembre :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Val-de-Reuil (27), Centre de D&#233;tention des VIGNETTES.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;BR /&gt;
A 09h30, trois prisonniers sont sur les toits. Ils exigent leur transfert rapide de cet &#233;tablissement &#171; pilote &#187;. Vers 16h30, arriv&#233;e d'une quinzaine d'hommes du GIPN, venant renforcer le dispositif policier d&#233;j&#224; sur place : une centaine de gendarmes et de forces de polices. A 20 heures, &#224; la tomb&#233;e de la nuit, trois hommes du GIPN et un chien parviennent sur les toits par h&#233;licopt&#232;re pendant qu'une autre &#233;quipe arrive en escaladant le bloc o&#249; se trouvent les rebelles. Les insurg&#233;s tentent de se d&#233;fendre &#224; l'aide de barres de musculation. Grenades paralysantes et lacrymog&#232;nes, coups, morsures. Les prisonniers rapidement ma&#238;tris&#233;s sont imm&#233;diatement plac&#233;s en quartier disciplinaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Mardi 3 septembre :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Ensisheim (68), Maison Centrale d'ENSISHEIM.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
A 18h45, quarante-huit prisonniers refusent de r&#233;int&#233;grer leurs cellules au terme de la promenade. Intervention de soixante-cinq gendarmes qui proc&#232;dent &#224; la r&#233;int&#233;gration des prisonniers sous les coups et en pla&#231;ant certains au quartier disciplinaire &#224; 23h15.&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt; &lt;i&gt;- Nice (06), Maison d'Arr&#234;t de NICE.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Vers 13 heures, deux surveillants sont frapp&#233;s par des d&#233;tenus au cours d'une altercation &#224; l'entr&#233;e d'une cellule. L'un est bless&#233; &#224; la jambe, l'autre souffre de contusions multiples au visage. Ils sont tous deux hospitalis&#233;s. Pratiquement tous les jours de l'&#233;t&#233;, plusieurs d&#233;tenus refusent de regagner la d&#233;tention au terme de l'apr&#232;s-midi, mais sont &#171; contraints par la force de le faire &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Mardi 24 septembre :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Sainte-Genevi&#232;ve-des-Bois (91), Maison d'Arr&#234;t de FLEURY-MEROGIS.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Environ deux cents prisonniers refusent de remonter de promenade pour protester contre la d&#233;gradation de leurs conditions de vie suite aux diff&#233;rents mouvements revendicatifs des matons.&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt; &lt;i&gt;- Nantes (44), Maison d'Arr&#234;t de NANTES.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Une initiative similaire &#224; Fleury est men&#233;e par quatre-vingts prisonniers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Mardi 15 octobre :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Nice (06), Maison d'Arr&#234;t de NICE.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Quarante prisonniers refusent de r&#233;int&#233;grer leurs cellules pour protester contre le durcissement des conditions de d&#233;tention et prennent en otage le directeur et le chef de d&#233;tention.&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt; &lt;i&gt;- Saint-Maur (36), Maison Centrale de SAINT-MAUR.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Deux prisonniers du quartier d'isolement, arm&#233;s d'un couteau, prennent en otage un maton. Ils entendent d&#233;noncer leur isolement total et demander leur transfert. L'un d'eux avait, avec quelques autres, entam&#233; en janvier dernier une gr&#232;ve de la faim de plus de cinquante-quatre jours pour la fermeture des quartiers d'isolement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Lundi 30 d&#233;cembre :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Toul (54), Centre de D&#233;tention de NEY-DE-TOUL.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Apr&#232;s la mort d'un d&#233;tenu atteint de diab&#232;te (diab&#232;te d&#251; &#224; l'incarc&#233;ration) par manque de soin*, plus de cent prisonniers adressent une lettre collective au directeur de l'AP &#224; Paris, au directeur r&#233;gional des services p&#233;nitentiaires de Strasbourg et au directeur de la prison dans laquelle ils exposent des revendications portant sur tous les aspects de la d&#233;tention. Ils sont trois cent soixante-dix &#224; refuser de remonter en cellule suite &#224; la mort de Mohammed Chara.&lt;br /&gt;
[*Consult&#233; quatre jours plus t&#244;t apr&#232;s de vives douleurs, un m&#233;decin lui avait diagnostiqu&#233; un &#171; &lt;i&gt;&#233;tat grippal&lt;/i&gt; &#187;. Le dimanche, le d&#233;tenu s'&#233;tait plaint de fortes douleurs poitrinaires et le m&#233;decin de l'&#233;tablissement avait refus&#233; de se d&#233;placer pr&#233;textant qu'il n'&#233;tait pas d'usage de parcourir les cinq cents m&#232;tres qui s&#233;parent l'infirmerie du b&#226;timent o&#249; se trouvait le d&#233;tenu.]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Mardi 31 d&#233;cembre :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Toul (54), Centre de D&#233;tention de NEY-DE-TOUL.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Le personnel de l'&#233;tablissement doit bloquer toutes les portes de la d&#233;tention pour permettre la fuite du docteur venu en consultation. Divers prisonniers voulaient le prendre en otage et le mena&#231;aient de mort.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1992&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Mercredi 1er janvier :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Toul (54), Centre de D&#233;tention de NEY-DE-TOUL.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Suite au d&#233;c&#232;s d'un des leurs, les prisonniers refusent une nouvelle fois de remonter de promenade et exigent la d&#233;mission du directeur de la prison et le d&#233;part du m&#233;decin. Ils collectent sur leurs p&#233;cules disponibles la somme de 40 000 francs [&#8776; 6 000 &#8364;] afin que la famille puisse rapatrier le corps du d&#233;funt en Alg&#233;rie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Samedi 4 janvier :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Gradignan (33), Maison d'Arr&#234;t de GRADIGNAN.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Plusieurs dizaines de prisonniers refusent de r&#233;int&#233;grer leurs cellules au terme de la promenade.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Lundi 6 janvier :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Salon-de-Provence (13), Centre de D&#233;tention de SALON-DE-PROVENCE.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Plus de soixante d&#233;tenus refusent de quitter la cour de promenade durant toute la journ&#233;e, en solidarit&#233; avec une douzaine d'entre eux qui doivent &#234;tre conduits au quartier disciplinaire pour l'exemple. Vers 17 heures, l'&#233;tablissement est investi par les CRS. Les d&#233;tenus remontent en d&#233;tention sans heurts. Six sont imm&#233;diatement plac&#233;s au cachot, puis quatre d'entre eux sont transf&#233;r&#233;s vers la maison d'arr&#234;t de Luynes (13). Le lendemain, les prisonniers r&#233;cidivent et l'AP proc&#232;de &#224; une trentaine de transferts disciplinaires.&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt; &lt;i&gt;- Arles (13), Maison Centrale d'ARLES.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Mouvement collectif d'une cinquantaine de prisonniers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Mercredi 8 janvier :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Toul (54), Centre de D&#233;tention de NEY-DE-TOUL.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
D&#233;c&#232;s d'un second d&#233;tenu transf&#233;r&#233; dans cette prison cinq jours plus t&#244;t. La veille, se plaignant de douleurs, on lui avait fait absorber un &#171; analg&#233;sique banal &#187;. Il succombe dans la nuit &#224; une h&#233;morragie c&#233;r&#233;brale. Les d&#233;tenus continuent alors leur mouvement, qu'ils ont entam&#233; depuis fin d&#233;cembre, et ce quotidiennement tout le long du mois de janvier : gr&#232;ve des plateaux-repas, des activit&#233;s, du travail et refus de remonter de promenade. Face &#224; ces actions, la direction plie sur de nombreuses revendications des prisonniers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Jeudi 16 janvier :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Ajaccio (20 &#8211; Corse), Maison d'Arr&#234;t d'AJACCIO.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Cinquante-sept rebelles prennent en otage trois surveillants et une infirmi&#232;re, puis d&#233;truisent une partie des installations, suite &#224; un refus d'accorder des soins &#224; un d&#233;tenu malade.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Samedi 18 janvier :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Muret (31), Centre de D&#233;tention de MURET.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Refus d'une centaine de d&#233;tenus de remonter de promenade.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Dimanche 8 mars :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Cergy-Pontoise (95), Maison d'Arr&#234;t d'OSNY-PONTOISE.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Peu apr&#232;s 16 heures, quelque deux cent trente prisonniers parviennent &#224; franchir plusieurs des murs int&#233;rieurs et &#224; se regrouper sur le terrain de sport apr&#232;s avoir refus&#233; de r&#233;int&#233;grer la d&#233;tention au terme de la promenade. Ils entendent protester contre le nouveau r&#232;glement int&#233;rieur qui remet en cause les maigres conqu&#234;tes gagn&#233;es depuis deux ans. Deux hommes tentent de s'&#233;chapper en escaladant le mur d'enceinte, en y appuyant la barre horizontale d'une des cages de but du terrain de football. Un des deux y parvient et est rattrap&#233;, apr&#232;s une centaine de m&#232;tres de libert&#233;, par la police. Le second est stopp&#233; dans son ascension par un coup de feu tir&#233; du mirador qui le blesse. Dans le quartier des femmes, les prisonni&#232;res manifestent leur solidarit&#233; avec la r&#233;volte en allument plusieurs incendies &#224; l'aide d'&#233;l&#233;ments de literie. Intoxiqu&#233;es par la fum&#233;e, plusieurs d'entre elles doivent &#234;tre transport&#233;es au centre hospitalier de Pontoise. Peu apr&#232;s 18 heures, une cinquantaine d'hommes d'une section d'intervention de la direction d&#233;partementale des polices urbaines et un peloton de gendarmerie investissent le b&#226;timent et parviennent &#224; refouler les insurg&#233;s, non sans quelques affrontements qui font plusieurs bless&#233;s. La reddition se fait &#224; 19 heures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Mardi 24 mars :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Riom (63), Maison Centrale de RIOM.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Le soir, mouvement collectif d'une soixantaine de prisonniers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Jeudi 23 avril :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Amiens (80), Maison d'Arr&#234;t d'AMIENS.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Protestation suite au refus d'une demande d'un d&#233;tenu, qui voulait une br&#232;ve permission de sortie pour assister aux obs&#232;ques de son grand-p&#232;re.&lt;br class='autobr' /&gt;
Vers 17h30, une soixantaine de prisonniers refusent de remonter dans leurs cellules et allument un feu dans la cour. Celui-ci est aliment&#233; par des couvertures, draps, matelas, &#8230; jet&#233;s depuis les fen&#234;tres par d'autres r&#233;volt&#233;s qui n'ont pas pu quitter leurs cellules. A 21h30, les CRS interviennent, investissent les lieux vers minuit et s'affrontent avec les d&#233;tenus qui se d&#233;fendent avec des pieds de chaise. Au terme d'un violent et bref affrontement, les cellules du mitard sont remplies. Vers une heure du matin, transfert de six pr&#233;sum&#233;s &#171; meneurs &#187;. Le lendemain nouveau refus de remonter d'une trentaine de prisonniers pour protester contre les sanctions cons&#233;cutives au mouvement de la veille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Mardi 21 juillet :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Tarascon (13), Centre de D&#233;tention de TARASCON.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Suite &#224; la mort suspecte d'un d&#233;tenu au mitard, une soixantaine de prisonniers refusent de r&#233;int&#233;grer leurs cellules au terme de la promenade de l'apr&#232;s-midi. Exigeant des &#233;claircissements sur les conditions du d&#233;c&#232;s de leur camarade, ils demandent &#8211; en vain &#8211; &#224; rencontrer le procureur de la R&#233;publique. Apr&#232;s cette manifestation, ils acceptent de regagner la d&#233;tention.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Mercredi 22 juillet :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Tarascon (13), Centre de D&#233;tention de TARASCON.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Vers 17h30, comme la veille, les d&#233;tenus renouvellent leur initiative. Cette fois-ci, ils sont cent trente (sur les quatre cent soixante-deux d&#233;tenus que compte la d&#233;tention) &#224; ne pas regagner leurs cellules et &#224; infliger quelques dommages aux installations : ils arrachent une grille qui s&#233;pare la cour de promenade des couloirs de circulation, forcent quelques portes et grimpent sur le toit du b&#226;timent des ateliers. Au passage, le bureau du chef de d&#233;tention a pris feu. Dans la soir&#233;e, d'importantes forces de police, d&#233;p&#234;ch&#233;es de Marseille, investissent les lieux.&lt;br class='autobr' /&gt;
A 22h45, l'ordre r&#232;gne de nouveau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Vendredi 24 juillet :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Tarascon (13), Centre de D&#233;tention de TARASCON.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Suite aux mouvements, les matons se mettent en gr&#232;ve pour demander le transfert imm&#233;diat de quarante pr&#233;sum&#233;s &#171; meneurs &#187;, la suppression des cabines t&#233;l&#233;phoniques dans les cours de promenade et l'engagement imm&#233;diat des travaux de r&#233;fection de ces cabines en d&#233;tention, avec un contr&#244;le effectif de celles-ci. Les matons n'ont en effet pas appr&#233;ci&#233; que les prisonniers utilisent ces cabines, lors de leur mouvement, pour communiquer avec la presse et les magistrats. A cause de la gr&#232;ve, les petits d&#233;jeuners et les repas de midi ne sont pas servis aux d&#233;tenus, qui restent enferm&#233;s toute la journ&#233;e dans les cellules. De m&#234;me, les permissionnaires et les lib&#233;rables ne sortent pas. Les prisonniers manifestent bruyamment leur col&#232;re en frappant avec divers objets sur les portes et les barreaux des cellules.&lt;br /&gt;
Les matons obtiennent ce qu'ils veulent. D'une part pour les cabines, mais aussi pour le transfert de trente et un prisonniers vers d'autres &#233;tablissements de la r&#233;gion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Dimanche 2 ao&#251;t :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Lyon (69), Maison d'Arr&#234;t SAINT-PAUL.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
A 16 heures, pour protester contre un mouvement de gr&#232;ve des surveillants, les deux cent vingt prisonniers du b&#226;timent H commencent &#224; cogner aux portes et crier aux fen&#234;tres. Au m&#234;me moment, treize d&#233;tenus mineurs qui tournent dans l'une des courettes du b&#226;timent K, d&#233;foncent trois portes. Puis &#224; l'aide de chaises, ils saccagent deux bureaux de surveillants. Vigoureuse intervention des forces de police.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Lundi 3 ao&#251;t :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Lyon (69), Maison d'Arr&#234;t SAINT-JOSEPH.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Une centaine de prisonniers refusent de r&#233;int&#233;grer leurs cellules au terme de la promenade de l'apr&#232;s-midi. De nouveau, intervention des flics.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Mardi 4 ao&#251;t :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Lyon (69), Maison d'Arr&#234;t SAINT-JOSEPH.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Alors qu'une quarantaine de d&#233;tenus ont r&#233;cidiv&#233; quant &#224; l'occupation de la cour, ils sont rapidement imit&#233;s par une quinzaine dans une cour voisine. Ils entendent d&#233;noncer leurs conditions de d&#233;tention. La police revient encore une fois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Mardi 18 ao&#251;t :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Gradignan (33), Maison d'Arr&#234;t et Centre de Jeunes D&#233;tenus de GRADIGNAN.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Blocage de la prison particuli&#232;rement strict par un mouvement de matons qui manifeste suite &#224; la mort d'un de leur coll&#232;gue par un d&#233;tenu &#224; Rouen deux jours plus t&#244;t. Ceux-ci refusent d'assurer les promenades du matin. Mais face au tintamarre des d&#233;tenus, la direction d&#233;cide l'ouverture des portes des cellules. A 09h30, les prisonniers d&#233;cident de rester dans les cours. Une soixantaine d'entre eux d&#233;truisent une cl&#244;ture dont ils r&#233;cup&#232;rent les piquets m&#233;talliques, puis forcent un local sportif afin de se doter d'autres armes de fortune et prennent position. De leur c&#244;t&#233;, vingt-huit prisonniers du CJD s'insurgent et occupent leur cour. Les forces de police encerclent l'&#233;tablissement. Leur arriv&#233;e fait monter la tension : insultes et projectiles fusent, pendant que quelques rebelles tentent d'utiliser un filet de tennis comme &#233;chelle de corde pour passer le grillage de la cour. Vers 12h30, les CRS et gendarmes (une centaine) investissent la d&#233;tention et parviennent &#224; r&#233;duire la r&#233;bellion. Une heure plus tard, ce sont les insurg&#233;s du CJD qui sont ma&#238;tris&#233;s. Les r&#233;volt&#233;s obtiennent de la direction l'engagement qu'aucune sanction ne soit prise &#224; leur encontre. Toute la journ&#233;e, le chahut se poursuit dans les cellules, afin de protester contre la suppression du courrier, des parloirs et de la promenade de l'apr&#232;s-midi.&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt; &lt;i&gt;- Neuvic-sur-l'Isle (24), Centre de D&#233;tention de NEUVIC-SUR-L'ISLE.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Les prisonniers refusent eux-aussi de remonter de promenade pour les m&#234;mes motifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Mercredi 19 ao&#251;t :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Mulhouse (68), Centre de D&#233;tention de MULHOUSE.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Vers 16h30, un prisonnier a un accrochage avec un maton. Une bousculade s'ensuit. Un des coll&#232;gues du maton veut intervenir : tous deux se retrouvent encercl&#233;s par soixante d&#233;tenus qui s'emparent de leurs cl&#233;s. Tr&#232;s vite, la d&#233;tention est lib&#233;r&#233;e et ils sont deux cents insurg&#233;s &#224; se rendre ma&#238;tres des trois b&#226;timents du centre. Une trentaine occupent les toits pour faire valoir leurs exigences. Ils demandent entres autres le d&#233;part de la nouvelle directrice qui a durci les r&#232;gles de discipline. Plusieurs banderoles proclament &#171; Dehors la directrice ! &#187;.&lt;br /&gt;
A 17h30, la police fait des tirs de sommation depuis la MA voisine, qui n'est pas touch&#233;e par la r&#233;volte. Pourtant, vers 18h, deux d&#233;parts de feux partent de celle-ci mais sont rapidement ma&#238;tris&#233;s.&lt;br /&gt;
A 17h50, depuis les toits du b&#226;timent central, une vingtaine d'insurg&#233;s bombardent les flics et les matons &#224; coups de tuiles, bo&#238;tes de boisson, briques et objets divers, &#224; quoi s'ajoute le contenu d'extincteurs. A 19 heures, Christian H&#233;by, un d&#233;tenu isol&#233; sur un toit depuis une heure, glisse jusqu'&#224; la goutti&#232;re et ne parvient pas &#224; se retenir. Il chute de plus de dix m&#232;tres et meurt peu apr&#232;s. A 20 heures, la directrice passe dans la rue avec une escorte polici&#232;re. Quolibets et protestations repartent de plus belle, ponctu&#233;s par les jets de projectiles les plus divers. 20h20, les hommes du GIPN et de la gendarmerie (cent quatre-vingts hommes) se pr&#233;parent &#224; intervenir. Un h&#233;licopt&#232;re est r&#233;quisitionn&#233;. Une demi-heure plus tard, un incendie se d&#233;clare dans le premier b&#226;timent, qui abrite les locaux administratifs, l'atelier de menuiserie et, dans les combles, les r&#233;serves de matelas. Les hommes du GIPN attaquent la prison depuis l'h&#233;licopt&#232;re en l&#226;chant des grenades offensives &#224; effet de souffle. D'autres foyers d'incendie se d&#233;veloppent dans d'autres b&#226;timents. Les forces de r&#233;pression donnent l'assaut. Vers 23 heures, tous les rebelles sont regroup&#233;s dans la cour, parqu&#233;s entre deux rang&#233;es de gendarmes mobiles. On d&#233;nombre vingt-trois bless&#233;s dont certains par balles en plastiques ou intoxiqu&#233;s par la fum&#233;e. Le lendemain, les sanctions tombent...&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt; &lt;i&gt;- Marseille (13), Centre P&#233;nitentiaire des BAUMETTES.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Les d&#233;tenus provoquent un chahut monstre en tapant sur les barreaux et les portes, et en jetant par les fen&#234;tres des papiers et chiffons enflamm&#233;s.&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt; &lt;i&gt;- Lyon (69), Maisons d'Arr&#234;t SAINT-PAUL et SAINT-JOSEPH.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Pour protester contre la suppression des douches, les prisonniers calfeutrent le bas des portes de cellule, ouvrent les robinets puis, lorsque l'eau a atteint un certain niveau, la laisse se r&#233;pandre brutalement dans les coursives. Suite &#224; cette agitation, les tabourets sont &#244;t&#233;s des cellules et sept rebelles sont conduits au quartier disciplinaire.&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt; &lt;i&gt;- Gradignan (33), Maison d'Arr&#234;t de GRADIGNAN.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Cinq ou six cellules sont br&#251;l&#233;es.&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt; &lt;i&gt;- Evreux(27), Maison d'Arr&#234;t d'EVREUX.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Vers 15h30, vingt-sept prisonniers escaladent les toits &#224; la fin de la promenade et n'acceptent d'en redescendre qu'au bout de deux heures, au terme de n&#233;gociations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[Suite &#224; la gr&#232;ve des surveillants, agitation et interventions polici&#232;res &#224; Maubeuge (59), B&#233;thune (62), Val-de-Reuil (27), au CD de Fleury-M&#233;rogis (91), Draguignan (33), Nice (06), &#224; Vannes (56), Montb&#233;liard (25), Toulon (83) et &#224; Saint-Denis de la R&#233;union (97-la R&#233;union). Dans cette derni&#232;re, les d&#233;tenus mettent le feu au mobilier.]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Jeudi 20 ao&#251;t :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Nanterre (92), Maison d'Arr&#234;t de NANTERRE.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Intervention des gardes mobiles o&#249; les prisonniers entreprennent la destruction de leurs cellules.&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt; &lt;i&gt;- Besan&#231;on (25), Maison d'Arr&#234;t de BESAN&#199;ON.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Dans la soir&#233;e, neuf d&#233;tenus montent sur le toit, d'o&#249; ils ne redescendent qu'apr&#232;s n&#233;gociations avec les autorit&#233;s.&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt; &lt;i&gt;- Neuvic-sur-l'Isle (24), Centre de D&#233;tention de NEUVIC-SUR-L'ISLE.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Les prisonniers jettent par les fen&#234;tres tout ce qui peut l'&#234;tre et d&#233;truisent une centaine de cellules.&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt; &lt;i&gt;- Niort(79), Maison d'Arr&#234;t de NIORT.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Agitation dans cette prison. Un d&#233;tenu en profite pour tenter de s'&#233;vader.&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt; &lt;i&gt;- Sainte-Genevi&#232;ve-des-Bois (91), Maison d'Arr&#234;t de FLEURY-MEROGIS.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Dans l'apr&#232;s-midi : refus de remonter de promenade.&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt; &lt;i&gt;- Bois-d'Arcy (78), Maison d'Arr&#234;t de BOIS-D'ARCY.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Les d&#233;tenus restent dans la cour.&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt; &lt;i&gt;- Ploemeur (56), Centre P&#233;nitentiaire de PLOEMEUR.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
M&#234;me action qu'&#224; Fleury et &#224; Bois-d'Arcy.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Mardi 8 septembre :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Yzeure (03), Maison Centrale de MOULINS-YZEURE.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
R&#233;volte des prisonniers, suite &#224; une gr&#232;ve de surveillants apr&#232;s l'agression mortelle d'un des leurs &#224; la maison d'arr&#234;t de Rouen. Les d&#233;tenus sont totalement priv&#233;s d'activit&#233;s, de courriers, de parloirs&#8230; Une sanction inflig&#233;e la veille &#224; un d&#233;tenu sert de d&#233;tonateur. Les d&#233;tenus prennent vingt surveillants et un professeur en otages. La centrale est d&#233;truite par les prisonniers. Le GIGN donne l'assaut le 9 au matin.&lt;br /&gt;
L'Administration proc&#232;de &#224; cent soixante douze transferts dans la nuit. Tous les autres prisonniers seront transf&#233;r&#233;s par la suite.&lt;br /&gt;
La mutinerie a caus&#233; 70 millions de francs [&#8776;10 600 000 &#8364;] de d&#233;g&#226;ts et la fermeture momentan&#233;e de l'&#233;tablissement. Les prisonniers de la centrale s'expliquent dans une lettre au procureur : &#171; La r&#233;volte des prisonniers a &#233;t&#233; g&#233;n&#233;r&#233;e par les provocations des surveillants activistes et revanchards apr&#232;s l'&#233;chec de leur mouvement du 18 au 24 ao&#251;t 1992&#8230; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Samedi 12 septembre :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; N&#238;mes (30), Maison d'Arr&#234;t de NIMES.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Cinquante d&#233;tenus exc&#233;d&#233;s par la suppression des petits-d&#233;jeuners et des parloirs enfoncent les portes des cellules, allument plusieurs incendies et gagnent les toits. Apr&#232;s un rude accrochage avec les forces de r&#233;pression qui fait cinq bless&#233;s, ils se rendent.&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt; &lt;i&gt;- Dunkerque (59), Maison d'Arr&#234;t de DUNKERQUE.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Pour protester contre la suppression des parloirs, quarante d&#233;tenus d&#233;truisent vitres et mobiliers.&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt; &lt;i&gt;- Nancy (54), Maison d'Arr&#234;t CHARLES-III.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;BR /&gt;
Trente prisonniers refusent de remonter de promenade et affrontent la police.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[Les mouvements de septembre sont li&#233;s au mouvement des matons. Dans la plupart des &#233;tablissements, seule la distribution des repas est assur&#233;e par la police. La Chancellerie exp&#233;die sept cents lettres de mise en demeure et des d&#233;cisions d'exclusions. Les surveillants usent alors d'un nouvel artifice : les arr&#234;ts maladie. Quatre surveillants suspendus entament une gr&#232;ve de la faim. Le 18 septembre : cent dix-sept prisons sont encore perturb&#233;es et cinquante neuf fonctionnent avec l'aide des forces de police. &#192; Toulouse et &#224; Muret, ce sont des militaires d'unit&#233;s parachutistes qui remplacent les gardiens. Le 22 septembre : les n&#233;gociations interrompues le 15 septembre reprennent. D'embl&#233;e, le garde des Sceaux propose la lev&#233;e des sanctions et l'ouverture de discussions sur la s&#233;curit&#233;. Le 28, une trentaine d'&#233;tablissements poursuivent le mouvement et entament une gr&#232;ve du z&#232;le : &#171; Si le mouvement se termine comme &#231;a, nous jouerons les d&#233;tenus &#187; pr&#233;vient un surveillant &#171; Nous n'avons aucun autre moyen de pression sur le gouvernement. S'il faut des mutineries pour que le dossier p&#233;nitentiaire avance, il y en aura &#187;.]&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1993&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Lundi 20 septembre :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Draguignan (83), Centre P&#233;nitentiaire de DRAGUIGNAN.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Les d&#233;tenus refusent de r&#233;int&#233;grer leurs cellules apr&#232;s le d&#233;c&#232;s de l'un d'entre eux.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1994&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Mercredi 9 mars :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Varces (38), Maison d'Arr&#234;t de GRENOBLE-VARCES.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Refus de remonter de promenade. Intervention polici&#232;re brutale.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1995&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Jeudi 11 mai :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Neuvic-sur-l'Isle (24), Centre de D&#233;tention de Neuvic-sur-l'Isle.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Une centaine des cent quatre-vingts d&#233;tenus refusent de regagner leurs cellules pour protester notamment contre la nourriture qui leur est servie.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1996&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Mardi 2 avril :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Arles (13), Maison Centrale d'ARLES.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Soixante-dix d&#233;tenus refusent de remonter en cellule. Intervention des CRS et du GIPN.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Dimanche 7 avril :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Dijon (21), Maison d'Arr&#234;t de DIJON.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Vers 17h15, au retour de la promenade, &#171; un d&#233;tenu ceinture l'unique gardien, qui jette ses cl&#233;s. Un autre prisonnier, ravi, empoche. A l'int&#233;rieur, un groupe diff&#233;rent chasse les surveillants (onze ce jour-l&#224;) du rond-point, lieu strat&#233;gique qui commande l'ouverture des portes. La P&#233;nitentiaire se replie &#224; l'abri dans le d&#233;sordre, les d&#233;tenus lib&#232;rent les copains qui brisent menu tout ce qui leur tombe sous la main et br&#251;lent le reste. &#187; [&lt;i&gt;Liberation.fr&lt;/i&gt;, &lt; &lt;a href=&#034;http://www.liberation.fr/france/0109176896-les-mutins-voulaient-parler-a-la-directrice-neuf-detenus-ont-ete-juges-mercredi-pour-le-saccage-de-la-prison-de-dijon&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.liberation.fr/france/0109176896-les-mutins-voulaient-parler-a-la-directrice-neuf-detenus-ont-ete-juges-mercredi-pour-le-saccage-de-la-prison-de-dijon&lt;/a&gt; &gt;, 26 avril 1996. Page consult&#233;e le 15 octobre 2010.]&lt;br /&gt;
Deux foyers d'incendie sont allum&#233;s, l'un dans la cour de la prison et l'autre dans le centre de d&#233;tention o&#249; se trouvent les cellules.&lt;br /&gt;
La centaine de mutins (sur trois cents prisonniers) encerclent pendant plus de trois heures deux gardiens qui se sont retranch&#233;s dans une pi&#232;ce.&lt;br /&gt;
Vers 19 heures, un important dispositif de police est mis en place : une quarantaine de policiers, une cinquantaine de gendarmes, accompagn&#233;s de ma&#238;tres-chiens tandis que d'importants effectifs de pompiers mettent des lances en batterie pour tenter de circonscrire le sinistre.&lt;br /&gt;
La r&#233;pression est violente. Le soir, apr&#232;s avoir &#233;t&#233; rassembl&#233;s sur le stade de foot de la MA, les rebelles se font passer &#224; tabac.&lt;br /&gt;
De multiples certificats m&#233;dicaux de d&#233;tenus qui &#233;maillent le dossier lors du proc&#232;s des mutins font &#233;tat de sept traumatismes cr&#226;niens, des mains et des c&#244;tes cass&#233;es, ainsi que des fractures de toutes sortes.&lt;br /&gt;
Deux b&#226;timents sur quatre sont d&#233;truits et les trois cents d&#233;tenus sont transf&#233;r&#233;s.&lt;br /&gt;
La mutinerie fait 10 &#224; 15 millions de francs [&#8776; 1 500 000 &#8364; &#224; &#8776; 2 300 000 &#8364;] de d&#233;g&#226;ts.&lt;br /&gt;
Dans le tas, ils sont neuf &#224; passer en proc&#232;s. Pourquoi eux ? &#171; &#199;a doit &#234;tre par ordre alphab&#233;tique &#187;, ricane un avocat lors du proc&#232;s qui se tient &#224; la fin du mois d'avril. Deux d'entre eux, plus bavards que les autres, expliquent &#224; l'audience leur sentiment de libert&#233; retrouv&#233;e durant la mutinerie.&lt;br /&gt;
Quatre surveillants, constitu&#233;s parties civiles pour avoir &#233;t&#233; molest&#233;s par les d&#233;tenus, re&#231;oivent des dommages et int&#233;r&#234;ts d'un montant variant entre 5 000 et 10 000 francs. [&#8776; 760 &#8364; et &#8776; 1 500 &#8364;]&lt;br /&gt;
Trois d&#233;tenus sont relax&#233;s et les six autres prennent des peines de un an &#224; deux ans de prison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Mardi 11 juin, et le mardi 22 et mercredi 23 octobre :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Nantes (44), Maison d'Arr&#234;t de NANTES.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Des &#233;meutes ont lieu durant ces journ&#233;es pour d&#233;noncer les conditions de d&#233;tention.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Samedi 23 novembre :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Saint-Mihiel (55), Maison d'Arr&#234;t de SAINT-MIHIEL.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Trois cent soixante-cinq d&#233;tenus, r&#233;clamant une meilleure nourriture, plus de loisirs et des contacts avec les &#233;ducateurs, refusent de remonter de promenade. Ils d&#233;truisent les t&#233;l&#233;visions, les frigos et les fen&#234;tres. Cent quatre-vingt-dix-huit d&#233;tenus sur trois cent trente-six sont transf&#233;r&#233;s. Quinze parmi eux, pris au hasard, passeront en jugement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Samedi 5 et dimanche 6 avril :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Neuvic-sur-l'Isle (24), Centre de D&#233;tention de Neuvic-sur-l'Isle.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Vers 19 h 30, dans ce centre de d&#233;tention ultramoderne, une centaine de d&#233;tenus se r&#233;voltent pour protester contre leurs conditions de vie. Ils provoquent des d&#233;g&#226;ts mat&#233;riels sur les quatre niveaux d'un b&#226;timent.&lt;br /&gt;
Des CRS venus de Bergerac (24) et d'Agen (47) interviennent vers 4 heures du matin, pour ma&#238;triser la situation. Une heure apr&#232;s, le calme est de retour. &lt;br /&gt;
Quatre d&#233;tenus sont bless&#233;s, neuf autres, soup&#231;onn&#233;s d'&#234;tre &#224; l'origine du mouvement, sont transf&#233;r&#233;s &#224; Poitiers (86), Angoul&#234;me (16) et Bordeaux (33).&lt;br /&gt;
&#171; Je ne parlerai pas de mutinerie, ce sont des d&#233;sordres &#187;, pr&#233;cise la sous-pr&#233;fet Christine Boehler.&lt;br /&gt;
&#171; L'Administration P&#233;nitentiaire est fautive. On ne devrait pas laisser des d&#233;tenus d&#233;truire un &#233;tablissement pendant des heures par plaisir &#187;, reproche Alain Guillemet, maton et responsable syndical (FO), aux autorit&#233;s qui ont tard&#233; &#224; faire intervenir les forces de l'ordre.&lt;br /&gt;
La pr&#233;fecture signale pour sa part que les autorit&#233;s p&#233;nitentiaires et pr&#233;fectorales ont essay&#233; de mettre fin &#224; la r&#233;bellion par le dialogue. L'intervention des forces de l'ordre fut demand&#233;e lorsque des d&#233;tenus se sont livr&#233;s &#224; des r&#232;glements de comptes entre eux.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1999&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Mercredi 7 avril :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Neuvic-sur-l'Isle (24), Centre de D&#233;tention de NEUVIC-SUR-L'ISLE.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Les d&#233;tenus saccagent le mat&#233;riel sur les quatre niveaux du centre de d&#233;tention.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Lundi 5 juillet :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Remire-Montjoly (97 &#8211; Guyane), Maison d'Arr&#234;t de REMIRE-MONTJOLY.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Les prisonniers d&#233;truisent cent cellules.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2001&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Lundi 30 juillet :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Grasse (06), Maison d'Arr&#234;t de GRASSE.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
A 09 heures, une centaine de prisonniers se r&#233;voltent afin de demander des comptes &#224; la direction sur la mort, la veille, d'un jeune de 17 ans &#233;touff&#233; au quartier disciplinaire. Dans la cour de promenade, ils se mettent &#224; jeter des pierres. Certains cassent les gu&#233;rites dans lesquelles se trouvent les matons, qui quittent leurs postes impuissants. Certains des rebelles restent dans la cour, d'autres occupent les b&#226;timents ou les toits. Ils saccagent une partie de la prison. Les locaux de l'infirmerie sont retourn&#233;s. Au premier &#233;tage du b&#226;timent B, toutes les portes sont enfonc&#233;es ou cass&#233;es. Deux b&#226;timents sur les trois sont sens dessus dessous. Il y a des trous partout, tous les fils sont coup&#233;s, les grillages arrach&#233;s, les portes d&#233;fonc&#233;es. Intervention brutale de quatre-vingts CRS et de quatre-vingts gendarmes appuy&#233;s par des hommes du GIPN (matraque et balles de caoutchouc). Une vingtaine de prisonniers sont bless&#233;s dont quatre gri&#232;vement. Le soir m&#234;me, cinquante d&#233;tenus sont transf&#233;r&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2002&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Jeudi 24 janvier :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Poissy (78), Maison Centrale de POISSY.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Suite &#224; une altercation avec un surveillant, un jeune d&#233;tenu est tra&#238;n&#233; au mitard. Des demandes d'explications sont souhaitables, mais le directeur ne veut rien entendre. Il se fait alors arracher ses cl&#233;s par des d&#233;tenus. La salle informatique, la biblioth&#232;que, le gymnase, la cuisine et le poste de contr&#244;le central sont alors d&#233;truits par le feu. Vingt-deux personnes seront transf&#233;r&#233;es en repr&#233;sailles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Vendredi 2 ao&#251;t :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Valence (26), Maison d'Arr&#234;t de VALENCE.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Les forces de r&#233;pression interviennent en tenues de combat pour d&#233;loger cinq hommes barricad&#233;s dans plusieurs cellules. Ces derniers incitent les autres d&#233;tenus &#224; se r&#233;volter en tapant sur les portes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les cinq, faute de troubles, se rendent et sont transf&#233;r&#233;s vers d'autres &#233;tablissements p&#233;nitentiaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Lundi 12 ao&#251;t :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Moulins (03), Maison Centrale de MOULINS-YZEURE.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Vingt-deux d&#233;tenus passent la soir&#233;e dans une cour de promenade pour d&#233;noncer leurs conditions de d&#233;tention. Ils regagnent d'eux-m&#234;mes leur cellule &#224; l'arriv&#233;e des renforts de CRS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Mardi 3 septembre :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Moulins (03), Maison Centrale de MOULINS-YZEURE.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Quatre-vingt-sept d&#233;tenus occupent la cour de promenade.&lt;br /&gt;
Ils se sont install&#233;s dans la cour vers 18h30 pour demander de meilleures conditions de d&#233;tention, en particulier l'acc&#232;s &#224; des parloirs libres. Ils regagnent leurs cellules dans le calme lorsque les forces de r&#233;pression p&#233;n&#232;trent dans la cour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Dimanche 22 et lundi 23 d&#233;cembre :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; N&#238;mes (30), Maison d'Arr&#234;t de NIMES.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Emeute de quatre-vingt prisonniers pour protester contre des mises au mitard et pour demander que personne ne reste au cachot pendant la p&#233;riode de No&#235;l. Les ateliers sont partiellement d&#233;truits, ainsi que les grilles qui s&#233;parent les deux cours de promenade.&lt;br /&gt;
Les matons, craignant que les mutins n'atteignent le mur d'enceinte, tirent des balles plastiques et les maintiennent en joue en attendant l'arriv&#233;e des CRS. Le soir m&#234;me, trente taulards sont transf&#233;r&#233;s. Le lendemain une petite centaine de prisonniers profitent &#224; nouveau de la promenade pour ne pas remonter en cellule et continuer &#224; exprimer leur r&#233;volte, s'en prenant d&#233;sormais aux ateliers et &#224; la salle de sport, en g&#233;n&#233;ral r&#233;serv&#233;e &#224; quelques privil&#233;gi&#233;s. Cette fois-ci, les CRS investissent compl&#232;tement la prison, tabassent, gazent et remplacent les matons jusqu'au lendemain. Le soir, il y a de nouveau une quarantaine de transferts dans des mitards d'autres &#233;tablissements lointains, ceux de la r&#233;gion &#233;tant d&#233;j&#224; combles.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2003&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Lundi 3 f&#233;vrier :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Toulouse (31), Maison d'Arr&#234;t de SEYSSES.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Une semaine apr&#232;s son ouverture, m&#233;contents notamment de la nourriture, d'un manque de convivialit&#233; [&lt;i&gt;sic&lt;/i&gt;] et de l'organisation des parloirs, une soixantaine de d&#233;tenus refusent de remonter en cellule. Ils d&#233;truisent portes, fen&#234;tres, cam&#233;ras et grilles. Les &#171; meneurs &#187; sont &#233;vacu&#233;s vers d'autres &#233;tablissements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Samedi 8 f&#233;vrier :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Bayel (10), Maison Centrale de CLAIRVAUX.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Dans le b&#226;timent A, une cinquantaine de prisonniers saccagent le b&#226;timent, vite d&#233;sert&#233; par les matons : surveillance vid&#233;o, r&#233;fectoire, syst&#232;me &#233;lectrique, feu aux matelas, le tout afin de protester contre les sanctions prises contre deux d'entre eux. Ils fracturent aussi des portes de cellules, brisent des fen&#234;tres, inondent les coursives et tiennent sept heures avant l'assaut des CRS et des gendarmes mobiles. Le b&#226;timent, devenu insalubre, est vid&#233; de ses tumultueux occupants... Pour le dire autrement : balluchonnage pour tous, dans des maisons d'arr&#234;t de la r&#233;gion parisienne et du nord-est de la France, et en sus, pour certains, le quartier d'isolement. Ce n'est qu'en septembre que la cinquantaine de mutins sont renvoy&#233;s &#224; Clairvaux ou dans d'autres centrales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Mardi 1er avril :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Saint-Maur (36), Maison Centrale de SAINT-MAUR.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Une centaine de prisonniers refusent de remonter de promenade pour d&#233;noncer la longueur des peines, la quasi-disparition de leurs am&#233;nagements et la disparition des permissions et des conditionnelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Mercredi 16 avril :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Bayel (10), Maison Centrale de CLAIRVAUX.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Cette fois-ci, la r&#233;volte part des ateliers du b&#226;timent B, qui sont incendi&#233;s par quatre-vingts prisonniers, qui s'insurgent notamment contre la fermeture stricte des cellules le jour dans toutes les centrales suite &#224; l'agression d'un membre du personnel. Un gardien et deux civils responsables de la R&#233;gie sont pris en otage. Suite &#224; l'intervention des forces de r&#233;pression en fin d'apr&#232;s-midi, treize prisonniers sont transf&#233;r&#233;s les jours suivants. Retour en maison d'arr&#234;t, et quartier d'isolement pour certains. Il y en aurait pour 5 millions d'euros de d&#233;g&#226;ts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Lundi 14 juillet :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Loos (59), Maison d'Arr&#234;t de Loos-lez-Lille.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Cent trente d&#233;tenus refusent de retourner dans leurs cellules apr&#232;s leurs repas. Quelques d&#233;tenus sont parvenus &#224; prendre le contr&#244;le de certains couloirs menant vers la cour. Ils demandent un allongement de la dur&#233;e du parloir et des douches suppl&#233;mentaires (&#224; cause de la chaleur).&lt;br /&gt;
La r&#233;bellion est mat&#233;e par l'envoi de plusieurs compagnies de CRS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Dimanche 16 novembre :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Moulins (03), Maison Centrale de MOULINS-YZEURE.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Une dizaine de prisonniers refusent de remonter de promenade jusqu'&#224; l'arriv&#233;e des ERIS (Equipe R&#233;gionale d'Intervention et de S&#233;curit&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb63&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Matons cagoul&#233;s qui r&#233;tablissent l'ordre, c'est-&#224;-dire qui tabassent les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh63&#034;&gt;63&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Samedi 22 novembre :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Moulins (03), Maison Centrale de MOULINS-YZEURE.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Des d&#233;tenus refusent de remonter de promenade. Intervention d'une trentaine d'ERIS pour les y contraindre. Deux prisonniers sont plac&#233;s au quartier disciplinaire. De leur fen&#234;tre, ils crient qu'ils se sont fait frapper par les matons cagoul&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Lundi 24 novembre :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Moulins (03), Maison Centrale de MOULINS-YZEURE.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Trente-trois d&#233;tenus prennent vers 10h30 le contr&#244;le de l'atelier de marqueterie. Trois surveillants et un membre du personnel technique sont pris en otages. Ce mouvement est li&#233; &#224; un r&#233;cent durcissement des r&#232;gles p&#233;nitentiaires (fermeture des portes, conditionnelles non octroy&#233;es&#8230;). Les captifs sont lib&#233;r&#233;s apr&#232;s intervention du GIGN. Ces derniers, avec les ERIS et des surveillants, r&#233;priment avec une extr&#234;me violence les deux d&#233;tenus preneurs d'otages, Andr&#233; Allaix et Cyril Bastard, alors qu'ils n'opposent aucune r&#233;sistance.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2004&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Mardi 2 mars :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Moulins (03), Maison Centrale de MOULINS-YZEURE.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Alors qu'ils contestent la d&#233;cision de placement de deux prisonniers au mitard et d'un autre au quartier disciplinaire, des d&#233;tenus se rendent en d&#233;l&#233;gation aupr&#232;s de la direction. R&#233;sultat : et de six de plus au quartier disciplinaire !&lt;br /&gt;
Pour exprimer leur solidarit&#233; et exiger la sortie de leurs cod&#233;tenus, des prisonniers entament une gr&#232;ve de la consommation et du travail. Le mouvement s'amplifie dans les jours qui suivent : plusieurs dizaines de d&#233;tenus se mettent symboliquement au mitard : ceux qui travaillent aux ateliers et aux cuisines refusent de se rendre sur leurs lieux de travail, et plus de la moiti&#233; des soixante-quinze qui peuvent se payer des r&#233;frig&#233;rateurs et des t&#233;l&#233;viseurs les sortent des cellules pour les abandonner sur la coursive. Ils cessent le travail, les activit&#233;s, les promenades, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Mardi 18 mai :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Cergy-Pontoise (95), Maison d'Arr&#234;t d'OSNY-PONTOISE.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Vers 15 heures, pr&#232;s de deux cent cinquante d&#233;tenus refusent de r&#233;int&#233;grer leurs cellules &#224; l'issue de la promenade. Un mouvement de protestation li&#233; &#224; la suppression de s&#233;ances de sport. Peu apr&#232;s 18 heures, pr&#232;s de cent cinquante policiers entrent en colonnes &#224; l'int&#233;rieur de la maison d'arr&#234;t pour forcer les m&#233;contents &#224; regagner leurs cellules. Ils sont accueillis par les cris de plusieurs jeunes du quartier des mineurs dont les cellules donnent sur la porte d'entr&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Jeudi 10 juin :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Valence (26), Maison d'Arr&#234;t de VALENCE.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Une &#233;meute a lieu pour protester contre une fouille muscl&#233;e dans une cellule et en solidarit&#233; avec un prisonnier. Environ quarante prisonniers participent au mouvement. Retour au calme, apr&#232;s intervention des forces de r&#233;pression.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2005&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Dimanche 30 janvier :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Sainte-Genevi&#232;ve-des-Bois (91), Maison d'Arr&#234;t de FLEURY-MEROGIS.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Vers 14 heures, au cours d'une fouille assez rude dans une coursive du D1, un d&#233;tenu est frapp&#233; par un maton. S'ensuit une bagarre o&#249; le d&#233;tenu finit tra&#238;n&#233; au cachot sous une gr&#234;le de coups et ce, sous les yeux de ses camarades. A la fin de la promenade de l'apr&#232;s-midi, deux cents prisonniers refusent de remonter en signe de protestation. Apr&#232;s un dialogue de sourds avec la directrice o&#249; ils exposent &#171; une plateforme de dol&#233;ances bas&#233;e sur les violences et autres atteintes &#224; la dignit&#233; des personnes, sur l'insalubrit&#233; des cellules et leur crasse &#187;, arrivent les CRS, les ERIS et des matons en nombre. Face &#224; ce d&#233;ploiement de force, les rebelles regagnent leurs cellules. Quatre d'entre eux, consid&#233;r&#233;s comme &#171; meneurs &#187;, sont transf&#233;r&#233;s dans d'autres b&#226;timents de Fleury.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Mardi 15 mars :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Paris (75), Maison d'Arr&#234;t PARIS LA SANTE.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Les prisonniers basques effectuent une gr&#232;ve de la faim pendant douze jours. Certains pour le statut politique, d'autres contre les conditions de d&#233;tention dans cette prison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Vendredi 10 juin :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Nantes (44), Maison d'Arr&#234;t de NANTES.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Une trentaine de d&#233;tenus refusent de r&#233;int&#233;grer leurs cellules apr&#232;s s'&#234;tre barricad&#233;s dans la cour. Ils d&#233;t&#233;riorent la cour de promenade, arrachent la gu&#233;rite de surveillance et des plaques de b&#233;ton. Intervention des forces de r&#233;pression pour un retour au calme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Dimanche 28 ao&#251;t :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Colombier-Saugnieu (69), Centre de R&#233;tention Administrative de LYON-SAINT-EXUPERY.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Une soixantaine de d&#233;tenu-e-s se mettent en gr&#232;ve de la faim. Ils et elles veulent d&#233;noncer, selon le Collectif 69 de soutien aux sans-papiers, &#171; les refus massifs de leurs demandes de r&#233;gularisation et les rejets quasi syst&#233;matiques de leurs recours aupr&#232;s des pr&#233;fectures, de l'OFPRA [Office Fran&#231;ais de Protection des R&#233;fugi&#233;s et Apatrides], des tribunaux. Ils refusent l'engrenage infernal dans lequel ils sont entra&#238;n&#233;s, alors qu'ils ne cherchent qu'&#224; refaire leur vie gr&#226;ce &#224; leur travail et &#224; acc&#233;der &#224; plus de s&#233;curit&#233; en France &#187;.&lt;br /&gt;
Le mouvement se termine le jeudi, bris&#233; par les agents du CRA &#224; force de violentes intimidations par le biais de convocations individuelles, de menaces, de chantages, et de reconduites rapides en commen&#231;ant par les &#171; meneurs &#187;. Plusieurs gr&#233;vistes sont expuls&#233;-e-s dans les jours suivant la gr&#232;ve de la faim.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2006&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Vendredi 6 janvier :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Pau (64), Maison d'Arr&#234;t de PAU.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Deux d&#233;tenus enferm&#233;s dans une cellule disciplinaire mettent le feu &#224; leur matelas, provoquant un d&#233;but d'incendie.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2007&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Samedi 3 novembre :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Mulhouse (68), Maison d'Arr&#234;t de MULHOUSE.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Environ soixante-dix d&#233;tenus refusent de regagner leurs cellules &#224; l'issue de la promenade de 17h30. Ils mettent le feu &#224; un matelas et &#224; des v&#234;tements dans le gymnase.&lt;br /&gt;
Rapidement, les ERIS ainsi qu'une demi-compagnie de CRS arrivent sur place, ainsi que la vice-procureure de permanence, le sous-pr&#233;fet de Mulhouse et un adjoint au maire. Les d&#233;tenus r&#233;calcitrants finissent par &#234;tre ramen&#233;s dans leurs cellules dans un &#8220;calme relatif&#8221;, selon une source p&#233;nitentiaire, vers 20h45. L'incident aurait pour origine, selon l'AP, une rumeur &#8220;infond&#233;e&#8221; qui a circul&#233; dans la journ&#233;e dans l'&#233;tablissement selon laquelle un d&#233;tenu hospitalis&#233; pour des probl&#232;mes de diab&#232;te serait d&#233;c&#233;d&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Samedi 15 d&#233;cembre :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Mesnil-Amelot (77), Centre de R&#233;tention Administrative du MESNIL-AMELOT.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Des d&#233;tenu-e-s entament un mouvement de protestation : cahiers de dol&#233;ances, revendications &#233;crites sur les v&#234;tements, refus de rentrer dans les chambres, gr&#232;ve de la faim.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Lundi 24 d&#233;cembre :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Saint-Denis (97 &#8211;La R&#233;union), Centre P&#233;nitentiaire de SAINT-DENIS DE LA REUNION.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&#171; [&#8230;] Lundi, vers 23 heures, en faisant sa ronde de routine, un gardien d&#233;couvre, avec stupeur, plusieurs dizaines de d&#233;tenus dans une coursive. Il ferme la grille et donne l'alerte. Rapidement, les [quatre-vingt-quatre] mutins prennent le contr&#244;le d'une aile enti&#232;re de la prison. Tr&#232;s vite la police arrive sur place, ainsi que le procureur de la R&#233;publique de Saint-Denis et son substitut. En quelques minutes le GIPN, dans sa totalit&#233;, est sur les lieux de la r&#233;volte. Pendant que les forces de l'ordre se pr&#233;parent &#224; l'assaut, &#224; l'int&#233;rieur de l'aile de la prison occup&#233;e par les mutins, c'est, aux dires des surveillants, un v&#233;ritable cyclone qui est en train de d&#233;vaster les lieux. Les prisonniers en r&#233;volte d&#233;truisent tout sur leur passage, d&#233;foncent les murs &#224; coups de barreaux de lits d&#233;mont&#233;s, fracassent les cam&#233;ras de surveillance, enl&#232;vent les grillages... Mais les prisonniers, malgr&#233; leur mutinerie, ne peuvent s'&#233;chapper de la prison. Ils se retrouvent en r&#233;volte, mais sans espoir d'&#233;vasion. Des n&#233;gociations vont avoir lieu entre les autorit&#233;s sur place et les mutins. La raison de cette r&#233;volte semble toute simple : &#8220;On souhaite protester contre nos conditions de d&#233;tention. On n'est pas des animaux&#8221;. C'est en clair ce qui a d&#233;termin&#233; les mutins. C'est la premi&#232;re phrase prononc&#233;e par les prisonniers au moment des n&#233;gociations. Deux heures de longues et &#226;pres discussions. Et peu &#224; peu la pression retombe. Les mutins se rendent. Un &#224; un. Le calme revient. Une dizaine de &#8220;meneurs&#8221; sont transf&#233;r&#233;s vers le Centre P&#233;nitencier du Port. Trois d&#233;tenus sont plac&#233;s en garde &#224; vue, puis tr&#232;s vite replac&#233;s en d&#233;tention. L'heure semble &#224; l'apaisement. La seule charge retenue contre eux : &#8220;d&#233;gradation de biens d'utilit&#233; publique&#8221; [&lt;i&gt;sic&lt;/i&gt;]. On ne parle plus du c&#244;t&#233; de la justice de mutinerie, d'&#233;meute, de r&#233;volte. [&#8230;] &#187;&lt;br /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.lepost.fr/article/2007/12/26/1073457_mutinerie-de-la-prison-de-saint-denis-de-la-reunion-on-n-est-pas-des-animaux.html &gt;. Page consult&#233;e le 15 octobre 2010.&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Le Journal de l'Ile de la R&#233;union, &lt;/i&gt;26/12/2007, cit&#233; par &lt;i&gt;Le Post.fr&lt;/i&gt; :&lt;br /&gt;
&lt; http://www.lepost.fr/article/2007/12/26/1073457_mutinerie-de-la-prison-de-saint-denis-de-la-reunion-on-n-est-pas-des-animaux.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Jeudi 27 d&#233;cembre :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Mesnil-Amelot (77), Centre de R&#233;tention Administrative du MESNIL-AMELOT.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Certain-e-s des d&#233;tenu-e-s commencent une gr&#232;ve de la faim : &#171; Nous refusons d'&#234;tre trait&#233;s comme des sous-hommes et appelons l'ensemble des gens qui pensent encore que nous sommes des &#234;tres humains &#224; dire &#8220;Stop&#8221; &#224; cette politique raciste. &#187; Un d&#233;tenu consid&#233;r&#233; comme &#171; meneur &#187; du mouvement est transf&#233;r&#233; au CRA de Vincennes.&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt; &lt;i&gt;- Paris (75), Centre de R&#233;tention Administrative de PARIS 1, dit &#171; CRA de VINCENNES &#187;.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Les d&#233;tenu-e-s entament &#224; leur tour une gr&#232;ve de la faim et refusent de rentrer dans leurs chambres. Dans la nuit, cent cinquante CRS font irruption dans le centre pour forcer &lt;i&gt;manu militari&lt;/i&gt; les rebelles &#224; rejoindre leurs chambres. La r&#233;pression est tr&#232;s violente et des d&#233;tenu-e-s sont gri&#232;vement bless&#233;-e-s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Samedi 29 d&#233;cembre :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Paris (75), Centre de R&#233;tention Administrative de PARIS 1, dit &#171; CRA de VINCENNES &#187;.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Le mouvement s'&#233;tend dans les deux centres de Vincennes o&#249; de nombreux sans-papiers rejoignent la gr&#232;ve de la faim et refusent de rentrer dans leurs chambres. Les CRS entrent pour la troisi&#232;me fois pour mater la r&#233;volte et des mises &#224; l'isolement sont d&#233;cid&#233;es. Mais les gr&#233;vistes continuent d'exprimer leur d&#233;termination &#224; ne pas c&#233;der. Ils et elles demandent l'arr&#234;t de la politique du chiffre, des rafles et des expulsions. Les CRS restent jusqu'&#224; 04 heures du matin.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Dimanche 30 d&#233;cembre :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Saint-Denis (97-la R&#233;union), Centre P&#233;nitentiaire de SAINT-DENIS DE LA REUNION.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Les d&#233;tenus protestent contre leurs conditions de d&#233;tention. Vers 23 heures certains forcent la porte de leurs cellules, puis dans un mouvement de r&#233;volte lib&#232;rent d'autres prisonniers. Le GIPN se rend sur place. Une heure apr&#232;s leur intervention, la situation redevient calme.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2008&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Mercredi 2 janvier :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Mesnil-Amelot (77), Centre de R&#233;tention Administrative du MESNIL-AMELOT.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Les sans-papiers d&#233;tenu-e-s font savoir par communiqu&#233; qu'ils poursuivent la gr&#232;ve de la faim qu'ils ont entam&#233;e le 27 d&#233;cembre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Jeudi 10 janvier :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Mesnil-Amelot (77), Centre de R&#233;tention Administrative du MESNIL-AMELOT.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Ne voyant aucune lib&#233;ration, contrairement &#224; ce qu'il leur avait &#233;t&#233; promis par la police cinq jours plus t&#244;t en contrepartie de l'arr&#234;t de leur gr&#232;ve de la faim, les d&#233;tenu-e-s refusent d'&#234;tre compt&#233;s et de descendre au r&#233;fectoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Lundi 14 janvier :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Paris (75), Centre de R&#233;tention Administrative de PARIS 1, dit &#171; CRA de VINCENNES &#187;.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Une vingtaine de personnes refusent de s'alimenter pendant au moins trois jours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Mardi 22 janvier :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Fresnes (94), Maison d'Arr&#234;t pour Femmes de FRESNES.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Suite au d&#233;c&#232;s d'une d&#233;tenue faute de soins de l'AP, les prisonni&#232;res font un &#171; concert &#187; de casseroles en tapant sur les portes et les barreaux. Elles appellent &#224; un refus des plateaux-repas le dimanche midi en sa m&#233;moire.&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt; &lt;i&gt;- Palaiseau (91), Centre de R&#233;tention Administrative de PALAISEAU.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Depuis le matin, vingt sans-papiers (sur les vingt-neuf pr&#233;sents) sont en gr&#232;ve de la faim pour obtenir leur lib&#233;ration.&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt; &lt;i&gt;- Paris (75), Centre de R&#233;tention Administrative de PARIS 1, dit &#171; CRA de VINCENNES &#187;.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&#192; minuit, les d&#233;tenu-e-s refusent d'&#234;tre compt&#233;-e-s et de rentrer dans leurs chambres. Ils et elles essayent de dormir dehors. Les CRS interviennent pour les obliger &#224; r&#233;int&#233;grer leurs chambres. Tout le monde crie &#171; libert&#233; ! &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Mercredi 23 janvier :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Paris (75), Centre de R&#233;tention Administrative de PARIS 1, dit &#171; CRA de VINCENNES &#187;.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Des d&#233;tenu-e-s mettent le feu &#224; leurs chambres, en br&#251;lant des papiers. La police et les pompiers interviennent.&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt; &lt;i&gt;- Nantes (44), Centre de R&#233;tention Administrative de NANTES.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Six personnes sont en gr&#232;ve de la faim.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Jeudi 24 janvier :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Paris (75), Centre de R&#233;tention Administrative de PARIS 1, dit &#171; CRA de VINCENNES &#187;.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Certains d&#233;tenu-e-s refusent de manger et jettent la nourriture par terre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Vendredi 25 janvier :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Paris (75), Centre de R&#233;tention Administrative de PARIS 1, dit &#171; CRA de VINCENNES &#187;.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
18h30, les sans-papiers se battent contre la police. Ils commencent par refuser de se rendre au r&#233;fectoire pour protester contre les traitements indignes qu'on leur inflige tous les jours.&lt;br /&gt;
21 heures, le d&#233;put&#233;-maire de Montreuil vient rencontrer les d&#233;tenu-e-s : &#171; Il nous a dit qu'il fallait respecter les policiers. Il nous a dit qu'ils n'&#233;taient pas responsables et que les d&#233;cisions venaient de plus haut. Les gens lui ont r&#233;pondu qu'ils ne cherchaient pas &#224; am&#233;liorer leurs conditions de d&#233;tention, ils veulent la libert&#233;. &#187;. Une chambre a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; incendi&#233;e. Sur place, on parle d'&#233;meutes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Samedi 26 janvier :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Paris (75), Centre de R&#233;tention Administrative de PARIS 1, dit &#171; CRA de VINCENNES &#187;.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
A midi, un premier feu prend dans les toilettes et deux chambres sont br&#251;l&#233;es. Les d&#233;tenu-e-s refusent de manger et emp&#234;chent l'acc&#232;s au r&#233;fectoire en bloquant les portes. La police finit par les d&#233;gager et seulement une minorit&#233; va manger. A 18 heures, arriv&#233;e d'une soixantaine de CRS dans le centre qui fouillent toutes les chambres. Deux personnes sont transf&#233;r&#233;es dans l'autre b&#226;timent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Dimanche 27 janvier :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Paris (75), Centre de R&#233;tention Administrative de PARIS 1, dit &#171; CRA de VINCENNES &#187;.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Affrontements directs entre sans-papiers et policiers dans l'apr&#232;s-midi. Deux d&#233;parts de feux n&#233;cessitent l'intervention des pompiers. Vingt policiers viennent violemment chercher quatre personnes qu'ils mettent en garde &#224; vue, accus&#233;es d'avoir mis le feu au centre. Le lendemain, quatre autres personnes consid&#233;r&#233;es comme &#171; meneuses &#187; sont extraites du centre et plac&#233;es en garde &#224; vue pour les m&#234;mes faits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Lundi 28 janvier :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Saint-Jacques-de-la-Lande (35), Centre de R&#233;tention Administrative de SAINT-JACQUES-DE-LA-LANDE.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Une gr&#232;ve de la faim d&#233;bute dans ce centre.&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt; &lt;i&gt;- Paris (75), Centre de R&#233;tention Administrative de PARIS 1, dit &#171; CRA de VINCENNES &#187;.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Trois d&#233;tenu-e-s s'ouvrent les veines et sont momentan&#233;ment transf&#233;r&#233;s &#224; l'H&#244;tel Dieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Vendredi 1er f&#233;vrier :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Paris (75), Centre de R&#233;tention Administrative de PARIS 1, dit &#171; CRA de VINCENNES &#187;.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Une quinzaine de d&#233;tenu-e-s d&#233;chirent leurs cartes (qui servent &#224; la fois &#224; avoir acc&#232;s &#224; la bouffe, au m&#233;decin, &#224; la Cimade&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb64&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Comit&#233; Inter Mouvements Aupr&#232;s Des &#201;vacu&#233;s. Il s'agissait jusqu'au 2 juin (&#8230;)&#034; id=&#034;nh64&#034;&gt;64&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, mais aussi &#224; &#234;tre contr&#244;l&#233;-e-s &#224; chaque instant et compt&#233;-e-s &#224; minuit) et les jettent dans le couloir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Dimanche 3 f&#233;vrier :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Paris (75), Centre de R&#233;tention Administrative de PARIS 1, dit &#171; CRA de VINCENNES &#187;.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Au CRA 2 des d&#233;tenu-e-s refusent de manger car la bouffe est p&#233;rim&#233;e. Ils et elles se r&#233;unissent alors pour &#233;crire une lettre au commandant du centre. Cinq policiers tentent d'isoler la personne qu'ils jugent &#234;tre &#224; l'initiative de cette lettre. Les d&#233;tenu-e-s s'opposent. Les flics reviennent en force (une vingtaine) et frappent les d&#233;tenu-e-s. Deux d'entre eux sont mis en isolement, un autre a le doigt cass&#233;. Apr&#232;s une mobilisation de leurs camarades, les isol&#233;-e-s sont rel&#226;ch&#233;-e-s.&lt;br /&gt;
Comme presque tous les jours, il y a des refus de comptage de fa&#231;on plus ou moins d&#233;termin&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Mardi 5 f&#233;vrier :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Paris (75), Centre de R&#233;tention Administrative de PARIS 1, dit &#171; CRA de VINCENNES &#187;.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Manifestation durant vingt minutes de certains d&#233;tenu-e-s au CRA 2 en solidarit&#233; avec l'un des leurs qui est plac&#233; &#224; l'isolement suite &#224; une rixe. Ce dernier retourne en r&#233;gime normal le lendemain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Mardi 12 f&#233;vrier :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Paris (75), Centre de R&#233;tention Administrative de PARIS 1, dit &#171; CRA de VINCENNES &#187;.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Vers 23h30, la police vient provoquer les d&#233;tenu-e-s en leur &#233;teignant la t&#233;l&#233; sans explication. Le ton monte vite et les policiers veulent placer quelqu'un &#224; l'isolement. Les d&#233;tenu-e-s les emp&#234;chent de le prendre. Il leur est alors demand&#233; de regagner leurs chambres pour le comptage, ce qu'ils et elles refusent. Intervention brutale de policiers et de CRS (une cinquantaine) qui les tabassent dans l'escalier, dans le couloir et les chambres. La police fait usage de Taser. Il y a plusieurs bless&#233;-e-s. Des personnes sont conduites &#224; l'h&#244;pital, d'autres plac&#233;es en isolement.&lt;br /&gt;
A 04 heures, d&#233;part de feu dans deux chambres au CRA 1. Une demi-heure plus tard, les flics viennent &#171; fouiller &#187; les chambres qu'ils saccagent. Les d&#233;tenu-e-s sont tous sortis dehors pendant une demi-heure dans le froid.&lt;br /&gt;
Quatre personnes consid&#233;r&#233;es comme responsables des violences sont transf&#233;r&#233;es au CRA 2.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Mercredi 20 f&#233;vrier :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Paris (75), Centre de R&#233;tention Administrative de PARIS 1, dit &#171; CRA de VINCENNES &#187;.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Apr&#232;s avoir r&#233;dig&#233; un communiqu&#233; destin&#233; &#224; la Cimade, les d&#233;tenu-e-s entament une gr&#232;ve de la faim qui doit durer quatre jours. Le mouvement s'essouffle le lendemain apr&#232;s que la police a convaincu une trentaine de personnes d'aller manger. Une vingtaine continuent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Samedi 23 f&#233;vrier :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Paris (75), Centre de R&#233;tention Administrative de PARIS 1, dit &#171; CRA de VINCENNES &#187;.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Mobilisation des d&#233;tenu-e-s en soutien &#224; l'un des leurs qui n'est pas lib&#233;r&#233; alors qu'il a d&#233;pass&#233; les d&#233;lais l&#233;gaux de r&#233;tention (32 jours). Les rebelles tapent sur les tables &#224; l'accueil et crient &#171; libert&#233; &#187;. Une heure apr&#232;s, la personne est libre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Mercredi 27 f&#233;vrier :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Paris (75), Centre de R&#233;tention Administrative de PARIS 1, dit &#171; CRA de VINCENNES &#187;.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Une vingtaine de personnes continuent la gr&#232;ve de la faim au CRA 1.&lt;br /&gt;
Au CRA 2 : quelques d&#233;tenu-e-s sont en gr&#232;ve de la faim, dont un depuis vingt-huit jours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Samedi 26 avril :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Porcheville (78), Etablissement P&#233;nitentiaire pour Mineurs de PORCHEVILLE.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Dans la nuit, six d&#233;tenus saccagent leurs cellules. Ils sont transf&#233;r&#233;s en Centre pour Jeunes D&#233;tenus de Nanterre (92) et de Fleury (91). L'AP porte plainte contre trois d'entre eux pour &#171; d&#233;gradation de biens d'utilit&#233; publique &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Mardi 29 avril :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Dijon (21), Maison d'Arr&#234;t de DIJON.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
R&#233;volte des femmes. L'arbitraire, la r&#233;tention du courrier par l'Administration, les promenades trop courtes et le m&#233;pris affich&#233; par le personnel en sont les causes. Tout a commenc&#233; lors de la sortie en cours ; des d&#233;tenues d&#233;crochent le filet de volley pour en faire un hamac, ce qui provoque une premi&#232;re altercation avec les matonnes. Plus tard, une d&#233;tenue refuse de restituer son plateau et se voit brutalis&#233;e pour &#234;tre emmen&#233;e au mitard ; frapp&#233;e puis transf&#233;r&#233;e de force, ses hurlements se font entendre dans l'ensemble du quartier, ce qui ne manque pas d'interpeller ses cod&#233;tenues. Ne comprenant pas trop ce qu'il se passe, prises de panique et par solidarit&#233;, elles commencent par taper aux barreaux avec leurs plateaux, puis certaines jettent leurs matelas par la fen&#234;tre et y mettent le feu. Intervention muscl&#233;e des ERIS qui ram&#232;ne le calme. Quatre d&#233;tenues sont pr&#233;sent&#233;es au parquet pour une comparution imm&#233;diate. L'une d'entre elles refuse. R&#233;sultat pour les trois autres : deux prennent trois mois ferme, l'autre est relax&#233;e. Transfert disciplinaire &#224; la MAF de Chalon-sur-Sa&#244;ne (71) pour les quatre mises en cause.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Dimanche 4 et Lundi 5 mai :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Saint-Quentin-Fallavier (38), Maison d'Arr&#234;t de SAINT-QUENTIN-FALLAVIER.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Une soixantaine de prisonniers bloquent le retour de promenade. Les ERIS sont appel&#233;s pour un retour &#224; l'ordre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Lundi 19 mai :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Paris (75), Maison d'Arr&#234;t PARIS LA SANTE.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Vers 17 heures : soixante-dix d&#233;tenus bloquent la promenade pendant un quart d'heure. Ils demandent que soient d&#233;cal&#233;s les horaires de parloir pour avoir au moins une promenade par jour (voire plus), et pour plus de cantine. Ils obtiennent gain de cause sur la premi&#232;re revendication.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Jeudi 5 juin :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Paris (75), Centre de R&#233;tention Administrative de PARIS 1, dit &#171; CRA de VINCENNES &#187;.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Au CRA 2, &#224; midi, apr&#232;s deux jours de gr&#232;ve de la faim qu'ils et elles ont arr&#234;t&#233;e, des d&#233;tenu-e-s refusent de manger car la nourriture est mauvaise. Intervention des policiers casqu&#233;s qui leur frappent dessus. Deux personnes sont plac&#233;es &#224; l'isolement.&lt;br /&gt;
Au CRA 1, une grosse majorit&#233; continue la gr&#232;ve de la faim qu'ils et elles ont commenc&#233;e deux jours plus t&#244;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Dimanche 22 juin :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Paris (75), Centre de R&#233;tention Administrative de PARIS 1, dit &#171; CRA de VINCENNES &#187;.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
L'ambiance est assez tendue suite &#224; la mort, la veille, d'un d&#233;tenu tunisien, Salem Essouli, faute de soins m&#233;dicaux. Tous les d&#233;tenu-e-s ont dans la t&#234;te de protester contre ce d&#233;c&#232;s m&#234;me si les avis divergent sur la mani&#232;re de proc&#233;der. Les d&#233;tenu-e-s attendent donc la fin de la pri&#232;re de 14 heures pour regrouper tout le monde et commencer une marche silencieuse.&lt;br /&gt;
Au CRA 2 : les d&#233;tenu-e-s ne peuvent effectuer leur marche puisque la police intervient imm&#233;diatement. Apr&#232;s l'arrestation d'une premi&#232;re personne, les autres s'attaquent &#224; la grille du camp et les forces de r&#233;pression ripostent avec des gaz lacrymog&#232;nes. Le retour dans les chambres ne se fait pas calmement. Certain-e-s r&#233;ussissent &#224; ressortir avec des matelas qu'ils et elles entassent dans la cour.&lt;br /&gt;
Au CRA 1 : la tension monte &#233;galement, les d&#233;tenu-e-s crient &#171; libert&#233; &#187;. Des agents au CRA 2 s'empressent alors dans l'autre partie du camp. Les rebelles se font &#224; leur tour cogner dessus puis gazer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des d&#233;buts d'incendie partent vers 15 heures. Les d&#233;tenu-e-s s'affrontent aux policiers avec des morceaux de ciment. Ces derniers les abandonnent &#224; leur sort face &#224; la mont&#233;e des flammes, les rebelles d&#233;truisent tout ce qu'ils et elles peuvent. Intervention des CRS et de pompiers qui n'arrivent pas &#224; arr&#234;ter l'incendie.&lt;br /&gt;
La r&#233;pression est f&#233;roce, il y a des bless&#233;s graves. Une fois les b&#226;timents &#233;vacu&#233;s, tous les d&#233;tenu-e-s se retrouvent dans la cour, bien encadr&#233;-e-s, puis conduits dans le gymnase de l'&#233;cole de police mitoyen du centre de r&#233;tention. Une fois &#224; l'int&#233;rieur, le rideau de la porte du gymnase est abaiss&#233; et les enferm&#233;-e-s se font gazer (il n'y a pas de fen&#234;tre). Ils et elles y passent plusieurs heures avant d'&#234;tre emmen&#233;-e-s &#224; l'h&#244;pital pour certain-e-s, et transf&#233;r&#233;-e-s dans diff&#233;rents CRA de France pour les autres. Celui de Vincennes n'est plus que cendres apr&#232;s six mois de mouvements de protestations (refus de comptages, d&#233;parts de feu, refus de rentrer dans les chambres, manifestations....).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[Le plus grand CRA de France est reconstruit &#224; l'identique un an plus tard et dix d&#233;tenus sont condamn&#233;s &#224; des peines de prison allant de six mois &#224; trois ans ferme en f&#233;vrier 2010.]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Samedi 2 ao&#251;t :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Mesnil-Amelot (77), Centre de R&#233;tention Administrative du MESNIL-AMELOT.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Une partie du centre est incendi&#233; par des d&#233;tenu-e-s. Deux personnes sont inculp&#233;es puis relax&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Lundi 25 ao&#251;t :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Villeneuve-sur-Lot (47), Centre de D&#233;tention d'EYSSES.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Deux d&#233;tenus en viennent aux mains entre eux. La bagarre &#233;clate et l'intervention des surveillants est imm&#233;diate. Sauf que lorsque les gardiens interviennent, les deux font front contre les matons. La tension monte de plus en plus et les autres d&#233;tenus pr&#233;sents s'en prennent eux aussi aux surveillants. L'affrontement dure une bonne dizaine de minutes. Les coups pleuvent, les d&#233;tenus sont s&#233;par&#233;s mais dans la bataille, quatre surveillants du centre de d&#233;tention sont bless&#233;s et conduits au service m&#233;dical de l'&#233;tablissement. Dans la foul&#233;e, une dizaine de d&#233;tenus secouent dangereusement l'une des grilles qui donne acc&#232;s &#224; l'ext&#233;rieur, mais ils ne parviennent pas &#224; la faire tomber.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Lundi 29 septembre :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Varces (38), Maison d'Arr&#234;t de VARCES-GRENOBLE.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Vers 17h30, juste apr&#232;s l'assassinat d'un d&#233;tenu pendant sa promenade, dans la cour de la prison, par un sniper [le tireur a agi depuis une colline qui surplombe la prison, il s'agirait d'un r&#232;glement de comptes. Un autre d&#233;tenu est bless&#233; &#224; l'avant-bras en portant secours &#224; celui pris pour cible, une mutinerie &#233;clate. Les d&#233;tenus mettent le feu &#224; la prison &#8211; des matelas et des v&#234;tements sont br&#251;l&#233;s &#8211;, et d'autres agitent des bandes de tissu blanc depuis leur cellule, alors que d'autres poussent des cris. Intervention d'une centaine de gendarmes et de pompiers. L'incendie est ma&#238;tris&#233; aux alentours de 22 heures.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2009&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Lundi 19 JANVIER :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Bordeaux (33), Centre de R&#233;tention Administrative de BORDEAUX.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Les d&#233;tenu-e-s mettent le feu &#224; des matelas. Le centre, partiellement d&#233;truit par les flammes, est inutilisable. Les d&#233;tenu-e-s sont transf&#233;r&#233;-e-s &#224; Toulouse. Deux personnes sont inculp&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;jeudi 29 janvier :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Mesnil-Amelot (77), Centre de R&#233;tention Administrative du MESNIL-AMELOT.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Dans la nuit, des d&#233;tenu-e-s s'indignent de l'&#233;tat dans lequel un &#233;tranger d'origine alg&#233;rienne est ramen&#233; au centre, apr&#232;s avoir refus&#233; sa reconduite &#224; la fronti&#232;re, et se mettent en col&#232;re. Quelques personnes sont alors frapp&#233;es et se r&#233;fugient dans le b&#226;timent trois, puis elles br&#251;lent des affaires dans deux chambres. Le d&#233;but d'incendie est vite circonscrit par les gendarmes pr&#233;sents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Samedi 14 f&#233;vrier :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Palaiseau (91), Centre de R&#233;tention Administrative de PALAISEAU.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Une vingtaine de sans-papiers sur trente entament une gr&#232;ve de la faim pour exiger leurs lib&#233;rations et leurs r&#233;gularisations.&lt;br /&gt;
Un d&#233;tenu consid&#233;r&#233; comme &#171; meneur &#187; est transf&#233;r&#233; au CRA d'Oissel (76). Le mouvement durera une dizaine de jours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Mercredi 18 f&#233;vrier :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Toulouse (31), Centre de R&#233;tention Administrative de TOULOUSE-CORNEBARRIEU.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;BR /&gt;
Un d&#233;tenu pour lequel un embarquement est pr&#233;vu par bateau le lendemain s'automutile avec une boucle de ceinture. Lorsque les policiers charg&#233;s de la surveillance du centre veulent intervenir, des cod&#233;tenus bloquent la porte d'acc&#232;s avec des matelas et mettent le feu &#224; une chambre. Vers 4 heures du matin alors que la fum&#233;e envahit le secteur incendi&#233;, les autorit&#233;s du centre regroupent tous les d&#233;tenus, soit environ quatre-vingt-dix personnes, dont quatre femmes, dans un secteur unique. Dans la pr&#233;cipitation, trois de ces quatre femmes n'ont pas eu le temps de se v&#234;tir comme elles l'auraient souhait&#233;. Le mutil&#233; est transf&#233;r&#233; &#224; l'h&#244;pital et sept personnes sont plac&#233;es en garde &#224; vue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Lundi 6 avril :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Mulhouse (68), Maison d'Arr&#234;t de MULHOUSE.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
En fin d'apr&#232;s-midi, au moins soixante-six d&#233;tenus refusent de regagner leurs cellules apr&#232;s la promenade. Leur m&#233;contentement serait d&#251; aux r&#233;ductions de peines et certains voudrait changer de MA. Soixante policiers, une unit&#233; canine ainsi que les ERIS interviennent pour mettre fin au mouvement de grogne. Les d&#233;tenus acceptent finalement de r&#233;int&#233;grer les cellules et le calme revient vers 21h00 apr&#232;s quatre heures de tension. L'incident se solde par quelques d&#233;gradations. Il n'y a pas d'interpellations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Jeudi 7 mai :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Cergy-Pontoise (95), Maison d'Arr&#234;t d'OSNY-PONTOISE.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Vers 09h30, un d&#233;tenu monte sur le toit de surveillance de la prison et d&#233;t&#233;riore les cam&#233;ras. Les cent quatre-vingt-six d&#233;tenus qui se trouvent dans la cour refusent de remonter dans leurs cellules en solidarit&#233;. Intervention d'une centaine de policiers et de cinquante ERIS pour faire descendre celui qui se trouve sur le toit et obliger les r&#233;calcitrants &#224; r&#233;int&#233;grer leurs cellules.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Samedi 20 juin :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Amiens (80), Maison d'Arr&#234;t d'AMIENS.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Dix-sept d&#233;tenus refusent de remonter de la promenade. Ils veulent des heures de promenade suppl&#233;mentaires et des frigos dans leurs cellules. Intervention des ERIS. Trois &#171; meneurs &#187; sont transf&#233;r&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Vendredi 12 juin :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Perpignan (66), Centre de R&#233;tention Administrative de PERPIGNAN.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;BR /&gt;
Suite &#224; un incendie dans une chambre, la cour de promenade du centre est ferm&#233;e la nuit. Un d&#233;tenu parvient &#224; y acc&#233;der en faisant la courte &#233;chelle et ouvre les portes. Plusieurs d&#233;tenus s'y engouffrent. Pendant ce temps, un autre retenu retourne dans sa chambre et met le feu &#224; son matelas. A cause de la fum&#233;e, l'ensemble du b&#226;timent est ferm&#233;. Intervention de la police et six d&#233;tenus sont transf&#233;r&#233;s au centre de r&#233;tention de Toulouse-Cornebarrieu (31).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Mardi 30 juin :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Paris (75), Centre de R&#233;tention Administrative de PARIS 1, CRA de VINCENNES.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Suite &#224; une &#233;ni&#232;me tentative de suicide, les d&#233;tenu-e-s se r&#233;unissent et d&#233;cident collectivement de faire une gr&#232;ve de la faim. Ils r&#233;digent aussi une liste de onze revendications dont la derni&#232;re est : &#171; fermeture des centres de r&#233;tention et r&#233;gularisation des sans-papiers &#187;. Chaque jour les d&#233;tenu-e-s se r&#233;unissent pour d&#233;cider de la suite &#224; donner. La gr&#232;ve se termine brutalement, le mardi 7 juillet, apr&#232;s l'expulsion de deux gr&#233;vistes de la faim.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Mardi 14 juillet :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Mesnil-Amelot (77), Centre de R&#233;tention Administrative du MESNIL-AMELOT.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Une partie des d&#233;tenu-e-s d&#233;bute une gr&#232;ve de la faim pour protester contre les violences polici&#232;res dont a &#233;t&#233; l'objet l'un des leurs au moment d'une tentative d'expulsion. Ils se rassemblent sur le terrain de foot avec des matelas et font une manifestation. Ils se retranchent ensuite dans les b&#226;timents 4 et 5 et refusent de regagner leur chambre. Ils r&#233;digent une lettre &#224; l'intention du pr&#233;fet sign&#233;e par quatre-vingt-neuf d&#233;tenu-e-s (sur cent treize). Le lendemain, la salle t&#233;l&#233; du b&#226;timent 4 prend feu, rendant une partie de l'&#233;difice inutilisable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Lundi 31 ao&#251;t :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Salon-de-Provence (13), Centre de D&#233;tention de SALON-DE-PROVENCE.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Le matin, vingt-cinq d&#233;tenus se barricadent dans le b&#226;timent qu'ils occupent en bloquant l'acc&#232;s avec des matelas, des lits et des chaises. Il y a deux d&#233;parts de feu qui sont rapidement ma&#238;tris&#233;s.&lt;br /&gt;
L'AP fait intervenir les ERIS pour un retour &#224; la normale qui ne viendra que vers midi. La r&#233;volte aurait pour origine un mouvement de solidarit&#233; envers un autre d&#233;tenu que l'Administration avait d&#233;cid&#233; de changer de cellule.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Jeudi 15 octobre :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Colombier-Saugnieu (69), Centre de R&#233;tention Administrative de LYON-SAINT-EXUPERY.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Soixante-huit d&#233;tenu-e-s entament une gr&#232;ve de la faim. Ils et elles annoncent et expliquent leurs revendications dans une lettre adress&#233;e au directeur du CRA :&lt;br /&gt; &#171; 1 - Le Gouvernement emp&#234;che la CIMADE de faire son devoir selon la loi.&lt;br /&gt;
2 - On conteste les d&#233;cisions des Juges, (Bonjour, 15 jours) [Quand le juge les re&#231;oit au tribunal, il ne les &#233;coute jamais. Il leur dit seulement bonjour, puis il prolonge automatiquement leur r&#233;tention de quinze jours, jusqu'&#224; ce que la reconduite &#224; la fronti&#232;re soit effective] qui sont bas&#233;es seulement sur une politique du chiffre, de 28 000 expuls&#233;s par ann&#233;e.&lt;br /&gt;
3 - On conteste les prolongations automatiques sans examiner du tout nos situations administratives.&lt;br /&gt;
4 - On conteste les fausses informations de reconduites aux fronti&#232;res. Nous ne sommes pas du tout inform&#233;s de notre d&#233;part en direction de nos pays.&lt;br /&gt;
5 - Certaines personnes sont renvoy&#233;es dans des pays qui ne sont m&#234;me pas le leur, tandis que d'autres sont renvoy&#233;es dans leurs pays sans l'autorisation du consulat des pays concern&#233;s.&lt;br /&gt;
ON EXIGE NOTRE LIB&#201;RATION, ICI, MAINTENANT, TOUT DE SUITE.&lt;br /&gt;
6 - On demande l'intervention d'une organisation neutre, pour revendiquer nos Droits selon la Justice, la Libert&#233;, l'&#201;galit&#233; et la Fraternit&#233;. La plupart des cas : nous sommes jug&#233;s sur la forme et non pas sur le fond.&lt;br /&gt;
7 - On demande &#224; la Pr&#233;fecture de r&#233;examiner nos situations cas par cas.&lt;br /&gt;
8 - Certains d&#233;tenus ont &#233;t&#233; frapp&#233;s par la PAF [Police Aux Fronti&#232;res] d'autant plus qu'il y avait des mineurs, et nous trouvons cela inhumain, humiliant, il y a de quoi se r&#233;volter face &#224; des actes semblables.&lt;br /&gt;
9 - Nous nous plaignons des soins, des m&#233;decins. Nous sommes dans un pays la&#239;c, tandis que nos repas ne sont pas cach&#232;re, le racisme r&#232;gne aux centres de r&#233;tention. La la&#239;cit&#233; n'est pas respect&#233;e [m&#234;me si c'est bien l&#224; une d&#233;finition erron&#233;e de la la&#239;cit&#233; !].&lt;br /&gt;
10 - Il faut proc&#233;der par une m&#233;thode de r&#233;admission des retenus et prendre en consid&#233;ration leurs attachements familiaux. &#187;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Octobre :&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Sortie du rapport 2008 de la Cimade sur les conditions de r&#233;tention : &#171; L'enfermement mais aussi l'angoisse d'une possible expulsion conduisent de plus en plus souvent &#224; des mouvements de col&#232;re et &#224; des gestes de d&#233;sespoir. Tentatives d'incendies, gr&#232;ves de la faim, automutilations, tentatives de suicide sont presque quotidiennes. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Dimanche 22 novembre :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Corbas (69), Maison d'Arr&#234;t de LYON-CORBAS.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Vers 15 heures, les deux cents prisonniers en promenade dans les six cours de la maison d'arr&#234;t refusent simultan&#233;ment de regagner leurs b&#226;timents. Apr&#232;s deux heures de n&#233;gociations, les prisonniers pr&#233;sents dans trois cours acceptent de r&#233;int&#233;grer leurs cellules. Intervention des ERIS jusqu'&#224; 21 heures dans les autres cours pour forcer les d&#233;tenus &#224; r&#233;int&#233;grer leurs cellules. Cinq d&#233;tenus sont plac&#233;s en quartier disciplinaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Dimanche 29 novembre :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Corbas (69), Maison d'Arr&#234;t de LYON-CORBAS.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Quarante-cinq prisonniers refusent de r&#233;int&#233;grer leurs cellules apr&#232;s la promenade. Intervention des ERIS. Le calme ne revient que vers 17h30.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Dimanche 29 novembre :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Corbas (69), Maison d'Arr&#234;t de LYON-CORBAS.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Nouvelle intervention des ERIS suite au refus d'une vingtaine de prisonniers de r&#233;int&#233;grer leurs cellules.&lt;br /&gt;
Ces trois mouvements cons&#233;cutifs sont dus aux conditions de vie dans cette nouvelle maison d'arr&#234;t (qui remplace les prisons Saint-Paul / Saint-Joseph et Montluc). Ils protestent contre les probl&#232;mes de parloirs, de courriers, de mandats en retards, et contre les tensions g&#233;n&#233;r&#233;es par leurs relations avec certains surveillants...&lt;br /&gt;
Transfert d'une centaine de d&#233;tenus vers les prisons de Villefranche (69) et Saint-Quentin-Fallavier (38).&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2010&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Dimanche 10 janvier :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Saint-Quentin-Fallavier (38), Maison d'Arr&#234;t de SAINT-QUENTIN-FALLAVIER.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Une cinquantaine de d&#233;tenus refusent de r&#233;int&#233;grer leurs cellules pendant plusieurs heures apr&#232;s la promenade du matin. Ils r&#233;clament notamment une am&#233;lioration du service privatis&#233; des cantines et plus d'activit&#233;s.&lt;br /&gt;
Intervention des ERIS pour ramener l'ordre.&lt;br /&gt;
Un d&#233;tenu, consid&#233;r&#233; comme meneur, est transf&#233;r&#233; le soir m&#234;me &#224; Villefranche-sur-Sa&#244;ne (38). Trois autres d&#233;tenus se verront infliger des sanctions de confinement en cellule ainsi que des sanctions &#171; avec sursis &#187; pour avoir &#171; jet&#233; des boules de neige en direction des personnels &#187; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Mars : &lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
[Les militants basques de certaines prisons entreprennent diff&#233;rentes formes de mobilisations selon les endroits et les semaines : refus de sortir de la cellule (&lt;i&gt;txapeo&lt;/i&gt;), gr&#232;ve des visites, gr&#232;ve du courrier, je&#251;nes, gr&#232;ve de la faim, rassemblements, poses d'affiche, refus de cantine, etc.&lt;br /&gt;
En janvier, le Collectif des Prisonniers Politiques Basques (CPPB &#8211; environ 750 prisonniers dont 160 dans les prisons fran&#231;aises) avait annonc&#233; dans un communiqu&#233; une ann&#233;e de lutte (&#224; partir du d&#233;but du mois de mars, ils entament un cycle d'actions tournantes).&lt;br /&gt;
Leurs revendications concernent la reconnaissance du statut de prisonnier politique ainsi que le respect total de leurs droits individuels et collectifs :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; la lib&#233;ration imm&#233;diate des prisonniers atteints de maladies graves et incurables :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; la lib&#233;ration imm&#233;diate des prisonniers ayant fini leur peine et de ceux correspondant aux crit&#232;res de la conditionnelle ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; la fin de la dispersion ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; la fin de l'isolement ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; la v&#233;rit&#233; sur Jon Anza (militant de l'ETA qui a disparu lors d'un voyage en train entre Bayonne et Toulouse en avril 2009, et dont le corps ne fut retrouv&#233; qu'un an plus tard. Ses proches pensent qu'il aurait &#233;t&#233; victime d'une op&#233;ration polici&#232;re secr&#232;te espagnole : s&#233;questration, puis ex&#233;cution).&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt; &lt;i&gt;- Sainte-Genevi&#232;ve-des-Bois (91), Maison d'Arr&#234;t de FLEURY-MEROGIS.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Onze d&#233;tenus basques du D5 entament une gr&#232;ve illimit&#233;e. Ceux qui doivent arr&#234;ter le mouvement pour des raisons m&#233;dicales se mettent en &lt;i&gt;txapeo.&lt;/i&gt; Une partie du D2 m&#232;ne une gr&#232;ve de la faim pendant quinze jours, pendant que les autres refusent de sortir de leurs cellules pour la m&#234;me dur&#233;e. Ensuite ils inversent : ceux du D1 m&#232;nent une gr&#232;ve de la faim pour quinze jours.&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt; &lt;i&gt;- Chauconin-Neufmontiers (77), [Centre P&#233;nitentiaire de MEAUX-CHAUCONIN-NEUFMONTIERS.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Gr&#232;ve de la faim des d&#233;tenus basques pour tout le mois, &#224; raison de tours de quinze jours pour chaque groupe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[Leur mouvement touche aussi les prisons de Bois d'Arcy (78), Fresnes (94), La Sant&#233; (75), Nanterre (92), Osny (95), Villepinte (93), et Versailles (78).]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Dimanche 11 avril :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; N&#238;mes (30), Centre de R&#233;tention Administrative de N&#238;mes.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Sept d&#233;tenus entament une gr&#232;ve de la faim.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Samedi 8 mai :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Cornebarrieu (31), Centre de R&#233;tention Administrative de CORNEBARRIEU.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Au secteur A, minuit, c'est l'heure habituelle des fouilles. Un d&#233;tenu fait sa pri&#232;re. Brusquement, il est interrompu par les gardes qui entrent dans sa chambre et le frappent violemment. Sous pr&#233;texte d'ex&#233;cuter leur travail de &#171; fouilles &#187;, les gardiens le molestent. Ses cod&#233;tenu-e-s du secteur A d&#233;cident de se mettre en gr&#232;ve de la faim. Le lendemain, ils et elles sont suivi-e-s par tous les d&#233;tenu-e-s du centre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Vendredi 28 mai :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Lesquin (59), Centre de R&#233;tention Administrative de Lesquin.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Vingt sans-papiers d&#233;butent une gr&#232;ve de la faim. Certaines personnes affirment avoir subi des traitements humiliants et d&#233;gradants de la part des policiers, en particulier lors des tentatives d'expulsion avort&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Samedi 29 mai :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Villeneuve (34), [Maison d'Arr&#234;t VILLENEUVE-LES-MAGUELONE.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Vers 11 heures, alors que plusieurs adolescents et jeunes majeurs participent &#224; la traditionnelle promenade matinale, neuf d'entre eux, &#226;g&#233;s de 16 &#224; 18 ans, d&#233;cident de ne pas remonter dans leurs cellules. S'opposant aux gardiens, ils se dirigent vers les installations sportives, arrachent les poteaux des paniers de basket afin de bloquer l'entr&#233;e de la cour et de se confectionner des barres de fer. Parmi leurs revendications, ils avancent le manque d'activit&#233;s au quartier des mineurs et l'ennui qu'ils &#233;prouvent dans leurs cellules.&lt;br /&gt;
Aussit&#244;t alert&#233;s, le pr&#233;fet et les responsables de la prison font appel aux ERIS et &#224; la gendarmerie. Une trentaine d'agents sont rapidement d&#233;ploy&#233;s sur place.&lt;br /&gt;
Vers 15h30 et apr&#232;s de longs &#233;changes, les neuf d&#233;tenus d&#233;cident de mettre un terme &#224; cette mutinerie. Aussit&#244;t, quatre d'entre eux sont plac&#233;s en quartier disciplinaire, tandis que deux autres sont transf&#233;r&#233;s dans deux &#233;tablissements de la r&#233;gion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Dimanche 30 mai :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Plaisir (78), Centre de R&#233;tention Administrative de PLAISIR.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Des d&#233;tenu-e-s entament une gr&#232;ve de la faim et de la soif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Mercredi 28 et jeudi 29 juillet :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Orvault (44), Etablissement P&#233;nitentiaire pour Mineurs d'ORVAULT.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Peu apr&#232;s minuit, au sein du quartier arrivant de l'&#233;tablissement, un d&#233;tenu de 17 ans met le feu &#224; sa cellule. Les matons proc&#232;dent alors &#224; l'&#233;vacuation des six cellules occup&#233;es du quartier et sortent les d&#233;tenus dans la cour de promenade. Profitant de l'agitation, quatre des d&#233;tenus cassent des vitres, puis investissent un bureau qu'ils mettent &#224; sac. Alors que l'on tente de les arr&#234;ter, un des jeunes exp&#233;die une bouilloire sur le bras d'un surveillant et deux autres se r&#233;fugient sur le toit de la taule. Intervention des pompiers et de la police appuy&#233;e par les ERIS d&#233;p&#234;ch&#233;s de Rennes. Le calme revient vers 3 heures du matin et les quatre rebelles sont plac&#233;s en quartier disciplinaire en attente de leurs transferts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Dimanche 8 ao&#251;t :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Saint-Mihiel (55), Centre de D&#233;tention de SAINT-MIHIEL.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Une soixantaine de d&#233;tenus &#171; ont cass&#233; du mat&#233;riel de l'administration ainsi que leurs t&#233;l&#233;viseurs, ils ont enflamm&#233; des draps qu'ils ont jet&#233;s par la fen&#234;tre, et ils ont asperg&#233; un surveillant d'eau de javel avec une allumette enflamm&#233;e &#187; selon un syndicaliste maton. La r&#233;volte serait li&#233;e &#224; une op&#233;ration anti-drogue men&#233;e aux parloirs par la gendarmerie...&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt; &lt;i&gt;- Bapaume (62), Centre de D&#233;tention de BAPAUME.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Vers 18 h, deux d&#233;tenus refusent de regagner leurs cellules et se r&#233;voltent : explosion de vitres, de portes, notamment dans la salle de sport jets de projectiles (comme des barres de fer arrach&#233;es des cages de foot) sur les surveillants, menaces de mort... Un noyau d'une dizaine de d&#233;tenus est aussi plus v&#233;h&#233;ment qu'&#224; l'accoutum&#233;e.&lt;br /&gt;
Vers 21h30, les rebelles sont mat&#233;s apr&#232;s que le capitaine de d&#233;tention et le lieutenant de permanence, renforc&#233;s par huit agents, ont fait usage du pistolet &#171; gomcogne &#187; (charg&#233; de balles de d&#233;fense).&lt;br /&gt;
Les deux individus sont transf&#233;r&#233;s &#224; la maison d'arr&#234;t de Loos-lez-Lille (59).&lt;br /&gt;
Le syndicat UFAP-UNSA parle de &#171; gu&#233;rilla &#187;. Il d&#233;plore que des agents du centre de d&#233;tention aient d&#251; agir &#224; visage d&#233;couvert et d&#233;noncent &#171; l'abandon de la direction interr&#233;gionale &#187;, dont l'&#233;quipe ERIS qui ne serait arriv&#233;e qu'une fois les d&#233;tenus menott&#233;s et mis au quartier disciplinaire... !&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pour conclure cette brochure, finissons avec cette note d'information de La section fran&#231;aise de l'Observatoire International des Prisons (OIP &#8211; Communiqu&#233; du 21 janvier 2010) sur le dernier mouvement &#224; Saint-Quentin-Fallavier, note dans laquelle l'AP donne sa vision des luttes de prisonniers&#8230; &#231;a se passe de tout commentaire !&lt;br /&gt;
&#171; Pour la direction interr&#233;gionale, &#8220;la l&#233;gitimit&#233; des revendications des d&#233;tenus ne justifie pas les moyens employ&#233;s&#8221;. L'Administration consid&#232;re en effet qu'un tel mouvement, m&#234;me pacifique,&#8220;constitue une faute disciplinaire&#8221;et n'est &#8220;pas entendable&#8221;. Elle estime que d'autres moyens sont donn&#233;s aux d&#233;tenus pour faire conna&#238;tre leurs griefs de mani&#232;re individuelle. Et indique qu'en 2010, &#8220;dans le cadre des R&#232;gles p&#233;nitentiaires europ&#233;ennes&#8221;, des &#8220;bornes automatis&#233;es de traitement des requ&#234;tes&#8221;doivent &#234;tre mises en place dans tous les centres de d&#233;tention en France et donneront automatiquement au d&#233;tenu un accus&#233; de r&#233;ception et lui&#8220;indiqueront un d&#233;lai de r&#233;ponse&#8221;. L'Administration convient cependant que, en prison, l'expression collective des revendications et notamment les p&#233;titions, ne sont &#8220;pas particuli&#232;rement autoris&#233;es&#8221;. De fait, une p&#233;tition diffus&#233;e au sein du centre de d&#233;tention de Saint-Quentin-Fallavier en f&#233;vrier 2007 [&#233;v&#232;nement non r&#233;f&#233;renc&#233; dans la chronologie] avait donn&#233; lieu &#224; sanctions. Elle faisait d&#233;j&#224; &#233;tat du faible nombre d'activit&#233;s, notamment en mati&#232;re de formation professionnelle. &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;C O N T R E------T O U T E S------L E S------P R I S O N S------- !&lt;/h2&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Les notes de bas de page, sauf indication contraire, sont de nous.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Editions L'Insomniaque, d&#233;cembre 2000. Les t&#233;moignages du recueil correspondent aux trois derniers de la s&#233;rie.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Attention, celles-ci ne sont repr&#233;sentatives que d'un lieu particulier, &#224; un moment et dans un contexte donn&#233;. Toute mutinerie a sa propre histoire ! De plus, il faut bien avoir en t&#234;te que ces r&#233;cits sont et reste le point de vue de la personne qui l'&#233;crit.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Comme peut en t&#233;moigner le r&#233;cit de la mutinerie de Saint-Maur dans la brochure Y a du baston dans la taule, volume 1.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Editions Champ Libre, 1971.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Quartier disciplinaire. &#171; Les cachots du mitard sont con&#231;us pour d&#233;truire la personne, pour l'isoler du reste du monde. On y envoie le d&#233;tenu avec un but clair, celui de lui faire perdre sa force. [&#8230;] Un lit, si on peut le nommer ainsi, de b&#233;ton, une table et un WC turc. Des cachots sans fen&#234;tres, avec des barreaux et des filets m&#233;talliques qui limitent l'intensit&#233; de l'&#233;clairage artificiel. La nuit, par contre, on &#233;teint rarement la lumi&#232;re. Des cellules sales et puantes. [&#8230;] L'hiver, le froid est glacial. L'&#233;t&#233; par contre, la chaleur &#224; supporter est &#233;touffante. Le d&#233;tenu reste 23 heures enferm&#233; dans le cachot. Une heure de &#8220;promenade&#8221; dans une cour de 8x2 m&#232;tres &#224; tour de r&#244;le. Cette cour est de plus couverte d'une maille m&#233;tallique. &#187; (&lt;span class='ressource spip_out'&gt;&lt;&lt;a href=&#034;http://prison.eu.org/article249.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://prison.eu.org/article249.html&lt;/a&gt;&gt;&lt;/span&gt;
)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pour un t&#233;moignage complet de cette mutinerie : &lt;i&gt;A ceux qui se croient libres. Thierry Chatbi, 1955-2006.&lt;/i&gt; Nadia Menenger, &lt;i&gt;L'Insomniaque&lt;/i&gt;, 2009.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pour un autre t&#233;moignage de cette mutinerie : Daniel Koehl, R&#233;volte &#224; perp&#233;tuit&#233;, La D&#233;couverte, 2002.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le Front de Lib&#233;ration Nationale de la Corse appara&#238;t le 05 mai 1976 suite &#224; la fusion de deux mouvements clandestins, le Fronte Paisanu Corsu di Liberazione et Gujustizia Paolina. Principale organisation arm&#233;e clandestine, le FLNC conna&#238;t des divergences durant les ann&#233;es 90 qui verront &#233;merger de nouveaux groupes clandestins nationalistes : Resistenza, FLNC canal habituel, FLNC canal historique, FARC, Armata Corsa, Fronte Ribellu, etc.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Braqueur fran&#231;ais, plusieurs fois &#233;vad&#233; de prison, il est consid&#233;r&#233; dans les ann&#233;es 70 comme l'ennemi public num&#233;ro 1. Il est assassin&#233; par la police, au volant de sa voiture, le 02 novembre 1979 &#224; la porte de Clignancourt &#224; Paris.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le syndrome de Stockholm d&#233;signe la propension des otages partageant longtemps la vie de leurs ge&#244;liers &#224; d&#233;velopper une empathie, voire une sympathie, ou une contagion &#233;motionnelle avec ces derniers.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Communiste r&#233;volutionnaire libanais et militant de la cause palestinienne, il est arr&#234;t&#233; le 24 octobre 1984 &#224; Lyon. Pr&#233;sum&#233; membre des Fractions Arm&#233;es R&#233;volutionnaires Libanaises (FARL &#8211; responsables des assassinats, en France, en 1982, d'un attach&#233; militaire &#224; l'ambassade am&#233;ricaine et du responsable du Mossad [les services secrets isra&#233;liens] &#224; Paris), il est condamn&#233; &#224; la perp&#233;tuit&#233; le 28 f&#233;vrier 1987 par la cour de s&#251;ret&#233; de l'Etat. Il est actuellement toujours en d&#233;tention. Site de soutien : &lt;span class='ressource spip_out'&gt;&lt;&lt;a href=&#034;http://liberonsgeorges.over-blog.com/&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://liberonsgeorges.over-blog.com/&lt;/a&gt;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ministre de la justice. Il s'agit ici d'Albin Chalandon qui est de 1986 &#224; 1988 le garde des Sceaux du gouvernement de Jacques Chirac, pendant la premi&#232;re cohabitation. D&#232;s les premi&#232;res semaines de la l&#233;gislature, quatre projets de lois s&#233;curitaires sont &#233;labor&#233;s par le Minist&#232;re de la Justice et celui de l'Int&#233;rieur : les contr&#244;les d'identit&#233; sont facilit&#233;s, une loi durcit les dispositions relatives &#224; la p&#233;riode de s&#251;ret&#233; et la comparution imm&#233;diate, une troisi&#232;me facilite la r&#233;pression des faits de terrorisme (notamment en instaurant une Cour d'Assises sp&#233;ciale compos&#233;e de magistrat-e-s professionnel-le-s), une quatri&#232;me enfin restreint les possibilit&#233;s de remise de peine. Valid&#233;es par le Conseil constitutionnel, les quatre lois seront promulgu&#233;es d&#232;s septembre 1986. Le changement de politique est affich&#233; d&#232;s les premi&#232;res semaines du nouveau gouvernement : le ministre convoque les procureurs g&#233;n&#233;raux pour leur d&#233;clarer : &#171; Il faut savoir r&#233;primer et pas seulement pr&#233;venir &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le 23 septembre 1986, une conf&#233;rence de presse du ministre relative au traitement judiciaire de la toxicomanie d&#233;clenche une pol&#233;mique. &#192; c&#244;t&#233; de peines accrues pour les trafiquant-e-s, le ministre &#233;voque les consommateurs/trices : pour lui, &#171; l'usager est d'abord un d&#233;linquant &#187;. S'il refuse de se soigner, il conviendra donc de l'incarc&#233;rer - Albin Chalandon &#233;voque le projet de cr&#233;er 1600 places de prison adapt&#233;es aux toxicomanes. Ses d&#233;clarations provoquent l'indignation de l'opposition de gauche et de m&#233;decins ou &#233;ducateurs/trices, mais aussi des protestations dans la majorit&#233;, notamment de l'ancienne ministre de la Sant&#233; Simone Veil. Le projet est finalement abandonn&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le 19 novembre 1986, il pr&#233;sente un projet de loi en Conseil des ministres pour autoriser le financement et la gestion priv&#233;s d'&#233;tablissements p&#233;nitentiaires. Ce projet, au vu des r&#233;actions n&#233;gatives qu'il provoque, est revu. En son &#233;tat final, les prisons pourront &#234;tre b&#226;ties par des entreprises priv&#233;es, mais leur gestion restera publique. L'engrenage de la privatisation est enclench&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Charriot &#233;l&#233;vateur.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Suriner : poignarder en argot.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Groupe d'Intervention de la Gendarmerie Nationale, unit&#233; d'&#233;lite de l'arm&#233;e fran&#231;aise sp&#233;cialis&#233;e dans les op&#233;rations de contre-&#171; terrorisme &#187; et de lib&#233;ration d'otages.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Arm&#233;e Secr&#232;te Arm&#233;nienne de Lib&#233;ration de l'Arm&#233;nie, groupe militant d'inspiration marxiste-l&#233;niniste, issu de la diaspora arm&#233;nienne, pratiquant la lutte arm&#233;e contre l'Etat Turc responsable du g&#233;nocide arm&#233;nien.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb18&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh18&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 18&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L'une des trois branches des services secrets isra&#233;liens. Le domaine d'action du Mossad est le renseignement, les op&#233;rations sp&#233;ciales et la lutte anti-&#171; terroristes &#187;, &#224; l'ext&#233;rieur d'Isra&#235;l et des territoires palestiniens occup&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb19&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh19&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 19&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;19&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La prison de Fresnes est une maison d'arr&#234;t situ&#233;e dans la banlieue sud de Paris. Elle dispose d'un h&#244;pital pour les d&#233;tenu-e-s de France.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb20&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh20&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 20&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;20&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La maison d'arr&#234;t de Fleury-M&#233;rogis, situ&#233;e dans la banlieue sud de Paris, est le plus grand centre p&#233;nitentiaire d'Europe.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb21&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh21&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 21&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;21&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Dessinateur fran&#231;ais de bande dessin&#233;e et caricaturiste pour de nombreux journaux. Il cr&#233;a le mot et le personnage du beauf.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb22&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh22&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 22&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;22&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pistolet Mitrailleur.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb23&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh23&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 23&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;23&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Albert Londres (1884-1932), journaliste et &#233;crivain fran&#231;ais, &#224; beaucoup &#233;crit entre autres sur les bagnes : Au bagne (1923), Dante n'avait rien vu (1924), L'Homme qui s'&#233;vada (1928). Textes &#233;dit&#233;s s&#233;par&#233;ment par les &#233;ditions Le serpent &#224; Plume ou r&#233;unis dans les &#338;uvres compl&#232;tes (&#233;ditions Arl&#233;a).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb24&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh24&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 24&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;24&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Po&#232;me d'Arthur Rimbaud &#233;crit en 1870 mettant en sc&#232;ne un soldat allong&#233; dans l'herbe et jouant sur la ressemblance entre le sommeil et la mort.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb25&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh25&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 25&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;25&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Jean-Paul Sartre (1905-1980), philosophe et &#233;crivain fran&#231;ais (dramaturge, romancier et nouvelliste) proche des mao&#239;stes fran&#231;ais. L'existentialisme, pour faire tr&#232;s bref, est un courant philosophique et litt&#233;raire pla&#231;ant au c&#339;ur de la r&#233;flexion l'existence individuelle, la libert&#233; et le choix personnel.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb26&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh26&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 26&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;26&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;De James Lansdowne Norton, cr&#233;ateur de moteurs et fabricant de motocycles.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb27&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh27&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 27&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;27&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Flics en argot.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb28&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh28&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 28&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;28&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La Carmagnole est une chanson r&#233;volutionnaire datant de 1792.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb29&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh29&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 29&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;29&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La haie d'honneur en prison (souvent pratiqu&#233;e apr&#232;s une r&#233;bellion des prisonniers) est une pratique consistant &#224; faire traverser les mutins &#224; la file indienne entre deux rang&#233;es de matons qui les ass&#232;nent de coups de poings, de pieds et de matraques.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb30&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh30&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 30&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;30&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Militante d'Action Directe (AD &#8211; organisation communiste-libertaire qui a pratiqu&#233; la lutte arm&#233;e entre 1979 et 1987), arr&#234;t&#233;e en 1984, elle passera six ans derri&#232;re les barreaux.&lt;br class='autobr' /&gt;
Sites de soutiens aux militants d'AD :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt; &lt;a href=&#034;http://nlpf.samizdat.net/spip.php?article84&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://nlpf.samizdat.net/spip.php?article84&lt;/a&gt; &gt;,&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt; &lt;a href=&#034;http://www.action-directe.net/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.action-directe.net/&lt;/a&gt; &gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb31&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh31&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 31&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;31&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ministre de la Justice &#224; cette &#233;poque.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb32&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh32&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 32&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;32&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le 8 novembre 1892, l'anarchiste &#201;mile Henry, pose une bombe (une marmite en fonte contenant des explosifs) dans l'usine de la Compagnie des Mines de Carmaux. Le concierge trouve la bombe et la rapporte au commissariat de la rue des Bons-Enfants, &#224; Paris, o&#249; elle explosera faisant quelques morts chez la police. Cet &#233;v&#232;nement inspira une chanson, La Java des Bons-Enfants, qu'on attribue &#224; Guy Debord.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb33&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh33&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 33&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;33&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Maison d'Arr&#234;t des Femmes.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb34&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh34&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 34&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;34&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La maison d'arr&#234;t de la Sant&#233; est une prison parisienne situ&#233;e dans le XIVe arrondissement.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb35&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh35&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 35&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;35&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ministre de l'Int&#233;rieur &#224; cette &#233;poque.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb36&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh36&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 36&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;36&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Groupe anti-carc&#233;ral lillois qui produisait un journal du m&#234;me nom et faisait une &#233;mission de radio &#171; Accus&#233;s levez-vous &#187; dans les ann&#233;es 1980-1990.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb37&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh37&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 37&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;37&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;[Note d'H&#233;lyette Besse] Celui-ci &#233;tait accord&#233; jusqu'en 1981 aux militants politiques et aux espions d&#233;pendant de la Cour de s&#251;ret&#233; de l'&#201;tat qui r&#233;glait les infractions &#171; de nature &#224; nuire &#224; la D&#233;fense nationale et aux relations de la France avec l'&#233;tranger, celles contre la s&#233;curit&#233; et la paix int&#233;rieure, c'est-&#224;-dire les attentats et complots contre l'autorit&#233; de l'&#201;tat, ou tendant &#224; troubler l'&#201;tat par le massacre et la d&#233;vastation, la formation de bandes arm&#233;es, les mouvements insurrectionnels, les atteintes &#224; l'int&#233;grit&#233; territoriale de l'&#201;tat, etc. &#187;. Si des circonstances att&#233;nuantes &#233;taient admises, des peines de d&#233;tention pouvaient &#234;tre substitu&#233;es &#224; la peine de mort. Celle-ci &#233;tait ex&#233;cut&#233;e par fusillade. Lors des arrestations, la garde &#224; vue &#233;tait de six jours. Les perquisitions et les saisies pouvaient avoir lieu en dehors des heures dites l&#233;gales. Pendant leur d&#233;tention pr&#233;ventive, les inculp&#233;s &#233;taient regroup&#233;s dans une division sp&#233;ciale. Mais les militants d'une m&#234;me organisation n'en b&#233;n&#233;ficiaient pas moins du droit de r&#233;union et tous avaient des parloirs quotidiens d'une heure minimum.&lt;br class='autobr' /&gt;
Un condamn&#233; pouvait &#234;tre soumis au r&#233;gime politique non seulement si l'infraction commise &#233;tait de nature politique, mais aussi s'il avait &#233;t&#233; condamn&#233; pour un crime de droit commun par la Cour de s&#251;ret&#233;, saisie du d&#233;lit en raison du mobile politique de l'acte. De la m&#234;me fa&#231;on, pourtant condamn&#233;s par des tribunaux de droit commun, certains prisonniers pouvaient &#233;galement &#234;tre soumis au m&#234;me r&#233;gime en raison du caract&#232;re politique de leur mobile.&lt;br class='autobr' /&gt;
La gr&#232;ve de la faim des d&#233;tenus condamn&#233;s et des pr&#233;venus r&#233;volutionnaires en 1971 fut &#224; l'origine de la reconnaissance du statut politique &#224; un certain nombre de prisonniers. Cette &#171; conqu&#234;te &#187; p&#233;nitentiaire a disparu. Nous ne pouvons qu'&#234;tre satisfaits de la suppression de la Cour de s&#251;ret&#233; de l'&#201;tat par les socialistes en 1981. On nous a alors inculp&#233;s d'association de malfaiteurs. Au d&#233;but pr&#233;vue pour les bandes organis&#233;es qui s&#233;vissaient dans les campagnes &#224; la fin de la R&#233;volution, cette inculpation fut utilis&#233;e contre les organisations anarchistes, non hi&#233;rarchiques, ayant pour but la propagande par le fait. Aujourd'hui, elle sert pour tous ceux qui pr&#233;parent ou ex&#233;cutent des actes hors la loi en commun. Depuis quelques ann&#233;es, l'accusation de terrorisme est apparue, les d&#233;lits restant de droit commun. On a gomm&#233; l'existence de prisonniers politiques. Mais, rebelles, capables de g&#233;n&#233;raliser et de concr&#233;tiser les r&#233;voltes individuelles, de conscientiser les d&#233;tenus, ils m&#233;ritent l'isolement jusqu'&#224; leur d&#233;part en maison centrale. Non regroup&#233;s, mais isol&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb38&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh38&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 38&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;38&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Les Quartiers de Hautes S&#233;curit&#233;s (QHS) &#233;taient des quartiers de s&#233;curit&#233; renforc&#233;e o&#249; les d&#233;tenus &#233;taient s&#233;par&#233;s jours et nuits. Supprim&#233;s en 1982 suite &#224; de nombreuses luttes de prisonniers, ils feront leur r&#233;apparition sous un autre nom : les Quartiers d'Isolement (QI).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb39&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh39&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 39&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;39&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Notamment la brochure : Une succincte histoire des luttes anti-carc&#233;rales depuis l'int&#233;rieur des prisons. Mise en page par Hobolo et disponible sur &lt; &lt;a href=&#034;http://infokiosques.net&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://infokiosques.net&lt;/a&gt; &gt;, nous l'avons revue, nettement augment&#233;e, (parfois) corrig&#233;e et nous ne nous sommes concentr&#233;s que sur l'aspect mutinerie.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb40&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh40&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 40&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;40&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Il est int&#233;ressant de noter que la parole n'est jamais donn&#233;e aux d&#233;tenu-e-s elles / eux-m&#234;mes mais que les faits sont souvent expliqu&#233;s par l'AP et les syndicats de matons. Ainsi il fut parfois mentionn&#233; dans les journaux que les d&#233;tenus s'&#233;taient rendus sans r&#233;sistance alors que dans les faits ils s'&#233;taient fait d&#233;truire la gueule par les CRS. Par ailleurs, il est &#233;galement important de noter que depuis plus de 20 ans, les mutineries servent &#224; l'AP (la matonnerie se servant des d&#233;tenus comme arme de gr&#232;ve) &#224; demander plus de moyens, plus d'effectifs et plus de prisons. En faisant des recherches, nous sommes tomb&#233;s sur l'information suivante ; L'AP y gonfle les chiffres de fa&#231;on grotesque :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Les chiffres fournis par l'Administration P&#233;nitentiaire sont &#233;loquents. Les incidents collectifs recens&#233;s (refus de remonter de la promenade, mutineries, gr&#232;ves de la faim, etc.) ont augment&#233; de 155 % entre 2000 et 2004, et les agressions contre les personnels de 53 %. Sur les neuf premiers mois de 2005, ces chiffres sont d&#233;j&#224; d&#233;pass&#233;s pour les premiers (257 mouvements collectifs) et la mesure des seconds ne laisse pr&#233;sager aucune am&#233;lioration (457 agressions contre les personnels) &#187;. (Nathalie Guibert, La marmite carc&#233;rale et ses d&#233;bordements, Le Monde, 23 octobre 2005).&lt;br class='autobr' /&gt;
Bien que ces chiffres soient compl&#232;tement d&#233;lirants, Black-star (s)&#233;ditions aurait bien aim&#233; en savoir plus sur ces &#233;v&#233;nements afin d'&#233;tayer sa chronologie, qui pr&#233;sente seulement sept faits pour les ann&#233;es 2004-2005 !&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb41&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh41&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 41&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;41&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Quand le fait est trop important et ne peut &#234;tre cach&#233;, l'AP s'adapte. Cf. note pr&#233;c&#233;dente.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb42&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh42&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 42&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;42&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cette histoire est bri&#232;vement d&#233;crite dans la brochure cit&#233;e &#224; la note n&#176;4.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb43&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh43&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 43&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;43&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Entre autres, nous recommandons vivement les ouvrages suivants :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Au pied du mur, 756 raisons d'en finir avec toutes les prisons, L'Insomniaque, 2000.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Nadia Menenger, A ceux qui se croient libres. Thierry Chatbi, 1955-2006. L'Insomniaque, 2009.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Le journal L'Envol&#233;e [&lt; envoleejournal@yahoo.fr &gt;. 43, rue de Stalingrad, 93000 Montreuil].&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb44&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh44&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 44&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;44&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Une chronologie des luttes anti-carc&#233;rales &#224; l'ext&#233;rieur des prisons de 1971 &#224; 1989 est parue dans le journal L'Envol&#233;e n&#176;8 [disponible sur &lt;span class='ressource spip_out'&gt;&lt;&lt;a href=&#034;http://lejournalenvol&#233;e.free.fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://lejournalenvol&#233;e.free.fr&lt;/a&gt;&gt;&lt;/span&gt;
]. Un des points faibles de cette chronologie est qu'elle met trop en avant les luttes radicales et laisse de c&#244;t&#233; les autres types de luttes. Il est alors bon de rappeler que des groupes ou collectifs ont soutenu et soutiennent les prisonniers dans leurs mouvements par d'autres formes d'actions. De plus, durant des mutineries, les familles et les proches, quand ils l'ont pu, se sont mobilis&#233;s pour soutenir les r&#233;volt&#233;-e-s.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb45&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh45&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 45&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;45&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Contrairement au but recherch&#233;, la pratique du transfert fut parfois b&#233;n&#233;fique aux d&#233;tenu-e-s en lutte puisqu'elle leur a permis de propager des id&#233;es et des pratiques rebelles dans d'autres &#233;tablissements.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb46&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh46&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 46&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;46&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ces institutions ne sont pas le centre des dispositifs de contr&#244;le mais leur forme la plus criante. Il en a exist&#233;, et il en existe d'autres que celles cit&#233;es dans cette brochure.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb47&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh47&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 47&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;47&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Nous avons fait le choix de d&#233;signer les sans-papiers enferm&#233;-e-s sous le terme de &#171; d&#233;tenu-e-s &#187; plut&#244;t que par celui de &#171; retenu-e-s &#187; qui est &#224; nos yeux hypocrite. Bien que l'enfermement d'un-e retenu-e soit diff&#233;rent de celui d'un-e prisonnier-e, ils et elles sont, quel que soit leur statut, enferm&#233;-e-s dans des centres de d&#233;tention. Certes, d'un point de vue juridique, les centres de r&#233;tention ne sont pas des prisons : leurs locaux ne rel&#232;vent pas de l'autorit&#233; p&#233;nitentiaire, et l'enfermement, qui ne n&#233;cessite pas de d&#233;cision de justice pr&#233;alable, est d&#233;cid&#233; par le pr&#233;fet. Mais il n'est pas anodin que les sans-papiers parlent, souvent eux-m&#234;mes, de prison pour &#233;voquer leurs lieux d'enfermement.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous renvoyons &#224; la lecture de deux brochures qui nous ont aid&#233;s : Chronologie des derniers &#233;v&#233;nements dans les centres de r&#233;tention, 2008 (mise en page par Hobolo) et Centres de r&#233;tention : r&#233;cits de r&#233;voltes et de solidarit&#233; &#8211; Et&#233; 2009, disponibles sur le site &lt; infokiosques.net &gt;. Nous recommandons &#233;galement la lecture des autres brochures relatives aux sans-papiers.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb48&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh48&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 48&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;48&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ou &#171; d&#233;tenu particuli&#232;rement surveill&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb49&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh49&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 49&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;49&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Dans &#171; Les surveillants militaires des bagnes coloniaux &#187;, &lt; &lt;a href=&#034;http://philippepoisson-hotmail.com.over-blog.com/article-33634583.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://philippepoisson-hotmail.com.over-blog.com/article-33634583.html&lt;/a&gt; &gt; Page consult&#233;e le 15 octobre 2010.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb50&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh50&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 50&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;50&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La loi du 27 mai 1885, dite &#8220;loi sur la rel&#233;gation des r&#233;cidivistes&#8221; ou &#8220;loi Waldeck-Rousseau de rel&#233;gation&#8221;, du nom du ministre de l'Int&#233;rieur de l'&#233;poque, entra&#238;ne &#171; l'internement perp&#233;tuel sur le territoire des colonies ou possessions fran&#231;aises &#187; des d&#233;linquants et criminels multir&#233;cidivistes. L'enjeu de cette loi est d'&#233;purer le sol de la France m&#233;tropolitaine des petits d&#233;linquants et des vagabonds. Les r&#233;cidivistes, notamment ceux condamn&#233;s au bagne, sont, selon un certain bar&#232;me, jug&#233;s incapables de s'amender, et rel&#233;gu&#233;s dans les colonies o&#249; ils sont assign&#233;s &#224; r&#233;sidence. On esp&#232;re qu'en plus de d&#233;barrasser le sol fran&#231;ais de ces ind&#233;sirables, cette loi contribuera au peuplement des colonies, sur le mod&#232;le des convicts d'Australie. Elle est rest&#233;e appliqu&#233;e jusqu'en 1970.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb51&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh51&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 51&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;51&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Avant de mourir ! Derri&#232;re, le discours fallacieux du peuplement des colonies comme nous l'expliquons dans la note pr&#233;c&#233;dente, la rel&#233;gation [= appliqu&#233;e &#224; partir de 1885 aux d&#233;linquants multir&#233;cidivistes, condamn&#233;s en correctionnelle], mais aussi la d&#233;portation / transplantation [= pour les condamn&#233;s politiques, jug&#233;s par les conseils de guerre (loi du 8 juin 1850) et ce jusqu'en 1870] et la transportation [= pour les auteurs de crimes, condamn&#233;s &#224; la peine des travaux forc&#233;s par des cours d'assises (loi du 30 mai 1854)] les trois raisons r&#233;elles de cet &#233;loignement du territoire &#233;taient :&lt;br class='autobr' /&gt;
1- Pour remplacer par les travaux forc&#233;s la main d'&#339;uvre perdue suite &#224; l'abolition de l'esclavage dans les colonies fran&#231;aises en 1848.&lt;br class='autobr' /&gt;
2- C'&#233;tait une r&#233;ponse hygi&#233;niste destin&#233;e &#224; &#233;radiquer les foyers de contagion de la d&#233;linquance. C'est &#224; cette m&#234;me &#233;poque que le baron Haussmann, l'urbaniste officiel de Napol&#233;on, commence ses travaux d'envergure sur Paris afin d'assainir et de s&#233;curiser la ville contre les foyers des &#171; classes laborieuses &#187;. Ces concepts urbanistiques feront des &#233;mules dans presque toutes les villes de province.&lt;br class='autobr' /&gt;
3- Le but est encore plus inavouable : la Guyane est un camp d'extermination avant la lettre. On est all&#233; parfois jusqu'&#224; reconna&#238;tre ce but implicitement poursuivi. Par exemple, dans le Bulletin des lois et d&#233;crets de 1894, on retrouve cet aveu : &#171; la rel&#233;gation n'est pas l'exclusion pure et simple, elle implique privation de libert&#233; et, souvent, la destruction lente par l'action du milieu o&#249; elle est subie. &#187; En effet, la sous-alimentation et le manque d'hygi&#232;ne affaiblissaient l'organisme du for&#231;at qui ne pouvait lutter longtemps contre les maladies qui l'assaillaient de toute part. Le paludisme, la fi&#232;vre pernicieuse, la dysenterie y &#233;taient monnaie courante. Les infections de l'intestin (par des vers), la l&#232;pre qui r&#233;gnait sur un petit contingent, ainsi que le scorbut, &#233;taient des ph&#233;nom&#232;nes banals. Le climat tr&#232;s rude (chaud et humide) mais aussi les serpents, les crocodiles et insectes en grand nombres &#233;taient autant de facteurs qui faisaient que la dur&#233;e de vie d'un bagnard &#233;tait estim&#233;e &#224; cinq ans ! A chaque arriv&#233;e le nombre de nouveaux for&#231;ats compensait &#224; peu pr&#232;s ceux qui &#233;taient morts ou qui avaient disparus depuis le convoi pr&#233;c&#233;dent. Ainsi la machine &#224; &#233;liminer de l'homme accomplissait sa principale fonction et la population p&#233;nale ne d&#233;passait jamais le plafond pr&#233;vu. Depuis 1852, sur plus de soixante-dix mille personnes qui ont &#233;t&#233; envoy&#233;es en Guyane, les trois quarts sont mortes. Cinq milles bagnards &#224; peine sont revenus libres, neuf mille se sont &#233;vad&#233;s (6 %) mais sur ceux-ci bien rares sont ceux qui ont surv&#233;cu. Les derniers n'ont &#233;t&#233; rapatri&#233;s qu'en 1954. Les condamn&#233;s appelaient cette extermination &#224; la fran&#231;aise, la &#171; guillotine s&#232;che &#187;. D'autres la nommaient le &#171; Goulag &#233;quatorial &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
A propos de l'expression &#171; extermination &#224; la fran&#231;aise &#187; : r&#233;f&#233;rence au titre du livre paru aux &#233;ditions L'insomniaque (2000). Il pr&#233;sente les lettres de prison et du bagne que le cambrioleur anarchiste Alexandre Jacob &#233;crivait &#224; sa m&#232;re. Nous conseillons vivement la lecture de cet ouvrage et notamment son pr&#233;ambule, qui reprend les faits d&#233;crits dans la note ci-dessus. Ledit pr&#233;ambule est r&#233;&#233;dit&#233; par Black-star (s)&#233;ditions : Extermination &#224; la fran&#231;aise, disponible sur &lt; &lt;a href=&#034;http://infokiosques.net&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://infokiosques.net&lt;/a&gt; &gt;, novembre 2010.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb52&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh52&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 52&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;52&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;[Ce m&#234;me jour, de 05h30 &#224; 17h30, huit cent soixante et onze d&#233;tenus des trois prisons de Loos (de la maison centrale, de la prison cellulaire pour les hommes et de son annexe de Saint-Bernard pour les femmes) sont d&#233;port&#233;s vers les camps en Allemagne. Un pasteur, Marcel Pasche, et le consul suisse, Fred Huber, arrivent &#224; la prison cellulaire vers 10 heures et parviennent &#224; donner la libert&#233; &#224; entre quatre cents et six cents hommes et femmes condamn&#233;-e-s &#224; moins de trois mois. Du &#171; train de Loos &#187;, il n'y aura que 275 survivants !]&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb53&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh53&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 53&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;53&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Organisation Arm&#233;e Secr&#232;te - organisation politico-militaire clandestine d'extr&#234;me droite, qui lutta pour garder l'Alg&#233;rie fran&#231;aise.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb54&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh54&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 54&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;54&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;G&#233;n&#233;ral d'arm&#233;e a&#233;rienne en 1958, il est chef d'&#233;tat-major de l'arm&#233;e de l'air, puis, en 1960, inspecteur g&#233;n&#233;ral de l'arm&#233;e de l'air. Il prend le commandement de la 5e r&#233;gion a&#233;rienne en Alg&#233;rie en 1957 et devient adjoint interarm&#233;es au g&#233;n&#233;ral Salan, commandant sup&#233;rieur interarm&#233;es en Alg&#233;rie. Il participe au coup d'&#233;tat d'Alger (21-25 avril 1961) avec les g&#233;n&#233;raux Challe et Zeller bient&#244;t rejoints par le g&#233;n&#233;ral Salan. Apr&#232;s son &#233;chec, il plonge dans la clandestinit&#233; et devient l'adjoint du g&#233;n&#233;ral Salan &#224; la t&#234;te de l'OAS, en charge de la r&#233;gion d'Oran. Arr&#234;t&#233; le 25 mars 1962, il est condamn&#233; &#224; mort le 13 avril 1962 par le Haut tribunal militaire. Il &#233;chappe de tr&#232;s peu &#224; l'ex&#233;cution, sa peine &#233;tant commu&#233;e en une peine de d&#233;tention criminelle &#224; perp&#233;tuit&#233; le 28 novembre 1962 apr&#232;s plus de sept mois pass&#233;s dans une cellule de condamn&#233; &#224; mort. Lib&#233;r&#233; de la prison de Tulle en d&#233;cembre 1967, il est amnisti&#233; en 1968 et r&#233;int&#233;gr&#233; dans ses grades et pr&#233;rogatives en 1982. Il est &#233;lu en 1969 &#224; la pr&#233;sidence du Front National des Rapatri&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb55&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh55&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 55&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;55&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Suite au harc&#232;lement du directeur de la centrale qui aurait re&#231;u des lettres d'injures et de menaces et suite au suicide d'un d&#233;tenu qui aurait &#233;t&#233; pers&#233;cut&#233; par une &#171; mafia &#187; (exactions et racket), une grande op&#233;ration de d&#233;pistage et de d&#233;tection des membres de cette mafia aurait &#233;t&#233; organis&#233;e, trois semaines plus tard. Le matin du 26 juillet, &#224; 5 heures, l'inspecteur g&#233;n&#233;ral de l'Administration P&#233;nitentiaire, accompagn&#233; d'une vingtaine de surveillants marseillais et parisiens, le tout prot&#233;g&#233; par plusieurs escadrons de gardes mobiles (150 gendarmes) investissent la prison.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Les 600 d&#233;tenus de la centrale de N&#238;mes ont v&#233;cu, du 26 au 31 juillet 1965, une semaine telle que nul prisonnier n'en a connue en France depuis la mort d'Hitler.&lt;br class='autobr' /&gt;
Apr&#232;s qu'ils aient &#233;t&#233; jet&#233;s nus hors de leurs dortoirs, une fouille g&#233;n&#233;rale de tous ces locaux fut minutieusement poursuivie avec une brutalit&#233; certaine et au m&#233;pris &#233;vident des lois les plus &#233;l&#233;mentaires de la dignit&#233; et du respect humain.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les pauvres biens personnels, bien souvent intimes, dont disposaient ces hommes, tels que lettres et photos de famille, lunettes, bondage herniaire, brosses &#224; dents, etc, etc, furent alors d&#233;chir&#233;s, dispers&#233;s, d&#233;t&#233;rior&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
De m&#234;me furent jet&#233;s aux ordures les denr&#233;es alimentaires telles que saucissons, beurre, huile, chocolat, biscuits, etc. qu'ils avaient achet&#233;s r&#233;guli&#232;rement en cantine. Denr&#233;es dont l'acquisition repr&#233;sentait plusieurs milliers d'anciens francs, le plus souvent tr&#232;s p&#233;niblement gagn&#233;s gr&#226;ce &#224; un travail assidu.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais l&#224; n'est pas le pire car en m&#234;me temps se poursuivait une s&#233;ance de matraquage dont depuis que la Gestapo &#224; quitt&#233; nos murs on n'avait plus eu d'exemples dans une prison fran&#231;aise.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ces s&#233;vices administratifs &#224; l'&#233;gard de prisonniers d&#233;sarm&#233;s a Auraient &#233;t&#233; n&#233;cessit&#233;s, selon l'Administration, pour leur arracher des r&#233;v&#233;lations.&lt;br class='autobr' /&gt;
De ces matraquages, de nombreux malheureux ont port&#233; assez longtemps les traces pour que la justice, si elle avait bien voulu se m&#234;ler de cette affaire, ait eu tout loisir de s'assurer de leur gravit&#233;. &#187; [Docteur Georges Salan, 33 ans de Centrale, 1938-1980, N&#238;mes, Lyon-St-Paul, Clairvaux, Les Baumettes, Presses contemporaines, 1971]&lt;br class='autobr' /&gt;
Bilan de l'op&#233;ration : quelques millions de francs anciens, un transistor et quelques postes &#224; gal&#232;ne trouv&#233;s !&lt;br class='autobr' /&gt;
Vingt-quatre prisonniers soup&#231;onn&#233;s d'&#234;tre des &#171; meneurs &#187; de cette affaire de &#171; mafia &#187; sont transf&#233;r&#233;s dans d'autres centrales. Suite &#224; la gr&#232;ve de la faim, une quinzaine de fonctionnaires (dont le sous-directeur, le surveillant-chef et trois brigadiers) de la centrale est d&#233;plac&#233;e d'office !&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb56&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh56&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 56&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;56&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pied noir et l&#233;gionnaire, il participa au putsch des g&#233;n&#233;raux d'Alger, d'o&#249; son incarc&#233;ration. Le 3 novembre, il se fait la malle&#8230; dans une malle ! Il est alors recherch&#233; par cent cinquante mille hommes ! Un r&#233;seau Alg&#233;rie fran&#231;aise l'aide &#224; passer en Suisse, puis en Espagne franquiste o&#249; il rejoint les rangs de l'OAS avec laquelle il fera des attentats. Il ne reviendra en France qu'en 1968, apr&#232;s l'amnistie des condamn&#233;s de l'OAS.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb57&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh57&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 57&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;57&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. T&#233;moignage de la mutinerie dans la brochure Y a du baston dans la taule, volume 1, r&#233;cit 1 : &#171; C'&#233;tait le premier mai et il faisait beau &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb58&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh58&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 58&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;58&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. T&#233;moignage de la mutinerie dans la brochure Y a du baston dans la taule, volume 1, r&#233;cit 5 : &#171; Fleury br&#251;le-t-elle ? de H&#233;lyette Besse &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb59&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh59&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 59&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;59&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. T&#233;moignage de la mutinerie dans la brochure Y a du baston dans la taule, volume 1, r&#233;cit 4 : &#171; Fleury br&#251;le-t-il ? Br&#232;ve relation de l'&#233;meute de Fleury-M&#233;rogis, le 14 juillet 1987, vue de l'int&#233;rieur puis du haut des toits. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb60&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh60&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 60&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;60&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. T&#233;moignage de la mutinerie dans la brochure Y a du baston dans la taule, volume 1, r&#233;cit 3 : &#171; Mutinerie de la centrale de Saint-Maur, 12-13 novembre 1987 &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb61&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh61&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 61&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;61&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. T&#233;moignage de la mutinerie dans la brochure Y a du baston dans la taule, volume 1, r&#233;cit 2 : &#171; Mutinerie de la centrale d'Ensisheim (06 avril 1988) par Kiou. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb62&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh62&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 62&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;62&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le Programme 13000 [places], r&#233;gi par la Loi du 22 juin 1987, concerne les &#233;tablissements p&#233;nitentiaires dont la construction, l'entretien, l'h&#244;tellerie, le travail, la formation professionnelle et la sant&#233; des personnes d&#233;tenues sont confi&#233;s &#224; des groupements priv&#233;s. L'Administration P&#233;nitentiaire conserve les fonctions de direction, de greffe et de surveillance.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb63&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh63&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 63&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;63&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Matons cagoul&#233;s qui r&#233;tablissent l'ordre, c'est-&#224;-dire qui tabassent les d&#233;tenus. Lire sur Infokiosque.net la brochure &#171; Quelques documents d'information sur les ERIS &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt; &lt;a href=&#034;http://infokiosques.net/spip.php?article344&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://infokiosques.net/spip.php?article344&lt;/a&gt; &gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb64&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh64&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 64&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;64&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Comit&#233; Inter Mouvements Aupr&#232;s Des &#201;vacu&#233;s. Il s'agissait jusqu'au 2 juin 2009 de la seule ONG autoris&#233;e par la loi &#224; entrer dans les centres de r&#233;tention administrative (et ce depuis 1984. Aujourd'hui elles sont cinq &#224; collaborer avec la machine &#224; expulser, viennent s'ajouter : ASSFAM, Ordre de Malte, Forum R&#233;fugi&#233;s et France Terre d'Asile) afin de surveiller les conditions de r&#233;tention, et d'apporter l'aide juridique n&#233;cessaire aux personnes en voie d'expulsion.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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